Semaine du  10 au 16 Août  2005

Irak

Une situation chaotique

Grande-Bretagne

Tony Blair a le vent en poupe

Nucléaire

Le bras de fer irano-européen

 

 
 
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Irak

Une situation chaotique

Le nombre de soldats américains tués en Irak, particulièrement ces dernières semaines, rappelle que les forces d’occupation sont désormais confrontées à un vis-à-vis qui s’adapte, alors que les stratèges militaires étudient les moyens de réduire leurs troupes sur le terrain, une éventualité qui paraît improbable à court terme.

Le nombre des soldats américains en Irak pourrait être “réduit de manière importante” en 2006 “si le processus politique et le déploiement des forces de sécurité irakiennes continuent sur la  bonne voie”. Une déclaration faite il y a une quinzaine de jours par le général George Casey, commandant en chef en Irak. Mais les derniers évènements prouvent que l’insurrection est toujours aussi vive et qu’elle complique sérieusement les projets proclamés de retrait américain. Le processus politique tel que défini par la puissance occupante a beaucoup de mal à se mettre en route au vu des interminables tractations pour rédiger la future Constitution, à l’image du temps qu’a pris la formation du gouvernement après la tenue des élections, le 30 janvier.

Quant au développement des forces irakiennes, il est sérieusement hypothéqué par le nombre d’attentats meurtriers qui les ciblent quotidiennement. La violence devrait continuer à croître dans les prochains mois, marqués par de nouvelles étapes politiques, selon les affirmations même du Pentagone. L’on imagine mal, dans ces conditions, une réduction des troupes de la coalition occupante. La prochaine étape importante devrait avoir lieu le 15 août, date à laquelle, comme prévu, le projet final de nouvelle Constitution irakienne devait être examiné par l’Assemblée nationale.

Une fois adoptée par le Parlement, ce qui risque de prendre beaucoup de temps, la Constitution sera soumise à un référendum avant le 15 octobre. Les Irakiens choisiront ensuite un nouveau gouvernement. Un schéma bien huilé mais qui risque fort de se heurter à la réalité du terrain, le pays s’étant installé dans une situation chaotique qui risque de durer et où il est bien difficile de démêler l’écheveau.

Les responsables américains, qui ont ouvert la boîte de Pandore en envahissant l’Irak, espèrent que la rédaction de la Constitution, acceptée par les différentes communautés ethniques et religieuses, va limiter l’insurrection. Une nouvelle commission, qui regroupe des responsables irakiens, américains et britanniques, a commencé à se rencontrer, dit-on de sources américaines, pour préparer les étapes de la transition des forces de sécurité. Jusqu’à présent, 172 000 Irakiens, militaires et policiers, ont été formés par les troupes d’occupation et quelque 270 000 autres devraient être prêts d’ici à la mi-2006. Il semble néanmoins difficile d’envisager une réduction des troupes américaines en Irak, même à moyenne échéance, sauf si le nombre de marines tués augmente et contribue à alimenter la pression de l’opinion publique en faveur d’une diminution des troupes. Un retrait définitif, c’est une autre histoire... 

 

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Grande-Bretagne

Tony Blair a le vent en poupe

Le Premier Ministre britannique est sorti politiquement indemne des attentats meurtriers de Londres. Du moins vis-à-vis de son opinion. C’est le constat de bon nombre de politologues. Mais, précisent-ils, la durée de cet état de grâce dépendra de la capacité de Tony Blair à renforcer rapidement l’arsenal législatif et sécuritaire pour combattre le terrorisme sans s’aliéner la communauté musulmane.

Les tensions intercommunautaires se sont nettement accrues depuis que quatre musulmans se sont fait exploser dans les transports publics le 7 juillet, tuant 52 personnes, et que quatre autres personnes, ayant pour certaines des liens avec des islamistes, ont tenté sans succès de renouveler l’opération le 21.

“Sa réaction à ces évènements a été jugée ferme, éloquente, implacable, il a montré des qualités que les gens recherchent dans leurs dirigeants politiques”, estime Andrew Cooper, directeur de l’institut de sondage britannique Populus. “De plus, les gens ont historiquement tendance à se rassembler autour de leur leader quand le pays est menacé ou attaqué”, précise l’expert britannique, prenant l’exemple de la remontée du président américain George Bush dans les sondages après les attentats du 11 septembre 2001.

A peine élu pour un troisième mandat, le 5 mai, Tony Blair avait dû faire face à un barrage de questions sur la date de son départ du 10, Downing Street, sa décision d’engager les troupes britanniques dans la guerre en Irak restant très contestée dans le pays. Mais ce virtuose de la chose politique avait commencé à remonter dans l’opinion publique avant même les attentats. Sa visibilité s’est fortement accrue quand la Grande-Bretagne a pris pour six mois la présidence de l’Union européenne, le 1er juillet, et qu’il a mené croisade pour une réforme de la Politique agricole commune (PAC). Le rejet du projet de Constitution européenne par la France et les Pays-Bas lui a aussi permis d’éviter l’échéance dangereuse d’un référendum en Grande-Bretagne, qu’il aurait vraisemblablement perdu.

En tant que président du G8, Tony Blair a ensuite fait campagne pour lutter contre la pauvreté en Afrique, un sujet rassembleur. Il a aussi bénéficié de la victoire de la candidature de Londres pour les Jeux olympiques 2012.

“Il a eu de la chance avec certains évènements (...) et a su se montrer rassurant après les attentats”, souligne Kevin Theakston, du département politique de l’université de Leeds.

Plusieurs sondages effectués avant et après les attentats du 7 juillet ont montré une forte amélioration de sa position dans l’opinion.

Mais les experts préviennent que cela pourrait changer si la situation perdure, s’il y a une campagne d’attentats comme ceux de  que l’IRA a perpétrés pendant des années et si la situation s’enlise en Irak.

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Nucléaire

Le bras de fer irano-européen

L’Iran a rejeté comme “inacceptables” des propositions de coopération européennes, rendant de plus en plus probable une crise du nucléaire qui risque de conduire la République islamique devant le Conseil de sécurité de l’ONU. L’offre européenne refuse de satisfaire une exigence iranienne primordiale : la reconnaissance de son droit à l’enrichissement et à la conversion de l’uranium.

Pour le directeur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS), François Géré, “l’Iran est un pays souverain dans sa décision de développer son activité nucléaire civile”. “Ce que fait l’Iran, c’est de réaffirmer sa position de toujours, à savoir : nous sommes un Etat souverain”, a-t-il rappelé dans un entretien récent au quotidien français Libération. Il a ajouté que “Téhéran veut qu’on lui reconnaisse le droit au nucléaire civil dont l’enrichissement est une composante indispensable”.

“Il faut reconnaître que, d’un point de vue juridique, la position de Téhéran est assez forte”, a-t-il poursuivi, faisant valoir que “ce pays est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et a donc parfaitement le droit de développer son activité civile”.

Le directeur de l’IFAS, qui prépare un ouvrage sur le nucléaire iranien, a relevé les divergences internationales sur ce dossier, parlant du risque de clash entre d’un côté les Etats-Unis et l’Europe et, de l’autre, la Russie et la Chine, qui ne veulent pas prendre de sanctions contre l’Iran.

 

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