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Référendum pour la Constitution avant 2007
Une révision
entre suspicion et espoirs
L’été,
avions-nous annoncé précédemment, risque d’être chaud cette année.
Particulièrement chaud. Un doute ? Le dernier qui aurait pu
subsister dans les esprits a été levé par l’éditorialiste du Jour
d’Algérie (édition du mardi 4 juillet). Le titre de son écrit est
des plus révélateurs de la température qu’il fera pendant la saison
estivale : «Le chaudron de l’été.»
Toutefois le
rédacteur n’a pas manqué d’attirer l’attention sur un fait qui lui a
paru bizarre : «Comme par hasard, tous les gros dossiers
politiques, tous les duels toutes les affaires, devraient connaître
leur épilogue au cours de ce mois bien chaud de juillet.» Après
avoir rappelé le gros de ce qui devrait être traité durant cette
période, il a conclu que «toutes les conditions sont donc réunies
pour un affrontement au finish au cours d’un été 2006 qui est un
remake à peine édulcoré de l’été 1965».
Bouteflika
met un terme au suspense
Après de longs
mois de supputations, le président Bouteflika a mis fin, en ce début
de juillet, au suspense. C’était à l’occasion du discours prononcé
le 4 juillet devant les cadres de l’ANP.
«Un référendum
avant la fin de l’année», a annoncé Le Jour d’Algérie. Ce même titre
a fait la Une d’El-Khabar, Liberté, La Tribune, La Dépêche Kabylie,
La Nouvelle République et Al Djazaïr News.
El Watan pour sa
part a annoncé : «Bouteflika veut sa Constitution.» Ce quotidien a
souligné que «désormais, le président de la République revendique
publiquement la paternité de ce projet soutenu tactiquement
jusque-là par son parti, le FLN». Le rédacteur a affirmé que «la
partition était déjà bien réglée avant, mais il fallait écouter
l’interprétation de l’orchestre de l’ex-parti unique avant que
n’intervienne la voix du chef». Et c’est ainsi, est-il indiqué, que
«sans surprise, Abdelaziz Bouteflika a repris l’essentiel du
répertoire de l’exposé des motifs élaboré par le FLN pour justifier
le bien-fondé de l’amendement de la loi fondamentale». Pour sa
part, l’éditorialiste du Jour d’Algérie a déclaré : «Nous aurons eu
beau avoir des soupçons sur une collusion possible entre le
président de la république et le FLN au sujet, nous ne nous serions
jamais avancés jusqu’à considérer cela comme une certitude.» Il
ajoute que cette idée est soutenue par la «simple raison (…) que
rien ni personne n’aurait pu reprocher, d’une manière ou d’une
autre, au premier magistrat du pays de mettre en branle le plus
normalement du monde, l’un des innombrables pouvoirs que lui octroie
l’actuelle constitution qui est de procéder à cette révision au
moment et dans les formes qui lui conviennent le mieux».
Pour La Nouvelle
République, «à ce jour, chaque président s’est donné la Constitution
de son choix, à savoir Ben Bella, puis Boumediène, puis Chadli, puis
Zeroual et enfin Bouteflika. Ce qui revient à dire que chacun est
porteur d’une vision à laquelle la constitution en vigueur n’est pas
adaptée». Faux, soutiendra Louisa Hanoune dans les colonnes du Soir
d’Algérie (édition du samedi 8 juillet). Bien que la porte-parole
du PT se réserve de «tout commentaire sur un projet qui n’a pas
encore vu le jour», il sera néanmoins précisé qu’«elle a laissé
entendre que le changement des hommes n’est pas en soi une
finalité». Mieux encore, les propos qu’elle ajoute augurent d’un
soutien de cette formation non seulement pour le projet de révision,
mais plus encore pour un troisième mandat pour Bouteflika. «La
durée du mandat présidentiel n’est pas un problème» a-t-elle
affirmé, ajoutant qu’«il ne s’agit pas d’avoir une succession pour
une succession mais plutôt d’instaurer un Etat de droit où règne la
paix». Elle estime par ailleurs qu’elle a la conviction que «le
Président ne plaide pas pour une Constitution sur mesure».
Bénéfice du
doute
La Tribune
indique que «l’amendement – c’est le mot choisi par le chef de
l’Etat – répond aux yeux du président de la République à la fois à
une demande lancinante de la classe politique et de la société
civile et à la nécessité, sur un autre registre, d’adapter une
Constitution née sous la pression et marquée par le poids de la
crise des années quatre-vingt-dix». Toutefois, souligne le
commentateur de ce quotidien, «il n’en reste pas moins que le point
nodal n’en sera pas moins celui de savoir si le renforcement attendu
des pouvoirs du président de la république prendra bien sens d’une
avancée et singulièrement d’un plus crédible ancrage des
institutions de l’Etat dans les valeurs démocratiques».
De son côté,
l’éditorialiste de Liberté indiquera que «sans préjuger des textes
en préparation, il nous semble important de constitutionnaliser la
séparation des pouvoirs, de renforcer les libertés fondamentales et,
en particulier, les libertés de presse et d’expression de veiller à
une justice indépendante. En un mot, de consolider les acquis
démocratiques et de procéder à une juste répartition des richesses.
Mais là, nous sommes déjà sur une autre question».
Le président
Bouteflika, en ce début du mois de juillet, brillera également par
sa décision d’amender la loi sur les hydrocarbures. Ce qui a conduit
Le Soir d’Algérie à conclure que «Bouteflika renationalise les
hydrocarbures».
Nadia Kerraz
Haut
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