Semaine du  10 au 16 mai 2006

La démocratie à l’épreuve du terrain

Mépris ou méconnaissance de son peuple ?

Interview : Hamid Ferhi du MDS aux Débats

« Être démocrate, c’est se battre pour une économie productive »

L’échec des partis politiques

Immaturité ou incapacité ?

RND et UDR

Une approche inadéquate

La société civile frappée de tétanie

Une autre victime du terrorisme ?

 

 
 
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La démocratie à l’épreuve du terrain

Mépris ou méconnaissance de son peuple ?

Un parti politique « est une organisation durable, qui a pour objet de susciter l’adhésion du plus grand nombre afin de permettre à ses dirigeants de prendre et d’exercer le pouvoir et non pas simplement de l’influencer ». C’est la définition que donne le sociologue Liess Boukra. Pour ce dernier, une formation politique est aussi un « laboratoire d’idées », qui produit une « idéologie », alimente le « débat politique » et élabore des « programmes politiques ». Seulement, outre ces missions et rôles, un parti politique se doit d’être également « un appareil de socialisation politique qui diffuse des valeurs dans l’ensemble de la société », ajoute encore Liess Boukra. Qu’en est-il de nos « partis politiques », notamment ceux qui s’affichent dans l’opposition démocratique ? Pourquoi tardent-ils à s’ancrer dans la société ?

L’expérience multipartiste, quoique très récente, a montré des limites certaines. Le meilleur exemple nous vient des différentes élections, où les sorties publiques des candidats de l’opposition, à droite ou à gauche, se réduisent à l’invective. Les injures et les dénonciations, ces dernières pas toujours infondées, prennent très souvent le pas sur la sérénité et l’essentiel. Une fois lancés dans la course électorale, les candidats parlent en effet peu ou pas du tout de ce qu’ils comptent apporter à celles et à ceux qui leur donneraient leur voix. On a l’impression qu’ils ne disposent pas de programme à proposer aux électeurs et quand il y a programmes, ceux-ci semblent être des généralités ou des photocopies, à des différences près, souvent sans emprise sur les problèmes réels des Algériens : chômage, exclusion sociale, développement inégal entre les régions, analphabétisme, manque de formation, carences en matière de loisirs et de culture, dégradation du cadre de vie et de travail, pénuries d’eau et discrimination dans la distribution de logements, problème de sécurité, injustice, etc. On a cette autre impression que des concepts, comme la démocratie et la liberté, utilisés abusivement dans les discours, sont mal assimilées par les leaders eux-mêmes, plus promptes à épater qu’à convaincre, pour ne pas dire qu’ils s’abandonnent au piège des incohérences, à l’irrespect de l’adversaire. Résultat, leurs discours n’accrochent pas vraiment une société assoiffée de repères et de normalité, d’ouverture et de sortie réelle de la crise, une société qui ne veut plus des luttes de clans ni des clivages qui minent les partis.

Cette entrée, peut-être critique, n’a rien d’une saute d’humeur ni d’un règlement de compte avec les formations dites démocratiques. Cela, parce que ces partis politiques sont loin de remplir leur contrat (au même titre d’ailleurs que les autres formations), même si l’on convient que le multipartisme en Algérie a été biaisé dès le départ et que les conditions d’accès à la démocratie et à la défense des droits humains et des libertés n’ont connu ni préparation ni débat national, encore moins négociation autour des garde-fous, dans une société longtemps assistée et tenue à l’écart des décisions, dans un pays qui n’a pas fini d’exorciser les démons de son passé et qui, parce que riche, est convoité de partout.

Le modèle démocratique est un modèle universel

Même si la démocratie n’est pas l’apanage des systèmes multipartites et des régimes libéraux ou encore des régimes capitalistes, cette notion a connu ses lettres de noblesse, surtout dans ces systèmes et régimes. L’un des facteurs ayant précipité l’effondrement du camp socialiste et la chute du mur de Berlin a été sûrement la vision paternaliste aux couleurs hégémoniques des dirigeants, qui ont fini par s’empêtrer dans les labyrinthes bureaucratiques et le poids des priorités (et des enjeux), au détriment de la pensée libre et de l’esprit d’initiative. Même si nous n’excluons pas le fait que les modèles socialistes et communistes sont de date récente, en comparaison avec ce vétéran qu’est le capitalisme.

Sans anticiper sur les choix d’avenir ni sur les surprises de l’histoire humaine, disons seulement que qu’avec ou sans le 8 octobre 1988, l’avènement du mouvement démocratique au début des années 1990 était inéluctable avec le retour en force du capitalisme à l’échelle planétaire et donc avec les pressions des puissances occidentales. En d’autres termes, ce mouvement, emballé dans des idées altruistes mais pas nécessairement « vendu » avec le même contenu, a touché non seulement l’Algérie, mais également l’Afrique et d’autres pays. Faut-il alors le rejeter, le pervertir sous le faux prétexte qu’il est étranger à nos « valeurs » ou plutôt le considérer comme une belle opportunité pour notre pays, afin d’améliorer le « mauvais départ » des années d’indépendance et de socialisme « spécifique » ?

Cette question, posée tardivement, 15 ans après l’entrée du multipartisme, ne réduit en rien la volonté de corriger le tir. Parce que le « nouvel Etat démocratique » et la « société civile », certes encore embryonnaire, gagneraient à consolider leurs rapports de partenariat, pour réussir le pari du développement durable, d’une part, et la démocratisation institutionnelle et sociale, d’autre part. Comme ont eu à le déclarer experts et observateurs, la marche vers la démocratie n’est possible qu’avec les moyens de la démocratie, où tout peut se négocier, à l’exception de la paix, la cohésion de la société, les intérêts supérieurs de la nation, le respect des droits humains et la libre coexistence.

Nous avons écrit précédemment que le processus d’ouverture a été détourné de son cours normal dès le départ. Il n’y a qu’à voir la façon dont des articles de la Constitution ont été piétinés, ouvrant la voie à l’agrément de partis politiques à caractère religieux et culturel. La question des moyens matériels et financiers des formations politiques, particulièrement des partis-Etat (le FLN et ensuite le RND), ainsi que ceux de la mouvance religieuse et culturelle, nous aide dans la compréhension de la manipulation du champ politique, au mépris des règles démocratiques les plus élémentaires. Une manipulation, qui sera d’ailleurs une occasion pour ceux ayant accouché du monstre intégriste, médiatisé et soutenu de l’extérieur, qui projettera le peuple algérien dans la spirale de la violence, d’instabilité politique, des interférences étrangères, du meurtre en direct de Mohamed Boudiaf, un des chefs historiques et des assassinats de dizaines de milliers de citoyens, dont des intellectuels, des journalistes et des artistes.

Une classe politique en déphasage

Dans un tel contexte, marqué à la fois par des actions de barbarie, par l’état de siège, puis l’état d’urgence, mais également par des pressions de toutes sortes, y compris des institutions financières internationales, et par les nombreuses contraintes, l’acte patriotique et de sauvegarde a prédominé dans la plupart des cas, au détriment du dur apprentissage pacifique de la démocratie et de la réunion des conditions nécessaires pour sa réussite. La classe politique, nouvellement créée, était dans sa majorité en déphasage par rapport à la société, sauf les islamistes, qui se sont investis -grâce à l’occupation du terrain par les armes, aux mosquées et aux moyens financiers étonnants- dans le travail de proximité, le volet social et les aides caritatives, ainsi que l’ex-parti unique, qui avait ses anciens relais dans la société. Le terrorisme islamiste, qui a failli détruire l’Etat algérien, a considérablement influé sur l’avenir immédiat du mouvement démocratique en Algérie, malgré les capacités de résistance de celui-ci. La victoire de la lutte antiterroriste a vite fait de rappeler au galop les réflexes sectaires, voire autoritaires, et celles prévisibles comme la peur d’approfondir l’aventure démocratique, pour une société déchirée et meurtrie en quête d’unité, de paix et de sécurité sociale.

La démocratie convient-elle à Algérie ? Les démocrates ont-ils échoué dans leurs missions ? Poser les questions de cette manière restrictive, c’est s’entêter à tourner le dos à l’expérience d’avant l’indépendance, hélas mal connue, et tout ce qui vient d’être dit. Il n’empêche, beaucoup de démocrates, de gauche comme de droite, structurés ou non dans des partis politiques, ont encore du mal aujourd’hui à se définir comme tels, à couper le cordon ombilical avec la pensée « putschiste » ou à aller à la rencontre de nouvelles pratiques, alliant ouverture et amour du pays, audace/courage et respect de l’autre.

L’on pourrait, bien sûr, reprocher des tas de choses aux partis politiques dits démocratiques. D’avoir déserté le terrain de la bataille des idées, alors que tant de dossiers, aussi importants les uns que les autres, les interpellent en premier lieu : l’école, l’université, le code de la famille, les libertés syndicales, la laïcité, l’islamisme, la corruption, le pacte économique et social, l’industrialisation, la privatisation, le développement régional, la mondialisation, la loi sur les hydrocarbures, la loi sur les partis, la loi électorale, le code de l’information, les mutations dans le monde du travail, l’avenir de la sécurité sociale, l’accord d’association avec l’Union européenne, l’adhésion prochaine de l’Algérie à l’OMC... Des problèmes intérieurs, comme la crise de Kabylie, sont vus, par certains partis, sous l’angle revanchard, où le poids de malentendus passés (qui remontent parfois au temps du mouvement national) et l’esprit régionaliste se mêlent à une manipulation malsaine des frustrations et du mécontentement des jeunes. Cela, sans un grain de responsabilité ni l’analyse, recommandée pourtant, des conséquences et des enjeux. Pour d’autres dossiers, à l’exemple de la dynamique syndicale dans des secteurs clés (éducation, universités, santé) ou de la relation presse privée-pouvoirs publics, sont abandonnés à eux-mêmes au fil des mois, une fois le calme revenu. Et c’est ainsi qu’un journaliste et directeur de quotidien comme Mohamed Benchicou, se retrouve entre les barreaux, bénéficiant d’une solidarité plus soutenue à l’étranger que dans son propre pays. Que dire alors des dossiers de politique extérieure, tels que la Palestine, le Sahara occidental, l’Irak et l’Iran, pour ne citer que ceux-ci, qui ne semblent point emballer notre classe politique.

Vivre ensemble de façon digne et décente

Tout semble se focaliser sur les élections et les sièges à gagner. On se suffit fréquemment des réunions de salon, en méprisant le « peuple » qu’on a du mal à cerner, parce que le méconnaissant. Des leaders politiques en arrivent même à se demander s’ils ne se sont pas trompés de société, et lorsqu’ils ne tapent pas sur les Algériens, ils cognent alors sur les hommes du pouvoir, en se laissant prendre dans le piège des phrases « croustillantes » et des images imaginaires, bien trop lointaines de la réalité du terrain. Comment donner force à la défense des libertés, au civisme, à la loi, à l’élévation de conscience, si des responsables politiques de la mouvance démocratique se comportent en « zaïms », faisant le beau temps et le mauvais temps dans leur parti ? Si les militants sont exclus de la réflexion, de la formation politique et de la prise de décision ?

Nous sommes conscients que dans le monde d’aujourd’hui, les partis politiques, quelque soient leurs étendards, donnent des signes d’essoufflement. Mais, que disent les spécialistes conseillers, sinon que ces formations sont obligées de collaborer « plus étroitement » avec les citoyens et les sociétés civiles, pour se reconstruire.

Tant de grèves dans le monde du travail, tant de rassemblements et de sit-in, tant d’actions initiées par la population pour améliorer son quotidien et tant de cris pour attirer l’attention sur une existence précaire, sont le plus souvent boycottés par les partis démocratiques algériens. Faut-il se contenter d’élever la voix pour dénoncer la fraude électorale, lorsque rien n’est fait ou très peut pour réhabiliter le bulletin de vote ? Faut-il aussi se consoler des élections quand on sait qu’à elles seules, elles n’ont pas le pouvoir de rendre l’Algérie un pays démocratique ?

Ceci pour dire aussi qu’un projet démocratique, qui permet aux Algériennes et aux Algériens de vivre ensemble de façon digne et décente, n’est pas du seul ressort des partis politiques de la mouvance démocratique, mais interpelle également l’Etat, l’intelligentsia, les élus, les associations, les personnalités, les citoyens tout court et même les groupes de pression, acquis au changement démocratique et à la modernité.

Il est clair pour nous que la société démocratique n’est pas gagnée d’avance, mais elle se construira petit à petit, en prenant appui sur notamment la construction réelle d’un Etat de droit lié à l’indépendance des juges, l’apprentissage d’une véritable démocratie locale, le respect des libertés de pensée, d’expression et des suffrages, une vie culturelle et sportive rayonnante, une économie dynamique plus juste envers l’intérieur du pays et les couches nécessiteuses.

L'idéal démocratique est universel. Au nom de la loi sur la relativité, chaque peuple le ressuscite à la lumière de son histoire et de sa culture. Pour peu que les règles du jeu soient connues de tous et applicables pour tous.

Z’hor Chérief

 

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Interview : Hamid Ferhi du MDS aux Débats

« Être démocrate, c’est se battre pour une économie productive »

Hamid Ferhi est membre du bureau national du Mouvement démocratique et social (MDS). Il assume l’apparition récente de divergences politiques, après la disparition d’El-Hachemi Chérif. A travers cet entretien, le responsable politique explique ce que cache la crise qui traverse aujourd’hui sa formation.

 

Que se passe-t-il au juste au sein du MDS ?

Deux tendances, qui s’exprimaient déjà depuis une année, ont réussi à trouver un compromis sur les documents à soumettre au congrès, prévu pour les 4 et 5 mai dernier, ainsi que sur la composante à ce rendez-vous national. Mais, à la veille du congrès, l’une des tendances, celle d’Ahmed Meliani, se voyant minoritaire, a fait un putsch. Le groupe de Meliani s’est auto intronisé et a reporté le congrès de fait au mépris de l’ensemble des militants et des statuts du MDS.

 

On a du mal à comprendre votre analyse de la situation ? Votre groupe n’est-il pas en train de s’éloigner de l’analyse traditionnelle du MDS ?

C’est vrai, les deux tendances divergent sur l’appréciation de la situation politique actuelle et même sur celle de l’étape. Pour la tendance de Hocine Ali, à laquelle j’appartiens, 15 années de lutte contre le système rentier et contre l’islamisme politique ont donné leurs fruits. J’estime que l’hypothèque de l’Etat théocratique qui menaçait la République est levée.

 

C’est-à-dire ?

Je veux dire que 15 ans de mobilisation des institutions de l’Etat, à leur tête l’armée nationale, et des centaines de milliers de Patriotes algériens, ont vaincu le bras armé de l’islamisme. Cela ne peut être sans conséquence sur l’analyse de la situation. De plus, la prise de conscience des citoyens par rapport au danger intégriste est telle qu’aujourd’hui ils sont le principal rempart contre ce fléau. Par ailleurs, le taux élevé d’abstention aux différentes élections nous interpelle sur la tactique qu’il faut adopter à l’avenir.

 

Mais, comment se fait-il que des militants du MDS, héritiers du parti d’avant-garde socialiste (PAGS) et d’Ettahadi, soutiennent aujourd’hui le « capitalisme productif » ?

Le MDS est un mouvement dont les membres partagent en commun la lutte pour une société moderne, démocratique et sociale. Les choix économiques sont donc du ressort de chacun et c’est normal que des militants se prononcent pour un capitalisme productif. Mais, en réalité, c’est l’évolution de la situation dans le pays qui a amené le débat sur les choix économiques, parce que des sujets jugés secondaires hier passent désormais au premier plan. C’est là une des grandes divergences entre les deux tendances. Alors que nous proposons d’accompagner toutes les luttes syndicales pour une meilleure répartition des richesses nationales, et d’initier des luttes dans cette direction, l’autre tendance continue à considérer que ces luttes sont des batailles pour le partage de la rente.

 

Vous voulez parler de la fameuse « rupture avec l’islamisme et le système rentier » cher à votre formation ?

Je veux parler de l’interprétation étroite que fait le groupe de Meliani, à propos du rôle du MDS dans les luttes sociales.

 

N’êtes-vous pas en train d’appeler au changement de cap de votre parti pour l’entraîner vers la droite ?

Non. Aujourd’hui, être à gauche, pour la démocratie et le progrès, c’est se battre pour une économie productive et une juste répartition des richesses. C’est cela le MDS d’aujourd’hui. Nous sommes tenus maintenant de répondre clairement aux préoccupations des citoyens, à ce qu’il faut faire pour aller dans cette direction. Par conséquent, l’étiquette de droite pour l’une ou l’autre des tendances n’est pas appropriée.

 

Finalement, assistons-nous à la fin du MDS ou à sa transformation ?

Le MDS est tenu de se transformer ou, plus exactement, de réaliser les tâches pour lesquelles il a été créé. La proposition de transition de notre MDS, n’étant plus opérationnelle, nous devons trouver les voies et moyens pour la réalisation de nos objectifs, parce que c’est la seule manière de mettre fin aux résidus de l’islamisme et aux tenants de la rente. C’est tout cela le débat au sein du MDS.

Propos recueillis par Z. Chérief

 

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L’échec des partis politiques

Immaturité ou incapacité ?

Quelle évaluation peut-on faire, en  2006, de l’expérience algérienne de la démocratie ? En fait, y répondre n’est pas un exercice facile. En effet, il peut être facile de jeter la pierre aux démocrates et d’affirmer qu’ils ont lamentablement échoué dans la mission dont ils se sont trouvés investis, car déjà prédisposés à le faire. La mission de matérialiser les espoirs de toute une population, toutes catégories sociales confondues, en assurant la transition démocratique, en réunissant les conditions et en assurant la pérennité des mécanismes mis en place dans ce cadre. En effet, il n’est pas inutile de rappeler le fol espoir qui a gagné tous les Algériens dans le sillage  des évènements d’octobre 1988.   Un espoir, tout simplement, voire tout naïvement, de voir l’Algérie tourner la page de l’ère du parti unique et s’ouvrir au pluralisme. Un pluralisme qui devait toucher tous les secteurs restés fermés du temps où le FLN était aux commandes du pays et où toutes les associations se déployaient sous sa seule bannière. L’Algérien aspirait à un pluralisme médiatique, syndical, associatif et politique. La Constitution du 23 février 1989 a consacré ce que nombreux ont cru pendant fort longtemps être une victoire du peuple contre le FLN. A savoir l’arrachage par les manifestant d’octobre 1988 du principal acquis politique de cette Algérie post-Indépendance, la démocratie.  Seize ans après, force est de constater que l’occasion a été gâchée. L’évaluation le chemin parcouru le démontre.

Une occasion gâchée

L’Algérie a raté l’occasion d’ancrer dans ses mœurs politiques, pour ne citer que cet aspect, la pratique et l’exercice de la démocratie.  Pourtant, au lendemain de l’adoption de la Constitution de 1989 qui consacrait dans son article 40 le pluralisme politique, tout avait bien commencé. Nombre de partis «démocratiques» avaient obtenu leur agrément. Désormais, les militants avaient le choix entre le PAGS qui allait devenir MDS, le RCD, le FFS, l’ANR… Pour d’autres c’est la voie du mouvement associatif qui a paru la plus appropriée pour faire avancer la société algérienne et assurer son ancrage dans la démocratie. Car force est de  reconnaître que  tous ces "leaders", qu’ils aient été militants, dirigeants de partis ou membres d’associations de quartier ou activant au niveau national,  tous étaient reconnus comme  d’authentiques  démocrates qui avaient fait leurs preuves dans la clandestinité. L’Algérie pouvait ainsi se prévaloir d’avoir en son sein des démocrates qui n’avaient plus besoin d’être dans la clandestinité. Ceux qui, longtemps, ont réprimé leurs pulsions démocratiques en militant au sein du FLN pouvaient donner libre cours à leurs convictions intimes.

Mais contrairement à ce qui était attendu, l’illusion longtemps entretenue ne résista pas à la pratique du terrain et surtout à l’usure du temps. Les démocrates qui se trouvaient au sein de formations politiques  n’auront pas réussi le pari de mettre en place les mécanismes adéquats pour créer une dynamique à même de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de démocrates en mesure d’assurer la relève et de constituer cette élite sur laquelle la population pourrait compter. Ceux qui étaient  dans le mouvement associatif ont vite fait de baisser les bras devant les vicissitudes  de la vie. Car force est de dire que sur ce point-là, c’est l’échec total. En fait ces démocrates,  pseudo-démocrates  pour d’autres, n’ont réussi tout au long de ces dernières années qu’à approfondir les appréhensions  que les islamistes ont réussi à susciter dans les esprits en jouant sur les concepts de laïcité, de démocratie…  Le fossé entre "démocrates" et Algériens est devenu tel qu’on avait l’impression que ces gens-là ne faisaient plus partie de la société algérienne. Il faut dire aussi que le discours adopté par eux était loin de répondre aux aspirations de la majorité des Algériens, notamment ceux qui vivent, comme on aime à le dire, dans "l’Algérie profonde".  A la longue, ce discours s’est érigé en un véritable mur séparant les deux camps. Au lieu de rectifier le tir et de changer d’approche, les démocrates au contraire se sont entêtés à le maintenir. Ce qui n’a pas manqué d’être assimilé à un véritable mépris à l’égard de la population. Est-ce par incapacité intellectuelle ? La question est posée. A moins que, dans le souci de ressembler tellement aux autres, à ceux qui se trouvent de l’autre côté de la Méditerranée, on ait fait le choix de sacrifier son propre  peuple. Le souci de plaire étant placé au dessus de toute autre considération, d’autant que cette période était celle où l’Algérie était en butte à des luttes idéologiques. C’est ce qui explique aussi que les démocrates algériens donnaient plus l’impression de reproduire un discours ou un cours magistral donné par un professeur occidental que de produire leurs propres discours puisés dans la réalité du pays. Les grandes lignes ou grands axes relevés dans les programmes de ces formations n’avaient de ce fait rien d’algérien.    

Erreur fatale

Cette erreur d’appréciation s’avèrera fatale. Elle empêchera l’ancrage et le développement de l’expérience démocratique dans le pays. Pourtant, il aurait suffi que ces hommes et femmes qui disaient côtoyer quotidiennement le peuple adaptent les contenus de leurs programmes aux préoccupations terre à terre des Algériens d’autant que ces derniers, en raison entre autres de la faillite du système éducatif national et la présence active des islamistes  n’étaient pas mûrs pour assimiler un discours et des idées dans lesquelles ils  ne se reconnaissaient pas. Le "copier-coller" auquel ils ont eu recours, s’il était recevable dans les premiers temps car ces partis ont été pour la plupart créés dans la précipitation, ne pouvait plus trouver de justificatifs au bout de quelques années d’existence. Or les dirigeants ont préféré la solution de facilité en se fermant aux aspirations citoyennes de l’électorat algérien en particulier et du peuple en général. Dès lors, il n’était tout à fait prévisible que leur soient collées des étiquettes du genre "politique de salon".

Mais ce qui est le plus visible, c’est l’état de déliquescence de ces partis démocrates : l’ANR est depuis longtemps aux abonnés absents ; le RCD n’arrive plus à se redéployer et fait face à une crise interne ; le MDS est menacé dedisparition car étant dans l’incapacité de tenir dans les délais impartis par la loi sur les partis politiques   son congrès de mise en conformité, nonobstant la crise interne qu’il traverse  ces dernières semaines.

C’est dire que l’avenir n’augure rien de bon pour les démocrates. Gageons, pour le bien de l’Algérie, qu’ils se ressaisissent avant qu’il ne soit irrémédiablement trop tard.   

Nadia Kerraz

 

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RND et UDR

Une approche inadéquate

Pourquoi nos partis politiques choisissent-ils le plus souvent d’user du terme démocrate pour expliquer leur tendance progressiste ? Ce terme, qu’on ne retrouve nulle part à travers notre culture, notre religion et même nos traditions, n’a-t-il pas été copié à tout venant, pour se faire valoir d’un mode de pensée occidentale ? Autrement dit, faire montre d’une ouverture d’esprit à même de garantir toutes les libertés. Quelle chance ont ces partis de s’intégrer dans le quotidien du citoyen qui se débat dans des problèmes sans fin ? Ne marquent-ils pas, de par leur conception, une coupure avec la base qu’ils s’évertuent pour séduire ? Peut-être que la méthode choisie n’est pas la bonne.

Il n’y a rien de mieux que la réalité du terrain pour comprendre que ces partis font fausse route quand ils décident de séduire les gens et de les attirer pour qu’ils adhèrent à leur pensée et à leur ligne de conduite, tout en restant dans leur tour d’ivoire. Les autres formations, celles que l’on désigne comme étant populistes et qui en fait se basent beaucoup plus sur la religion à travers leurs actions, ont mieux compris les réalités du terrain, mais aussi et surtout les méandres de la nature humaine. L’approche psychologique adoptée par ces partis consiste à considérer chaque personne abordée comme étant unique par son intelligence, son courage et ses capacités. Le plus important consiste à lui faire sentir tout cela. Leur stratégie est donc de valoriser toutes les personnes approchées, d’écouter leurs problèmes et de leur trouver par la suite des solutions. Ce qui n’est pas le cas d’autres partis qui se disent démocrates, car leur approche est totalement différente. Dans la mesure où leurs discours, même s’il s’adresse à tout le monde, est en réalité compris et assimilé par une certaine élite intellectuelle. Les autres, le peuple au sens large du terme, ne se retrouve nullement dans ces discours puisqu’il n’y retrouve pas ses problèmes quotidiens et ses aspirations.

Il est tout à fait compréhensible que le citoyen qui se débat dans des problèmes tels que le chômage, la crise du logement, la dégradation du pouvoir d’achat, le manque de loisirs et tant d’autres soucis qui émaillent son quotidien n’aspire pas, du moins pas dans l’immédiat, à avoir toutes les libertés dont voudrait un autre qui vit dans de meilleurs conditions.

Pourquoi donc les concepteurs de ces partis s’évertuent-ils à vouloir toujours ajouter le terme "démocrate" à la dénomination de leurs partis ? Est-ce pour se démarquer des autres et exclure toute tendance hégémonique ? Il y a peut-être du vrai dans cette hypothèse. Car si l’on prend l’exemple du Rassemblement national démocrate (RND), on se dit que ce sont peut-être les conditions et la conjoncture de sa création, en 1996 — quand le pays était encore plongé dans les affres de la violence et que la menace des islamistes pesait encore de tout son poids — qui ont poussé ses fondateurs à insister sur le terme démocrate, sûrement pour contrecarrer la menace islamiste et rallier les citoyens autour d’un nouveau parti qui prône le rassemblement, l’ouverture, la démocratie, donc à l’opposé de ceux qui, parce qu’il n’ont pas eu le pouvoir, ont plongé le pays dans l’horreur et la désolation. Il est vrai qu’à cette époque-là, les gens cherchaient désespérément à se sortir de cette situation et s’accrochaient à tout ce qui n’était pas violence.

Le RND était donc immédiatement ressenti comme un parti qui pouvait réellement rassembler les gens autour d’un projet de société. Le RND, qui était présent parmi le peuple et commençait à rallier de larges pans de la société, s’est pourtant arrêté au milieu du chemin et n’a plus eu, par la suite, que des prétentions politiques, ce qui est tout de même un peu légitime car l’essence d’un parti politique est justement la vie politique.

Il revient à dire que ce parti qui se voulait rassembleur aurait pu se  passer d’ajouter qu’il se voulait démocrate. Car il va de soi que la démocratie, qui est une thèse et une conception européenne, ne peut en aucun cas s’appliquer à notre société qui est foncièrement différente de par ses coutumes, sa religion et sa culture. Il va de soi qu’un peuple qui a été, tout au long de son histoire, imprégné de valeurs qui ont largement contribué à sauvegarder sa personnalité, surtout durant les 130 années de la colonisation française, ne se sent pas concerné par un modèle copié sur l’Occident.

L’exemple de l’Union des démocrates républicains (UDR) est, lui aussi, des plus édifiants. En effet, comment se fait-il que son président, Amara Benyounès, ancien militant du RCD, n’ait pas tiré de leçon de son expérience dans ce parti qui a fait de la lutte démocratique son cheval de bataille, mais qui s’est plus d’une fois cassé les dents au contact de la réalité du terrain ? A tel point que son président, Saïd Sadi, a clamé haut et fort qu’il s’était trompé de peuple. Cette affirmation du président du RCD ne conforte-t-elle pas cette idée développée et qui est de prôner d’autres valeurs, dont la démocratie qui ne vient pas de chez nous et ne peut en aucun cas être porteuse d’idées enrichissantes pour nous. Il est donc étonnant de voir le président de l’UDR tomber dans le même panneau que les autres formations politiques qui, pour se dire modernes et progressistes, ne se cassent pas trop la tête à chercher une autre dénomination qui soit porteuse de progrès, de développement et d’espoir, sans pour autant qu’apparaisse le mot "démocratie".

L’expérience politique l’a pourtant démontré. Tous les partis qui se disent démocrates n’attirent pas foule. Les élections législatives de 1991 l’ont largement prouvé. Les démocrates sont en total déphasage avec les aspirations du large peuple et ce sont les partis populistes qui ont ratissé large.

Pourquoi le président de l’UDR n’a-t-il pas tiré les leçons de son expérience passée et s’obstine-t-il à vouloir suivre la même route que les autres ? L’expérience n’a-t-elle pas montré qu’il faut adopter un autre langage pour toucher la plus grande tranche de la société algérienne ? De plus, notre pays n’est-il pas des plus riches avec toutes les valeurs véhiculées par nos traditions et notre culture ? Des valeurs qui prônent le respect d’autrui, la solidarité et l’entraide… de sorte à ce que chacun puisse y trouver son compte et vivre en paix.

Ce ne serait pas se répéter que de dire voilà deux partis qui auraient pu aller loin et faire un vrai travail de terrain s’ils n’avaient pas insisté sur la "démocratie», et c’est par cette même affirmation qu’ils ont provoqué une fracture avec le peuple qui, l’expérience l’a prouvé, ne prise pas trop les démocrates.

Khadidja Mohamed Bouziane

 

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La société civile frappée de tétanie

Une autre victime du terrorisme ?

«Le terrorisme a eu du bon, même si c’était une calamité. Quand aucun étranger ne voulait venir chez nous parce qu’il avait peur, il a bien fallu entretenir et rénover nos usines nous-mêmes», nous explique un cadre dans une grande entreprise de fabrication de ciment algérienne. Il constate qu’aujourd’hui, dans le secteur industriel et dans de nombreux domaines techniques, la maîtrise et les compétences se sont affirmées grâce au compter sur soi. Si effectivement, les Algériens ont dû compter sur eux-mêmes pour s’en sortir dans certains domaines, cela n’a pas été partout de la même veine. Quand la société devait aussi, seule, se prendre en charge, elle a dû retrouver des ressorts qu’elle avait forcément perdus pendant une décennie de guerre sanglante.

Le terrorisme a coûté très cher en vies humaines, en drames sociaux, en séquelles psychologiques ; en argent aussi. Mais a-t-on évalué ce que nous avons perdu comme chances et comme opportunités pour constituer une société civile forte ?

Le cataclysme a laissé le pays en lambeaux et il s’agit de tout reconstruire, notamment le rapport entre les citoyens.

La mobilisation des Algériens autour de questions de fond devient difficile dès lors qu’il semble que les relais traditionnels que sont les associations, par exemple, sont frappés d’un mal originel et demeurent incapables de fédérer les gens.

Les associations sérieuses, qui activent sans souci d’opportunisme ou d’alliances politiques conjoncturelles sont rares. Le nombre total des associations, quant à lui, est quasiment classé top secret.

Lors de la rencontre organisée, en décembre 2005, par le ministère de la Jeunesse et des Sports sur le “Mouvement associatif, état des lieux et perspectives”, on estimait le nombre des associations à 60 000. En janvier 2006 on évoquait le nombre de 65 000, tous types confondus. Le rapport de la commission des droits de l’homme, en 2001, estimait le nombre total des associations en Algérie à près de 46 000 dont 776 à caractère national(1). Une évaluation positive de la liberté d’association qui a connu effectivement un boom après 1988, pour voir le nombre d’initiatives se recroqueviller durant près de dix ans de guerre sans merci menée aux Algériens. Pourtant, on constate un regain d’intérêt dès que la situation sécuritaire s’est améliorée.

Mais de toute évidence, la mort semée sur les routes, dans les villes et dans les campagnes allait donner lieu à une prise en charge de ses séquelles et conséquences par des acteurs de la société civile.

Le fardeau de l’histoire

La question des disparus est certainement l’exemple le plus édifiant à ce propos. Le problème des personnes enlevées, tuées, par les services de sécurité ou par les groupes armés, et qui n’ont pas laissé de traces, a engagé réellement la société civile dans un débat des plus chaotique. Il va sans dire que la question des disparus s’invite dans tous les forums liés aux préoccupations de la société civile, au-delà des questions de responsabilité et des cas judiciaires de disparitions. Si des organisations comme SOS Disparus n’ont pas d’agrément légal, elles sont plus actives que d’autres, qui ont pignon sur rues.

Même constat pour les associations des victimes du terrorisme dont certains des responsables sont engagés politiquement alors que leurs organisations connaissent des soubresauts internes témoignant de la fragilité de ce genre de rassemblement nés souvent d’initiatives publiques.(2) Celles-ci voient leurs conflits internes étalés sur la place publique, suscitant chez les adhérents, à la base, et le citoyen observateur un désintérêt certain pour l’action collective. Les cas des familles de disparus et des victimes du terrorisme illustrent cette période en particulier.

Ces associations, dont le pendant politique est évident, indiquent bien que les actions de la société civile ont forcément des implications autres que sociales. Dès lors, on peut se demander si, effectivement, les états-majors politiques sont prêts à les laisser agir en dehors de leur mainmise ou de leur surveillance. Dans une telle situation, on pourrait supposer que les partis politiques iraient recruter leurs militants et sympathisant dans les associations, pour peu que celles-ci aient réellement les moyens de rassembler du monde. De toute évidence, dans ce cas, enrôler un chanteur de raï à succès serait bénéfique et efficace !

Désintérêt 

Finalement, le terrorisme est-il seul en cause ? Pour une certaine part, probablement, mais le mal est plus profond.

Selon une enquête menée récemment par le CRASC (3) sur un échantillon de 91 associations à Oran, on constate le peu d’intérêt des jeunes pour l’action associative. Selon l’enquête, cela s’expliquerait  par «la peur et la crainte d’encadrement et d’embrigadement par les partis politiques qui les priveraient de leur liberté et de leur autonomie». Le rejet des jeunes de la politique et de la classe politique reflète, une fois de plus, la crise profonde que traverse la société et l’ambiguïté des repères et des référents portés par les jeunes, souligne l’étude.

Dans tout cela, pas un mot sur l’effet du terrorisme dans l’engourdissement du mouvement de fond de la société civile. Ou alors de manière tranchée puisque le déchaînement de violence islamiste durant les années 1990 a eu, il faut le dire, des effets catastrophiques sur le tissu social, indique en substance le chercheur M. Ferrah dans une étude sur La Dynamique associative en Algérie. Mais il y ajoute l’instabilité politique des années 1990 (le pendant des troubles sécuritaires) qui a eu pour effet de réduire le dynamisme des associations.

Amine Esseghir

 

1- Lors de l’examen de la situation en Algérie, en 2001, la commission des droits de l’homme de  l’ONU a souligné que «l’allègement de la procédure d’agrément instauré par la loi n°90-31 du 4 décembre 1990, en matière de facilitation des procédures de création, a engendré un essor considérable du nombre d’associations».

Le document souligne qu’«entre les années 1976 et 1988, soit une période de 12 ans, seules 98 associations nationales ont été agréées», alors qu’«entre 1989 et 1996, soit une période d’à peine plus de 6 ans, 678 associations nationales ont vu le jour». Selon ce rapport, les associations nationales se répartissaient comme suit : professionnelles 196 ; sportives 78 ; culture et éducation 76 ; santé et médecine 62 ; science et technologie (46) ; jeunesse 39 ; mutuelles 31 ; anciens étudiants 21 ; amitié, échanges et coopération 21 ; solidarité, secours et bienfaisance 16 ; handicapés et inadaptés 15 ; femmes 15 ; historiques 14 ; tourisme et loisirs 14 ; associations étrangères 13 ; environnement 12 ; enfance et adolescence 10 ; retraités et personnes âgées (18) ; droits de l’homme 5.

2 – L’Association nationale des familles victimes du terrorisme a été créée à l’initiative des pouvoirs publics, notamment du ministère de la Solidarité, de l’aveu même de ses animateurs.  D’autres associations de victimes se «crêpent le chignon» (ne voyons aucune allusion sexiste dans ce jeu de mot) comme l’ONVTAD menée par Rabha Tounsi et l’ONVT de Mme Flici (militante RND). Quant à l’ANVT de Djamil Benrabah, devenue Djazaïrouna, n’a plus suscité d’émoi. Par ailleurs, des soupçons ont été exprimés en juin 2005 concernant les associations. Le ministère de l’Intérieur avait lancé ses limiers pour enquêter sur le financement et l’origine des fonds de certaines associations locales et nationales, confirmant les soupçons d’accointances malsaines de certaines associations et laissant de glace le citoyen, peu engagé.

 

3 - Le mouvement associatif et les mouvements sociaux ont particulièrement  intéressé des chercheurs du Centre de recherche en anthropologie culturelle d’Oran (CRASC). Ils ont au moins trois publications de recherche à ce sujet :

- Le mouvement associatif au Maghreb (in les Cahiers du CRASC) ;

- Les théories des mouvements sociaux (in revue Insaniyat n°8) ;

- Le fait associatif en Algérie, le cas d’Oran (in revue Insaniyat n°8).

Mais si les chercheurs établissent un schéma d’évolution du mouvement associatif et diagnostiquent les raisons du peu d’intérêt qu’il suscite, notamment chez les jeunes, ils ne confèrent à la situation sécuritaire du pays qu’une part marginale dans cet échec.

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