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Irak
Une situation
chaotique
Le nombre de
soldats américains tués en Irak, particulièrement ces dernières
semaines, rappelle que les forces d’occupation sont désormais
confrontées à un vis-à-vis qui s’adapte, alors que les stratèges
militaires étudient les moyens de réduire leurs troupes sur le
terrain, une éventualité qui paraît improbable à court terme.
Le nombre des
soldats américains en Irak pourrait être “réduit de manière
importante” en 2006 “si le processus politique et le déploiement des
forces de sécurité irakiennes continuent sur la bonne voie”. Une
déclaration faite il y a une quinzaine de jours par le général
George Casey, commandant en chef en Irak. Mais les derniers
évènements prouvent que l’insurrection est toujours aussi vive et
qu’elle complique sérieusement les projets proclamés de retrait
américain. Le processus politique tel que défini par la puissance
occupante a beaucoup de mal à se mettre en route au vu des
interminables tractations pour rédiger la future Constitution, à
l’image du temps qu’a pris la formation du gouvernement après la
tenue des élections, le 30 janvier.
Quant au
développement des forces irakiennes, il est sérieusement hypothéqué
par le nombre d’attentats meurtriers qui les ciblent
quotidiennement. La violence devrait continuer à croître dans les
prochains mois, marqués par de nouvelles étapes politiques, selon
les affirmations même du Pentagone. L’on imagine mal, dans ces
conditions, une réduction des troupes de la coalition occupante. La
prochaine étape importante devrait avoir lieu le 15 août, date à
laquelle, comme prévu, le projet final de nouvelle Constitution
irakienne devait être examiné par l’Assemblée nationale.
Une fois adoptée
par le Parlement, ce qui risque de prendre beaucoup de temps, la
Constitution sera soumise à un référendum avant le 15 octobre. Les
Irakiens choisiront ensuite un nouveau gouvernement. Un schéma bien
huilé mais qui risque fort de se heurter à la réalité du terrain, le
pays s’étant installé dans une situation chaotique qui risque de
durer et où il est bien difficile de démêler l’écheveau.
Les responsables
américains, qui ont ouvert la boîte de Pandore en envahissant
l’Irak, espèrent que la rédaction de la Constitution, acceptée par
les différentes communautés ethniques et religieuses, va limiter
l’insurrection. Une nouvelle commission, qui regroupe des
responsables irakiens, américains et britanniques, a commencé à se
rencontrer, dit-on de sources américaines, pour préparer les étapes
de la transition des forces de sécurité. Jusqu’à présent, 172 000
Irakiens, militaires et policiers, ont été formés par les troupes
d’occupation et quelque 270 000 autres devraient être prêts d’ici à
la mi-2006. Il semble néanmoins difficile d’envisager une réduction
des troupes américaines en Irak, même à moyenne échéance, sauf si le
nombre de marines tués augmente et contribue à alimenter la pression
de l’opinion publique en faveur d’une diminution des troupes. Un
retrait définitif, c’est une autre histoire...
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Grande-Bretagne
Tony Blair a le
vent en poupe
Le Premier
Ministre britannique est sorti politiquement indemne des attentats
meurtriers de Londres. Du moins vis-à-vis de son opinion. C’est le
constat de bon nombre de politologues. Mais, précisent-ils, la durée
de cet état de grâce dépendra de la capacité de Tony Blair à
renforcer rapidement l’arsenal législatif et sécuritaire pour
combattre le terrorisme sans s’aliéner la communauté musulmane.
Les tensions
intercommunautaires se sont nettement accrues depuis que quatre
musulmans se sont fait exploser dans les transports publics le 7
juillet, tuant 52 personnes, et que quatre autres personnes, ayant
pour certaines des liens avec des islamistes, ont tenté sans succès
de renouveler l’opération le 21.
“Sa réaction à ces
évènements a été jugée ferme, éloquente, implacable, il a montré des
qualités que les gens recherchent dans leurs dirigeants politiques”,
estime Andrew Cooper, directeur de l’institut de sondage britannique
Populus. “De plus, les gens ont historiquement tendance à se
rassembler autour de leur leader quand le pays est menacé ou
attaqué”, précise l’expert britannique, prenant l’exemple de la
remontée du président américain George Bush dans les sondages après
les attentats du 11 septembre 2001.
A peine élu pour
un troisième mandat, le 5 mai, Tony Blair avait dû faire face à un
barrage de questions sur la date de son départ du 10, Downing Street,
sa décision d’engager les troupes britanniques dans la guerre en
Irak restant très contestée dans le pays. Mais ce virtuose de la
chose politique avait commencé à remonter dans l’opinion publique
avant même les attentats. Sa visibilité s’est fortement accrue quand
la Grande-Bretagne a pris pour six mois la présidence de l’Union
européenne, le 1er juillet, et qu’il a mené croisade pour une
réforme de la Politique agricole commune (PAC). Le rejet du projet
de Constitution européenne par la France et les Pays-Bas lui a aussi
permis d’éviter l’échéance dangereuse d’un référendum en
Grande-Bretagne, qu’il aurait vraisemblablement perdu.
En tant que
président du G8, Tony Blair a ensuite fait campagne pour lutter
contre la pauvreté en Afrique, un sujet rassembleur. Il a aussi
bénéficié de la victoire de la candidature de Londres pour les Jeux
olympiques 2012.
“Il a eu de la
chance avec certains évènements (...) et a su se montrer rassurant
après les attentats”, souligne Kevin Theakston, du département
politique de l’université de Leeds.
Plusieurs sondages
effectués avant et après les attentats du 7 juillet ont montré une
forte amélioration de sa position dans l’opinion.
Mais les experts
préviennent que cela pourrait changer si la situation perdure, s’il
y a une campagne d’attentats comme ceux de que l’IRA a perpétrés
pendant des années et si la situation s’enlise en Irak.
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Nucléaire
Le bras de fer
irano-européen
L’Iran a rejeté
comme “inacceptables” des propositions de coopération européennes,
rendant de plus en plus probable une crise du nucléaire qui risque
de conduire la République islamique devant le Conseil de sécurité de
l’ONU. L’offre européenne refuse de satisfaire une exigence
iranienne primordiale : la reconnaissance de son droit à
l’enrichissement et à la conversion de l’uranium.
Pour le directeur
de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS), François Géré,
“l’Iran est un pays souverain dans sa décision de développer son
activité nucléaire civile”. “Ce que fait l’Iran, c’est de réaffirmer
sa position de toujours, à savoir : nous sommes un Etat souverain”,
a-t-il rappelé dans un entretien récent au quotidien français
Libération. Il a ajouté que “Téhéran veut qu’on lui reconnaisse le
droit au nucléaire civil dont l’enrichissement est une composante
indispensable”.
“Il faut
reconnaître que, d’un point de vue juridique, la position de Téhéran
est assez forte”, a-t-il poursuivi, faisant valoir que “ce pays est
signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et a donc
parfaitement le droit de développer son activité civile”.
Le directeur de l’IFAS,
qui prépare un ouvrage sur le nucléaire iranien, a relevé les
divergences internationales sur ce dossier, parlant du risque de
clash entre d’un côté les Etats-Unis et l’Europe et, de l’autre, la
Russie et la Chine, qui ne veulent pas prendre de sanctions contre
l’Iran.
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