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Etats-Unis
Des pratiques
secrètes sous couvert de la guerre contre le terrorisme
L’administration
Bush n’arrête pas d’accumuler les scandales :le dossier inventé de
toutes pièces sur les armes de destruction massive en Irak, les
sévices infligés aux prisonniers irakiens dans la prison d’Abou
Ghraib, les droits piétinés des détenus de Guantanamo et la liste
est encore longue. Le dernier scandale en date révélé par la presse
américaine, sous couvert d'une guerre ouverte contre le terrorisme,
les Etats-Unis semblent se livrer à des pratiques secrètes
controversées, dont l'usage de la torture et l'existence présumée de
prisons clandestines de la CIA à l'étranger. La déclaration de cette
guerre au lendemain des attentats meurtriers de 2001 avait
globalement entraîné un assentiment général aux Etats-Unis comme
dans le reste du monde. Quatre ans après,
en dépit du scandale de la prison d'Abou Ghraib sur les abus commis
sur des détenus irakiens par des soldats américains, les signes se
multiplient tendant à montrer que les Etats-Unis suivent des
pratiques contraires aux droits de l'homme. Dans la prison de
Guantanamo, à Cuba, quelque 500 prisonniers non Américains sont
toujours détenus de manière illimitée, sans être inculpés. Afin de
« démontrer que les détenus y sont traités de façon humaine», les
Etats-Unis ont récemment invité des rapporteurs spéciaux de l'Onu à
visiter Guantanamo. Mais sans accepter la condition réclamée par ces
rapporteurs pour venir pouvoir mener des entretiens personnels. « Si
les Etats-Unis ne changent pas leur position, nous n'irons pas. Ce
n'est pas négociable pour nous», a déclaré à l'AFP Manfred Nowak,
rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme de l'Onu,
chargé des questions de torture. L'opposition de la Maison Blanche à
un texte interdisant explicitement l'exercice de la torture accentue
les doutes portés à l'encontre des Etats-Unis sur leur respect des
droits de l'homme. A l'initiative du républicain John McCain, ancien
prisonnier de guerre du Vietnam, un amendement au budget de la
Défense a été adopté vendredi dernier par le Sénat, garantissant à
tout détenu sous garde américaine (CIA ou armée), de ne pas subir de
« traitements cruels, inhumains, ou dégradants». La présidence
américaine a menacé ce budget d'un veto si l'amendement était
maintenu. La récente révélation par un journal américain de
l'existence de prisons secrètes de la CIA dans des pays étrangers a
relancé avec fracas la controverse. De la Maison Blanche à la CIA,
en passant par le Pentagone, tous les responsables américains ont
brandi l'argument d'un domaine lié au renseignement pour refuser
tout commentaire. Et face à des accusations aussi grave, c’est le
mutisme total. « Nous sommes engagés dans une guerre contre des
militants islamistes déterminés à attaquer l'Amérique, à tuer des
hommes, des femmes et des enfants innocents. Et nous allons
continuer à rechercher les dirigeants terroristes qui cherchent à
nous faire du mal, et à faire tout ce qui est en notre pouvoir,
d'abord pour empêcher les attaques d'arriver», a déclaré cette
semaine le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan.
« Nos pratiques sont en accord avec nos valeurs et c'est pourquoi il
est très clair que les Etats-Unis ne pratiquent pas la torture»,
a-t-il assuré. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR),
dépositaire des conventions de Genève sur la protection des
prisonniers de guerre, signées par les Etats-Unis, réclame depuis au
moins deux ans un droit de visite aux terroristes présumés détenus
secrètement à l'étranger. En vain, jusqu'à présent. Ces
scandales en chaîne démontrent s’il en faut l’hypocrisie de
l’administration américaine, qui s’empresse de donner des leçons de
démocratie à tout va mais qui est la première organiser ou
cautionner des violations en masse des droits de l’homme.
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Dick Cheney demande aux sénateurs républicains le
droit de torturer pour la CIA
Rien n’arrête
l’hyper puissante Amérique dans sa volonté de régenter le monde. Le
vice-président américain Dick Cheney a demandé aux sénateurs
républicains de permettre à la CIA des exemptions concernant un
projet de loi interdisant la torture des terroristes présumés. Dick
Cheney a déclaré aux sénateurs que les Etats-Unis ne recouraient pas
à la torture, mais que selon lui l'agence de renseignement avait
besoin d'une exemption de toute législation interdisant les
traitements "cruels, inhumains ou dégradants" de détenus, au cas où
le président le jugerait nécessaire pour empêcher une attaque
terroriste. Le vice-président s'est exprimé lors de la réunion
hebdomadaire des sénateurs républicains, à laquelle il assiste
souvent, sans prendre la parole en général. Le Sénat a récemment
voté un amendement, notamment soutenu par le sénateur républicain
John McCain, interdisant le traitement "cruel, inhumain ou
dégradant" des personnes détenues par les Etats-Unis, et un
amendement identique a été approuvé vendredi par un vote à main
levée. La Maison Blanche, qui doit avaliser la loi, a menacé à
plusieurs reprises de lui opposer un veto.
Haut
Echec de Bush au Sommet des Amériques
Pas de zone de
libre-échange
Les participants
au Sommet des Amériques se sont séparés sans accord, un cuisant
échec pour le président Bush, l’Amérique du nord ayant toujours
considérée sa voisine du sud comme son arrière cour. Dans une
atmosphère tendue par de violentes manifestations anti-Bush, une
bataille diplomatique a fait rage tout au long de cette réunion où
les Etats-Unis ont tenté de relancer les discussions sur la création
d'un grand marché commun de la Terre de Baffin à la Terre de Feu, un
projet que Hugo Chavez a juré d'enterrer. La déclaration finale du
sommet réunissant 34 pays comprenait deux visions opposées: celle de
29 pays en faveur du grand marché commun, et celle des cinq pays
dissidents menés par le Venezuela d'Hugo Chavez, affirmant qu'ils
n'étaient pas prêts à créer la plus grande zone de libre-échange du
monde, la FTAA (Free Trade Area of the Americas ou zone de
libre-échange des Amériques). La décision d'une double déclaration
a été prise après des heures de négociations serrées à huis clos qui
ont retardé de huit heures la clôture prévue du sommet. La
quasi-totalité des dirigeants, dont George W. Bush, ont quitté
pendant les discussions et ont été remplacés par des négociateurs.
Proposée pour la première fois lors du premier sommet des Amériques
à Miami en 1994, la FTAA ferait tomber les barrières douanières du
Canada au Chili pour former un immense marché commun, rivalisant
avec l'Union européenne comme la plus grande zone de libre-échange
du monde. Mais depuis dix ans, le projet piétine, butant sur de
nombreux obstacles, comme les querelles sur les subventions
agricoles américaines, et l'opposition du Venezuela et du Brésil.
Hugo Chavez, qui est à couteaux tirés avec George W. Bush, milite
pour un projet alternatif fondé sur les idéaux socialistes. Le
président vénézuélien a qualifié le sommet de victoire, affirmant
que le long, "inédit, intense et franc débat n'a ressemblé à aucun
autre sommet". Le conseiller à la sécurité nationale américaine
Stephen Hadley a lui, minimisé les divergences entre pays, assurant
qu'il n'était pas nécessaire d'obtenir un accord à chaque sommet. Le
président brésilien Luis Inacio Lula da Silva a estimé de son côté
qu'il fallait attendre les résultats des actuels pourparlers
cruciaux de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)) en décembre
sur la libéralisation du commerce mondial avant de discuter de la
FTAA. "Lula" a expliqué que parler de la FTAA maintenant allait
empêcher de se concentrer sur les discussions de l'OMC, un argument
qui a déjà contribuer à faire stagner le projet. D'après le
président mexicain Vicente Fox, la proposition sur la FTAA devrait
avancer de toute façon car 29 des 34 pays participant au sommet
envisagent de former ensemble leur propre zone de libre-échange sans
les opposants déclarés, Venezuela, Brésil, Argentine, Paraguay et
Uruguay. Quoi qu’il en soit, l’échec du sommet est un nouveau pavé
dans la mare pour George Bush qui multiplie ces derniers temps les
ratages, un deuxième mandat présidentiel bien loin de ressembler au
premier.
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