Semaine du 13 au 19 juillet  2005

 

La trame du mercredi

Douteuse opération

 

 
 
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La trame du mercredi

Douteuse opération

Combien s’en trouve-t-il d’Algériens pour croire que le gouvernement va procéder à la dissolution à Tizi Ouzou et à Béjaïa pour le motif qu’il a avancé, qu’il s’agit bien de doter d’assemblées correctement élues les communes et les wilayas de cette partie de la Kabylie ? Il ne doit pas y avoir grand monde pour se laisser  prendre à ses arguties. Le laconique communiqué annonçant la modification de la loi permettant la dissolution, ainsi que les décrets édictant celle-ci, n’est fait pour convaincre du bien-fondé d’une mesure inattendue, procédant de plus d’une incompréhensible entorse à la loi en vigueur.

La question se pose alors de savoir ce qui l’a amené à prendre une décision incertaine, susceptible en définitive de créer plus de problèmes qu’elle n’en résout.

On connaît la réponse du FFS à cette question, ou plus exactement l’esprit de cette réponse. La dissolution envisagée découlerait d’un marché tacite passé entre  le gouvernement et les aârouch, aux termes duquel le premier consent à flatter l’ego des seconds en leur donnant satisfaction sur un point finalement de peu d’importance, contre l’oubli des victimes du ”printemps noir”. Selon ce point de vue, celui qui gagne le plus, ce n’est pas le groupe à Abrika, mais le gouvernement. A preuve, ajoute-t-on, le fait que la dissolution n’a pas encore eu lieu que la gendarmerie annonce déjà son intention de se redéployer en Kabylie.

Si marché il y a, il est en tout cas implicite, car le groupe emmené par Abrika ne s’y tient pas rigoureusement, ainsi qu’en témoigne sa prise de position toute récente contre le retour de la gendarmerie. Il est douteux que cet argument emporte la conviction de tout le monde. Il s’en trouvera pour dire que cette menace ne doit pas être prise au sérieux, qu’il s’agit en fait pour  un bord de rappeler les termes de l’accord conclu, laissant entendre au vis-à-vis que s’il revient sur son engagement, à savoir la dissolution, lui-même alors se verrait dans l’obligation de s’affranchir du sien.

Dissoudre, finalement, c’est facile, puisqu’il suffit dans ce régime, qui, semble-t-il, n’est pas tout  à fait  présidentiel, de prendre une décision, avant de modifier la loi par ordonnance pour la conformer à l’oukase. Quand on n’est tenu à aucune règle, on n’a pas à se soucier des sentiments de ses sujets. Or même dans ce cas, on a besoin d’un minimum de vraisemblance. Des élections supposent des électeurs. Est-on bien sûr que les habitants de Tizi Ouzou et de Béjaïa (à propos, comment s’expliquer que Bouira, aussi touchée que les deux autres wilayas par la forte abstention d’octobre 2002, ne soit pas concernée par ces élections partielles ? Mystère et boule de gomme !) seront au rendez-vous ? Ce n’est pas du tout sûr. Il se peut très bien que le gouvernement court droit sur le mur. Dans le contexte actuel, tout est bon pour la population pour donner libre cours à son mécontentement. Une coupure d’électricité qui a tendance à se répéter, et c’est l’émeute. Alors, ne parlons pas d’élections pas très nettes, dans une région de plus qui n’est pas réputée pour nourrir une grande confiance à l’endroit des gouvernants.

Du reste, il y a des risques pour que la principale formation de la région, le FFS, opte pour l’abstention. Le RCD adoptera-t-il la même attitude ? Il n’est pas facile  de le savoir à l’avance. Les doutes de toutes sortes que les uns et les autres peuvent entretenir quant au but de l’opération les inclineraient plutôt à refuser la participation à ces partielles. D’autant que la véritable échéance électorale, c’est celle de 2007. L’abstention aux élections partielles – dont la tenue n’est pas encore un fait acquis, le Président pouvant repousser, ou du  moins différer les décrets de dissolution – est susceptible de leur paraître au bout du compte la meilleure préparation à cette échéance.

M. Habili

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