Semaine du 12 au 18  juillet 2006

 

 Référendum pour la Constitution avant 2007

Une révision entre suspicion et espoirs

 

 
 
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Référendum pour la Constitution avant 2007

Une révision entre suspicion et espoirs

 L’été, avions-nous annoncé précédemment, risque d’être chaud cette année. Particulièrement chaud. Un doute ? Le dernier qui aurait pu subsister dans les esprits a été levé par l’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du mardi 4 juillet). Le titre de son écrit est des plus révélateurs de la température qu’il fera pendant la saison estivale : «Le chaudron de l’été.»

Toutefois le rédacteur n’a pas manqué d’attirer l’attention sur un fait qui lui a paru bizarre : «Comme par hasard, tous les gros dossiers  politiques, tous les duels toutes les affaires, devraient connaître leur épilogue au cours de ce mois bien chaud de juillet.» Après avoir rappelé le gros de ce qui devrait être traité durant cette période, il a conclu  que «toutes les conditions sont donc réunies pour un affrontement au finish au cours d’un été 2006 qui est un remake à peine édulcoré de l’été 1965». 

Bouteflika met un terme au suspense

Après de longs mois de supputations, le président Bouteflika a mis fin, en ce début de juillet, au suspense. C’était à l’occasion du discours prononcé le 4 juillet devant les cadres de l’ANP.

«Un référendum avant la fin de l’année», a annoncé Le Jour d’Algérie. Ce même titre a fait la Une d’El-Khabar, Liberté, La Tribune, La Dépêche Kabylie, La Nouvelle République et Al Djazaïr News. 

El Watan pour sa part  a annoncé : «Bouteflika veut sa Constitution.» Ce quotidien  a souligné que «désormais, le président de la République revendique publiquement la paternité de ce projet soutenu tactiquement jusque-là par son parti, le FLN». Le rédacteur a affirmé que «la partition était déjà bien réglée avant, mais il fallait écouter l’interprétation de l’orchestre de l’ex-parti unique avant que n’intervienne la voix du chef». Et c’est ainsi, est-il indiqué, que «sans surprise, Abdelaziz Bouteflika a repris l’essentiel du répertoire de l’exposé des motifs élaboré par le FLN pour justifier le bien-fondé de l’amendement de la loi fondamentale».  Pour sa part, l’éditorialiste du Jour d’Algérie a déclaré : «Nous aurons eu beau avoir des soupçons sur une collusion possible entre le président de la république et le FLN au sujet, nous ne nous serions jamais avancés jusqu’à considérer  cela comme une certitude.» Il ajoute que cette idée est soutenue par la  «simple raison (…) que rien ni personne n’aurait pu reprocher, d’une manière ou d’une autre, au premier magistrat du pays de mettre en branle le plus normalement du monde, l’un des innombrables pouvoirs que lui octroie l’actuelle constitution qui est de procéder à cette révision au moment et dans les formes qui lui conviennent le mieux».

Pour La Nouvelle République, «à ce jour, chaque président s’est donné la Constitution de son choix, à savoir Ben Bella, puis Boumediène, puis Chadli, puis Zeroual et enfin Bouteflika. Ce qui revient à dire que chacun est porteur d’une vision à laquelle la constitution en vigueur n’est pas adaptée».  Faux, soutiendra Louisa Hanoune dans les colonnes du Soir d’Algérie (édition du samedi 8 juillet).  Bien que la porte-parole du PT se réserve de «tout commentaire sur un projet qui n’a pas encore vu le jour», il sera néanmoins précisé  qu’«elle a laissé entendre que le changement des hommes n’est pas en soi une finalité». Mieux encore, les propos qu’elle ajoute augurent d’un soutien de cette formation non seulement pour le projet de révision, mais plus encore pour un troisième  mandat pour Bouteflika.  «La durée du mandat présidentiel n’est pas un problème» a-t-elle affirmé, ajoutant qu’«il ne s’agit pas d’avoir une succession pour une succession mais plutôt d’instaurer un Etat de droit où règne la paix».  Elle estime par ailleurs qu’elle a la conviction que «le Président ne plaide pas pour une Constitution sur mesure».

Bénéfice du doute

 La Tribune indique que «l’amendement – c’est le mot choisi par le chef de l’Etat – répond aux yeux du président de la République à la fois à une demande lancinante de la classe politique et de la société civile et à la nécessité, sur un autre registre, d’adapter  une Constitution née sous la pression et marquée par le poids de la crise des années quatre-vingt-dix». Toutefois, souligne le commentateur de ce quotidien, «il n’en reste pas moins que le point nodal n’en sera pas moins celui de savoir si le renforcement attendu des pouvoirs du président de la république prendra bien sens d’une avancée et singulièrement d’un plus crédible ancrage  des institutions de l’Etat dans les valeurs démocratiques».

De son côté, l’éditorialiste de Liberté indiquera que «sans préjuger des textes en préparation, il nous semble important de constitutionnaliser la  séparation des pouvoirs, de renforcer les libertés fondamentales et, en particulier, les libertés de presse et d’expression de veiller à une justice indépendante. En un mot, de consolider les acquis démocratiques et de procéder à une juste répartition des richesses. Mais là, nous sommes déjà sur une autre question».

Le président Bouteflika, en ce début du mois de juillet, brillera également par sa décision d’amender la loi sur les hydrocarbures. Ce qui a conduit Le Soir d’Algérie à conclure que «Bouteflika renationalise les hydrocarbures».

Nadia Kerraz

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