|
ccueil.
Deuxième semaine de ramadan
Une actualité
fournie
Dans son édition
du samedi 7 octobre, El Youm annonce l’annulation d’un Conseil des
ministres prévu durant le ramadan et qui devait être consacré à la
question de la révision de la Constitution. Le quotidien, qui dit
détenir cette information de sources sûres, affirme par ailleurs
qu’"aucune raison n’a été avancée pour expliquer cette annulation
d’un Conseil prévu deux semaines avant le ramadan". De même que le
quotidien confirme une information rapportée précédemment par Le
Jour d’Algérie selon laquelle le Président n’a pas encore procédé à
la signature du décret portant convocation du corps électoral.
Liberté consacre pour sa part sa Une au SG du RND : "Ouyahia marque
sa différence sur le régime présidentiel." Toutefois, est-il
précisé, l’ancien chef du gouvernement considère cependant la
révision constitutionnelle comme une nécessité.
La Dépêche de
Kabylie revient également sur les déclarations de l’ancien chef du
gouvernement, annonçant "un système semi-présidentiel".
La une d’El Ahdeth
du même jour est consacrée à deux sujets politiques. La première
ouverture – "Ouyahia s’oppose au régime présidentiel" – revient sur
les déclarations du patron du SG du RND qui a déclaré, lors de son
passage à la Radio nationale, qu’il préférait le régime
semi-présidentiel. La seconde ouverture traite de la crise interne
qui secoue le MSP puisqu’il est indiqué que "les prémices d’une
crise s’annoncent".
Crise au MSP ?
Le quotidien
explique ce mécontentement par la politique suivie par d’Abou Djerra
Soltani. Politique, est-il précisé, qui a fini par susciter les
réserves des cadres de cette formation politique. Il serait édifiant
de voir comment le patron du MSP va gérer cette crise, lui qui s’est
toujours prévalu d’être un homme de dialogue. De même, cette
expérience que risque de vivre M. Soltani, à son corps défendant,
démontrera de la solidité ou non de cette formation islamiste dont
la principale force démontrée jusqu’à présent est qu’elle sait d’où
vient le vent. Dès lors, faut-il vraiment prendre au mot Le Soir
d’Algérie lorsqu’il annonce (édition du mardi 3 octobre) que
s’agissant du projet de la révision constitutionnelle, "Soltani fait
de la résistance" ? Ce titre, inspiré par la lecture de l’entretien
accordé par le président de la formation islamiste au Jour
d’Algérie, reflète en fait toute l’ambiguïté de cette formation
politique.
La question que
tous les lecteurs sont en droit de se poser, aujourd’hui, est de
savoir pourquoi toute cette confusion règne-t-elle dans le domaine
politique. Pourquoi les choses ne sont jamais aussi nettes qu’elles
le devraient ?
La presse ajoute
à cette confusion. A qui en incombe la faute ? Aux rédactions qui
tentent de coller à l’actualité quitte, pour ce faire, à dire une
chose et son contraire dès le lendemain, ou aux politiques qui eux
gèrent au jour le jour les retombées d’une crise qui n’a pas encore
fini de faire parler d’elle ?
Il en est ainsi de
la délicate question de la réconciliation nationale. Ainsi, alors
que tout un chacun avait naïvement cru que ce dossier allait être
clôturé au lendemain du 31 août 2006, voilà que des juristes et des
représentants d’associations nous apprennent que, s’agissant de la
Charte pour la paix et la réconciliation nationale, "l’application
en vigueur jusqu’à août 2007" (Le Jour d’Algérie, édition du jeudi 5
octobre). Pourquoi et comment ? Les détails seront donnés
ultérieurement.
Et que penser de
ce titre de Une d’El Khabar qui affirme que ce "ce sont les APC qui
sont accusées de perturber l’application des dispositions de la
Charte" ? Qui croire ? A quoi s’attendre ? Nul n’est en mesure
d’apporter les réponses.
Pendant ce temps,
l’acteur principal du film Indigènes – qui a poussé le Président
français à revoir la pension allouée aux anciens combattants
maghrébins et africains qui ont combattu le nazisme sous le drapeau
français lors de la Deuxième Guerre mondiale – est privé de visa
alors qu’il voulait venir présenter son film en Algérie. Pourtant,
fait remarquer El Djazaïr News, avec ce film commence la bataille
des Africains en France.
5 octobre 1988
Ce n’est peut-être
pas là le principal souci des Algériens, en ce début octobre de
l’année 2006. En effet, le 5 de ce mois renvoie immanquablement à un
autre 5 octobre, celui de l’année 1988. "Ce jour où le pays a raté
sa révolution", estime Le Jeune Indépendant, qui indique que "si Ali
Yahia Abdenour avance que le 5 octobre a été préparé une année à
l’avance, le président de la LADDH, Hocine Zehouane, estime que
beaucoup de vérités sont encore occultées".
Du côté de
l’ex-parti unique qui a fait les frais de la contestation des
jeunes qui ont systématiquement saccagé kasmas et mouhafadas, on
soutient que cela a fini par conforter le FLN. Dix-huit ans après,
jeunes et moins jeunes se remémorent ces douloureux évènements en se
posant toujours la même question : pourquoi le pays a- t-il raté sa
"révolution" démocratique ? Une question hélas sans réponse. Dès
lors, que reste-t-il ? Le présent. Un présent dont on tente
d’atténuer la difficulté et la précarité. Notamment durant ce mois
de ramadan où, comme le souligne La Tribune, "la solidarité pèse de
toute son aide". Ainsi, est-il indiqué, "il n’y a pas meilleure et
plus opportune occasion que le ramadan pour faire preuve de
solidarité envers les démunis, les nécessiteux, les petites gens
dans le besoin. D’un repas, d’une subsistance, d’argent...". Et
c’est Le Jeune Iindépendant qui nous apprend que, dans ce cadre,
Djamel Ould Abbes a déclaré qu’il allait solliciter le président
Bouteflika pour une hausse des aides accordées dans le cadre du
filet social. Ce quotidien précise que "les centaines de milliers
d’allocataires d’aides qui ne dépassent pas 3 000 DA, octroyées dans
le cadre du filet social, attendent patiemment que le gouvernement
leur accorde, eux aussi, une revalorisation afin d’améliorer leur
quotidien".
Nadia Kerraz
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |