|
Accueil.
Les revendications socio-professionnelles remontent à la surface
Grèves à l'horizon
Mardi
4 octobre, premier jour de ramadan. La couleur est annoncée. El
Fadjr rapporte, en Une de son édition du jour, que si "les prix des
viandes rouges et de certains fruits et légumes sont restés
stables", il en est autrement de ceux "du citron, de la tomate et du
poulet, qui ont enregistré une flambée". L'Authentique, se référant
aux services de la concurrence et des prix, indique de son côté que
"des contrôles (seront effectués) durant le ramadan pour
contrecarrer les spéculateurs". Le Jeune Indépendant fait état, pour
ce mois de ramadan, de la prise de "mesures exceptionnelles pour
sécuriser la ville d'Oran". Le Jour d'Algérie du même jour revient
sur la conférence de presse animée par le ministre de l'Emploi et de
la Solidarité nationale, au cours de laquelle il a annoncé qu'un
"montant de 105 millions de dinars sera consacré pour assurer le
couffin du ramadan".
Mercredi 5 octobre. El Watan rapporte en Une de son édition qu'au
premier jour du ramadan, "les prix se sont maintenus" dans les
marchés. "Le seul point amer de la mercuriale est le citron"
souligne le reporter de ce quotidien ; "certains marchands le cèdent
à 220 DA", est-il rapporté. Ce même constat est dressé par Le Soir
d'Algérie, qui relève que "les prix restent stables". Le rédacteur
indique toutefois que "les consommateurs se croisent tout de même
les doigts en espérant que les prix ne connaîtront pas une envolée
dans les prochains jours". Reste que, du côté de La Tribune, c'est
un tout autre constat qui est fait : "Une mercuriale volatile et un
ramadan qui s'annonce coûteux", est-il annoncé. Selon la rédactrice,
"les assurances du ministre de l'Agriculture (sont) déjà démenties
par le marché". Et pour cause, relève-t-elle, "en ce premier jour de
jeûne, les prix des fruits et légumes ont connu une hausse
considérable". C'est également l'opinion du quotidien arabophone Al
Khabar qui a annoncé, en Une de son édition du jour, presque la même
chose. Jugez-en : "Les prix du marché contredisent les déclarations
des responsables."
Le
Jeune indépendant du jeudi 6 octobre rend les citoyens responsables
de ces hausses, c'est du moins ce qui est permis de déduire de son
titre : "La frénésie des consommateurs fait grimper les prix de
gros." Qui croire ? Allez donc savoir. C'est peut-être la
résultante, comme l'écrit le commentateur de La Nouvelle République,
de "nos excès du ramadan".
Mais
ce qui est sûr, c'est que ce mois n'aura pas été sans son lot de
bonnes surprises. La première est à mettre sur le compte du patron
de Cévital ; c'est, entre autres, La Dépêche de Kabylie qui s'est
chargée de la rapporter : "Baisse des prix jusqu'à l'Aid." La
Nouvelle République fait état, pour sa part, d'une "baisse d'impôts"
contenue dans la loi de finances 2006. Dans cette liste, il y a
aussi lieu d'inclure l'opération de solidarité lancée par Djezzy et
que les titres de la presse écrite ont largement évoquée dans leurs
éditions du jeudi 6 octobre.
Front en ébullition
Par
contre, d'autres nouvelles moins agréables ont été également
rapportées. El Youm annonce, dans son édition du mercredi 5 octobre,
l'existence "d'un plan pour entamer la vente du groupe ERIAD". Le
quotidien rapporte que "plus de 4 500 travailleurs sont sans
salaires et des unités de production sont fermées".
Le
Jour d'Algérie annonce pour sa part, le jeudi 6 octobre, que "les
dockers rejettent la privatisation". Selon la rédactrice, "le
syndicat des dockers, affilié à l'UGTA, maintient son mot d'ordre à
observer une grève le 16 octobre courant".
Al
Khabar rappelle quant à lui que "Benbouzid écarte l'éventualité
d'une augmentation des salaires des professeurs" et ce, est-il
souligné, "en dépit de l'insistance des syndicats du secteur". Al
Fadjr s'intéresse au secteur de l'enseignement supérieur. Ainsi,
est-il rapporté, pendant que l'Union des étudiants libres dénonce
"la situation catastrophique qui prévaut dans les résidences
universitaires", le premier responsable du secteur "Haouarbia
accuse les unions estudiantines de faire de la politique à
l'intérieur des universités". Le Soir d'Algérie annonce, ce jeudi 6
octobre, la grève des vétérinaires : "De la viande à risque", met-il
en garde.
Samedi 8 octobre, Le Jour d'Algérie revient sur le sujet pour
informer l'opinion publique qu'en raison d'une grève de trois jours,
"les viandes ne seront pas estampillées". Les services vétérinaires,
souligne El Watan, "interpellent sur la dangerosité des produits sur
la santé publique, conseillant aux consommateurs de ne pas en
acheter car les cheptels d'origine bovine (veau) et ovine (mouton),
le poulet de chair ainsi que la dinde seront abattus sans contrôle
vétérinaire". Ce même quotidien annonce, dans son édition du
dimanche 9 octobre, des "perturbations à l'aéroport d'Alger" suite,
précise-t-il, "à une décision de grève des pilotes". Le rédacteur
ajoute qu'elle a été décidée "suite aux sanctions prises contre un
pilote de ligne qui a refusé de dépasser l'amplitude de ses heures
de vol".
Même
du côté de la SNTA, "ça bouillonne ", avertit Le Jour d'Algérie dans
son édition du 9 octobre. Une situation qui fait écrire à Al Khabar
du 8 octobre que "le front social est sur une poudrière". Mais
comment peut-il en être autrement lorsque la majorité des titres de
la presse reprennent, dans leurs éditions du samedi 8 octobre, les
propos du chef du gouvernement qui avertit que l'Accord
d'association avec l'Union européenne risque "de faire perdre 500
000 postes d'emploi" (Le Jour d'Algérie). Il est vrai aussi que ce
même chef du gouvernement a démenti le chiffre en envoyant une
précision reprise le dimanche et qui consiste à affirmer que ce sont
"50 000" postes d'emplois qui risquent de disparaître et non pas
"500 000". Certes la différence est de taille, mais il n'en reste
pas moins que 50 000 postes de travail, c'est encore beaucoup car
cela signifie autant de familles qui seront privées d'un salaire
fixe, et lorsqu'on sait qu'en moyenne la famille algérienne se
compose de six personnes, on peut imaginer le drame qui se profile à
l'horizon. Et le pire, affirme Al Fadjr dans son édition du 9
octobre, sur la base de déclarations de Naït Abdelaziz, est que "la
revalorisation du SMIG sera symbolique". Autant dire que la
déception du monde du travail, qui espérait voir révisé l'article 87
bis, risque d'être grande.
Nadia Kerraz
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |