Semaine du  10 au 16 mai 2006

L’Algérie commémore le 8 mai 1945 et   célèbre le 3 mai

Que  de chemin parcouru…

 

 
 
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L’Algérie commémore le 8 mai 1945 et   célèbre le 3 mai

Que  de chemin parcouru…

L’Algérie comme chaque année à cette date  a commémoré les massacres du 8 mai 45. Liberté, à l’instar d’autres quotidiens  revient sur cette commémoration. Il le fait  à la faveur d’une allocution « très symbolique »  adressée par le président  Bouteflika au peuple de Guelma que le ministre des moudjahidine s’est chargé de lire. Le quotidien  relève que  « Bouteflika s’es montré Dur. Violent «. Plus loin il ajoutera qu’« adressant une sévère mise au point aux artisans et autres défenseurs et promoteur de la loi  du 23 février (fut-elle amputée de l’un de ses articles les plus polémiques), il dressera un réquisitoire sans complaisance de la mission décivilisatrice (pour reprendre sa propre formule)  de l’entreprise coloniale en Algérie ». toutefois fera remarquer le quotidien ; « ne voulant pas tout mélanger, le chef de l’Etat a tenu toutefois ,à nuancer son propos  en faisant clairement le distinguo entre le colonialisme comme système (…) et  tout particulièrement ses porteur de valise ».  Ainsi pour liberté cette allocution n’est en définitive qu’u rappel de la position du chef de l’Etat qui selon ce quotidien « persiste et signe ».  El Watan autre journal  en mesure de « boucler » tard a aussi exploité cette allocution présidentielle. Elle constituera sa une de ce lundi 8 mai. « pas de traité d’amitié sans le pardon officiel » est-il rapporté par ce quotidien . Il est relevé que « s’il est un  quelque peu apaisant, le discours revient toujours sur le fait que la France reconnaisse son aventure colonialiste, une aventure génocidaire. El Watan estimera  que « le peuple algérien veut des excuses officielles pour qu’il y ait rupture avec le passé noir». De son côté la Tribune rapportera que le président de la république a souligne dans son discours que « l’histoire de la présence française en Algérie comporte des pages noires qu’il faut savoir assumer». Le rédacteur soulignera par ailleurs que « dans une allocution d’une rare virulence » il sera rappelé « qu’il est évident que, depuis le 5 juillet 1962, chacun est maître chez soi  et qu’il n’est aucunement question de notre part d’exercer quelque pression que ce soit pour obtenir ce qui semble être le droit élémentaire de l’Etat-nation algérien : à savoir des excuses publiques et solennelles pour le crime de colonialisme  commis contre notre peuple ». el khabar de son côté rapporte également le préalable posé par Bouteflika. Celui  de présenter des excuses car est-il souligné la France à commis un génocide en algérie.  La Nouvelle République traitera l’évènement sous forme de dossier.  Ces massacres que la  France qualifie de positif sont en fait « une plaie ouverte » est-il souligné.  Pour le commentateur de ce quotidien «  chaque année, la commémoration des évènements tragiques du 8 mai 1945 offrent l’occasion de revenir sur la terrible répression qui s’était abattue sur les populations dans la région de Kharrata, Sétif, et Guelma. ». Il sera rappelé que « 45.000 personnes avaient payé de leur vie pour avoir revendiqué l’indépendance au moment où la France elle-même célébrait la sienne en l’appelant fête de la victoire ». Et d’ajouter que « tant qu’on n’a pas clos le douloureux chapitre de l’histoire par une écriture objective, les passions demeureront toujours en l’état, et avec elles les ressentiments des uns à l’égard des autres et des obstacles devant gêner les rapprochements espérés en vue d’une coopération ; telle  que l’exige l’appartenance au même espace géopolitique. » le commentateur poursuivra en s’interrogeant. «  Faudrait-il, au nom de l’avenir, faire l’impasse totale sur le passé ou assainir celui-ci ? Serait-il possible de faire ensemble un débat ans en arriver à une polémique qui ne sera en faveur d’aucune des deux parties, puisque l’objectif recherché est justement celui de l’élaborer avec sérénité ? » El Ahdeth estimera  que « les massacres du 8 mai sont un véritable holocauste prouvé par les archives d’histoire ». Seront également cités les avis de jacques  Verges et Nicole Dreyfus qui ont estime que « ce qui s’est passé le 8 mai 1945 est un crime

 Contre l’humanité ».

Le geste de Bouteflika

La date du 3 mai est aussi  une date qui suscite des  débats passionnés en Algérie. Et pour cause   cette  date correspond à la journée internationale de la presse et de la liberté d’expression. Cette célébration ne pouvait pas passer inaperçue d’autant qu’elle a coïncidé cette année avec l’annonce par le président de la  République de mesures de grâce à l’égard de journalistes définitivement condamnés.  « Un geste fort »estimera Le Jour d’Algérie au lendemain de cette annonce. « Une mesure qui en appelle  d’autres… »Estimera El watan  qui rappellera que « les journalistes déplorent que Mohamed Benchicou soit toujours en prison ». Est-ce un « signal d’apaisement ? » se demande Le Soir d’Algérie. Le  journal rappellera que cette initiative intervient « juste après l’application  de la charte pour la paix et la réconciliation ».  Le Jeune Indépendant estime pour sa part que « les engagements pris dans le communiqué encouragent à l’espoir, quand on sait qu’à l’heure actuelle le journaliste n’est pas mis dans les conditions d’informer et d’accomplir convenablement sa mission vis-à-vis de l’opinion ». Le commentateur de l’authentique relèvera que «  si le débat reste à inventer sur cette préoccupation fondamentale qu’est la liberté d’expression au sein d’une corporation ; il est vrai, plutôt minée par les approches individuelles et fragmentaire, c’est sans doute, parce que le monde des médias dans notre pays est aussi complexe que les impasses politiques de la république sous le soleil de l’indépendance ».  El Youm estime quant à lui que par cette mesure Bouteflika  se réconcilie avec la presse.  Le  Jour d’Algérie commentera  cette mesure dans son édition du jeudi 4 mai. Ainsi estimera son éditorialiste « (…) le chef de l’Etat vient de faire le premier pas dans le sens de la paix et il attend de voir comment son geste va être accueilli par une presse qui a souvent démontré qu’elle pouvait être aussi bien de bonne compagnie que particulièrement hargneuse selon les conjonctures. » Et d’ajouter « un premier geste certes très insuffisant, dans la mesure où il ne bénéficie en pratique à aucun journaliste, mais qui trace une voie très claire, celle d’un désarmement progressif des deux côtés de la barrière ».

Nadia kerraz

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