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Remaniement
gouvernemental, changement à l’ANP et démission de Mentouri
Mai démarre sur les chapeaux de roues
Dans un commentaire publié en dernière
page, El Watan du jeudi 5 mai souligne que “le mois de mai est
historiquement, partout dans le monde, parsemé de grands combats
pour les libertés”. C’est le cas entre autres de l’Algérie où,
est-il rappelé, des changements sont intervenus. “D’abord pour le
droit au travail puis, depuis 1992, chaque 3 du mois, celui pour la
liberté de la presse. Sans oublier, est-il ajouté, le 19 mai 1956
par lequel de jeunes lycéens et étudiants ont répondu à l’appel des
maquis du combat de libération nationale.”
Qu’en est-il de ce mois de mai 2005 ?
Si le commentateur se désole “des reculs dangereux en matière des
droits de citoyens” en oubliant la remise en cause des acquis en
matière de liberté de presse, il reste que d’une certaine manière ce
mois de mai a été fidèle à sa réputation. On en voudra pour preuve
le décret présidentiel portant remaniement partiel du gouvernement,
pris le dimanche 1er mai par le président de la République.
Une nomination et des… questions
Certes, le changement était attendu et
les remplaçants connus, mais il reste quand même, estime Le Jour
d’Algérie, que par ce remaniement, le Président a paré “au plus
pressé”, qu’il (le changement) a contenu “une seule surprise” qui
est, de l’avis du commentateur du Jour d’Algérie (édition du lundi 2
mai) “notable” ; elle consiste en la nomination de Abdelmalek
Guenaïzia en qualité de ministre auprès du ministre de la Défense.
Reste que ce quotidien, qui rappelle que l’élu au poste “étant connu
pour avoir été l’un des proches entre les proches de l’ancien
ministre de la Défense Khaled Nezzar”, ne manque pas de soulever une
question de fond. A savoir qu’il faille “s’interroger longuement sur
le sens d’une nomination qui indique un sensible réajustement des
alliances politiques au sommet (…)”.
Un point de vue que Liberté partage
sans pour autant l’assumer totalement. D’où le recours à la forme
interrogative pour commenter les changements opérés le 4 mai, à la
suite donc de la nomination de Guenaïzia à la tête de plusieurs
Régions militaires. “Rééquilibrage au sommet ?” annonce ce titre en
Une, en prenant également le soin de mettre le mot rééquilibrage
entre guillemets. Une prudence peu coutumière à ce quotidien qui
relève ainsi que “si, comme de coutume, le communiqué de la
Présidence pèche par l’absence de précision sur les motivations de
ces changements autant sur les profils des uns et des autres, il
reste que certaines observations s’imposent”. Ainsi, de l’avis de
Liberté, “il y a d’abord la proximité avec le remaniement
gouvernemental”. Sont citées ensuite la “séquentialité” puisque,
est-il rappelé, ces changements sont en quelque sorte “le
prolongement des répliques” de la démission de Mohamed Lamari et
l’évocation de Kamel Abderrahmane, un partant, dans le procès de
l’ex-wali d’Oran. Le commentateur ne s’en tiendra pas là puisque,
ajoutera-t-il, “ces changements ne peuvent être objectivement
dissociés, au regard de la conjoncture, des pressions extérieures,
de la nécessaire transition, des impératifs du chantier de la
professionnalisation de la grande muette”. Un rappel qui lui permet
de conclure en affirmant qu’”en somme, il y a confusément comme une
espèce de rééquilibrage (le mot étant toujours mis entre guillemets)
au sommet qui tient en ligne de compte toutes ces donnes”.
Le quotidien arabophone Al Fadjr n’a
pas manqué de spéculer sur le sens à donner à ce changement, “le
troisième en un an” rappelle Le Jour d’Algérie, intervenu à la tête
du commandement des Régions militaires. “ Il se pourrait, estime la
commentatrice, que ces changements aient été faits en prévision de
la démarche de réconciliation nationale”. Une hypothèse basée sur le
fait que “les noms écartés du commandement sont connus pour leur
opposition à la réconciliation et leur soutien à l’option
éradicatrice comme unique alternative pour faire face au terrorisme
armé”.
Positivant comme de coutume, la Tribune
y voit, avant tout, “un rajeunissement dans les structures de
commandement des Régions militaires et de la défense aérienne du
territoire”. Du reste, le titre de Une de l’édition annonçant le
changement illustre à lui seul ce point vue. Jugez-en : “Une
nouvelle génération à la tête des régions militaires.”
El Watan du même jour, jeudi 5 mai,
souligne qu’”à ce jour, seuls les services de renseignement n’ont
pas été touchés par les changements opérés par le président de la
République”.
Qui succèdera à Mentouri ?
Mais ces deux changements n’ont pas été
les seuls à émailler ce début du mois de mai. En effet, mercredi 4,
quelques titres ont annoncé en Une de leur édition du jour la
démission du président du Conseil national économique et social
(CNES). “Salah Mentouri claque la porte” souligne El Watan. La
raison de “ce coup de théâtre” serait, révèle ce quotidien,
l’existence de “profondes divergences avec Ouyahia”. El Watan, qui
cite “une source proche de l’organisation”, ajoute que “la
détérioration des rapports entre le chef du gouvernement Ahmed
Ouyahia et Mohamed Mentouri a atteint le point de non retour,
poussant le premier responsable du CNES à remettre son tablier”.
Plus explicite, Liberté soutient que
“le Conseil a subi des pressions extérieures tendant à l’empêcher de
jouer sa fonction d’évaluation indépendante de l’action économique
et sociale de l’Etat”. Commentant cette démission, le quotidien
estime qu’elle “n’augure rien de bon”.
Une crainte partagée par le billettiste
du Jour d’Algérie, qui estime que “la petite veilleuse qui
continuait encore à éclairer le citoyen sur l’état réel de notre
société et de son économie a été soufflée et, ajoutera-t-il, il faut
dire que nous allons ainsi bientôt nous retrouver dans le noir
absolu”.
Ce même quotidien, qui revient sur les
raisons de cette démission, croit savoir que la cause du désaccord
est liée au pacte économique et social. Le Jour d’Algérie en arrive
à la conclusion que “du côté du gouvernement, comme du côté de la
Centrale syndicale, c’est surtout le contenu du pacte qui représente
l’enjeu, en ce sens que les deux partenaires n’entendaient pas que
le CNES puisse leur couper l’herbe sous le pied en publiant une
orientation autre que l’accord devant être entériné à la prochaine
rentrée sociale”. Le Soir d’Algérie est déjà dans l’après-Mentouri.
Il souligne que la mission du successeur sera “difficile”. Mais
pourrait-il en être autrement, lorsque, rappelle le quotidien, le
successeur éventuel “devra réussir là où son prédécesseur n’a pas eu
la possibilité, notamment, de faire jouer valablement un rôle de
veille stratégique”.
Nadia Kerraz
Haut
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