|
Accueil
La démocratie à l’épreuve du terrain
Mépris ou
méconnaissance de son peuple ?
Un parti politique
« est une organisation durable, qui a pour objet de susciter
l’adhésion du plus grand nombre afin de permettre à ses dirigeants
de prendre et d’exercer le pouvoir et non pas simplement de
l’influencer ». C’est la définition que donne le sociologue Liess
Boukra. Pour ce dernier, une formation politique est aussi un
« laboratoire d’idées », qui produit une « idéologie », alimente le
« débat politique » et élabore des « programmes politiques ».
Seulement, outre ces missions et rôles, un parti politique se doit
d’être également « un appareil de socialisation politique qui
diffuse des valeurs dans l’ensemble de la société », ajoute encore
Liess Boukra. Qu’en est-il de nos « partis politiques », notamment
ceux qui s’affichent dans l’opposition démocratique ? Pourquoi
tardent-ils à s’ancrer dans la société ?
L’expérience
multipartiste, quoique très récente, a montré des limites certaines.
Le meilleur exemple nous vient des différentes élections, où les
sorties publiques des candidats de l’opposition, à droite ou à
gauche, se réduisent à l’invective. Les injures et les
dénonciations, ces dernières pas toujours infondées, prennent très
souvent le pas sur la sérénité et l’essentiel. Une fois lancés dans
la course électorale, les candidats parlent en effet peu ou pas du
tout de ce qu’ils comptent apporter à celles et à ceux qui leur
donneraient leur voix. On a l’impression qu’ils ne disposent pas de
programme à proposer aux électeurs et quand il y a programmes,
ceux-ci semblent être des généralités ou des photocopies, à des
différences près, souvent sans emprise sur les problèmes réels des
Algériens : chômage, exclusion sociale, développement inégal entre
les régions, analphabétisme, manque de formation, carences en
matière de loisirs et de culture, dégradation du cadre de vie et de
travail, pénuries d’eau et discrimination dans la distribution de
logements, problème de sécurité, injustice, etc. On a cette autre
impression que des concepts, comme la démocratie et la liberté,
utilisés abusivement dans les discours, sont mal assimilées par les
leaders eux-mêmes, plus promptes à épater qu’à convaincre, pour ne
pas dire qu’ils s’abandonnent au piège des incohérences, à
l’irrespect de l’adversaire. Résultat, leurs discours n’accrochent
pas vraiment une société assoiffée de repères et de normalité,
d’ouverture et de sortie réelle de la crise, une société qui ne veut
plus des luttes de clans ni des clivages qui minent les partis.
Cette entrée,
peut-être critique, n’a rien d’une saute d’humeur ni d’un règlement
de compte avec les formations dites démocratiques. Cela, parce que
ces partis politiques sont loin de remplir leur contrat (au même
titre d’ailleurs que les autres formations), même si l’on convient
que le multipartisme en Algérie a été biaisé dès le départ et que
les conditions d’accès à la démocratie et à la défense des droits
humains et des libertés n’ont connu ni préparation ni débat
national, encore moins négociation autour des garde-fous, dans une
société longtemps assistée et tenue à l’écart des décisions, dans un
pays qui n’a pas fini d’exorciser les démons de son passé et qui,
parce que riche, est convoité de partout.
Le modèle
démocratique est un modèle universel
Même si la
démocratie n’est pas l’apanage des systèmes multipartites et des
régimes libéraux ou encore des régimes capitalistes, cette notion a
connu ses lettres de noblesse, surtout dans ces systèmes et régimes.
L’un des facteurs ayant précipité l’effondrement du camp socialiste
et la chute du mur de Berlin a été sûrement la vision paternaliste
aux couleurs hégémoniques des dirigeants, qui ont fini par
s’empêtrer dans les labyrinthes bureaucratiques et le poids des
priorités (et des enjeux), au détriment de la pensée libre et de
l’esprit d’initiative. Même si nous n’excluons pas le fait que les
modèles socialistes et communistes sont de date récente, en
comparaison avec ce vétéran qu’est le capitalisme.
Sans anticiper sur
les choix d’avenir ni sur les surprises de l’histoire humaine,
disons seulement que qu’avec ou sans le 8 octobre 1988, l’avènement
du mouvement démocratique au début des années 1990 était
inéluctable avec le retour en force du capitalisme à l’échelle
planétaire et donc avec les pressions des puissances occidentales.
En d’autres termes, ce mouvement, emballé dans des idées altruistes
mais pas nécessairement « vendu » avec le même contenu, a touché non
seulement l’Algérie, mais également l’Afrique et d’autres pays.
Faut-il alors le rejeter, le pervertir sous le faux prétexte qu’il
est étranger à nos « valeurs » ou plutôt le considérer comme une
belle opportunité pour notre pays, afin d’améliorer le « mauvais
départ » des années d’indépendance et de socialisme « spécifique » ?
Cette question,
posée tardivement, 15 ans après l’entrée du multipartisme, ne réduit
en rien la volonté de corriger le tir. Parce que le « nouvel Etat
démocratique » et la « société civile », certes encore embryonnaire,
gagneraient à consolider leurs rapports de partenariat, pour réussir
le pari du développement durable, d’une part, et la démocratisation
institutionnelle et sociale, d’autre part. Comme ont eu à le
déclarer experts et observateurs, la marche vers la démocratie n’est
possible qu’avec les moyens de la démocratie, où tout peut se
négocier, à l’exception de la paix, la cohésion de la société, les
intérêts supérieurs de la nation, le respect des droits humains et
la libre coexistence.
Nous avons écrit
précédemment que le processus d’ouverture a été détourné de son
cours normal dès le départ. Il n’y a qu’à voir la façon dont des
articles de la Constitution ont été piétinés, ouvrant la voie à
l’agrément de partis politiques à caractère religieux et culturel.
La question des moyens matériels et financiers des formations
politiques, particulièrement des partis-Etat (le FLN et ensuite le
RND), ainsi que ceux de la mouvance religieuse et culturelle, nous
aide dans la compréhension de la manipulation du champ politique, au
mépris des règles démocratiques les plus élémentaires. Une
manipulation, qui sera d’ailleurs une occasion pour ceux ayant
accouché du monstre intégriste, médiatisé et soutenu de l’extérieur,
qui projettera le peuple algérien dans la spirale de la violence,
d’instabilité politique, des interférences étrangères, du meurtre en
direct de Mohamed Boudiaf, un des chefs historiques et des
assassinats de dizaines de milliers de citoyens, dont des
intellectuels, des journalistes et des artistes.
Une classe
politique en déphasage
Dans un tel
contexte, marqué à la fois par des actions de barbarie, par l’état
de siège, puis l’état d’urgence, mais également par des pressions de
toutes sortes, y compris des institutions financières
internationales, et par les nombreuses contraintes, l’acte
patriotique et de sauvegarde a prédominé dans la plupart des cas, au
détriment du dur apprentissage pacifique de la démocratie et de la
réunion des conditions nécessaires pour sa réussite. La classe
politique, nouvellement créée, était dans sa majorité en déphasage
par rapport à la société, sauf les islamistes, qui se sont investis
-grâce à l’occupation du terrain par les armes, aux mosquées et aux
moyens financiers étonnants- dans le travail de proximité, le volet
social et les aides caritatives, ainsi que l’ex-parti unique, qui
avait ses anciens relais dans la société. Le terrorisme islamiste,
qui a failli détruire l’Etat algérien, a considérablement influé sur
l’avenir immédiat du mouvement démocratique en Algérie, malgré les
capacités de résistance de celui-ci. La victoire de la lutte
antiterroriste a vite fait de rappeler au galop les réflexes
sectaires, voire autoritaires, et celles prévisibles comme la peur
d’approfondir l’aventure démocratique, pour une société déchirée et
meurtrie en quête d’unité, de paix et de sécurité sociale.
La démocratie
convient-elle à Algérie ? Les démocrates ont-ils échoué dans leurs
missions ? Poser les questions de cette manière restrictive, c’est
s’entêter à tourner le dos à l’expérience d’avant l’indépendance,
hélas mal connue, et tout ce qui vient d’être dit. Il n’empêche,
beaucoup de démocrates, de gauche comme de droite, structurés ou non
dans des partis politiques, ont encore du mal aujourd’hui à se
définir comme tels, à couper le cordon ombilical avec la pensée
« putschiste » ou à aller à la rencontre de nouvelles pratiques,
alliant ouverture et amour du pays, audace/courage et respect de
l’autre.
L’on pourrait,
bien sûr, reprocher des tas de choses aux partis politiques dits
démocratiques. D’avoir déserté le terrain de la bataille des idées,
alors que tant de dossiers, aussi importants les uns que les autres,
les interpellent en premier lieu : l’école, l’université, le code de
la famille, les libertés syndicales, la laïcité, l’islamisme, la
corruption, le pacte économique et social, l’industrialisation, la
privatisation, le développement régional, la mondialisation, la loi
sur les hydrocarbures, la loi sur les partis, la loi électorale, le
code de l’information, les mutations dans le monde du travail,
l’avenir de la sécurité sociale, l’accord d’association avec l’Union
européenne, l’adhésion prochaine de l’Algérie à l’OMC... Des
problèmes intérieurs, comme la crise de Kabylie, sont vus, par
certains partis, sous l’angle revanchard, où le poids de malentendus
passés (qui remontent parfois au temps du mouvement national) et
l’esprit régionaliste se mêlent à une manipulation malsaine des
frustrations et du mécontentement des jeunes. Cela, sans un grain de
responsabilité ni l’analyse, recommandée pourtant, des conséquences
et des enjeux. Pour d’autres dossiers, à l’exemple de la dynamique
syndicale dans des secteurs clés (éducation, universités, santé) ou
de la relation presse privée-pouvoirs publics, sont abandonnés à
eux-mêmes au fil des mois, une fois le calme revenu. Et c’est ainsi
qu’un journaliste et directeur de quotidien comme Mohamed Benchicou,
se retrouve entre les barreaux, bénéficiant d’une solidarité plus
soutenue à l’étranger que dans son propre pays. Que dire alors des
dossiers de politique extérieure, tels que la Palestine, le Sahara
occidental, l’Irak et l’Iran, pour ne citer que ceux-ci, qui ne
semblent point emballer notre classe politique.
Vivre ensemble
de façon digne et décente
Tout semble se
focaliser sur les élections et les sièges à gagner. On se suffit
fréquemment des réunions de salon, en méprisant le « peuple » qu’on
a du mal à cerner, parce que le méconnaissant. Des leaders
politiques en arrivent même à se demander s’ils ne se sont pas
trompés de société, et lorsqu’ils ne tapent pas sur les Algériens,
ils cognent alors sur les hommes du pouvoir, en se laissant prendre
dans le piège des phrases « croustillantes » et des images
imaginaires, bien trop lointaines de la réalité du terrain. Comment
donner force à la défense des libertés, au civisme, à la loi, à
l’élévation de conscience, si des responsables politiques de la
mouvance démocratique se comportent en « zaïms », faisant le beau
temps et le mauvais temps dans leur parti ? Si les militants sont
exclus de la réflexion, de la formation politique et de la prise de
décision ?
Nous sommes
conscients que dans le monde d’aujourd’hui, les partis politiques,
quelque soient leurs étendards, donnent des signes d’essoufflement.
Mais, que disent les spécialistes conseillers, sinon que ces
formations sont obligées de collaborer « plus étroitement » avec les
citoyens et les sociétés civiles, pour se reconstruire.
Tant de grèves
dans le monde du travail, tant de rassemblements et de sit-in, tant
d’actions initiées par la population pour améliorer son quotidien et
tant de cris pour attirer l’attention sur une existence précaire,
sont le plus souvent boycottés par les partis démocratiques
algériens. Faut-il se contenter d’élever la voix pour dénoncer la
fraude électorale, lorsque rien n’est fait ou très peut pour
réhabiliter le bulletin de vote ? Faut-il aussi se consoler des
élections quand on sait qu’à elles seules, elles n’ont pas le
pouvoir de rendre l’Algérie un pays démocratique ?
Ceci pour dire
aussi qu’un projet démocratique, qui permet aux Algériennes et aux
Algériens de vivre ensemble de façon digne et décente, n’est pas du
seul ressort des partis politiques de la mouvance démocratique, mais
interpelle également l’Etat, l’intelligentsia, les élus, les
associations, les personnalités, les citoyens tout court et même les
groupes de pression, acquis au changement démocratique et à la
modernité.
Il est clair pour
nous que la société démocratique n’est pas gagnée d’avance, mais
elle se construira petit à petit, en prenant appui sur notamment la
construction réelle d’un Etat de droit lié à l’indépendance des
juges, l’apprentissage d’une véritable démocratie locale, le respect
des libertés de pensée, d’expression et des suffrages, une vie
culturelle et sportive rayonnante, une économie dynamique plus juste
envers l’intérieur du pays et les couches nécessiteuses.
L'idéal
démocratique est universel. Au nom de la loi sur la relativité,
chaque peuple le ressuscite à la lumière de son histoire et de sa
culture. Pour peu que les règles du jeu soient connues de tous et
applicables pour tous.
Z’hor Chérief
Haut
Interview : Hamid Ferhi du MDS aux Débats
« Être
démocrate, c’est se battre pour une économie productive »
Hamid Ferhi est
membre du bureau national du Mouvement démocratique et social (MDS).
Il assume l’apparition récente de divergences politiques, après la
disparition d’El-Hachemi Chérif. A travers cet entretien, le
responsable politique explique ce que cache la crise qui traverse
aujourd’hui sa formation.
Que se
passe-t-il au juste au sein du MDS ?
Deux tendances,
qui s’exprimaient déjà depuis une année, ont réussi à trouver un
compromis sur les documents à soumettre au congrès, prévu pour les 4
et 5 mai dernier, ainsi que sur la composante à ce rendez-vous
national. Mais, à la veille du congrès, l’une des tendances, celle
d’Ahmed Meliani, se voyant minoritaire, a fait un putsch. Le groupe
de Meliani s’est auto intronisé et a reporté le congrès de fait au
mépris de l’ensemble des militants et des statuts du MDS.
On a du mal à
comprendre votre analyse de la situation ? Votre groupe n’est-il pas
en train de s’éloigner de l’analyse traditionnelle du MDS ?
C’est vrai, les
deux tendances divergent sur l’appréciation de la situation
politique actuelle et même sur celle de l’étape. Pour la tendance de
Hocine Ali, à laquelle j’appartiens, 15 années de lutte contre le
système rentier et contre l’islamisme politique ont donné leurs
fruits. J’estime que l’hypothèque de l’Etat théocratique qui
menaçait la République est levée.
C’est-à-dire ?
Je veux dire que
15 ans de mobilisation des institutions de l’Etat, à leur tête
l’armée nationale, et des centaines de milliers de Patriotes
algériens, ont vaincu le bras armé de l’islamisme. Cela ne peut être
sans conséquence sur l’analyse de la situation. De plus, la prise de
conscience des citoyens par rapport au danger intégriste est telle
qu’aujourd’hui ils sont le principal rempart contre ce fléau. Par
ailleurs, le taux élevé d’abstention aux différentes élections nous
interpelle sur la tactique qu’il faut adopter à l’avenir.
Mais, comment
se fait-il que des militants du MDS, héritiers du parti
d’avant-garde socialiste (PAGS) et d’Ettahadi, soutiennent
aujourd’hui le « capitalisme productif » ?
Le MDS est un
mouvement dont les membres partagent en commun la lutte pour une
société moderne, démocratique et sociale. Les choix économiques sont
donc du ressort de chacun et c’est normal que des militants se
prononcent pour un capitalisme productif. Mais, en réalité, c’est
l’évolution de la situation dans le pays qui a amené le débat sur
les choix économiques, parce que des sujets jugés secondaires hier
passent désormais au premier plan. C’est là une des grandes
divergences entre les deux tendances. Alors que nous proposons
d’accompagner toutes les luttes syndicales pour une meilleure
répartition des richesses nationales, et d’initier des luttes dans
cette direction, l’autre tendance continue à considérer que ces
luttes sont des batailles pour le partage de la rente.
Vous voulez
parler de la fameuse « rupture avec l’islamisme et le système
rentier » cher à votre formation ?
Je veux parler de
l’interprétation étroite que fait le groupe de Meliani, à propos du
rôle du MDS dans les luttes sociales.
N’êtes-vous pas
en train d’appeler au changement de cap de votre parti pour
l’entraîner vers la droite ?
Non. Aujourd’hui,
être à gauche, pour la démocratie et le progrès, c’est se battre
pour une économie productive et une juste répartition des richesses.
C’est cela le MDS d’aujourd’hui. Nous sommes tenus maintenant de
répondre clairement aux préoccupations des citoyens, à ce qu’il faut
faire pour aller dans cette direction. Par conséquent, l’étiquette
de droite pour l’une ou l’autre des tendances n’est pas appropriée.
Finalement,
assistons-nous à la fin du MDS ou à sa transformation ?
Le MDS est tenu de
se transformer ou, plus exactement, de réaliser les tâches pour
lesquelles il a été créé. La proposition de transition de notre MDS,
n’étant plus opérationnelle, nous devons trouver les voies et moyens
pour la réalisation de nos objectifs, parce que c’est la seule
manière de mettre fin aux résidus de l’islamisme et aux tenants de
la rente. C’est tout cela le débat au sein du MDS.
Propos
recueillis par Z. Chérief
Haut
L’échec des partis politiques
Immaturité ou
incapacité ?
Quelle évaluation
peut-on faire, en 2006, de l’expérience algérienne de la
démocratie ? En fait, y répondre n’est pas un exercice facile. En
effet, il peut être facile de jeter la pierre aux démocrates et
d’affirmer qu’ils ont lamentablement échoué dans la mission dont ils
se sont trouvés investis, car déjà prédisposés à le faire. La
mission de matérialiser les espoirs de toute une population, toutes
catégories sociales confondues, en assurant la transition
démocratique, en réunissant les conditions et en assurant la
pérennité des mécanismes mis en place dans ce cadre. En effet, il
n’est pas inutile de rappeler le fol espoir qui a gagné tous les
Algériens dans le sillage des évènements d’octobre 1988. Un
espoir, tout simplement, voire tout naïvement, de voir l’Algérie
tourner la page de l’ère du parti unique et s’ouvrir au pluralisme.
Un pluralisme qui devait toucher tous les secteurs restés fermés du
temps où le FLN était aux commandes du pays et où toutes les
associations se déployaient sous sa seule bannière. L’Algérien
aspirait à un pluralisme médiatique, syndical, associatif et
politique. La Constitution du 23 février 1989 a consacré ce que
nombreux ont cru pendant fort longtemps être une victoire du peuple
contre le FLN. A savoir l’arrachage par les manifestant d’octobre
1988 du principal acquis politique de cette Algérie
post-Indépendance, la démocratie. Seize ans après, force est de
constater que l’occasion a été gâchée. L’évaluation le chemin
parcouru le démontre.
Une occasion
gâchée
L’Algérie a raté
l’occasion d’ancrer dans ses mœurs politiques, pour ne citer que cet
aspect, la pratique et l’exercice de la démocratie. Pourtant, au
lendemain de l’adoption de la Constitution de 1989 qui consacrait
dans son article 40 le pluralisme politique, tout avait bien
commencé. Nombre de partis «démocratiques» avaient obtenu leur
agrément. Désormais, les militants avaient le choix entre le PAGS
qui allait devenir MDS, le RCD, le FFS, l’ANR… Pour d’autres c’est
la voie du mouvement associatif qui a paru la plus appropriée pour
faire avancer la société algérienne et assurer son ancrage dans la
démocratie. Car force est de reconnaître que tous ces "leaders",
qu’ils aient été militants, dirigeants de partis ou membres
d’associations de quartier ou activant au niveau national, tous
étaient reconnus comme d’authentiques démocrates qui avaient fait
leurs preuves dans la clandestinité. L’Algérie pouvait ainsi se
prévaloir d’avoir en son sein des démocrates qui n’avaient plus
besoin d’être dans la clandestinité. Ceux qui, longtemps, ont
réprimé leurs pulsions démocratiques en militant au sein du FLN
pouvaient donner libre cours à leurs convictions intimes.
Mais contrairement
à ce qui était attendu, l’illusion longtemps entretenue ne résista
pas à la pratique du terrain et surtout à l’usure du temps. Les
démocrates qui se trouvaient au sein de formations politiques
n’auront pas réussi le pari de mettre en place les mécanismes
adéquats pour créer une dynamique à même de permettre l’émergence
d’une nouvelle génération de démocrates en mesure d’assurer la
relève et de constituer cette élite sur laquelle la population
pourrait compter. Ceux qui étaient dans le mouvement associatif ont
vite fait de baisser les bras devant les vicissitudes de la vie.
Car force est de dire que sur ce point-là, c’est l’échec total. En
fait ces démocrates, pseudo-démocrates pour d’autres, n’ont réussi
tout au long de ces dernières années qu’à approfondir les
appréhensions que les islamistes ont réussi à susciter dans les
esprits en jouant sur les concepts de laïcité, de démocratie… Le
fossé entre "démocrates" et Algériens est devenu tel qu’on avait
l’impression que ces gens-là ne faisaient plus partie de la société
algérienne. Il faut dire aussi que le discours adopté par eux était
loin de répondre aux aspirations de la majorité des Algériens,
notamment ceux qui vivent, comme on aime à le dire, dans "l’Algérie
profonde". A la longue, ce discours s’est érigé en un véritable mur
séparant les deux camps. Au lieu de rectifier le tir et de changer
d’approche, les démocrates au contraire se sont entêtés à le
maintenir. Ce qui n’a pas manqué d’être assimilé à un véritable
mépris à l’égard de la population. Est-ce par incapacité
intellectuelle ? La question est posée. A moins que, dans le souci
de ressembler tellement aux autres, à ceux qui se trouvent de
l’autre côté de la Méditerranée, on ait fait le choix de sacrifier
son propre peuple. Le souci de plaire étant placé au dessus de
toute autre considération, d’autant que cette période était celle où
l’Algérie était en butte à des luttes idéologiques. C’est ce qui
explique aussi que les démocrates algériens donnaient plus
l’impression de reproduire un discours ou un cours magistral donné
par un professeur occidental que de produire leurs propres discours
puisés dans la réalité du pays. Les grandes lignes ou grands axes
relevés dans les programmes de ces formations n’avaient de ce fait
rien d’algérien.
Erreur fatale
Cette erreur
d’appréciation s’avèrera fatale. Elle empêchera l’ancrage et le
développement de l’expérience démocratique dans le pays. Pourtant,
il aurait suffi que ces hommes et femmes qui disaient côtoyer
quotidiennement le peuple adaptent les contenus de leurs programmes
aux préoccupations terre à terre des Algériens d’autant que ces
derniers, en raison entre autres de la faillite du système éducatif
national et la présence active des islamistes n’étaient pas mûrs
pour assimiler un discours et des idées dans lesquelles ils ne se
reconnaissaient pas. Le "copier-coller" auquel ils ont eu recours,
s’il était recevable dans les premiers temps car ces partis ont été
pour la plupart créés dans la précipitation, ne pouvait plus trouver
de justificatifs au bout de quelques années d’existence. Or les
dirigeants ont préféré la solution de facilité en se fermant aux
aspirations citoyennes de l’électorat algérien en particulier et du
peuple en général. Dès lors, il n’était tout à fait prévisible que
leur soient collées des étiquettes du genre "politique de salon".
Mais ce qui est le
plus visible, c’est l’état de déliquescence de ces partis
démocrates : l’ANR est depuis longtemps aux abonnés absents ; le RCD
n’arrive plus à se redéployer et fait face à une crise interne ; le
MDS est menacé dedisparition car étant dans l’incapacité de tenir
dans les délais impartis par la loi sur les partis politiques son
congrès de mise en conformité, nonobstant la crise interne qu’il
traverse ces dernières semaines.
C’est dire que
l’avenir n’augure rien de bon pour les démocrates. Gageons, pour le
bien de l’Algérie, qu’ils se ressaisissent avant qu’il ne soit
irrémédiablement trop tard.
Nadia Kerraz
Haut
RND et UDR
Une approche
inadéquate
Pourquoi nos
partis politiques choisissent-ils le plus souvent d’user du terme
démocrate pour expliquer leur tendance progressiste ? Ce terme,
qu’on ne retrouve nulle part à travers notre culture, notre religion
et même nos traditions, n’a-t-il pas été copié à tout venant, pour
se faire valoir d’un mode de pensée occidentale ? Autrement dit,
faire montre d’une ouverture d’esprit à même de garantir toutes les
libertés. Quelle chance ont ces partis de s’intégrer dans le
quotidien du citoyen qui se débat dans des problèmes sans fin ? Ne
marquent-ils pas, de par leur conception, une coupure avec la base
qu’ils s’évertuent pour séduire ? Peut-être que la méthode choisie
n’est pas la bonne.
Il n’y a rien de
mieux que la réalité du terrain pour comprendre que ces partis font
fausse route quand ils décident de séduire les gens et de les
attirer pour qu’ils adhèrent à leur pensée et à leur ligne de
conduite, tout en restant dans leur tour d’ivoire. Les autres
formations, celles que l’on désigne comme étant populistes et qui en
fait se basent beaucoup plus sur la religion à travers leurs
actions, ont mieux compris les réalités du terrain, mais aussi et
surtout les méandres de la nature humaine. L’approche psychologique
adoptée par ces partis consiste à considérer chaque personne abordée
comme étant unique par son intelligence, son courage et ses
capacités. Le plus important consiste à lui faire sentir tout cela.
Leur stratégie est donc de valoriser toutes les personnes
approchées, d’écouter leurs problèmes et de leur trouver par la
suite des solutions. Ce qui n’est pas le cas d’autres partis qui se
disent démocrates, car leur approche est totalement différente. Dans
la mesure où leurs discours, même s’il s’adresse à tout le monde,
est en réalité compris et assimilé par une certaine élite
intellectuelle. Les autres, le peuple au sens large du terme, ne se
retrouve nullement dans ces discours puisqu’il n’y retrouve pas ses
problèmes quotidiens et ses aspirations.
Il est tout à fait
compréhensible que le citoyen qui se débat dans des problèmes tels
que le chômage, la crise du logement, la dégradation du pouvoir
d’achat, le manque de loisirs et tant d’autres soucis qui émaillent
son quotidien n’aspire pas, du moins pas dans l’immédiat, à avoir
toutes les libertés dont voudrait un autre qui vit dans de meilleurs
conditions.
Pourquoi donc les
concepteurs de ces partis s’évertuent-ils à vouloir toujours ajouter
le terme "démocrate" à la dénomination de leurs partis ? Est-ce pour
se démarquer des autres et exclure toute tendance hégémonique ? Il y
a peut-être du vrai dans cette hypothèse. Car si l’on prend
l’exemple du Rassemblement national démocrate (RND), on se dit que
ce sont peut-être les conditions et la conjoncture de sa création,
en 1996 — quand le pays était encore plongé dans les affres de la
violence et que la menace des islamistes pesait encore de tout son
poids — qui ont poussé ses fondateurs à insister sur le terme
démocrate, sûrement pour contrecarrer la menace islamiste et rallier
les citoyens autour d’un nouveau parti qui prône le rassemblement,
l’ouverture, la démocratie, donc à l’opposé de ceux qui, parce qu’il
n’ont pas eu le pouvoir, ont plongé le pays dans l’horreur et la
désolation. Il est vrai qu’à cette époque-là, les gens cherchaient
désespérément à se sortir de cette situation et s’accrochaient à
tout ce qui n’était pas violence.
Le RND était donc
immédiatement ressenti comme un parti qui pouvait réellement
rassembler les gens autour d’un projet de société. Le RND, qui était
présent parmi le peuple et commençait à rallier de larges pans de la
société, s’est pourtant arrêté au milieu du chemin et n’a plus eu,
par la suite, que des prétentions politiques, ce qui est tout de
même un peu légitime car l’essence d’un parti politique est
justement la vie politique.
Il revient à dire
que ce parti qui se voulait rassembleur aurait pu se passer
d’ajouter qu’il se voulait démocrate. Car il va de soi que la
démocratie, qui est une thèse et une conception européenne, ne peut
en aucun cas s’appliquer à notre société qui est foncièrement
différente de par ses coutumes, sa religion et sa culture. Il va de
soi qu’un peuple qui a été, tout au long de son histoire, imprégné
de valeurs qui ont largement contribué à sauvegarder sa
personnalité, surtout durant les 130 années de la colonisation
française, ne se sent pas concerné par un modèle copié sur
l’Occident.
L’exemple de
l’Union des démocrates républicains (UDR) est, lui aussi, des plus
édifiants. En effet, comment se fait-il que son président, Amara
Benyounès, ancien militant du RCD, n’ait pas tiré de leçon de son
expérience dans ce parti qui a fait de la lutte démocratique son
cheval de bataille, mais qui s’est plus d’une fois cassé les dents
au contact de la réalité du terrain ? A tel point que son président,
Saïd Sadi, a clamé haut et fort qu’il s’était trompé de peuple.
Cette affirmation du président du RCD ne conforte-t-elle pas cette
idée développée et qui est de prôner d’autres valeurs, dont la
démocratie qui ne vient pas de chez nous et ne peut en aucun cas
être porteuse d’idées enrichissantes pour nous. Il est donc étonnant
de voir le président de l’UDR tomber dans le même panneau que les
autres formations politiques qui, pour se dire modernes et
progressistes, ne se cassent pas trop la tête à chercher une autre
dénomination qui soit porteuse de progrès, de développement et
d’espoir, sans pour autant qu’apparaisse le mot "démocratie".
L’expérience
politique l’a pourtant démontré. Tous les partis qui se disent
démocrates n’attirent pas foule. Les élections législatives de 1991
l’ont largement prouvé. Les démocrates sont en total déphasage avec
les aspirations du large peuple et ce sont les partis populistes qui
ont ratissé large.
Pourquoi le
président de l’UDR n’a-t-il pas tiré les leçons de son expérience
passée et s’obstine-t-il à vouloir suivre la même route que les
autres ? L’expérience n’a-t-elle pas montré qu’il faut adopter un
autre langage pour toucher la plus grande tranche de la société
algérienne ? De plus, notre pays n’est-il pas des plus riches avec
toutes les valeurs véhiculées par nos traditions et notre culture ?
Des valeurs qui prônent le respect d’autrui, la solidarité et
l’entraide… de sorte à ce que chacun puisse y trouver son compte et
vivre en paix.
Ce ne serait pas
se répéter que de dire voilà deux partis qui auraient pu aller loin
et faire un vrai travail de terrain s’ils n’avaient pas insisté sur
la "démocratie», et c’est par cette même affirmation qu’ils ont
provoqué une fracture avec le peuple qui, l’expérience l’a prouvé,
ne prise pas trop les démocrates.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
La société civile frappée de tétanie
Une autre
victime du terrorisme ?
«Le terrorisme a
eu du bon, même si c’était une calamité. Quand aucun étranger ne
voulait venir chez nous parce qu’il avait peur, il a bien fallu
entretenir et rénover nos usines nous-mêmes», nous explique un cadre
dans une grande entreprise de fabrication de ciment algérienne. Il
constate qu’aujourd’hui, dans le secteur industriel et dans de
nombreux domaines techniques, la maîtrise et les compétences se sont
affirmées grâce au compter sur soi. Si effectivement, les Algériens
ont dû compter sur eux-mêmes pour s’en sortir dans certains
domaines, cela n’a pas été partout de la même veine. Quand la
société devait aussi, seule, se prendre en charge, elle a dû
retrouver des ressorts qu’elle avait forcément perdus pendant une
décennie de guerre sanglante.
Le terrorisme a
coûté très cher en vies humaines, en drames sociaux, en séquelles
psychologiques ; en argent aussi. Mais a-t-on évalué ce que nous
avons perdu comme chances et comme opportunités pour constituer une
société civile forte ?
Le cataclysme a
laissé le pays en lambeaux et il s’agit de tout reconstruire,
notamment le rapport entre les citoyens.
La mobilisation
des Algériens autour de questions de fond devient difficile dès lors
qu’il semble que les relais traditionnels que sont les associations,
par exemple, sont frappés d’un mal originel et demeurent incapables
de fédérer les gens.
Les associations
sérieuses, qui activent sans souci d’opportunisme ou d’alliances
politiques conjoncturelles sont rares. Le nombre total des
associations, quant à lui, est quasiment classé top secret.
Lors de la
rencontre organisée, en décembre 2005, par le ministère de la
Jeunesse et des Sports sur le “Mouvement associatif, état des lieux
et perspectives”, on estimait le nombre des associations à 60 000.
En janvier 2006 on évoquait le nombre de 65 000, tous types
confondus. Le rapport de la commission des droits de l’homme, en
2001, estimait le nombre total des associations en Algérie à près de
46 000 dont 776 à caractère national(1). Une évaluation positive de
la liberté d’association qui a connu effectivement un boom après
1988, pour voir le nombre d’initiatives se recroqueviller durant
près de dix ans de guerre sans merci menée aux Algériens. Pourtant,
on constate un regain d’intérêt dès que la situation sécuritaire
s’est améliorée.
Mais de toute
évidence, la mort semée sur les routes, dans les villes et dans les
campagnes allait donner lieu à une prise en charge de ses séquelles
et conséquences par des acteurs de la société civile.
Le fardeau de
l’histoire
La question des
disparus est certainement l’exemple le plus édifiant à ce propos. Le
problème des personnes enlevées, tuées, par les services de sécurité
ou par les groupes armés, et qui n’ont pas laissé de traces, a
engagé réellement la société civile dans un débat des plus
chaotique. Il va sans dire que la question des disparus s’invite
dans tous les forums liés aux préoccupations de la société civile,
au-delà des questions de responsabilité et des cas judiciaires de
disparitions. Si des organisations comme SOS Disparus n’ont pas
d’agrément légal, elles sont plus actives que d’autres, qui ont
pignon sur rues.
Même constat pour
les associations des victimes du terrorisme dont certains des
responsables sont engagés politiquement alors que leurs
organisations connaissent des soubresauts internes témoignant de la
fragilité de ce genre de rassemblement nés souvent d’initiatives
publiques.(2) Celles-ci voient leurs conflits internes étalés sur la
place publique, suscitant chez les adhérents, à la base, et le
citoyen observateur un désintérêt certain pour l’action collective.
Les cas des familles de disparus et des victimes du terrorisme
illustrent cette période en particulier.
Ces associations,
dont le pendant politique est évident, indiquent bien que les
actions de la société civile ont forcément des implications autres
que sociales. Dès lors, on peut se demander si, effectivement, les
états-majors politiques sont prêts à les laisser agir en dehors de
leur mainmise ou de leur surveillance. Dans une telle situation, on
pourrait supposer que les partis politiques iraient recruter leurs
militants et sympathisant dans les associations, pour peu que
celles-ci aient réellement les moyens de rassembler du monde. De
toute évidence, dans ce cas, enrôler un chanteur de raï à succès
serait bénéfique et efficace !
Désintérêt
Finalement, le
terrorisme est-il seul en cause ? Pour une certaine part,
probablement, mais le mal est plus profond.
Selon une enquête
menée récemment par le CRASC (3) sur un échantillon de 91
associations à Oran, on constate le peu d’intérêt des jeunes pour
l’action associative. Selon l’enquête, cela s’expliquerait par «la
peur et la crainte d’encadrement et d’embrigadement par les partis
politiques qui les priveraient de leur liberté et de leur
autonomie». Le rejet des jeunes de la politique et de la classe
politique reflète, une fois de plus, la crise profonde que traverse
la société et l’ambiguïté des repères et des référents portés par
les jeunes, souligne l’étude.
Dans tout cela,
pas un mot sur l’effet du terrorisme dans l’engourdissement du
mouvement de fond de la société civile. Ou alors de manière tranchée
puisque le déchaînement de violence islamiste durant les années 1990
a eu, il faut le dire, des effets catastrophiques sur le tissu
social, indique en substance le chercheur M. Ferrah dans une étude
sur La Dynamique associative en Algérie. Mais il y ajoute
l’instabilité politique des années 1990 (le pendant des troubles
sécuritaires) qui a eu pour effet de réduire le dynamisme des
associations.
Amine Esseghir
1- Lors de
l’examen de la situation en Algérie, en 2001, la commission des
droits de l’homme de l’ONU a souligné que «l’allègement de la
procédure d’agrément instauré par la loi n°90-31 du 4 décembre 1990,
en matière de facilitation des procédures de création, a engendré un
essor considérable du nombre d’associations».
Le document
souligne qu’«entre les années 1976 et 1988, soit une période de 12
ans, seules 98 associations nationales ont été agréées», alors
qu’«entre 1989 et 1996, soit une période d’à peine plus de 6 ans,
678 associations nationales ont vu le jour». Selon ce rapport, les
associations nationales se répartissaient comme suit :
professionnelles 196 ; sportives 78 ; culture et éducation 76 ;
santé et médecine 62 ; science et technologie (46) ; jeunesse 39 ;
mutuelles 31 ; anciens étudiants 21 ; amitié, échanges et
coopération 21 ; solidarité, secours et bienfaisance 16 ; handicapés
et inadaptés 15 ; femmes 15 ; historiques 14 ; tourisme et loisirs
14 ; associations étrangères 13 ; environnement 12 ; enfance et
adolescence 10 ; retraités et personnes âgées (18) ; droits de
l’homme 5.
2 – L’Association
nationale des familles victimes du terrorisme a été créée à
l’initiative des pouvoirs publics, notamment du ministère de la
Solidarité, de l’aveu même de ses animateurs. D’autres associations
de victimes se «crêpent le chignon» (ne voyons aucune allusion
sexiste dans ce jeu de mot) comme l’ONVTAD menée par Rabha Tounsi et
l’ONVT de Mme Flici (militante RND). Quant à l’ANVT de Djamil
Benrabah, devenue Djazaïrouna, n’a plus suscité d’émoi. Par
ailleurs, des soupçons ont été exprimés en juin 2005 concernant les
associations. Le ministère de l’Intérieur avait lancé ses limiers
pour enquêter sur le financement et l’origine des fonds de certaines
associations locales et nationales, confirmant les soupçons
d’accointances malsaines de certaines associations et laissant de
glace le citoyen, peu engagé.
3 - Le mouvement
associatif et les mouvements sociaux ont particulièrement intéressé
des chercheurs du Centre de recherche en anthropologie culturelle
d’Oran (CRASC). Ils ont au moins trois publications de recherche à
ce sujet :
- Le
mouvement associatif au Maghreb (in les Cahiers du CRASC) ;
- Les
théories des mouvements sociaux (in revue Insaniyat n°8) ;
- Le fait
associatif en Algérie, le cas d’Oran (in revue Insaniyat n°8).
Mais si les
chercheurs établissent un schéma d’évolution du mouvement associatif
et diagnostiquent les raisons du peu d’intérêt qu’il suscite,
notamment chez les jeunes, ils ne confèrent à la situation
sécuritaire du pays qu’une part marginale dans cet échec.
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |