Semaine du 12 au 18 octobre 2005

 

Les revendications socio-professionnelles remontent à la surface

Grèves à l'horizon

 

 
 
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Les revendications socio-professionnelles remontent à la surface

Grèves à l'horizon

Mardi 4 octobre, premier jour de ramadan. La couleur est annoncée. El Fadjr rapporte, en Une de son édition du jour, que si "les prix des viandes rouges et de certains fruits et légumes sont restés stables", il en est autrement de ceux "du citron, de la tomate et du poulet, qui ont enregistré une flambée". L'Authentique, se référant aux services de la concurrence et des prix, indique de son côté que "des contrôles (seront effectués) durant le ramadan pour contrecarrer les spéculateurs". Le Jeune Indépendant fait état, pour ce mois de ramadan, de la prise de "mesures exceptionnelles pour sécuriser la ville d'Oran". Le Jour d'Algérie du même jour revient sur la conférence de presse animée par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité nationale, au cours de laquelle il a annoncé qu'un "montant de 105 millions de dinars sera consacré pour assurer le couffin du ramadan".

Mercredi 5 octobre. El Watan rapporte en Une de son édition qu'au premier jour du ramadan, "les prix se sont maintenus" dans les marchés. "Le seul point amer de la mercuriale est le citron" souligne le reporter de ce quotidien ; "certains marchands le cèdent à 220 DA", est-il rapporté. Ce même constat est dressé par Le Soir d'Algérie, qui relève que "les prix restent stables". Le rédacteur indique toutefois que "les consommateurs se croisent tout de même les doigts en espérant que les prix ne connaîtront pas une envolée dans les prochains jours". Reste que, du côté de La Tribune, c'est un tout autre constat qui est fait : "Une mercuriale volatile et un ramadan qui s'annonce coûteux", est-il annoncé. Selon la rédactrice, "les assurances du ministre de l'Agriculture (sont) déjà démenties par le marché". Et pour cause, relève-t-elle, "en ce premier jour de jeûne, les prix des fruits et légumes ont connu une hausse considérable". C'est également l'opinion du quotidien arabophone Al Khabar qui a annoncé, en Une de son édition du jour, presque la même chose. Jugez-en : "Les prix du marché  contredisent les déclarations des responsables."

Le Jeune indépendant du jeudi 6 octobre rend les citoyens responsables de ces hausses, c'est du moins ce qui est permis de déduire de son titre : "La frénésie des consommateurs fait grimper les prix de gros."  Qui croire ? Allez donc savoir. C'est peut-être la résultante, comme l'écrit le commentateur de La Nouvelle République, de "nos excès du ramadan". 

Mais ce qui est sûr, c'est que ce mois n'aura pas été sans son lot de bonnes surprises. La première est à mettre sur le compte du patron de Cévital ; c'est, entre autres, La Dépêche de Kabylie qui s'est chargée de la rapporter : "Baisse des prix jusqu'à l'Aid." La Nouvelle République fait état, pour sa part, d'une "baisse d'impôts" contenue dans la loi de finances 2006. Dans cette liste, il y a aussi lieu d'inclure l'opération de solidarité lancée par Djezzy et que les titres de la presse écrite ont largement évoquée dans leurs éditions du jeudi 6 octobre.

Front en ébullition

Par contre, d'autres nouvelles moins agréables ont  été également rapportées. El Youm annonce, dans son édition du mercredi 5 octobre, l'existence "d'un plan pour entamer la vente du groupe ERIAD". Le quotidien rapporte que "plus de  4 500  travailleurs sont sans salaires et des unités de production sont fermées".

Le Jour d'Algérie annonce pour sa part, le jeudi 6 octobre, que "les dockers rejettent la privatisation". Selon la rédactrice, "le syndicat des dockers, affilié à l'UGTA, maintient son mot d'ordre à observer une grève le 16 octobre courant".

Al Khabar rappelle quant à lui que "Benbouzid écarte l'éventualité d'une augmentation des salaires des professeurs" et ce, est-il souligné, "en dépit de l'insistance des syndicats du secteur". Al Fadjr s'intéresse au secteur de l'enseignement supérieur. Ainsi, est-il rapporté, pendant que l'Union des étudiants libres dénonce "la situation catastrophique qui prévaut dans les résidences universitaires",  le premier responsable  du secteur "Haouarbia accuse les unions estudiantines de faire de la politique à l'intérieur des universités". Le Soir d'Algérie annonce, ce jeudi 6 octobre, la grève des vétérinaires : "De la viande à risque", met-il en garde.

Samedi 8 octobre, Le Jour d'Algérie revient sur le sujet pour informer l'opinion publique qu'en raison d'une grève de trois jours, "les viandes ne seront pas estampillées". Les services vétérinaires, souligne El Watan, "interpellent sur la dangerosité des produits sur la santé publique, conseillant aux consommateurs de ne pas en acheter car les cheptels d'origine bovine (veau) et ovine (mouton), le poulet de chair ainsi que la dinde seront abattus sans contrôle vétérinaire". Ce même quotidien annonce, dans son édition du dimanche 9 octobre, des "perturbations à l'aéroport d'Alger" suite, précise-t-il, "à une décision de grève des pilotes".  Le rédacteur ajoute qu'elle a été décidée "suite aux sanctions prises contre un pilote de ligne qui a refusé de dépasser l'amplitude de ses heures de vol".

Même du côté de la SNTA, "ça bouillonne ", avertit Le Jour d'Algérie dans son édition du 9 octobre. Une situation qui fait écrire à Al Khabar du 8 octobre que "le front social est sur une poudrière". Mais comment peut-il en être autrement lorsque la majorité des titres de la presse reprennent, dans leurs éditions du samedi 8 octobre, les propos du chef du gouvernement qui avertit que l'Accord d'association avec l'Union européenne risque "de faire perdre 500 000 postes d'emploi" (Le Jour d'Algérie). Il est vrai aussi que ce même chef du gouvernement a démenti le chiffre en envoyant une précision reprise le dimanche et qui consiste à affirmer que ce sont "50 000" postes d'emplois qui risquent de disparaître et non pas "500 000". Certes la différence est de taille, mais il n'en reste pas moins que 50 000 postes de travail, c'est encore beaucoup car cela signifie autant de familles qui seront privées d'un salaire fixe, et lorsqu'on sait qu'en moyenne la famille algérienne se compose de six personnes, on peut imaginer le drame qui se profile à l'horizon. Et le pire, affirme Al Fadjr dans son édition du 9 octobre, sur la base de déclarations de Naït Abdelaziz, est que "la revalorisation du SMIG  sera symbolique". Autant dire que la déception du monde du travail, qui espérait voir révisé l'article 87 bis, risque d'être grande.

Nadia Kerraz

 

 

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