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L’Algérie commémore le 8 mai 1945 et célèbre le 3 mai
Que de chemin
parcouru…
L’Algérie comme
chaque année à cette date a commémoré les massacres du 8 mai 45.
Liberté, à l’instar d’autres quotidiens revient sur cette
commémoration. Il le fait à la faveur d’une allocution « très
symbolique » adressée par le président Bouteflika au peuple de
Guelma que le ministre des moudjahidine s’est chargé de lire. Le
quotidien relève que « Bouteflika s’es montré Dur. Violent «. Plus
loin il ajoutera qu’« adressant une sévère mise au point aux
artisans et autres défenseurs et promoteur de la loi du 23 février
(fut-elle amputée de l’un de ses articles les plus polémiques), il
dressera un réquisitoire sans complaisance de la mission
décivilisatrice (pour reprendre sa propre formule) de l’entreprise
coloniale en Algérie ». toutefois fera remarquer le quotidien ; « ne
voulant pas tout mélanger, le chef de l’Etat a tenu toutefois ,à
nuancer son propos en faisant clairement le distinguo entre le
colonialisme comme système (…) et tout particulièrement ses porteur
de valise ». Ainsi pour liberté cette allocution n’est en
définitive qu’u rappel de la position du chef de l’Etat qui selon ce
quotidien « persiste et signe ». El Watan autre journal en mesure
de « boucler » tard a aussi exploité cette allocution
présidentielle. Elle constituera sa une de ce lundi 8 mai. « pas de
traité d’amitié sans le pardon officiel » est-il rapporté par ce
quotidien . Il est relevé que « s’il est un quelque peu apaisant,
le discours revient toujours sur le fait que la France reconnaisse
son aventure colonialiste, une aventure génocidaire. El Watan
estimera que « le peuple algérien veut des excuses officielles pour
qu’il y ait rupture avec le passé noir». De son côté la Tribune
rapportera que le président de la république a souligne dans son
discours que « l’histoire de la présence française en Algérie
comporte des pages noires qu’il faut savoir assumer». Le rédacteur
soulignera par ailleurs que « dans une allocution d’une rare
virulence » il sera rappelé « qu’il est évident que, depuis le 5
juillet 1962, chacun est maître chez soi et qu’il n’est aucunement
question de notre part d’exercer quelque pression que ce soit pour
obtenir ce qui semble être le droit élémentaire de l’Etat-nation
algérien : à savoir des excuses publiques et solennelles pour le
crime de colonialisme commis contre notre peuple ». el khabar de
son côté rapporte également le préalable posé par Bouteflika. Celui
de présenter des excuses car est-il souligné la France à commis un
génocide en algérie. La Nouvelle République traitera l’évènement
sous forme de dossier. Ces massacres que la France qualifie de
positif sont en fait « une plaie ouverte » est-il souligné. Pour le
commentateur de ce quotidien « chaque année, la commémoration des
évènements tragiques du 8 mai 1945 offrent l’occasion de revenir sur
la terrible répression qui s’était abattue sur les populations dans
la région de Kharrata, Sétif, et Guelma. ». Il sera rappelé que
« 45.000 personnes avaient payé de leur vie pour avoir revendiqué
l’indépendance au moment où la France elle-même célébrait la sienne
en l’appelant fête de la victoire ». Et d’ajouter que « tant qu’on
n’a pas clos le douloureux chapitre de l’histoire par une écriture
objective, les passions demeureront toujours en l’état, et avec
elles les ressentiments des uns à l’égard des autres et des
obstacles devant gêner les rapprochements espérés en vue d’une
coopération ; telle que l’exige l’appartenance au même espace
géopolitique. » le commentateur poursuivra en s’interrogeant. «
Faudrait-il, au nom de l’avenir, faire l’impasse totale sur le passé
ou assainir celui-ci ? Serait-il possible de faire ensemble un débat
ans en arriver à une polémique qui ne sera en faveur d’aucune des
deux parties, puisque l’objectif recherché est justement celui de
l’élaborer avec sérénité ? » El Ahdeth estimera que « les massacres
du 8 mai sont un véritable holocauste prouvé par les archives
d’histoire ». Seront également cités les avis de jacques Verges et
Nicole Dreyfus qui ont estime que « ce qui s’est passé le 8 mai 1945
est un crime
Contre
l’humanité ».
Le geste de
Bouteflika
La date du 3 mai
est aussi une date qui suscite des débats passionnés en Algérie.
Et pour cause cette date correspond à la journée internationale
de la presse et de la liberté d’expression. Cette célébration ne
pouvait pas passer inaperçue d’autant qu’elle a coïncidé cette année
avec l’annonce par le président de la République de mesures de
grâce à l’égard de journalistes définitivement condamnés. « Un
geste fort »estimera Le Jour d’Algérie au lendemain de cette
annonce. « Une mesure qui en appelle d’autres… »Estimera El watan
qui rappellera que « les journalistes déplorent que Mohamed
Benchicou soit toujours en prison ». Est-ce un « signal
d’apaisement ? » se demande Le Soir d’Algérie. Le journal
rappellera que cette initiative intervient « juste après
l’application de la charte pour la paix et la réconciliation ». Le
Jeune Indépendant estime pour sa part que « les engagements pris
dans le communiqué encouragent à l’espoir, quand on sait qu’à
l’heure actuelle le journaliste n’est pas mis dans les conditions
d’informer et d’accomplir convenablement sa mission vis-à-vis de
l’opinion ». Le commentateur de l’authentique relèvera que « si le
débat reste à inventer sur cette préoccupation fondamentale qu’est
la liberté d’expression au sein d’une corporation ; il est vrai,
plutôt minée par les approches individuelles et fragmentaire, c’est
sans doute, parce que le monde des médias dans notre pays est aussi
complexe que les impasses politiques de la république sous le soleil
de l’indépendance ». El Youm estime quant à lui que par cette
mesure Bouteflika se réconcilie avec la presse. Le Jour d’Algérie
commentera cette mesure dans son édition du jeudi 4 mai. Ainsi
estimera son éditorialiste « (…) le chef de l’Etat vient de faire le
premier pas dans le sens de la paix et il attend de voir comment son
geste va être accueilli par une presse qui a souvent démontré
qu’elle pouvait être aussi bien de bonne compagnie que
particulièrement hargneuse selon les conjonctures. » Et d’ajouter
« un premier geste certes très insuffisant, dans la mesure où il ne
bénéficie en pratique à aucun journaliste, mais qui trace une voie
très claire, celle d’un désarmement progressif des deux côtés de la
barrière ».
Nadia kerraz
Haut
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