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Semaine du 4 au 10 octobre 2006

Cinq ans après l'intervention alliée

L'Afghanistan sur la voie de l'Irak ?

Londres aurait tenté d'infléchir la politique américaine en Irak

Iran

Les menaces de sanctions reviennent au premier plan

 

 
 
 Monde

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Cinq ans après l'intervention alliée

L'Afghanistan sur la voie de l'Irak ?

S'inspirant de l'exemple des insurgés irakiens, les taliban adoptent à leur tour attentats-suicide, guet-apens routiers et décapitations de prisonniers, le tout filmé et diffusé sur Internet. Cinq ans après le début de l'intervention conduite par les Etats-Unis en Afghanistan, les experts militaires occidentaux ne semblent pas disposer de beaucoup de plus de solutions qu'en Irak. "Nous nous renforçons dans chaque province, dans chaque district, dans chaque village", clame Qari Mohammed Yusuf Ahmadi, qui se présente comme porte-parole des taliban pour le sud de l'Afghanistan. "Nous n'avons pas d'hélicoptères ni d'avions de combat. Mais nous en faisons baver à l'Amérique et à ses alliés avec des embuscades, des attentats-suicide et des bombes le long des routes. Nos frères en Irak utilisent les mêmes tactiques." Dans un rapport publié le 27 septembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU observe que "les techniques utilisées par Al-Qaîda sont appliquées plus fréquemment en Afghanistan où l'on a enregistré au moins 56 attentats-suicide à la bombe entre le 1er janvier et le 27 juillet 2006 contre 21 pour toute l’année 2005 et seulement 10 entre septembre 2001 et décembre 2004". Près de 200 civils sont morts, cette année, en Afghanistan, dans des attentats-suicide. En outre, "de nouveaux engins explosifs sont maintenant utilisés en Afghanistan dans le mois qui suit leur première apparition en Irak", remarque le rapport du Comité 1267 sur les activités d'Al-Qaîda et des taliban.

Les ressemblances ne s'arrêtent pas là. Alors que les taliban ont longtemps interdit caméras et ordinateurs, ils ont finalement adopté les méthodes de communication qui se sont révélées si efficaces, en terme de terreur, en Irak. Ils filment désormais leurs attentats avant d'en diffuser les images en ligne.

Autre utilisation de la Toile : la formation en ligne aux diverses techniques d'insurrection, de la meilleure façon de dissimuler un lance-roquettes à la recette pour confectionner une bombe télécommandée.

"Nous ne disons pas qu'ils reçoivent un soutien direct d'Irak", nuance un responsable militaire américain en Afghanistan. "Ils ont évolué en adoptant leurs tactiques. Ils ont vu la valeur du kamikaze en Irak. Pour eux, c'est une arme très efficace et bon marché".

D'après les estimations de l'armée américaine, environ 6 000 taliban opèrent en Afghanistan, la plupart depuis des bases situées au Pakistan voisin. Qari Mohammed Yusuf Ahmadi affirme pour sa part que la milice talibane compte des dizaines de milliers de membres. Quel que soit leur nombre, les taliban donnent du fil à retordre aux alliés. Si l'Afghanistan n'est pas encore aussi violent que l'Irak, les difficultés sont semblables. Les tactiques américaines, tant décriées en Irak où elles ont causé des pertes civiles, sont également utilisées en Afghanistan, provoquant la colère de la population. D'après les observateurs afghans, ces tactiques, en alimentant le mécontentement, aident les taliban à recruter de nouveaux rebelles.

L'armée américaine et l'OTAN ont lancé de grandes offensives contre les taliban. "Dans trois à six mois, vous en verrez les effets", a assuré le commandant Luke Knitting, porte-parole de l'OTAN. "Mais il faudra au moins deux à cinq ans pour voir l'insurrection mise en échec." Mais au vu de la situation actuelle, les prévisions de ce commandant américain relève plutôt du vœu pieu, les rangs des taliban que l’on disait décimés ne cessant de se renforcer d’Afghans qui souhaitent voir partir au plus vite la coalition occupante…

 

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Londres aurait tenté d'infléchir la politique américaine en Irak

Le gouvernement britannique a tenté d'infléchir la politique américaine en Irak dès le déclenchement de l'intervention militaire, en mars 2003, mais n'a pu obtenir gain de cause,  c’est ce qu’a affirmé un ancien ministre de Tony Blair. David Blunkett, secrétaire au Home Office (ministre de l'Intérieur) lors de l'invasion, a précisé dans plusieurs journaux britanniques qu'il a été impossible de détourner le vice-président américain Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld de leur projet de démanteler totalement le régime baassiste. La "débaassification" entreprise après la chute de Saddam Hussein a défait les structures étatiques en Irak et alimenté en partie les rangs de l'insurrection. "Nous avons démantelé la structure d'un Etat qui fonctionnait", reconnaît Blunkett, qui publie prochainement un nouveau tome de son journal intime. Le gouvernement britannique, ajoute-t-il, prônait le renversement des hauts responsables du régime de Saddam Hussein, mais pas de la base de la Fonction publique. "Changez-les par tous les moyens, décapitez-les même, mais remettez rapidement en marche les bras et les jambes", dit-il pour résumer l'analyse que faisait alors Londres.

Mais le gouvernement travailliste s'est heurté à son impuissance. "La question, c'était : comment diable pouvons-nous faire ? Et tout ce que nous pouvions faire, en tant que nation de 60 millions d'habitants au large de l'Europe continentale, c'était de chercher à influencer la nation la plus puissante de la planète", poursuit-il. "Nous avons cherché à les influencer, mais nous n'étions pas aux responsabilités, c'est donc à tort qu'on pense que si le gouvernement britannique s'était rendu compte de ce qu'il fallait faire, la situation aurait été bien différente. Le gouvernement s'était rendu compte du problème", affirme Blunkett. L'engagement inébranlable de Blair dans la guerre contre le terrorisme déclenchée par George Bush après les attentats du 11-Septembre a laminé sa cote de popularité. Les révélations de Blunkett surviennent alors que la violence en Irak atteint des proportions sans précédent, avec en moyenne une centaine de morts par jour dans des attentats à la bombe ou des agressions armées.

 

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Iran

Les menaces de sanctions reviennent au premier plan

Les six grandes puissances, après une nouvelle réunion à Londres sur le dossier nucléaire iranien, ont replacé au premier plan la menace de sanctions contre Téhéran, dans le cadre de l'ONU, face à son refus de répondre à leurs injonctions de suspendre l'enrichissement d'uranium. Les diplomates des Six – Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine – commenceront à travailler dès cette semaine sur un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, a annoncé le numéro trois du département d'Etat américain, Nicholas Burns. "La décision a été prise d'aller vers des sanctions. La question est de savoir l'étendue de ces sanctions", a-t-il précisé.

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a évoqué "des sanctions proportionnées et réversibles", soulignant que "la porte du dialogue restera ouverte". Mais comment espère-t-on promouvoir un dialogue lorsque l’on recourt aux sanctions ? Face à la détermination de l'Iran, les Six en sont revenus, à l'issue de cette septième réunion sur ce dossier, au point de vue déjà exprimé en juillet à Paris lorsqu'ils avaient haussé le ton en brandissant la menace de sanctions sur la base de l'article 41 du chapitre 7 de la Charte des Nations unies. Cette clause prévoit des mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée et peuvent comprendre des sanctions économiques et diplomatiques. Ce groupe des Six avait au préalable présenté, en juin, à Téhéran, une offre de coopération technologique et commerciale subordonnée à la suspension de l'enrichissement de l'uranium entreprise dans le cadre de son programme énergétique nucléaire.

Cette activité sensible peut avoir une finalité militaire et conduire à la bombe atomique, prétendent les Occidentaux, alors que Téhéran assure la limiter à un programme strictement civil. "Nous sommes profondément déçus" après avoir entendu le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana nous dire que l'Iran "n'est pas prêt à suspendre ses activités d'enrichissement nucléaire", a relevé de son côté, au nom des Six, la ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett. Les grandes puissances n'ont pu que faire le constat qu'elles en étaient revenues à la case départ après quatre mois d'initiatives et efforts diplomatiques infructueux, faute de véritable dialogue

La dernière réunion de Londres à laquelle la Chine n'était pas représentée au niveau ministériel et qui a vu le ministre russe, pris par un autre engagement, partir rapidement après l'arrivée tardive de Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine, a confirmé des positions maintes fois exprimées. Comme l'attitude toujours plus compréhensive de Moscou à l'encontre de Téhéran. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a ainsi souligné qu'il n'y avait pas de projet spécifique de résolution du Conseil de sécurité. "Rien n'a été mis noir sur blanc et personne n'a parlé de vote au Conseil de sécurité (...). Les Six ont confirmé que les propositions étaient toujours sur la table des négociations et je pense que c'est là le principal résultat de cette réunion", a-t-il dit.

Un haut responsable du Département d'Etat et une source diplomatique européenne ont cependant marqué leur satisfaction suite à cet accord tacite, qu'ils ne jugaient pas acquis avant cette réunion de Londres, pour un renvoi du dossier au Conseil de sécurité de l'Onu. De nouvelles consultations au niveau ministériel envisagées pour les prochains jours ont ainsi été finalement jugées inutiles, le processus de discussions de possibles sanctions étant lancé sans équivoque. Les prochains échanges se feront par téléconférence au niveau des directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères selon M. Burns. Puis les ambassadeurs des six pays à l'ONU "commenceront, probablement le jour suivant, à se réunir à New York pour poursuivre ce débat et pour commencer à élaborer un projet de résolution du Conseil de sécurité", a-t-il indiqué.

 

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