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Le FLN tient
son congrès réunificateur
Le plus vieux
parti est mort, vive le parti ?
Le congrès
réunificateur du FLN s’est tenu la semaine dernière. Et le moins que
l’on puise dire – c’est du reste le constat fait pas la presse
nationale – c’est que ces assises se sont déroulées “comme au bon
vieux temps”. Mieux encore, le président Bouteflika, après avoir
fait croire qu’il déclinait l’invitation des congressistes en leur
rappelant “je suis le Président de tous les Algériens” (La Tribune
du mercredi 2 février) a changé d’avis pour accepter l’offre.
Pourtant, rien ne laissait supposer un tel dénouement tant les
observateurs de la scène nationale étaient persuadés que ce congrès
allait être une nouvelle déconfiture. C’était avant de se rendre à
l’évidence. Une évidence soulignée par l’éditorialiste du Jour
d’Algérie dans son édition du mardi 1er février.
Les craintes
confirmées
Pour lui, “ce 8e
congrès bis vient confirmer ce que beaucoup redoutaient. Le FLN est
encore là et pour un bon moment. (…) La bataille redresseurs-
benflissistes est, quant à elle, reportée à une date ultérieure”.
Reste que pour l’éditorialiste, ce retour a pour origine quelques
raisons majeures. Au moins “deux facteurs clés”. Ainsi,
s’explique-t-il, en premier lieu il y a le fait que “l’Etat est dans
l’incapacité de se passer d’un grand parti de dimension nationale
apte à lui servir de relais et de zone tampon avec la population”,
et en second lieu que “le RND, qui devait prendre la succession du
FLN pour remplir cette lourde et délicate tâche, n’est pas encore
mûr ni politiquement ni en termes d’implantation territoriale”. Une
double réalité qui, de l’avis du rédacteur, a fait que “le président
de la République, et avec lui l’Etat dans son sens le plus exact,
ont dû se résoudre à un choix cornélien”. Et pour cause, est-il
rappelé, “si le FLN est pour l’instant un parti qui peut jouer tous
les rôles attendus de lui, il recèle aussi en son sein des tendances
au putsch et à l’infidélité qui ont failli coûter très cher à la
Nation lors de crise l’opposant au terrorisme et à la menace
intégriste”. C’est pourquoi, croit deviner l’éditorialiste du Jour
d’Algérie, “la solution retenue est-elle donc de reconduire le FLN
aux affaires en attendant une mue qualitative du RND, tout en
s’arrangeant pour que les facteurs de division qui minent l’ancien
parti restent en l’état pour pouvoir être réactivés à tout moment”.
Un sens dans
lequel abonde le commentateur de La Nouvelle République qui, après
s’être demandé si cette nouvelle situation signifie pour autant que
“le FLN (est) ressuscité ?” rappelle “qu’il serait pour le moins
naïf de croire que la crise du FLN est oubliée” Car est-il souligné,
“les éléments à l’origine de sa naissance (de la crise, ndlr) sont
toujours présents et peuvent resurgir à tout moment”. Il poursuivra
: “Dès lors, il suffira d’en tenir la clé pour faire imploser le FLN
une nouvelle fois.” Une situation qui peut être évitée, de son avis,
“si le FLN rattrape enfin le retard et décide de rentrer une fois
pour toute dans l’histoire”.
Le FLN plus que
jamais !
Ce qui est sûr
estimera de son côté El Khabar en date du mercredi 2 février c’est
que l’acceptation par Bouteflika de ce que d’aucuns ont qualifié
“d’offre de service” contribuera à renforcer la position du FLN dans
le pouvoir.
El Youm en veut
pour preuve du nouveau rôle que le FLN entend jouer sur la scène
nationale le fait que les congressistes ont tous épousé les thèmes
qui font l’actualité : réconciliation nationale, amnistie générale.
Et pourtant est-il souligné par El Khabar, “en acceptant de devenir
président honorifique du parti au lieu de président du parti, poste
créé spécialement pour lui, Bouteflika n’a pas répondu aux espoirs
des cadres et des militants du parti”, estime ce quotidien.
Pour sa part,
l’éditorial de Liberté daté du mercredi 2 février estime qu’”une
telle attitude de la part du président de la République, qui
continue néanmoins de se revendiquer du FLN historique, était au
demeurant assez attendue”. Car, en tant que Président élu par tous
les Algériens, il veut se donner “une position qui le situe au
dessus des appartenances partisanes”. De plus, est-il, rappelé,
“après avoir proclamé haut et fort la fin de la légitimité
historique devant les moudjahidine réunis en congrès, (…) il était
dès lors inconcevable pour le Président de s’inscrire dans un schéma
politique, celui de chef d’Etat et président du parti, alors qu’il
prône la rupture avec le système du parti unique”.
Reste, estimera le
commentateur du Jour d’Algérie (édition du jeudi 3 février) qu’en
acceptant cette présidence, “Bouteflika prend des risques” car,
est-il rappelé, que ce soit à titre “honorifique ou organique, le
chef de l’Etat est désormais président du FLN et ce n’est
semble-t-il pas cette différence qui ferait changer d’avis ceux qui
pensent que Bouteflika a enfin un parti fort à sa disposition et
qu’en même temps, le FLN a déjà accaparé l’institution
présidentielle”.
Quel avenir
pour l’alliance ?
Résultat des
courses : “L’alliance présidentielle (est) dans la gêne” titre El Watan
paraissant le même jour. Car, est-il mis en évidence, “Bouteflika
est pleinement président du FLN”. Peut-il en être autrement lorsque
“l’article 33 de la loi organique stipule que le président du parti
peut même convoquer un congrès extraordinaire” ? De plus, estimera
un commentateur de ce quotidien, “que le poste de président du FLN
soit honorifique ou pas n’a pas d’importance. La symbolique est
elle-même suffisante”. Selon ses prévisions, “le FLN sera
l’instrument d’une véritable politique de ‘rouleau compresseur’ qui
fera sauter des verrous, taire des contestations et passer des lois
et des projets”. Et au commentateur de poursuivre : “Que Ahmed
Ouyahia, secrétaire général du RND, soit chef du gouvernement ne
changera rien à la donne”, Même le MSP n’y pourra rien car “il
n’existe mathématiquement aucun risque pour qu’il se mette à
l’opposition”. C’est pourquoi, conclura-t-il, “si les leaders du RND
et du MSP rêvent d’un sommet de l’alliance pour sauver les meubles,
il y a des raisons de croire que la page de 2004 est tournée”.
Nadia Kerraz
Haut
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