Semaine du 12 au 18 octobre 2005

 

L'éditorial : Par Abderrahmane Mahmoudi

Deux mains, deux mesures

 

 
 
 Editorial

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Deux mains, deux mesures

Pour un peu nous nous croirions revenus aux premiers temps de l’agitation islamiste avec son lot de violences quotidiennes et ses attaques récurrentes contre les institutions de la République chargées de défendre l’ordre républicain. La stratégie médiatique développée alors par le Fis et ses alliés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, consistait, on s’en souvient,  à diaboliser l’ANP en général et les forces de sécurité en particulier. Le gros de l’attaque étant cependant consacré à tenter de démolir l’image du DRS qui avait (et a toujours) pour mission de veiller à la sécurité intérieure lorsqu’elle est menacée par des forces extérieures. Cette particularité vaut à ce corps de sécurité d’être la cible privilégiée de tous ceux qui essayent  d’affaiblir nos capacités de défense intelligente face à des opérations de déstabilisation menées à partir ou en liaison avec l’étranger.  Et ce n’est certainement pas le fait du hasard si un nombre important d’ouvrages en tout genre et d’inégale qualité ont été confectionnés à l’étranger par des déserteurs de l’armée algérienne sous la houlette de certains services spéciaux  européens et anglo-saxons, pour discréditer le DRS et tenter de lui faire porter la responsabilité d’un nombre ubuesque de crimes et de forfaits en tout genre. Le summum de cette vaste entreprise de désinformation ayant été atteint avec la création et l’entretien, des années durant, d’un site Internet consacré à la production d’un véritable délire romanesque autour de ces supposés méfaits. L’objectif étant de priver l’Etat et la société algériens d’un instrument de défense irremplaçable contre les attaques qu’ils subissent de l’étranger.

Aussi est-il assez inhabituel que ce soit cette  fois un républicain pur et dur comme Saïd Sadi qui prenne le risque de porter des coups aussi violents contre un corps de sécurité au côté duquel il s’est longtemps positionné dans la lutte commune contre le terrorisme.  Rejoignant ainsi la meute hurlante et vociférante qui tente depuis toujours de désarmer notre pays pour mieux le détruire. En octroyant au DRS des pouvoirs  à la limite du divin, le patron du RCD essaye évidemment d’obtenir deux résultats en un : faire de l’ombre au président de la République en le présentant comme une vulgaire marionnette aux mains des services et  empêcher ces derniers de faire leur travail, qui consiste à veiller à ce que nulle immixtion étrangère ne vienne à nouveau embraser une région particulièrement sensible de l’Algérie.  Nous noterons d’ailleurs que le seul danger que voit Sadi, en Kabylie, est celui représenté par les forces de l’ordre, à l’exclusion de toute autre partie, alors que les appels à la sécession de Ferhat Mehenni indiquent clairement l’existence d’un plan visant à séparer notre pays de son cœur même et à le précipiter ainsi dans les affres de la partition. Si Sadi et son nouvel allié Aït Ahmed sont très prompts à voir la main des services algériens partout , ils ont par contre une étonnante incapacité  à voir celle des services étrangers. Et si peu de commentateurs politiques ou médiatiques trouvent à redire lorsqu’il s’agit  de traquer  la main du DRS, ils s’en trouvent beaucoup pour tourner en ridicule ceux qui osent évoquer la main de l’étranger.  A se demander si cette partialité récurrente ne cache pas des motivations beaucoup moins avouables.

Pourtant au delà de la haine (crainte ?)  que semble éprouver le chef du RCD pour les services spéciaux de son pays, il faut aussi noter le timing  de cette offensive conjointe entre plusieurs secteurs de la classe politique algérienne  qui s’en prennent toutes en même temps à un adversaire  dont ils savent parfaitement que son obligation de réserve lui interdit de répondre. Une offensive qui semble ne pas vraiment avoir pour objet la Kabylie, mais plutôt les importants repositionnement en cours au sein du pouvoir et dans les sphères les plus élevées de l’Etat.  La fin d’une alliance conjoncturelle qui donne lieu à des attaques en dessous de la ceinture aussi dangereuses qu’inutiles.  Dangereuses parce qu’elles affaiblissent  notre principal et unique rempart contre toute agression de et en liaison avec l’étranger – nous avons encore à l’esprit l’assassinat de nos deux diplomates en Irak- et inutiles parce  qu’il faut être complètement analphabète en politique ou d’une arrogance insensée pour imaginer qu’il soit possible de conclure une alliance quelle qu’elle soit avec n’importe quel service de renseignement au monde.  La règle vaut aussi en Algérie, pour tout le monde.

A. M.

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