Semaine du12 au 18 Avril 2006

Les Etats-Unis et l’Union Européenne coupent l’aide aux Palestiniens sans état d’âmesLe procès de Taylor signe-t-il

 

la fin de l'impunité en Afrique ?

 

 
 
 Monde

Accueil

Les Etats-Unis et l’Union Européenne coupent l’aide aux Palestiniens sans état d’âmes

Le gouvernement palestinien du Hamas, pris en tenaille entre ses options idéologiques et ses besoins urgents de liquidités, a fait de timides ouvertures sur la reconnaissance d'Israël, qui n'ont pas convaincu les bailleurs de fonds internationaux.

Malgré ces ouvertures, l'Union Européenne (UE)  et les Etats-Unis ont décidé de suspendre leur aide à l'Autorité palestinienne, démontrant une fois de plus leur partialité et se rangeant sans état d’âme  du côté d’Israël. Les Occidentaux  ont, comme l’a déclaré Mahmoud Abbas « puni le peuple palestinien pour son choix démocratique » alors qu’ils n’ont eu cesse d’appeler à une démocratisation de la région.

C'est paradoxalement l'un des dirigeants de l'aile dure du Hamas, le nouveau chef de la diplomatie Mahmoud Zahar, qui a multiplié les déclarations se voulant conciliantes, sans toutefois reconnaître explicitement le droit d'Israël à l'existence, comme le souhaitent expressément  les puissances occidentales.

Pourtant, dans un entretien au quotidien britannique Times, Mahmoud Zahar a laissé la porte ouverte à une reconnaissance d'Israël, tout en renvoyant la balle dans le camp de la communauté internationale et de l'Etat juif.  Mais ces derniers se sont focalisés sur leur leitmotiv préféré, feignant d’oublier que c’est Tel Aviv qui bafoue quotidiennement les droits des Palestiniens.

« Quel est le concept du Quartette concernant la coexistence des deux Etats et sur quelle base ? Nous devons obtenir une réponse à cette question et après, nous allons en discuter à l'intérieur du gouvernement. Nous allons en discuter avec notre président » Mahmoud Abbas, a dit le ministre palestinien.

« Est-ce simplement reconnaître (...) Israël sans rien prendre » en échange, s'est-il interrogé, envisageant également la tenue d'un référendum palestinien sur cette question.

Le Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Onu, Russie, Union européenne) a menacé de couper toute aide directe au gouvernement palestinien si celui-ci ne reconnaît pas l'Etat hébreu, les accords signés avec lui et ne renonce pas à la violence.

Ces déclarations surviennent après une lettre envoyée par Mahmoud Zahar au secrétaire général de l'Onu Kofi Annan dans laquelle il évoquait pour la première fois une solution basée sur « deux Etats » et la volonté des Palestiniens de vivre « côte à côte avec leurs voisins ».

Mais le ministre palestinien, visiblement embarrassé par la révélation de cette lettre dans les territoires palestiniens, a ensuite affirmé que ces termes, qui avaient été interprétés comme une ouverture majeure du Hamas, s'y étaient glissés « par erreur ».

Le Premier ministre Ismaïl Haniyeh s'est aussi voulu conciliant, se disant prêt à examiner toute offre de négociation. « Nous attendons ce qui nous sera proposé, nous l'examinerons et arrêterons notre position », a-t-il affirmé.

Ces déclarations de bonnes intentions du chef de la diplomatie palestinienne n'ont pas été suffisantes aux yeux de l'Union européenne, principal bailleur de fonds des Palestiniens, avec quelque 500 millions d'euros, qui a décidé de suspendre son aide directe.

« Nous n'accepterons pas un tel chantage. (Les Européens) devraient réfléchir à nouveau et comprendre que ce gouvernement ne trahira pas ses positions politiques », a affirmé le porte-parole du gouvernement Ghazi Hamad, en référence aux exigences de la communauté internationale.

Le gel des aides place l'Autorité palestinienne face à une crise financière sans précédent et les Palestiniens devant des difficultés humanitaires importantes. « La situation financière est difficile. Nous avons hérité de caisses vides et de dettes internes totalisant 750 millions de dollars », a rappelé Ismaïl Haniyeh il y a quelques jours. Il a affirmé qu'il allait dépêcher plusieurs ministres à l'étranger pour tenter d'obtenir des aides « afin de répondre aux besoins financiers de notre peuple et nos fonctionnaires ».

L'Autorité palestinienne emploie quelque 140.000 fonctionnaires et membres des services de sécurité représentant une masse salariale mensuelle de 118 millions de dollars. Les salaires du mois du mars n'ont pas été encore payés. Selon la banque mondiale, ces salaires permettent de faire vivre 23% de la population.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté mis en garde  contre un « déclin rapide » et un éventuel "effondrement" du système de santé palestinien, qui pâtit de la crise financière. L'OMS souligne que 57% des employés de ce secteur sont payés par le ministère.

En fait c’est toute la communauté internationale qui a décidé d’affamer le peuple palestinien, et à pousser le gouvernement hamas dans des derniers retranchements alors  qu’avec ses déclarations il avait laissé entrevoir le pragmatisme de sa démarche

 

 

Haut

Le procès de Taylor signe-t-il la fin de l'impunité en Afrique ?

Les présidents au pouvoir depuis des décennies en Afrique sont parfois accusés de couvrir les dictateurs à la retraite mais l'arrestation de Charles Taylor montre que les règles du jeu ont peut-être changé.  Charles Taylor est le premier dirigeant africain jugé par une cour internationale. Il a comparu lundi  dernier devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), après avoir été arrêté et remis à la justice internationale par le Nigeria, sous la pression de Washington.  L'arrestation de l'ancien président libérien, l'un des chefs de guerre les plus sanguinaires de l'Afrique de l'ouest, inculpé de onze crimes de guerre et crimes contre l'humanité durant la guerre civile en Sierra Leone, a été bien accueillie sur le continent africain. "C'est un message envoyé aux dirigeants africains, pour leur signifier que l'impunité totale pour les crimes de guerre est révolue", affirme Richard Dicker, le directeur du programme "Justice internationale" de l'organisation Human Rights Watch. Par le passé, plusieurs dictateurs africains, comme Mobutu Sese Seko dans l'ancien Zaïre et l'Ougandais Idi Amin ont pu échapper à leurs crimes en trouvant refuge à l'étranger. Mais le procès de Taylor pourrait renforcer la volonté des Africains de juger ceux qui ont bafoué les droits de l'homme.  Le premier grand test aura lieu en juin à l'occasion du sommet de l'Union africaine qui devra se prononcer sur l'extradition vers la Belgique de l'ancien président tchadien Hissène Habré, où il pourrait être jugé pour crimes de guerre et actes de torture.  L'ingérence de la communauté internationale rencontre encore une grande résistance en Afrique. Le Soudan a empêché cette semaine Jan Egeland, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires humanitaires, de se rendre en visite au Darfour, en proie à une guerre civile depuis 2003 et où Khartoum est accusé de couvrir un génocide. De nombreux dirigeants africains ont, de fait, beaucoup à perdre avec le procès de Taylor. Son arrestation a d'ailleurs surpris bon nombre d'Africains. "Le fait qu'il n'y ait eu aucune protestation de la part d'un dirigeant africain après l'arrestation de Taylor par l'un des leurs, montre que l'Union africaine arrive à maturité", écrit le Sunday Standard, un journal kenyan dans son éditorial.  L'élection de la première femme à la présidence d'un Etat africain en la personne d'Ellen Johnson Sirleaf a peut-être participé au changement des règles du jeu. C'est elle qui a demandé au Nigeria l'extradition de Charles Taylor, tout en souhaitant que ce dernier soit jugé en Sierra Leone plutôt qu'au Libéria. Le procès de Taylor devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone laisse espérer à la population de la République démocratique du Congo un rôle de même ampleur pour la Cour pénale internationale dans leur pays.  Le mois dernier, un chef de milice, Thomas Lubanga, est devenu le premier suspect à comparaître devant cette cour.

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche