Semaine du 19 au 25 octobre 2005

 

Etats-Unis 

Des pratiques secrètes sous couvert de la guerre contre le terrorisme

Dick Cheney demande aux sénateurs républicains le droit de torturer pour la CIA

Echec de Bush au Sommet des Amériques 

Pas de zone de libre-échange

 

 
 
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Etats-Unis 

Des pratiques secrètes sous couvert de la guerre contre le terrorisme

L’administration Bush n’arrête pas d’accumuler les scandales :le dossier inventé de toutes pièces sur les armes de destruction massive en Irak, les sévices infligés aux prisonniers irakiens dans la prison d’Abou Ghraib, les droits piétinés des détenus de Guantanamo et la liste est encore longue. Le dernier scandale en date révélé par la presse américaine, sous couvert d'une guerre ouverte contre le terrorisme, les Etats-Unis semblent se livrer à des pratiques secrètes controversées, dont l'usage de la torture et l'existence présumée de prisons clandestines de la CIA à l'étranger. La déclaration de cette guerre au lendemain des attentats meurtriers de 2001 avait  globalement entraîné un assentiment général aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. Quatre ans après, en dépit du scandale de la prison d'Abou Ghraib sur les abus commis sur des détenus irakiens par des soldats américains, les signes se multiplient tendant à montrer que les Etats-Unis suivent des pratiques contraires aux droits de l'homme. Dans la prison de Guantanamo, à Cuba, quelque 500 prisonniers non Américains sont toujours détenus de manière illimitée, sans être inculpés. Afin de « démontrer que les détenus y sont traités de façon humaine», les Etats-Unis ont récemment invité des rapporteurs spéciaux de l'Onu à visiter Guantanamo. Mais sans accepter la condition réclamée par ces rapporteurs pour venir pouvoir mener des entretiens personnels. « Si les Etats-Unis ne changent pas leur position, nous n'irons pas. Ce n'est pas négociable pour nous», a déclaré à l'AFP Manfred Nowak, rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme de l'Onu, chargé des questions de torture. L'opposition de la Maison Blanche à un texte interdisant explicitement l'exercice de la torture accentue les doutes portés à l'encontre des Etats-Unis sur leur respect des droits de l'homme. A l'initiative du républicain John McCain, ancien prisonnier de guerre du Vietnam, un amendement au budget de la Défense a été adopté vendredi  dernier par le Sénat, garantissant à tout détenu sous garde américaine (CIA ou armée), de ne pas subir de « traitements cruels, inhumains, ou dégradants». La présidence américaine a menacé ce budget d'un veto si l'amendement était maintenu. La récente révélation par un journal américain de l'existence de prisons secrètes de la CIA dans des pays étrangers a relancé avec fracas la controverse. De la Maison Blanche à la CIA, en passant par le Pentagone, tous les responsables américains ont brandi l'argument d'un domaine lié au renseignement pour refuser tout commentaire. Et face à des accusations aussi grave, c’est le mutisme total.  « Nous sommes engagés dans une guerre contre des militants islamistes déterminés à attaquer l'Amérique, à tuer des hommes, des femmes et des enfants innocents. Et nous allons continuer à rechercher les dirigeants terroristes qui cherchent à nous faire du mal, et à faire tout ce qui est en notre pouvoir, d'abord pour empêcher les attaques d'arriver», a déclaré cette semaine le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan.  « Nos pratiques sont en accord avec nos valeurs et c'est pourquoi il est très clair que les Etats-Unis ne pratiquent pas la torture», a-t-il assuré. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dépositaire des conventions de Genève sur la protection des prisonniers de guerre, signées par les Etats-Unis, réclame depuis au moins deux ans un droit de visite aux terroristes présumés détenus secrètement à l'étranger. En vain, jusqu'à présent. Ces scandales en chaîne démontrent s’il en faut l’hypocrisie de l’administration américaine, qui s’empresse de donner des leçons de démocratie à tout va mais qui  est la première organiser ou cautionner des violations en masse des droits de l’homme.

 

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Dick Cheney demande aux sénateurs républicains le droit de torturer pour la CIA

Rien n’arrête l’hyper puissante Amérique dans sa volonté de régenter le monde. Le vice-président américain Dick Cheney a demandé aux sénateurs républicains de permettre à la CIA des exemptions concernant un projet de loi interdisant la torture des terroristes présumés. Dick Cheney a déclaré aux sénateurs que les Etats-Unis ne recouraient pas à la torture, mais que selon lui l'agence de renseignement avait besoin d'une exemption de toute législation interdisant les traitements "cruels, inhumains ou dégradants" de détenus, au cas où le président le jugerait nécessaire pour empêcher une attaque terroriste.  Le vice-président s'est exprimé lors de la réunion hebdomadaire des sénateurs républicains, à laquelle il assiste souvent, sans prendre la parole en général. Le Sénat a récemment voté un amendement, notamment soutenu par le sénateur républicain John McCain, interdisant le traitement "cruel, inhumain ou dégradant" des personnes détenues par les Etats-Unis, et un amendement identique a été approuvé vendredi par un vote à main levée. La Maison Blanche, qui doit avaliser la loi, a menacé à plusieurs reprises de lui opposer un veto.

 

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Echec de Bush au Sommet des Amériques 

Pas de zone de libre-échange

Les participants au Sommet des Amériques se sont séparés sans accord, un cuisant échec pour le président Bush, l’Amérique du nord ayant toujours considérée sa voisine du sud comme son arrière cour.  Dans une atmosphère tendue par de violentes manifestations anti-Bush, une bataille diplomatique a fait rage tout au long de cette réunion où les Etats-Unis ont tenté de relancer les discussions sur la création d'un grand marché commun de la Terre de Baffin à la Terre de Feu, un projet que Hugo Chavez a juré d'enterrer. La déclaration finale du sommet réunissant 34 pays comprenait deux visions opposées: celle de 29 pays en faveur du grand marché commun, et celle des cinq pays dissidents menés par le Venezuela d'Hugo Chavez, affirmant qu'ils n'étaient pas prêts à créer la plus grande zone de libre-échange du monde, la FTAA (Free Trade Area of the Americas ou zone de libre-échange des Amériques).  La décision d'une double déclaration a été prise après des heures de négociations serrées à huis clos qui ont retardé de huit heures la clôture prévue du sommet. La quasi-totalité des dirigeants, dont George W. Bush, ont quitté pendant les discussions et ont été remplacés par des négociateurs. Proposée pour la première fois lors du premier sommet des Amériques à Miami en 1994, la FTAA ferait tomber les barrières douanières du Canada au Chili pour former un immense marché commun, rivalisant avec l'Union européenne comme la plus grande zone de libre-échange du monde. Mais depuis dix ans, le projet piétine, butant sur de nombreux obstacles, comme les querelles sur les subventions agricoles américaines, et l'opposition du Venezuela et du Brésil.  Hugo Chavez, qui est à couteaux tirés avec George W. Bush, milite pour un projet alternatif fondé sur les idéaux socialistes. Le président vénézuélien a qualifié le sommet de victoire, affirmant que le long, "inédit, intense et franc débat n'a ressemblé à aucun autre sommet". Le conseiller à la sécurité nationale américaine Stephen Hadley a lui, minimisé les divergences entre pays, assurant qu'il n'était pas nécessaire d'obtenir un accord à chaque sommet. Le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva a estimé  de son côté qu'il fallait attendre les résultats des actuels pourparlers cruciaux de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)) en décembre sur la libéralisation du commerce mondial avant de discuter de la FTAA. "Lula" a expliqué que parler de la FTAA maintenant allait empêcher de se concentrer sur les discussions de l'OMC, un argument qui a déjà contribuer à faire stagner le projet. D'après le président mexicain Vicente Fox, la proposition sur la FTAA devrait avancer de toute façon car 29 des 34 pays participant au sommet envisagent de former ensemble leur propre zone de libre-échange sans les opposants déclarés, Venezuela, Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. Quoi qu’il en soit, l’échec du sommet est un nouveau pavé dans la mare pour George Bush qui multiplie ces derniers temps les ratages, un deuxième mandat présidentiel bien loin de ressembler au premier.

 

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