Semaine du 13 au 19 juillet  2005

 

Londres touchée par des attentats terroristes

Après la liesse, les pleurs

 

 
 
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Londres touchée par des attentats terroristes

Après la liesse, les pleurs

En l’espace de vingt-quatre heures, la capitale anglaise, Londres, aura connu les deux extrêmes : la liesse  populaire et le drame national. Et pour cause,  jeudi, au lendemain de la désignation par le Comité international olympique (CIO), la presse locale et internationale, y compris la presse algérienne à un degré moindre, a fait écho de cette explosion de joie ressentie par les Londoniens et tous les citoyens britanniques. “Londres organisera les 27es jeux Olympiques en 2012” a annoncé La Tribune en Une de son édition du jeudi 7 juillet.  Le correspondant d’El Watan qui souligne que ces “JO auront lieu pour la troisième fois au Royaume-Uni”, fait état de la “liesse qui a gagné Londres” le jour même de l’annonce de la nouvelle. “A Trafalgar Square, au centre de la capitale, des milliers de fans ont dansé autour de la fontaine et de la statue de Nelson, pleuré et chanté devant avant de procéder à un lâcher de ballons”, est-il rapporté.

Mais cette joie aura été de courte durée. Le lendemain, jeudi 7 juillet, Londres est frappée par une série d’attentats.  “Plus de 50 morts et 700 blessés !” annonce L’Authentique dans son édition du samedi 9 juillet. Le quotidien souligne que “la capitale britannique, Londres, accoutumée à un quotidien paisible, a été ébranlée, jeudi, par quatre attentats simultanés particulièrement meurtriers, qui ont fait au moins 37 victimes (voire 52 d’après certaines estimations) et des centaines de blessés”.

Pour le Jour d’Algérie, c’est tout simplement “le deuxième 11 septembre”.

 

Londres s’y attendait

Le Jour  rappelle que “la sonnette d’alarme avait été tirée, il y a de cela quelque temps, par les services de renseignement anglais, faisant état de la présence de 200 terroristes, en Grande-Bretagne, prêt à commettre des attentats sur le territoire anglais”. Pour El Watan, cette journée n’aura été ni plus ni moins que “l’enfer à Londres”. Pourtant, rapporte ce quotidien, la presse  anglaise n’est pas étonnée. Ainsi, est-il souligné, “les tabloïds anglais se sont efforcés, au lendemain des attentats de Londres, de dresser le tableau d’une Grande-Bretagne choquée mais pas surprise par ces évènements”.

Le Jeune Indépendant qui, à l’instar de ses confrères algériens, a consacré sa Une à ces attentats, en déduit que “le terrorisme n’épargne plus Londres”. Sous le titre “Terrorisme et iniquité”, le commentateur de ce quotidien écrit que “les pays riches de notre monde se sont réunis, cette fois, sous le choc d’un drame qui n’est pas le premier et qui, malheureusement, ne sera probablement pas le dernier”.

Ainsi, est-il rappelé, “après New York et Madrid, c’est une autre capitale occidentale, Londres, la tolérante, qui est choisie pour victime”. Et d’ajouter : “Encore une fois, le terrorisme défie l’Occident, surprend sa vigilance et frappe de manière spectaculaire. Ce qui vient nous rappeler le slogan de la triste organisation  terroriste française durant la guerre d’Algérie : l’OAS frappe qui elle veut, quand elle veut et où elle veut.” Il poursuivra en concluant : “Car si on remonte à l’origine du terrorisme, nous nous apercevons que ses géniteurs sont de souche…occidentale à l’exemple du Stern, du Hagana, de l’Irgoun israéliens et de la Main rouge et de l’OAS française”.

Pour La Nouvelle République, il ne fait pas l’ombre d’un doute  que ces attentats sont la preuve que  “la Grande-Bretagne subit les contrecoups de sa politique laxiste envers les islamistes”. Par voie de conséquence, estime ce quotidien, “Londres récolte ce qu’elle a semé”.

 

Qui sème récolte…

 Il reste néanmoins, commente  La Nouvelle République, que “les attentats meurtriers de Londres vont induire une nouvelle donne”, et pour cause, estime-t-il, “s’il y a eu un après-11 septembre, il va y avoir cette fois un après-7 juillet, comme l’après-7 mars de Madrid a entraîné la chute de Aznar, d’autant qu  ce sont les positions radicales des Etats-Unis qui ont procuré à Al-Qaîda les ingrédients de sa montée en puissance”.

Al Fadjr de son côté souligne que “les explosions de Londres terrorisent le monde et occasionnent plus de 50 victimes et 700 blessés”. Dans son commentaire publié en dernière page, la rédactrice rappelle que “la Grande Bretagne est ciblée en raison de son soutien à l’Amérique dans sa guerre contre l’Irak, mais plus encore, parce qu’elle a renié son engagement à l’égard des groupes islamistes qui en faisaient une base arrière et un pont qui les reliait directement avec l’Afghanistan “.

Son confrère El Khabar craint des représailles contre les musulmans de Grande-Bretagne. Ce quotidien rapporte, en Une de son édition du dimanche 10 juillet, les propos tenus par le patron de la DGSN. Ali Tounsi estime, en effet, que “la Grande-Bretagne récolte les résultats de son laxisme avec les terroristes”. Le Jour d’Algérie en fait également, le même jour, sa Une : “Le GIA activait publiquement à Londres.”

 

Qui a frappé ?

Reste maintenant à savoir qui est derrière ces attentats. Ainsi, si au lendemain de ces explosions, La Tribune et Liberté étaient catégoriques en annonçant respectivement en Une de leur édition du jour “El-Qaîda replonge l’Europe dans la tourmente du terrorisme” et “Al-Qaîda frappe à Londres”, il reste que d’autres titres de la presse étaient, dans un premier temps, moins catégoriques. C’est le cas du Soir d’Algérie qui se demandait, samedi 9 juillet, si “la main d’Al-Qaîda ?” était derrière ces attentats qui ont secoué Londres. Ce même titre revient sur le sujet dans son édition du lendemain en affirmant : “La piste d’Al-Qaîda se précise”.

El Watan, lui, fait état de l’existence d’une autre orientation prise par les investigateurs en ce début d’enquête : “La piste marocaine privilégiée…” Le quotidien rappelle que “du temps du roi Hassan II, notre voisin se réjouissait que l’Algérie soit devenue un laboratoire pour les activités terroristes. Aujourd’hui, il devra regretter de n’avoir pas collaboré sincèrement à la lutte contre ce fléau qui menace tous les pays du monde”.

A contre-courant de toutes ces analyses, l’éditorialiste du Jour d’Algérie bat en brèche tous les arguments qui consistent à faire endosser à Al-Qaîda la responsabilité de ces attentats. Selon lui, “aucun analyste sérieux  ne pourrait seulement oser imaginer un seul instant que des islamistes, de quelque obédience qu’ils soient, puissent organiser des opérations d’une telle envergure sur le sol de Grande-Bretagne sans que les tout-puissants services secrets de sa gracieuse Majesté n’en soient immédiatement au courant”. C’est pourquoi estime-t-il que “l’enseigne Al-Qaîda, même franchisée, ne tient pas la route dans une situation aussi complexe où ce type d’attentats arrange surtout les affaires des grandes puissances qui y trouvent systématiquement prétexte à des redéploiements géostratégiques de grande envergure”. Plus explicite, il ajoute qu’“il faudrait être d’une grande naïveté pour ne pas faire le lien entre les tragiques attentats de Londres qui viennent d’endeuiller le monde et les préparatifs de guerre contre la nouvelle cible iranienne”.

Nadia Kerraz

 

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