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La presse
évalue l’an I du mandat II de Bouteflika
Quelques
réalisations et beaucoup d’attentes !
“Une année déjà !”
est le titre en manchette du Jour d’Algérie du jeudi 7 avril. Et
pour cause, le lendemain, 8 avril, Abdelaziz Bouteflika a bouclé la
première année de son second mandat. Une occasion que la presse
écrite a mise à profit pour tenter d’en évaluer le bilan. Quel bilan
? En fait, de l’avis du Maghreb, “cette échéance intervient dans un
climat politique assaini et dans une bonne perspective économique”.
“Quel bilan ?”,
c’est aussi la question que La Nouvelle République s’est posée et
ce, même si le commentateur, qui rappelle que “les anniversaires
sont souvent l’occasion de bilans”, se demande néanmoins si, cette
fois, il faut “absolument évoquer le premier anniversaire du second
mandat du Président ou les six ans de règne de Bouteflika”. Et pour
cause, l’argument avancé par le rédacteur est que “sous les aspects
les plus divers, le deuxième mandat n’est que le prolongement d’un
premier quinquennat durant lequel le président n’aura fait
qu’esquisser son plan ou sa démarche”. Partant, estimera-t-il,
“aujourd’hui, il serait donc en train de poursuivre ce pour quoi il
a été élu en 1999 et réélu en 2004”.
Une année
est-elle suffisante ?
De son côté, La
Tribune estime qu’”une année après, en dépit des nombreux chantiers
engagés dans le cadre du redressement du pays pour l’arrimer au
train de la mondialisation, la priorité reste visiblement la
consécration de la cohésion sociale, préalable à la réussite des
réformes économiques engagées”. Le commentateur poursuivra en
ajoutant que “le projet d’amnistie générale que prône le président
de la République en constitue une preuve palpable et ce, malgré
certaines réticences enregistrées ça et là”. Il conclura cependant
en soutenant que “s’il est difficile d’évaluer en une année l’action
présidentielle, on peut néanmoins souligner la constance dans une
démarche politique résolument axée sur la problématique de la paix
et de la cohésion sociale pour l’instauration d’un climat propice
aux défis de la relance économique”.
Revenant également
sur le premier anniversaire de la réélection de Bouteflika, La
Dépêche de Kabylie du 7 avril 2005 estime que “de notables avancées”
ont été enregistrées, car, quand bien même, est-il souligné, “il est
difficile sinon prématuré de faire un exposé succinct et exhaustif
d’une année d’exercice”, il reste cependant, affirme le rédacteur,
“que durant les douze mois passés, la scène politique nationale a
beaucoup changé, au même titre d’ailleurs que la place de l’Algérie
sur la scène internationale qui s’est consolidée davantage”.
El Watan (édition
du 7 avril 2005), de son côté, partage en partie l’avis de La
Dépêche de Kabylie. En effet, estime ce quotidien, “une année dans
un mandat présidentiel, c’est en même temps long et court pour
dresser un bilan de la mise en œuvre du programme de Bouteflika”. Le
rédacteur précisera son idée en affirmant “long, car les attentes
sont nombreuses et pressantes et les espoirs soulevés par les
promesses électorales faites par Bouteflika en direction des
différentes catégories de la population ont placé le second mandat
de Bouteflika dans un challenge qui lui impose d’aller vite et bien
dans les changements promis”. Mais cette année est également un laps
de temps “court, car il est, estime El Watan, illusoire d’attendre
des changements structurels profonds dans un pays où tout est à
faire et souvent à refaire compte tenu des dégâts occasionnés par le
modèle de développement suivi par l’Algérie jusqu’à ces dernières
années”. Reste, poursuivra le rédacteur, que “les prochains mois
nous diront si toutes ces réformes concrétisées ou à venir ne sont
pas le fruit de laboratoires, si elles sont réellement acceptées par
la population et si elles s’inscrivent dans le sens de l’intérêt
général, de la préservation de la cohésion sociale et de la
stabilité durable du pays”.
Listing des
attentes
Et pour cause,
rappelle à juste titre l’éditorialiste du Jour d’Algérie du jeudi
7 avril, “les Algériens sont passés à autre chose et attendent
maintenant des résultats dans le domaine économique aussi bien que
dans le social et le culturel, et cela va se vérifier de plus en
plus dans les jours et les semaines à venir”. Le rédacteur ira plus
loin en affirmant que “ces Algériens-là qui ne sont plus ceux des
années de feu sont et vont être de plus en plus exigeants, et ce ne
sont pas des programmes inscrits sous le signe générique de la
réconciliation nationale qui vont contenter leurs légitimes attentes
de développement, de bien-être social et de loisirs”.
Cette même attente
est rappelée par Le Maghreb paraissant le même jour, qui souligne
que Bouteflika va avoir à faire à “un peuple impatient de goûter aux
fruits de ce changement”. D’autant, met en évidence Liberté du
7 avril, que “favorable lors de son premier mandat, la conjoncture
l’est encore plus et sur tous les plans depuis sa réélection”. “Au
point, est-il affirmé, de laisser croire à une malédiction dont
auraient pâti ses prédécesseurs”. C’est pourquoi, ajoute le
quotidien, qu’”à son secours, Bouteflika pourra appeler un bilan
certainement pas calamiteux, dussent les facteurs exogènes y avoir
largement contribué”.
Le samedi 9 avril,
au lendemain du discours prononcé par Bouteflika devant les cadres
de la nation, la presse revient abondamment sur ce premier
anniversaire du second mandat. D’autant que l’allocution a été un
discours bilan et perspectives à la fois. El Youm affirme qu’à
cette occasion,”Bouteflika a évalué les six ans” de sa présence à
la tête du pays. Selon ce quotidien, le Président a donné
l’impression qu’il était satisfait de ce qui a été réalisé durant
ces six dernières années et ce, dans tous les domaines. A l’inverse,
El Fadjr mis l’accent sur le fait que Bouteflika impute à tous la
responsabilité du retard enregistré dans le développement du pays.
C’est aussi la conviction d’El Khabar qui, annonçant à la Une que
“le Président est colère”, souligne que Bouteflika a critiqué
l’impasse actuelle. Selon le rédacteur, c’est la première fois
depuis 1999 que le Président présente un tableau noir de “l’amère
réalité” vécue par les Algériens.
Le Jeune
Indépendant de ce samedi 9 avril a également relevé que “critique,
Bouteflika, s’est voulu, dans certains dossiers, sans complaisance”…
Le quotidien ajoutera que “ses incriminations vont des gestionnaires
corrompus au patronat, en passant par les fainéants parmi le
peuple”.
Bouteflika
reprend les choses en main
D’où la conclusion
de l’éditorialiste du Jour d’Algérie du 9 avril, qui estime que
“plus qu’un bilan et des perspectives, ce discours est surtout un
véritable solde de tout compte qui donne à l’opinion le sentiment
que son Président vient de reprendre les choses en main, et de
quelle manière”. “Monsieur le Président, n’hésitez pas”, tel est
l’appel pressant lancé par El Djazair News du même jour.
Nadia Kerraz
Haut
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