|
Accueil
Les
Etats-Unis et l’Union Européenne coupent l’aide aux Palestiniens
sans état d’âmes
Le gouvernement
palestinien du Hamas, pris en tenaille entre ses options
idéologiques et ses besoins urgents de liquidités, a fait de timides
ouvertures sur la reconnaissance d'Israël, qui n'ont pas convaincu
les bailleurs de fonds internationaux.
Malgré ces ouvertures,
l'Union Européenne (UE) et les Etats-Unis ont décidé de suspendre
leur aide à l'Autorité palestinienne, démontrant une fois de plus
leur partialité et se rangeant sans état d’âme du côté d’Israël.
Les Occidentaux ont, comme l’a déclaré Mahmoud Abbas « puni le
peuple palestinien pour son choix démocratique » alors qu’ils n’ont
eu cesse d’appeler à une démocratisation de la région.
C'est paradoxalement
l'un des dirigeants de l'aile dure du Hamas, le nouveau chef de la
diplomatie Mahmoud Zahar, qui a multiplié les déclarations se
voulant conciliantes, sans toutefois reconnaître explicitement le
droit d'Israël à l'existence, comme le souhaitent expressément les
puissances occidentales.
Pourtant, dans un
entretien au quotidien britannique Times, Mahmoud Zahar a laissé la
porte ouverte à une reconnaissance d'Israël, tout en renvoyant la
balle dans le camp de la communauté internationale et de l'Etat
juif. Mais ces derniers se sont focalisés sur leur leitmotiv
préféré, feignant d’oublier que c’est Tel Aviv qui bafoue
quotidiennement les droits des Palestiniens.
« Quel est le concept du
Quartette concernant la coexistence des deux Etats et sur quelle
base ? Nous devons obtenir une réponse à cette question et après,
nous allons en discuter à l'intérieur du gouvernement. Nous allons
en discuter avec notre président » Mahmoud Abbas, a dit le ministre
palestinien.
« Est-ce simplement
reconnaître (...) Israël sans rien prendre » en échange, s'est-il
interrogé, envisageant également la tenue d'un référendum
palestinien sur cette question.
Le Quartette sur le
Proche-Orient (Etats-Unis, Onu, Russie, Union européenne) a menacé
de couper toute aide directe au gouvernement palestinien si celui-ci
ne reconnaît pas l'Etat hébreu, les accords signés avec lui et ne
renonce pas à la violence.
Ces déclarations
surviennent après une lettre envoyée par Mahmoud Zahar au secrétaire
général de l'Onu Kofi Annan dans laquelle il évoquait pour la
première fois une solution basée sur « deux Etats » et la volonté
des Palestiniens de vivre « côte à côte avec leurs voisins ».
Mais le ministre
palestinien, visiblement embarrassé par la révélation de cette
lettre dans les territoires palestiniens, a ensuite affirmé que ces
termes, qui avaient été interprétés comme une ouverture majeure du
Hamas, s'y étaient glissés « par erreur ».
Le Premier ministre
Ismaïl Haniyeh s'est aussi voulu conciliant, se disant prêt à
examiner toute offre de négociation. « Nous attendons ce qui nous
sera proposé, nous l'examinerons et arrêterons notre position »,
a-t-il affirmé.
Ces déclarations de
bonnes intentions du chef de la diplomatie palestinienne n'ont pas
été suffisantes aux yeux de l'Union européenne, principal bailleur
de fonds des Palestiniens, avec quelque 500 millions d'euros, qui a
décidé de suspendre son aide directe.
« Nous n'accepterons pas
un tel chantage. (Les Européens) devraient réfléchir à nouveau et
comprendre que ce gouvernement ne trahira pas ses positions
politiques », a affirmé le porte-parole du gouvernement Ghazi Hamad,
en référence aux exigences de la communauté internationale.
Le gel des aides place
l'Autorité palestinienne face à une crise financière sans précédent
et les Palestiniens devant des difficultés humanitaires importantes.
« La situation financière est difficile. Nous avons hérité de
caisses vides et de dettes internes totalisant 750 millions de
dollars », a rappelé Ismaïl Haniyeh il y a quelques jours. Il a
affirmé qu'il allait dépêcher plusieurs ministres à l'étranger pour
tenter d'obtenir des aides « afin de répondre aux besoins financiers
de notre peuple et nos fonctionnaires ».
L'Autorité palestinienne
emploie quelque 140.000 fonctionnaires et membres des services de
sécurité représentant une masse salariale mensuelle de 118 millions
de dollars. Les salaires du mois du mars n'ont pas été encore payés.
Selon la banque mondiale, ces salaires permettent de faire vivre 23%
de la population.
L'Organisation mondiale
de la santé (OMS) a de son côté mis en garde contre un « déclin
rapide » et un éventuel "effondrement" du système de santé
palestinien, qui pâtit de la crise financière. L'OMS souligne que
57% des employés de ce secteur sont payés par le ministère.
En fait c’est toute la
communauté internationale qui a décidé d’affamer le peuple
palestinien, et à pousser le gouvernement hamas dans des derniers
retranchements alors qu’avec ses déclarations il avait laissé
entrevoir le pragmatisme de sa démarche
Haut
Le procès de Taylor signe-t-il la fin de l'impunité
en Afrique ?
Les présidents au
pouvoir depuis des décennies en Afrique sont parfois accusés de
couvrir les dictateurs à la retraite mais l'arrestation de Charles
Taylor montre que les règles du jeu ont peut-être changé. Charles
Taylor est le premier dirigeant africain jugé par une cour
internationale. Il a comparu lundi dernier devant le Tribunal
spécial pour la Sierra Leone (TSSL), après avoir été arrêté et remis
à la justice internationale par le Nigeria, sous la pression de
Washington. L'arrestation de l'ancien président libérien, l'un des
chefs de guerre les plus sanguinaires de l'Afrique de l'ouest,
inculpé de onze crimes de guerre et crimes contre l'humanité durant
la guerre civile en Sierra Leone, a été bien accueillie sur le
continent africain. "C'est un message envoyé aux dirigeants
africains, pour leur signifier que l'impunité totale pour les crimes
de guerre est révolue", affirme Richard Dicker, le directeur du
programme "Justice internationale" de l'organisation Human Rights
Watch. Par le passé, plusieurs dictateurs africains, comme Mobutu
Sese Seko dans l'ancien Zaïre et l'Ougandais Idi Amin ont pu
échapper à leurs crimes en trouvant refuge à l'étranger. Mais le
procès de Taylor pourrait renforcer la volonté des Africains de
juger ceux qui ont bafoué les droits de l'homme. Le premier grand
test aura lieu en juin à l'occasion du sommet de l'Union africaine
qui devra se prononcer sur l'extradition vers la Belgique de
l'ancien président tchadien Hissène Habré, où il pourrait être jugé
pour crimes de guerre et actes de torture. L'ingérence de la
communauté internationale rencontre encore une grande résistance en
Afrique. Le Soudan a empêché cette semaine Jan Egeland, le
secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires
humanitaires, de se rendre en visite au Darfour, en proie à une
guerre civile depuis 2003 et où Khartoum est accusé de couvrir un
génocide. De nombreux dirigeants africains ont, de fait, beaucoup à
perdre avec le procès de Taylor. Son arrestation a d'ailleurs
surpris bon nombre d'Africains. "Le fait qu'il n'y ait eu aucune
protestation de la part d'un dirigeant africain après l'arrestation
de Taylor par l'un des leurs, montre que l'Union africaine arrive à
maturité", écrit le Sunday Standard, un journal kenyan dans son
éditorial. L'élection de la première femme à la présidence d'un
Etat africain en la personne d'Ellen Johnson Sirleaf a peut-être
participé au changement des règles du jeu. C'est elle qui a demandé
au Nigeria l'extradition de Charles Taylor, tout en souhaitant que
ce dernier soit jugé en Sierra Leone plutôt qu'au Libéria. Le procès
de Taylor devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone laisse
espérer à la population de la République démocratique du Congo un
rôle de même ampleur pour la Cour pénale internationale dans leur
pays. Le mois dernier, un chef de milice, Thomas Lubanga, est
devenu le premier suspect à comparaître devant cette cour.
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |