Semaine du 9 au 15 février 2005

 

Le FLN tient son congrès réunificateur

Le plus vieux parti est mort, vive le parti ?

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

Accueil.

Le FLN tient son congrès réunificateur

Le plus vieux parti est mort, vive le parti ?

Le congrès réunificateur du FLN s’est tenu la semaine dernière. Et le moins que l’on puise dire – c’est du reste le constat fait pas la presse nationale – c’est que ces assises se sont déroulées “comme au bon vieux temps”. Mieux encore, le président Bouteflika, après  avoir fait croire qu’il déclinait l’invitation des congressistes en leur rappelant “je suis le Président de tous les Algériens” (La Tribune du mercredi 2 février) a changé d’avis pour accepter l’offre. Pourtant, rien ne laissait supposer un tel dénouement tant les observateurs de la scène nationale étaient persuadés que ce congrès allait être une nouvelle déconfiture. C’était avant de se rendre à l’évidence. Une évidence soulignée par l’éditorialiste du Jour d’Algérie dans son édition du mardi 1er février.

Les craintes confirmées

Pour lui, “ce 8e congrès bis vient confirmer ce que beaucoup redoutaient. Le FLN est encore là et pour un bon moment. (…) La bataille redresseurs- benflissistes est, quant à elle, reportée à une date ultérieure”. Reste que pour l’éditorialiste, ce retour a pour origine quelques raisons majeures. Au moins “deux facteurs clés”. Ainsi, s’explique-t-il, en premier lieu il y a le fait que “l’Etat est dans l’incapacité de se passer d’un grand parti de dimension nationale apte à lui servir de relais et de zone tampon avec la population”, et en second lieu que “le RND, qui devait prendre la succession du FLN pour remplir cette lourde et délicate tâche, n’est pas encore mûr ni politiquement ni en termes d’implantation territoriale”. Une double réalité qui, de l’avis du rédacteur, a fait que “le président de la République, et avec lui l’Etat dans son sens le plus exact, ont dû se résoudre à un choix cornélien”. Et pour cause, est-il rappelé, “si le FLN est pour l’instant un parti qui peut jouer tous les rôles attendus de lui, il recèle aussi en son sein des tendances au putsch et à l’infidélité qui ont failli coûter très cher à la Nation lors de crise l’opposant au terrorisme et à la menace intégriste”. C’est pourquoi, croit deviner l’éditorialiste du Jour d’Algérie, “la solution retenue est-elle donc de reconduire le FLN aux affaires en attendant une mue qualitative du RND, tout en s’arrangeant pour que les facteurs de division qui minent l’ancien parti restent en l’état pour pouvoir être réactivés à tout moment”.

Un sens dans lequel abonde le commentateur de La Nouvelle République qui, après s’être demandé si cette nouvelle situation signifie pour autant que “le FLN (est) ressuscité ?” rappelle “qu’il serait pour le moins naïf de croire que la crise du FLN est oubliée” Car est-il souligné, “les éléments à l’origine de sa naissance (de la crise, ndlr) sont toujours présents et peuvent resurgir à tout moment”. Il poursuivra : “Dès lors, il suffira d’en tenir la clé pour faire imploser le FLN une nouvelle fois.” Une situation qui peut être évitée, de son avis, “si le FLN rattrape enfin le retard et décide de rentrer une fois pour toute dans l’histoire”.

Le FLN plus que jamais !

Ce qui est sûr estimera de son côté El Khabar en date du mercredi 2 février c’est que l’acceptation par Bouteflika de ce que d’aucuns ont qualifié “d’offre de service” contribuera à renforcer la position du FLN dans le pouvoir.

El Youm en veut pour preuve du nouveau rôle que le FLN entend jouer sur la scène nationale le fait que les congressistes ont tous épousé les thèmes qui font l’actualité : réconciliation nationale, amnistie générale. Et pourtant est-il souligné par El  Khabar, “en acceptant de devenir président honorifique du parti au lieu de président du parti, poste créé spécialement pour lui, Bouteflika n’a pas répondu aux espoirs des cadres et des militants du parti”, estime ce quotidien.

Pour sa part, l’éditorial de Liberté daté du mercredi 2 février estime qu’”une telle attitude de la part du président de la République, qui continue néanmoins de se revendiquer du FLN historique, était au demeurant assez attendue”. Car, en tant que Président élu par tous les Algériens, il veut se donner “une position qui le situe au dessus des appartenances partisanes”. De plus, est-il, rappelé, “après avoir proclamé haut et fort la fin de la légitimité historique devant les moudjahidine réunis en congrès, (…) il était dès lors inconcevable pour le Président de s’inscrire dans un schéma politique, celui de chef d’Etat et président du parti, alors qu’il prône la rupture avec le système du parti unique”.

Reste, estimera le commentateur du Jour d’Algérie (édition du jeudi 3 février) qu’en acceptant cette présidence, “Bouteflika prend des risques” car, est-il rappelé, que ce soit à titre “honorifique ou organique, le chef de l’Etat est désormais président du FLN et ce n’est semble-t-il pas cette différence qui ferait changer d’avis ceux qui pensent que Bouteflika a enfin un parti fort à sa  disposition et qu’en même temps, le FLN a déjà accaparé l’institution présidentielle”.

Quel avenir pour l’alliance ?

Résultat des courses : “L’alliance présidentielle (est) dans la gêne” titre El Watan paraissant le même jour. Car, est-il mis en évidence, “Bouteflika est pleinement président du FLN”. Peut-il en être autrement lorsque “l’article 33 de la loi organique stipule que le président du parti peut même convoquer un congrès extraordinaire” ? De plus, estimera un commentateur de ce quotidien, “que le poste de président du FLN soit honorifique ou pas n’a pas d’importance. La symbolique est elle-même suffisante”. Selon ses prévisions, “le FLN sera l’instrument d’une véritable politique de ‘rouleau compresseur’ qui fera sauter des verrous, taire des contestations et passer des lois et des projets”. Et au commentateur de poursuivre : “Que Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, soit chef du gouvernement ne changera rien à la donne”, Même le MSP n’y pourra rien car “il n’existe mathématiquement aucun risque pour qu’il se mette à l’opposition”. C’est pourquoi, conclura-t-il, “si les leaders du RND et du MSP rêvent d’un sommet de l’alliance pour sauver les meubles, il y a des raisons de croire que la page de 2004 est tournée”.

Nadia Kerraz

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche