|
Accueil
Deux mains,
deux mesures
Pour un peu nous
nous croirions revenus aux premiers temps de l’agitation islamiste
avec son lot de violences quotidiennes et ses attaques récurrentes
contre les institutions de la République chargées de défendre
l’ordre républicain. La stratégie médiatique développée alors par le
Fis et ses alliés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays,
consistait, on s’en souvient, à diaboliser l’ANP en général et les
forces de sécurité en particulier. Le gros de l’attaque étant
cependant consacré à tenter de démolir l’image du DRS qui avait (et
a toujours) pour mission de veiller à la sécurité intérieure
lorsqu’elle est menacée par des forces extérieures. Cette
particularité vaut à ce corps de sécurité d’être la cible
privilégiée de tous ceux qui essayent d’affaiblir nos capacités de
défense intelligente face à des opérations de déstabilisation menées
à partir ou en liaison avec l’étranger. Et ce n’est certainement
pas le fait du hasard si un nombre important d’ouvrages en tout
genre et d’inégale qualité ont été confectionnés à l’étranger par
des déserteurs de l’armée algérienne sous la houlette de certains
services spéciaux européens et anglo-saxons, pour discréditer le
DRS et tenter de lui faire porter la responsabilité d’un nombre
ubuesque de crimes et de forfaits en tout genre. Le summum de cette
vaste entreprise de désinformation ayant été atteint avec la
création et l’entretien, des années durant, d’un site Internet
consacré à la production d’un véritable délire romanesque autour de
ces supposés méfaits. L’objectif étant de priver l’Etat et la
société algériens d’un instrument de défense irremplaçable contre
les attaques qu’ils subissent de l’étranger.
Aussi est-il assez
inhabituel que ce soit cette fois un républicain pur et dur comme
Saïd Sadi qui prenne le risque de porter des coups aussi violents
contre un corps de sécurité au côté duquel il s’est longtemps
positionné dans la lutte commune contre le terrorisme. Rejoignant
ainsi la meute hurlante et vociférante qui tente depuis toujours de
désarmer notre pays pour mieux le détruire. En octroyant au DRS des
pouvoirs à la limite du divin, le patron du RCD essaye évidemment
d’obtenir deux résultats en un : faire de l’ombre au président de la
République en le présentant comme une vulgaire marionnette aux mains
des services et empêcher ces derniers de faire leur travail, qui
consiste à veiller à ce que nulle immixtion étrangère ne vienne à
nouveau embraser une région particulièrement sensible de l’Algérie.
Nous noterons d’ailleurs que le seul danger que voit Sadi, en
Kabylie, est celui représenté par les forces de l’ordre, à
l’exclusion de toute autre partie, alors que les appels à la
sécession de Ferhat Mehenni indiquent clairement l’existence d’un
plan visant à séparer notre pays de son cœur même et à le précipiter
ainsi dans les affres de la partition. Si Sadi et son nouvel allié
Aït Ahmed sont très prompts à voir la main des services algériens
partout , ils ont par contre une étonnante incapacité à voir celle
des services étrangers. Et si peu de commentateurs politiques ou
médiatiques trouvent à redire lorsqu’il s’agit de traquer la main
du DRS, ils s’en trouvent beaucoup pour tourner en ridicule ceux qui
osent évoquer la main de l’étranger. A se demander si cette
partialité récurrente ne cache pas des motivations beaucoup moins
avouables.
Pourtant au delà
de la haine (crainte ?) que semble éprouver le chef du RCD pour les
services spéciaux de son pays, il faut aussi noter le timing de
cette offensive conjointe entre plusieurs secteurs de la classe
politique algérienne qui s’en prennent toutes en même temps à un
adversaire dont ils savent parfaitement que son obligation de
réserve lui interdit de répondre. Une offensive qui semble ne pas
vraiment avoir pour objet la Kabylie, mais plutôt les importants
repositionnement en cours au sein du pouvoir et dans les sphères les
plus élevées de l’Etat. La fin d’une alliance conjoncturelle qui
donne lieu à des attaques en dessous de la ceinture aussi
dangereuses qu’inutiles. Dangereuses parce qu’elles affaiblissent
notre principal et unique rempart contre toute agression de et en
liaison avec l’étranger – nous avons encore à l’esprit l’assassinat
de nos deux diplomates en Irak- et inutiles parce qu’il faut être
complètement analphabète en politique ou d’une arrogance insensée
pour imaginer qu’il soit possible de conclure une alliance quelle
qu’elle soit avec n’importe quel service de renseignement au monde.
La règle vaut aussi en Algérie, pour tout le monde.
A. M.
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |