Semaine du 9 au 15 août 2006

Proche-Orient 

Génocide à ciel ouvert

Cuba

Maintien du cap révolutionnaire face à une Amérique aux aguets

 

 
 
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Proche-Orient 

Génocide à ciel ouvert

Les mots ne suffisent plus pour  décrire la politique génocidaire pratiquée en toute impunité par Israël contre les Palestiniens et les Libanais. En utilisant toute son armada meurtrière, équipée d’armes prohibées, contre le  Liban et les territoires palestiniens, l’Etat sioniste a fait la démonstration, s’il en faut, de son total mépris des conventions et règles internationales régissant les guerres, voire de la morale tout court. Rien n’arrête plus Tel Aviv dans sa détermination à raser le pays du Cèdre et  à annihiler le fait national palestinien.

Aux symboles politiques visés (la résistance)  se conjuguent les carnages massifs et l’anéantissement de l’ensemble des infrastructures libanaises pour mieux frapper les esprits.

Tous les moyens sont bons : bombardements dévastateurs, utilisation d’armes de destruction massive livrées par l’allié américain, blocus sur tous les plans, dans le but de rayer de la carte l’ensemble des territoires palestiniens et de réoccuper le Liban  pour pouvoir y installer un état fantoche.

Face à une situation confinant à l’holocauste, la plupart des  régimes arabes ont fait l’étalage de leur duplicité, naviguant toujours à contre-courant de leur population et la communauté internationale dans son ensemble s’est ralliée au nouvel ordre mondial régenté exclusivement par les Etats-Unis.

Pis, alors que sur le terrain, la résistance du Hezbollah ne faiblit pas au Liban et livre des combats véritablement héroïques face à la machine de guerre de l’état sioniste, le projet de résolution du Conseil de sécurité mis au point après d’interminables tractations diplomatiques va au-delà des espérance israéliennes. Une résolution taillée sur mesure pour l’entité sioniste. L’armée israélienne, l'une des plus modernes du monde, n'est pourtant pas venue à bout des tirs de roquettes du Hezbollah, des engins pourtant rudimentaires.

Ce que Tel Aviv n’a pu obtenir par la guerre à outrance contre le pays du Cèdre, notamment au plan des affrontements terrestres, le texte le lui offre sur un plateau d’argent : un retour à la situation d’avant 2000 en sus du désarmement du Hezbollah. La mouture d’inspiration franco-américaine ignore totalement le plan en sept points présenté par le gouvernement de Beyrouth, appelant notamment à un cessez-le-feu immédiat et au retrait de l’armée israélienne du Sud-Liban. Elle ferme définitivement la porte à un règlement de fond. 

Une nouvelle fois, l’ONU, théoriquement garante de la paix et de la  sécurité, se révèle  totalement au service des Etats-Unis et des grandes puissances.    

Car le doute n’est plus permis quant au dessein des Etats-Unis, à  travers leur pion israélien : remodeler entièrement la région. L’escalade actuelle au Proche-Orient a une nouvelle fois mis à nu les visées hégémoniques américaines.

Faisant preuve d’un cynisme sans bornes, l’administration américaine parle de «paix» et de «démocratisation» dans la région au moment où le déluge de feu continue de s’abattre sur le Liban et les territoires palestiniens.  Quoi qu’il en soit, la furie israélienne se heurte à la détermination des Palestiniens et des Libanais à résister. L’extrême injustice ne peut que nourrir la résistance.

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Cuba

Maintien du cap révolutionnaire face à une Amérique aux aguets

Petite révolution dans une île habituée depuis des décennies au règne d'un seul homme fort : l'absence de Fidel Castro, qui se remet d'une opération après une crise intestinale, a ouvert la voie à un exercice du pouvoir plus collégial de Cuba, six fidèles du Lider  Maximo étant chargés des grands projets tandis que son frère Raul, 75 ans, assure son intérim. Le noyau dirigeant de six personnes désignées par Fidel Castro pour entourer son frère Raul est un subtil mélange entre la "vieille garde" du castrisme et une génération plus jeune.

Un avant-goût de l'après-Castro ? Fidel Castro a fait savoir, le 31 juillet, qu'il déléguait "temporairement" ses pouvoirs à son frère Raul, ministre de la Défense, désormais à la tête du gouvernement, du Parti communiste et de l'armée. Le charismatique Président cubain a également confié la gestion de ses projets favoris à six hommes, dont le vice-président Carlos Lage, le ministre des Affaires étrangères Felipe Perez Roque et le président de la Banque centrale Francisco Soberon. Son frère Raul a récemment déclaré que le parti, et non un individu, serait le véritable successeur du Lider  Maximo, ce qui semble indiquer qu'une direction plus collective du pays aurait ses faveurs dans un Cuba post-Fidel Castro.

Granma, le quotidien du parti, a abondé dernièrement  dans ce sens : "La confiance spéciale que le peuple accorde au dirigeant fondateur d'une révolution ne peut être transmise comme un héritage à ceux qui occuperont les plus hautes fonctions dans le pays à l'avenir."

Après son frère, c'est à Carlos Lage que Fidel Castro a confié les responsabilités les plus lourdes en le chargeant du dossier de la "révolution de l'énergie", un vaste projet de rénovation du réseau électrique vétuste de l'île. On crédite Lage, 54 ans, d'avoir contribué au sauvetage de l'économie cubaine après l'éclatement de l'Union soviétique, avec des réformes économiques modestes qui ont été par la suite abandonnées lorsque la situation s'est améliorée.

Appartenant à une génération encore plus jeune, Felipe Perez Roque avait seulement 34 ans lorsqu'il a été nommé ministre des Affaires étrangères en 1999. Il avait fait preuve de sang-froid en prenant le micro pour calmer la foule, en 2001, lorsque Fidel Castro avait été pris d'un malaise durant un discours lors d'une réunion publique.

Quant à Francisco Soberon, 62 ans, président de la Banque centrale, il a manifestement été désigné par Castro pour son rôle dans le financement des projets.

Le Lider Maximo a également confié des responsabilités à trois vétérans du régime relativement peu connus à l'étranger : le ministre de la Santé José Ramon Balaguer, le vice-président José Ramon Machado Ventura et le vice-président Esteban Lazo Hernandez. Leur implication est le signe de la volonté de Castro de maintenir l'enracinement du pouvoir dans le communisme pendant son absence. Comme Lage, tous les trois sont membres du Politburo. Castro a chargé Balaguer de superviser les programmes de santé, et Machado et Lazo de ceux d'enseignement. Surnommés les "historiques" pour leur rôle dans la révolution de 1959, Balaguer, 74 ans, et Machado, 76 ans, médecins de formation, ont combattu avec les barbudos de Castro à la fin des années cinquante.

Bien qu'il n'ait pas été mentionné dans la lettre de Castro annonçant son absence provisoire pour raisons de santé, on estime dans les milieux politiques cubains que le président du Parlement Ricardo Alarcon, 69 ans, devrait aussi jouer un rôle-clé dans tout futur gouvernement. Ce diplomate expérimenté, qui parle l'anglais couramment, est un spécialiste des relations américano-cubaines. Il faut savoir que depuis janvier 1959, date de l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, les Etats-Unis n’ont eu cesse de chercher à renverser leur ennemi juré, le Lider  Maximo.  Tous les moyens vont être engagés par Washington pour tenter de déstabiliser la Havane. Reste que le  maintien du cap révolutionnaire a été réaffirmé par les autorités cubaines conduites provisoirement par Raul Castro, et une fin de non-recevoir a été opposée aux appels à un «un changement démocratique» venus des Etats-Unis. «Changement démocratique» qui signifie pour les Américains un régime aux ordres.

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