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Colonisation acte II
Les pays nouvellement
indépendants, qui ne sont pour la plupart même plus en voie de
développement, constituent à terme une menace pour le monde dit
civilisé, d’autant plus qu’ils sont porteurs d’une religion
concurrente au sien.
Les plus compréhensifs
des stratèges occidentaux songent alors à la démocratie comme
instrument privilégié pouvant servir à sortir nos régions de l’état
de dangereux sous-développement dans lesquelles elles se trouvent,
mais les plus cyniques savent parfaitement que la démocratie ne peut
guère être imposée de l’extérieur, à moins d’être amenée à bord des
bombardiers, des porte-avions et des chars comme c’est le cas en
Irak depuis 2003.
Une cinquantaine
d’années après l’obtention de leurs indépendances, qu’ont donc fait
les pays anciennement colonisés pour les conserver ? Pas grand-chose
si nous en jugeons par l’état de développement de sociétés qui
restent dramatiquement dans le besoin dans plusieurs des domaines
les plus essentiels de la vie. Hormis la mise en place des attributs
les plus ostentatoires attestant de l’existence d’un appareil d’Etat
plus ou moins présentable tels qu’une armée, une police et un
semblant d’administration, il faut bien admettre que peu de pays
africains, asiatiques ou arabes, ont réussi à s’imposer sur la scène
internationale. Ni du point de vue économique, ni scientifique, ni
culturel. A l’exception notable de l’Inde et, à un degré moindre, la
Malaisie, Ceylan, Singapour et la Corée du Sud, tous les autres
restent dans une situation de sous-développement alarmant, lorsque
nous savons qu’en comparaison, il a suffit moins de vingt ans à
l’Allemagne pour devenir la quatrième puissance économique et
scientifique mondiale après avoir été entièrement dévastée par la
guerre et désertée par la quasi-totalité de son élite
intellectuelle. Le Portugal et l’Espagne, mais aussi l’Inde et la
Malaisie sont également de bons exemples qui indiquent qu’il suffit
généralement de moins de vingt ans à un pays pour opérer son
décollage économique, pour peu qu’un minimum de volonté et de
clairvoyance soient au rendez-vous, y compris au milieu d’un
environnement international hostile. Israël est, en ce sens,
l’archétype même de ce qu’une nation peut réussir à faire au milieu
d’un océan de contrariétés et en butte à des conflits armés répétés.
C’est dire que le bilan
peu reluisant de pays tels que le nôtre, qui n’arrivent toujours pas
à réaliser un simple métro ou à assurer leur propre sécurité
alimentaire, peut inciter les grandes puissances à se demander si
elles ont bien fait d’acquiescer au puissant mouvement de
décolonisation qui leur a fait perdre des territoires immenses
autant que stratégiques et des richesses naturelles
incommensurables. D’autant que les rythmes mondiaux de la croissance
économique connaissent depuis une vingtaine d’années un début
d’essoufflement suffisamment inquiétant pour amener sur le tapis
cette terrible question qui consiste à savoir si le fait de laisser
en friche les trois quarts de la planète n’est pas un véritable
gâchis. Un gâchis encore moins acceptable qu’il est le fait de
régimes politiques certes souverains, mais qui ont eu largement le
temps de faire la preuve de leur incapacité à gérer leur
indépendance pourtant parfois chèrement recouvrée.
La question devient
encore plus lancinante lorsque ces pays deviennent de dangereux
viviers à partir desquels émergent de menaçants phénomènes
sécuritaires, sources de déstabilisation mondiale, comme le
terrorisme. Il se trouve, par un malheureux hasard, que les pays
nouvellement indépendants sont dans leur écrasante majorité des pays
où l’islam est la religion majoritaire avec tout ce que cela
implique comme incidences idéologiques et politiques aisément
inscriptibles dans le cadre bien commode du fameux choc des
civilisations.
Conclusion logique : les
pays nouvellement indépendants, qui ne sont pour la plupart même
plus en voie de développement, constituent à terme une menace pour
le monde dit civilisé, d’autant plus qu’ils sont porteurs d’une
religion concurrente au sien.
Les plus compréhensifs
des stratèges occidentaux songent alors à la démocratie comme
instrument privilégié pouvant servir à sortir nos régions de l’état
de dangereux sous-développement dans lesquelles elles se trouvent,
mais les plus cyniques savent parfaitement que la démocratie ne peut
guère être imposée de l’extérieur, à moins d’être amenée à bord des
bombardiers, des porte-avions et des chars comme c’est le cas en
Irak depuis 2003. D’autant que l’objectif premier n’est guère de
voir le Sud se développer, mais de s’assurer que les richesses qui
s’y trouvent soient exploitées à bon escient, c’est-à-dire au
bénéfice du Nord.
Notre pays, bien
qu’ayant franchi un nombre appréciable d’étapes susceptibles de le
sortir de l’œil du cyclone, reste malheureusement dans la zone de
danger du fait de son incapacité à sauter encore le pas d’une
modernisation décisive de son système politique seule à même de lui
permettre de moderniser son économie et sa société. Encore victime
de la force de gravité islamiste, il peine à s’en libérer,
estimant qu’il est toujours possible de laisser la religion jouer
un rôle dans la direction de ses affaires.
Grave et fatale erreur
que nous risquons de payer très cher dans le cas fort probable où
l’acte II de la colonisation ne débute avant que nous n’ayons eu le
temps de réaliser la gravité de nos erreurs de
jugement.
A. M.
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