Semaine du 9 au 15 août 2006

  En raison  de la persistance de la guerre au Liban

Les préoccupations nationales occultées

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

Accueil.

En raison  de la persistance de la guerre au Liban

Les préoccupations nationales occultées         

Le Liban occupe  encore dramatiquement le devant de la scène médiatique depuis plusieurs semaines. Après des milliers de morts et la destruction d’un pays qui mettra assurément des années avant de se relever, une lueur d’espoir pointe à l’horizon. Celle d’un cessez-le-feu.  Mais si la situation dans le pays du Cèdre ne peut laisser indifférent, il reste que cette actualité a fait de l’ombre à quelques sujets nationaux qui mériteraient d’être relevés.

A titre d’exemple, El Watan du dimanche 6 août rapporte, en deuxième ouverture de son édition du jour, la pénurie de médicaments et le manque de moyens au niveau des hôpitaux. «Les cancéreux peinent à se traiter», est-il rapporté.  Ce quotidien indique que «recevoir sa dose de rayons devient un luxe au centre anticancéreux de Constantine où, entre vieilles machines surexploitées et nombre élevés de malades, les médecins font des acrobaties pour tenter de traiter tout le monde». L’enquête publiée sur une page fait état du calvaire des malades récidivistes. «Désemparés (…) ils sont contraints  de faire le pied de grue au CAC dans l’attente de recevoir un nouveau protocole médicamenteux. Mais rien.»  Liberté du mercredi 2 août enquête de son côté sur «les milliards du kidnapping». Selon ce quotidien,  «hommes d’affaires et commerçants vivent dans la crainte permanente du rapt d’un de leurs proches». Il précise que «selon certaines estimations, les derniers enlèvements à Tizi Ouzou auraient rapporté plus de 50 milliards de rançon aux kidnappeurs» et souligne que «les services de sécurité confient qu’ils s’attendaient à l’apparition de ce phénomène du fait que les groupes armés exprimaient un vif besoin en financement». 

Dès lors faut-il s’étonner si les Algériens font désormais dans l’autodéfense ? En réalité, explique Le Jour d’Algérie du mardi 1er août, «ils sont contraints de le faire. (…) Les Algériens ont aujourd’hui le sentiment de continuer à vivre dans un environnement baignant dans la plus totale insécurité». Une crainte qu’El Khabar du samedi  5 aout confirme : «Une bombe explose à Bordj el-Kiffan  et deux autres  ont été désamorcées à Boumerdès.»

Insécurité

 Liberté du 2 août annoncer que «la Sonelgaz n’écarte pas des coupures en août». Mais c’est surtout cette information relative à la nécessité, une nouvelle fois évoquée par le PDG de cette entreprise, d’augmenter les tarifs. Selon lui, «les tarifs de l’électricité doivent augmenter car ils sont de 35%  inférieurs à leurs prix réels». Voilà qui ne va pas faire plaisir  à au moins 32 millions d’Algériens, si ce n’est ceux qui vivent aux crochets de l’Etat. Mais, se demande Le Jour d’Algérie, «à qui profite la vérité  des prix ?». Le rédacteur rappelle que «payer le juste prix, pour ne pas dire le prix fort, pour les prestations de service et les produits dont la distribution continue à relever du monopole de l’Etat, c’est ce à quoi une majorité d’Algériens confrontée au chômage et à la précarité, sont invités régulièrement à faire sans rechigner». Il estime qu’«en réalité ce qu’il faudrait déduire de l’ensemble de ces mesures, c’est qu’elles sont autant de constats d’échec quant à l’incapacité de l’Etat à assurer ses prérogatives essentielles au bénéfice des populations sur la sécurité desquels il est censé veiller». 

C’est dire que lorsque La Tribune (édition du 1er août) annonce que Sonatrach a produit quelque 46 millions de tonnes d’hydrocarbures en six mois, on peut imaginer la mine des lecteurs. La belle affaire, sont-ils en droit de penser lorsqu’ils savent que ces chiffres avancés ne signifient rien de concret pour eux et n’apportent aucun changement qualitatif à leur quotidien. En fait, toutes les craintes que d’aucuns peuvent avoir pour le lendemain sont plus au moins confirmées par des articles qui sont publiés ici et là. Ainsi, La Nouvelle République du 1er août signale, sur la base d’une lecture de la note de conjoncture du CNES, que «l’inflation pourrait revenir  en 2006». C'est-à-dire que toutes les augmentations salariales concédées au bout de plusieurs mois –parfois plusieurs années – de revendications syndicales, seront réduites à néant.

Des heureux, dans cette Algérie de 2006 ? Ceux qui ne vivent pas de leurs salaires. Certains importateurs, à titre d’exemple.    Le Jeune Indépendant rapporte pour sa part dans son édition du 2 août  qu’à l’ouverture de trois conteneurs saisis au niveau du port d’Alger 44 600 cartouches de cigarettes de marque étrangère et des produits cosmétiques contrefaits ont été découverts.

On cultive le cannabis

 Selon un responsable des Douanes, la volonté de combattre les réseaux d’importation de produits contrefaits est de mise. Pourtant, «ce sont des réseaux puissants». Mais sera-il précisé, ils ne  font pas peur «malgré leur influence et les pressions qu’ils tentent d’exercer» sur les douaniers.

Le Soir d’Algérie de dimanche rapporte «la découverte de plants et de graines de cannabis à Souk El-Tenine». Il indique que «deux mois après l’arrestation d’un octogénaire dans la daïra de Draâ ben Khedda, qui s’était spécialisé  dans la culture du cannabis, cette fois c’est un jeune homme de 29 ans qui a été appréhendé par les services de la police judiciaire de Tizi Ouzou dans la localité de Souk el-Tennine. Les policiers ont découvert 70 plants de cannabis ainsi que des graines».   

Nadia Kerraz

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche