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En raison de la persistance de la guerre au Liban
Les
préoccupations nationales occultées
Le Liban occupe
encore dramatiquement le devant de la scène médiatique depuis
plusieurs semaines. Après des milliers de morts et la destruction
d’un pays qui mettra assurément des années avant de se relever, une
lueur d’espoir pointe à l’horizon. Celle d’un cessez-le-feu. Mais
si la situation dans le pays du Cèdre ne peut laisser indifférent,
il reste que cette actualité a fait de l’ombre à quelques sujets
nationaux qui mériteraient d’être relevés.
A titre d’exemple,
El Watan du dimanche 6 août rapporte, en deuxième ouverture de son
édition du jour, la pénurie de médicaments et le manque de moyens au
niveau des hôpitaux. «Les cancéreux peinent à se traiter», est-il
rapporté. Ce quotidien indique que «recevoir sa dose de rayons
devient un luxe au centre anticancéreux de Constantine où, entre
vieilles machines surexploitées et nombre élevés de malades, les
médecins font des acrobaties pour tenter de traiter tout le monde».
L’enquête publiée sur une page fait état du calvaire des malades
récidivistes. «Désemparés (…) ils sont contraints de faire le pied
de grue au CAC dans l’attente de recevoir un nouveau protocole
médicamenteux. Mais rien.» Liberté du mercredi 2 août enquête de
son côté sur «les milliards du kidnapping». Selon ce quotidien,
«hommes d’affaires et commerçants vivent dans la crainte permanente
du rapt d’un de leurs proches». Il précise que «selon certaines
estimations, les derniers enlèvements à Tizi Ouzou auraient rapporté
plus de 50 milliards de rançon aux kidnappeurs» et souligne que «les
services de sécurité confient qu’ils s’attendaient à l’apparition de
ce phénomène du fait que les groupes armés exprimaient un vif besoin
en financement».
Dès lors faut-il
s’étonner si les Algériens font désormais dans l’autodéfense ? En
réalité, explique Le Jour d’Algérie du mardi 1er août,
«ils sont contraints de le faire. (…) Les Algériens ont aujourd’hui
le sentiment de continuer à vivre dans un environnement baignant
dans la plus totale insécurité». Une crainte qu’El Khabar du samedi
5 aout confirme : «Une bombe explose à Bordj el-Kiffan et deux
autres ont été désamorcées à Boumerdès.»
Insécurité
Liberté du 2 août
annoncer que «la Sonelgaz n’écarte pas des coupures en août». Mais
c’est surtout cette information relative à la nécessité, une
nouvelle fois évoquée par le PDG de cette entreprise, d’augmenter
les tarifs. Selon lui, «les tarifs de l’électricité doivent
augmenter car ils sont de 35% inférieurs à leurs prix réels». Voilà
qui ne va pas faire plaisir à au moins 32 millions d’Algériens, si
ce n’est ceux qui vivent aux crochets de l’Etat. Mais, se demande Le
Jour d’Algérie, «à qui profite la vérité des prix ?». Le rédacteur
rappelle que «payer le juste prix, pour ne pas dire le prix fort,
pour les prestations de service et les produits dont la distribution
continue à relever du monopole de l’Etat, c’est ce à quoi une
majorité d’Algériens confrontée au chômage et à la précarité, sont
invités régulièrement à faire sans rechigner». Il estime qu’«en
réalité ce qu’il faudrait déduire de l’ensemble de ces mesures,
c’est qu’elles sont autant de constats d’échec quant à l’incapacité
de l’Etat à assurer ses prérogatives essentielles au bénéfice des
populations sur la sécurité desquels il est censé veiller».
C’est dire que
lorsque La Tribune (édition du 1er août) annonce que
Sonatrach a produit quelque 46 millions de tonnes d’hydrocarbures en
six mois, on peut imaginer la mine des lecteurs. La belle
affaire, sont-ils en droit de penser lorsqu’ils savent que ces
chiffres avancés ne signifient rien de concret pour eux et
n’apportent aucun changement qualitatif à leur quotidien. En fait,
toutes les craintes que d’aucuns peuvent avoir pour le lendemain
sont plus au moins confirmées par des articles qui sont publiés ici
et là. Ainsi, La Nouvelle République du 1er août signale,
sur la base d’une lecture de la note de conjoncture du CNES, que
«l’inflation pourrait revenir en 2006». C'est-à-dire que toutes les
augmentations salariales concédées au bout de plusieurs mois
–parfois plusieurs années – de revendications syndicales, seront
réduites à néant.
Des heureux, dans
cette Algérie de 2006 ? Ceux qui ne vivent pas de leurs salaires.
Certains importateurs, à titre d’exemple. Le Jeune Indépendant
rapporte pour sa part dans son édition du 2 août qu’à l’ouverture
de trois conteneurs saisis au niveau du port d’Alger 44 600
cartouches de cigarettes de marque étrangère et des produits
cosmétiques contrefaits ont été découverts.
On cultive le
cannabis
Selon un
responsable des Douanes, la volonté de combattre les réseaux
d’importation de produits contrefaits est de mise. Pourtant, «ce
sont des réseaux puissants». Mais sera-il précisé, ils ne font pas
peur «malgré leur influence et les pressions qu’ils tentent
d’exercer» sur les douaniers.
Le Soir d’Algérie
de dimanche rapporte «la découverte de plants et de graines de
cannabis à Souk El-Tenine». Il indique que «deux mois après
l’arrestation d’un octogénaire dans la daïra de Draâ ben Khedda, qui
s’était spécialisé dans la culture du cannabis, cette fois c’est un
jeune homme de 29 ans qui a été appréhendé par les services de la
police judiciaire de Tizi Ouzou dans la localité de Souk el-Tennine.
Les policiers ont découvert 70 plants de cannabis ainsi que des
graines».
Nadia Kerraz
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