Semaine du 9 au 15 Novembre 2005

 

Il y a 51 ans, le 1er novembre 1954

Que reste-il de la révolution ?

 

 
 
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Il y a 51 ans, le 1er novembre 1954

Que reste-il de la révolution ?

Ramadan 2005est fini. L'Aid el-Fitr est passé aussi. C'est dire que plus aucune excuse ne sera acceptée pour justifier la léthargie qui a prévalu pendant presque un mois, au grand bonheur des rédactions qui ne risquent plus de chômer. Ce regain a été constaté du reste dès les derniers jours du mois sacré. 

Lundi 31 octobre, La Tribune annonce, en Une de son édition, que "des Canadiens et des Espagnols construiront l'usine de dessalement de l'eau de mer de Zéralda". Le rédacteur rapporte que "c'est un marché de 154,350 millions de dollars d'investissement" et ajoute que "le dessalement de l'eau de mer est un  projet complexe auquel les sociétés nationales ne se  sont pas habituées. C'est une option coûteuse. Elle représente une proportion importante dans l'investissement étranger direct dans le secteur de l'énergie, dont les hydrocarbures tiennent le haut du pavé".

De son côté, La Nouvelle République du même jour, se basant sur les chiffres de la Banque d'Algérie estime que "l'Algérie importe trop!".  Selon ce quotidien, "les importations de marchandises se sont accrues de 1,84 milliard de dollars au premier semestre 2005 pour atteindre les 10,28 milliards de dollars. Pendant la même période de 2004, elles se sont situées à 8,44 milliards de dollars. Alors que durant toute l'année 2003, les importations n'ont pas dépassé les 13,32 milliards de dollars".

Exigences…

Ce 31 octobre est aussi la veille de la commémoration de l'anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954.  L'Authentique souligne que cette année, la commémoration s'est faite "sur fond d'exigences de l'histoire".   Ce quotidien souligne que "l'Algérie est en droit de réclamer le pardon de l'ancien colonisateur, la France, pour les crimes de guerre et contre l'humanité commis au cours de la longue nuit coloniale, d'autant que les deux pays s'apprêtent à signer un traité d'amitié dans les semaines qui viennent, relèvent nombre d'historiens". Le rédacteur ajoute que "cette exigence s'est faite de plus en plus insistante ces derniers mois, lors des commémorations d'anniversaires de massacres commis par l'Etat colonial à différentes périodes de l'occupation contre le peuple algérien, notamment les massacres du 8 mai 1945, du 20 août 1955, du 17 octobre 1961 et bien d'autres encore".

Pour sa part le Jour d'Algérie, qui a consacré à cet évènement un dossier, rappelle que "la légitimité historique est toujours là".  Dans un entretien accordé au quotidien, Youcef  Khatib, dernier responsable de la wilaya historique IV,  estime que "pour réaliser cette rupture et aller vers la légitimité populaire, il faut changer les méthodes et les mentalités des hommes". L'interviewé poursuit en ajoutant que "maintenant, si on veut  vraiment aller vers un Etat fort et moderne, le choix des hommes doit se faire par l'urne parmi les compétences existantes à tous les niveaux de responsabilité et non les désigner sur un tas en vertu d'un certain clientélisme béni-âmiste, béni-ouiouiste, régionaliste ou autre alibi dépassé aujourd'hui par les évènements".  

Revenant sur cette question  dans son édition de samedi 5 novembre, l'éditorialiste du Jour d'Algérie, qui rappelle que "de toute évidence, l'idée (de proclamer la fin de la légitimité historique, ndlr)  n'aura pas plu à tout le monde et surtout pas à la famille révolutionnaire", estime néanmoins que "le fait est, cependant, que la proclamation du chef de l'Etat reste d'une grande actualité et est même le fondement d'une nouvelle approche politique seule à même de sortir notre pays de l'ornière dans laquelle il se trouve encore du fait d'une vision qui ne cadre plus avec les exigences d'un développement moderne de notre pays" . Toutefois, poursuit l'éditorialiste, "la seule nuance qu'il faut peut-être apporter, aujourd'hui, à la lumière d'une année supplémentaire de mise au placard de ce mot d'ordre vital, est qu'il est certainement maladroit de signifier aussi sèchement une fin de mission qui non seulement concerne une grande partie du pouvoir algérien, mais butte surtout sur l'absence de tout moyen réel de le mettre en œuvre".

Désillusions

 La Tribune, La Nouvelle République et El Watan ont traité l'évènement dans leurs éditions du 1er novembre 2005. Le premier titre a évoqué ce 51e anniversaire, auquel il a consacré 32 pages sous l'angle des relations algéro-françaises, puisque, est-il rappelé, le 1er novembre 1954 a vu le "déclenchement d'une des guerres d'indépendance les plus illustres du XXe siècle, qui a mis un terme à 132 ans d'un des colonialismes les plus féroces. Un siècle et un quart de siècle marqués par l'occupation, l'expropriation, le génocide fait de massacres, d'enfumades, de tueries, de tortures, de dénis de droits humains…". Cependant, souligne encore La Tribune, "43 ans après l'indépendance, les langues se délient sur les crimes coloniaux et les consciences s'éveillent aussi bien en Algérie qu'outre-mer pour exiger un acte de repentance de l'Etat français. C'est ce qu'attendent les Algériens avant la signature d'un traité d'amitié avec Paris pour une refondation des relations bilatérales".

De leur côté, La Nouvelle République et El Watan se sont interrogés sur ce qui reste de novembre. "Que reste-t-il des promesses de novembre ?", tel est le titre de Une d'El Watan du mardi 1er novembre. Le rédacteur souligne que "longtemps blousée par l'enseignement d'une histoire officielle imposée par le politique, la génération post-indépendance ne retient pas grand-chose de cette date qui a pourtant scellé les idées fondatrices de la République algérienne". Et pour cause, se désole le rédacteur, "en dehors des célébrations folkloriques et impersonnelles qui ne sont d'ailleurs accompagnées d'aucun bilan critique, rien n'a été fait pour redonner à cette date sa véritable dimension historique". Or, est-il souligné, "la célébration du 51e anniversaire du déclenchement de la Guerre de Libération ne peut avoir de sens pour les Algériens que si elle s'accompagne d'une profonde remise en cause d'un travail critique et sérieux".  Sera-t-il pour autant tenu compte de cette appréciation ? Le doute est permis.

 Le Soir d'Algérie revient, dans son édition du dimanche 6 novembre, sur un pan de cette histoire. Le quotidien donne la parole à Brahim Chergui, qui se charge de remettre les choses dans leur contexte, notamment en ce qui concerne Larbi Ben M'hidi suite, est-il annoncé, aux "mensonges et calomnies d'un tortionnaire devenu général de l'armée française".  L'interviewé  restitue "les vérités sur l'arrestation de Larbi Ben M'hidi".

vNadia Kerraz

 

 

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