Semaine du 13 au 19 avril 2005

 

La presse évalue l’an I du  mandat II de Bouteflika

Quelques réalisations et beaucoup d’attentes !

 

 
 
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La presse évalue l’an I du  mandat II de Bouteflika

Quelques réalisations et beaucoup d’attentes !

“Une année déjà !” est le titre en  manchette du Jour d’Algérie du jeudi 7 avril. Et pour cause, le lendemain, 8 avril, Abdelaziz Bouteflika a bouclé la première année de son second mandat. Une occasion que la presse écrite a mise à profit pour tenter d’en évaluer le bilan. Quel bilan ? En fait, de  l’avis du Maghreb, “cette échéance intervient dans un climat politique assaini et dans une bonne perspective économique”.

“Quel bilan ?”, c’est aussi la question que La Nouvelle République s’est posée et ce, même si le commentateur, qui rappelle que “les anniversaires sont souvent l’occasion de bilans”, se demande néanmoins si, cette fois, il faut “absolument évoquer le premier anniversaire du second mandat du Président ou les six ans de règne de Bouteflika”.  Et pour cause, l’argument avancé par le rédacteur est que “sous les aspects les plus divers, le deuxième mandat  n’est que le prolongement d’un premier quinquennat durant lequel le président n’aura fait qu’esquisser son plan ou sa démarche”. Partant, estimera-t-il, “aujourd’hui, il serait donc en train de poursuivre ce pour quoi il a été élu en 1999 et réélu en 2004”. 

 

Une année est-elle suffisante ?

De son côté, La Tribune estime qu’”une année après, en dépit des nombreux chantiers engagés dans le cadre du redressement du pays pour l’arrimer au train de la mondialisation, la priorité reste visiblement la consécration de la cohésion sociale, préalable à la réussite des réformes économiques engagées”. Le commentateur poursuivra en ajoutant que “le projet d’amnistie générale que prône le président de la République en constitue une preuve palpable et ce, malgré certaines réticences enregistrées ça et là”. Il conclura cependant en soutenant que “s’il est difficile d’évaluer en une année l’action présidentielle, on peut néanmoins souligner la constance dans une démarche politique résolument axée sur la problématique de la paix et de la cohésion sociale pour l’instauration d’un climat propice aux défis de la relance économique”.

Revenant également sur le premier anniversaire de la réélection de Bouteflika, La Dépêche de Kabylie du 7 avril 2005 estime que “de notables avancées” ont été enregistrées, car, quand bien même, est-il souligné, “il est difficile sinon prématuré de faire un exposé succinct et exhaustif d’une année d’exercice”, il reste cependant, affirme le rédacteur, “que durant les douze mois passés, la scène politique nationale a beaucoup changé, au même titre d’ailleurs que la place de l’Algérie sur la scène internationale qui s’est consolidée davantage”. 

El Watan (édition du 7 avril 2005), de son côté, partage en partie l’avis de La Dépêche de Kabylie. En effet, estime ce quotidien, “une année dans un mandat présidentiel, c’est en même temps long et court pour dresser un bilan de la mise en œuvre du programme de Bouteflika”. Le rédacteur précisera son idée en affirmant “long, car les attentes sont nombreuses et pressantes et les espoirs soulevés par les promesses électorales faites par Bouteflika en direction des différentes catégories de la population ont placé le second mandat  de Bouteflika dans un challenge qui lui impose d’aller vite et bien dans les changements promis”. Mais cette année est également un laps de temps “court, car il est, estime El Watan, illusoire d’attendre des changements structurels profonds dans un pays où tout est à faire et souvent à refaire compte tenu des dégâts occasionnés par le modèle de développement suivi par l’Algérie jusqu’à ces dernières années”. Reste, poursuivra le rédacteur, que “les prochains mois nous diront si toutes ces réformes concrétisées ou à venir ne sont pas le fruit de laboratoires, si elles sont réellement acceptées par la population et si elles s’inscrivent dans le sens de l’intérêt général, de la préservation de la cohésion sociale et de la stabilité durable du pays”.

 

Listing des attentes

Et pour cause, rappelle à juste titre l’éditorialiste du Jour d’Algérie du jeudi 7 avril, “les Algériens sont passés à autre chose et attendent maintenant des résultats dans le domaine économique aussi bien que dans le social et le culturel, et cela va se vérifier de plus en plus dans les jours et les semaines à venir”. Le rédacteur ira plus loin en affirmant que “ces Algériens-là qui ne sont plus ceux des années de feu sont et vont être de plus en plus exigeants, et ce ne sont pas des programmes inscrits sous le signe générique de la réconciliation nationale qui vont contenter leurs légitimes attentes de développement, de bien-être social et de loisirs”. 

Cette même attente est rappelée par Le Maghreb paraissant le même jour, qui souligne que Bouteflika va avoir à faire à “un peuple impatient de goûter aux fruits de ce changement”. D’autant, met en évidence Liberté du 7 avril, que “favorable lors de son premier mandat, la conjoncture l’est encore plus et sur tous les plans depuis sa réélection”. “Au point, est-il affirmé, de laisser croire à une malédiction dont auraient pâti ses prédécesseurs”. C’est pourquoi, ajoute le quotidien,  qu’”à son secours, Bouteflika pourra appeler un bilan certainement pas calamiteux, dussent les facteurs exogènes y avoir largement contribué”. 

Le samedi 9 avril, au lendemain du discours prononcé par Bouteflika devant les cadres de la nation, la presse revient abondamment sur ce premier anniversaire du second mandat. D’autant que l’allocution a été un discours bilan et perspectives à la fois.  El Youm affirme qu’à cette occasion,”Bouteflika a évalué  les six ans” de sa présence à la tête du pays.  Selon ce quotidien, le Président a donné l’impression qu’il était satisfait de ce qui a été réalisé durant ces six dernières années et ce, dans tous les domaines. A l’inverse, El  Fadjr mis l’accent sur le fait que Bouteflika impute à tous la responsabilité du retard enregistré dans le développement du pays. C’est aussi la conviction d’El Khabar qui, annonçant à la Une que “le Président est colère”, souligne que Bouteflika a critiqué l’impasse actuelle. Selon le rédacteur, c’est la première fois depuis 1999 que le Président présente un tableau noir de “l’amère réalité” vécue par les Algériens.

Le Jeune Indépendant de ce samedi 9 avril  a également relevé que “critique, Bouteflika, s’est voulu, dans certains dossiers, sans complaisance”… Le quotidien ajoutera que “ses incriminations vont des gestionnaires corrompus au patronat, en passant par les fainéants parmi le peuple”.

 

Bouteflika reprend les choses en main

D’où la conclusion de l’éditorialiste du Jour d’Algérie du 9 avril, qui estime que “plus qu’un bilan et des perspectives, ce discours est surtout un véritable solde de tout compte qui donne à l’opinion le sentiment que son Président vient de reprendre les choses en main, et de quelle manière”.  “Monsieur le Président, n’hésitez pas”,  tel est l’appel pressant lancé par El Djazair News du même jour.

Nadia Kerraz

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