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Londres touchée par
des attentats terroristes
Après la liesse, les
pleurs
En l’espace de
vingt-quatre heures, la capitale anglaise, Londres, aura connu les
deux extrêmes : la liesse populaire et le drame national. Et pour
cause, jeudi, au lendemain de la désignation par le Comité
international olympique (CIO), la presse locale et internationale, y
compris la presse algérienne à un degré moindre, a fait écho de
cette explosion de joie ressentie par les Londoniens et tous les
citoyens britanniques. “Londres organisera les 27es jeux Olympiques
en 2012” a annoncé La Tribune en Une de son édition du jeudi 7
juillet. Le correspondant d’El Watan qui souligne que ces “JO
auront lieu pour la troisième fois au Royaume-Uni”, fait état de la
“liesse qui a gagné Londres” le jour même de l’annonce de la
nouvelle. “A Trafalgar Square, au centre de la capitale, des
milliers de fans ont dansé autour de la fontaine et de la statue de
Nelson, pleuré et chanté devant avant de procéder à un lâcher de
ballons”, est-il rapporté.
Mais cette joie aura été
de courte durée. Le lendemain, jeudi 7 juillet, Londres est frappée
par une série d’attentats. “Plus de 50 morts et 700 blessés !”
annonce L’Authentique dans son édition du samedi 9 juillet. Le
quotidien souligne que “la capitale britannique, Londres, accoutumée
à un quotidien paisible, a été ébranlée, jeudi, par quatre attentats
simultanés particulièrement meurtriers, qui ont fait au moins 37
victimes (voire 52 d’après certaines estimations) et des centaines
de blessés”.
Pour le Jour d’Algérie,
c’est tout simplement “le deuxième 11 septembre”.
Londres s’y attendait
Le Jour rappelle que
“la sonnette d’alarme avait été tirée, il y a de cela quelque temps,
par les services de renseignement anglais, faisant état de la
présence de 200 terroristes, en Grande-Bretagne, prêt à commettre
des attentats sur le territoire anglais”. Pour El Watan, cette
journée n’aura été ni plus ni moins que “l’enfer à Londres”.
Pourtant, rapporte ce quotidien, la presse anglaise n’est pas
étonnée. Ainsi, est-il souligné, “les tabloïds anglais se sont
efforcés, au lendemain des attentats de Londres, de dresser le
tableau d’une Grande-Bretagne choquée mais pas surprise par ces
évènements”.
Le Jeune Indépendant
qui, à l’instar de ses confrères algériens, a consacré sa Une à ces
attentats, en déduit que “le terrorisme n’épargne plus Londres”.
Sous le titre “Terrorisme et iniquité”, le commentateur de ce
quotidien écrit que “les pays riches de notre monde se sont réunis,
cette fois, sous le choc d’un drame qui n’est pas le premier et qui,
malheureusement, ne sera probablement pas le dernier”.
Ainsi, est-il rappelé,
“après New York et Madrid, c’est une autre capitale occidentale,
Londres, la tolérante, qui est choisie pour victime”. Et d’ajouter :
“Encore une fois, le terrorisme défie l’Occident, surprend sa
vigilance et frappe de manière spectaculaire. Ce qui vient nous
rappeler le slogan de la triste organisation terroriste française
durant la guerre d’Algérie : l’OAS frappe qui elle veut, quand elle
veut et où elle veut.” Il poursuivra en concluant : “Car si on
remonte à l’origine du terrorisme, nous nous apercevons que ses
géniteurs sont de souche…occidentale à l’exemple du Stern, du Hagana,
de l’Irgoun israéliens et de la Main rouge et de l’OAS française”.
Pour La Nouvelle
République, il ne fait pas l’ombre d’un doute que ces attentats
sont la preuve que “la Grande-Bretagne subit les contrecoups de sa
politique laxiste envers les islamistes”. Par voie de conséquence,
estime ce quotidien, “Londres récolte ce qu’elle a semé”.
Qui sème récolte…
Il reste néanmoins,
commente La Nouvelle République, que “les attentats meurtriers de
Londres vont induire une nouvelle donne”, et pour cause,
estime-t-il, “s’il y a eu un après-11 septembre, il va y avoir cette
fois un après-7 juillet, comme l’après-7 mars de Madrid a entraîné
la chute de Aznar, d’autant qu ce sont les positions radicales des
Etats-Unis qui ont procuré à Al-Qaîda les ingrédients de sa montée
en puissance”.
Al Fadjr de son côté
souligne que “les explosions de Londres terrorisent le monde et
occasionnent plus de 50 victimes et 700 blessés”. Dans son
commentaire publié en dernière page, la rédactrice rappelle que “la
Grande Bretagne est ciblée en raison de son soutien à l’Amérique
dans sa guerre contre l’Irak, mais plus encore, parce qu’elle a
renié son engagement à l’égard des groupes islamistes qui en
faisaient une base arrière et un pont qui les reliait directement
avec l’Afghanistan “.
Son confrère El Khabar
craint des représailles contre les musulmans de Grande-Bretagne. Ce
quotidien rapporte, en Une de son édition du dimanche 10 juillet,
les propos tenus par le patron de la DGSN. Ali Tounsi estime, en
effet, que “la Grande-Bretagne récolte les résultats de son laxisme
avec les terroristes”. Le Jour d’Algérie en fait également, le même
jour, sa Une : “Le GIA activait publiquement à Londres.”
Qui a frappé ?
Reste maintenant à
savoir qui est derrière ces attentats. Ainsi, si au lendemain de ces
explosions, La Tribune et Liberté étaient catégoriques en annonçant
respectivement en Une de leur édition du jour “El-Qaîda replonge
l’Europe dans la tourmente du terrorisme” et “Al-Qaîda frappe à
Londres”, il reste que d’autres titres de la presse étaient, dans un
premier temps, moins catégoriques. C’est le cas du Soir d’Algérie
qui se demandait, samedi 9 juillet, si “la main d’Al-Qaîda ?” était
derrière ces attentats qui ont secoué Londres. Ce même titre revient
sur le sujet dans son édition du lendemain en affirmant : “La piste
d’Al-Qaîda se précise”.
El Watan, lui, fait état
de l’existence d’une autre orientation prise par les investigateurs
en ce début d’enquête : “La piste marocaine privilégiée…” Le
quotidien rappelle que “du temps du roi Hassan II, notre voisin se
réjouissait que l’Algérie soit devenue un laboratoire pour les
activités terroristes. Aujourd’hui, il devra regretter de n’avoir
pas collaboré sincèrement à la lutte contre ce fléau qui menace tous
les pays du monde”.
A contre-courant de
toutes ces analyses, l’éditorialiste du Jour d’Algérie bat en brèche
tous les arguments qui consistent à faire endosser à Al-Qaîda la
responsabilité de ces attentats. Selon lui, “aucun analyste sérieux
ne pourrait seulement oser imaginer un seul instant que des
islamistes, de quelque obédience qu’ils soient, puissent organiser
des opérations d’une telle envergure sur le sol de Grande-Bretagne
sans que les tout-puissants services secrets de sa gracieuse Majesté
n’en soient immédiatement au courant”. C’est pourquoi estime-t-il
que “l’enseigne Al-Qaîda, même franchisée, ne tient pas la route
dans une situation aussi complexe où ce type d’attentats arrange
surtout les affaires des grandes puissances qui y trouvent
systématiquement prétexte à des redéploiements géostratégiques de
grande envergure”. Plus explicite, il ajoute qu’“il faudrait être
d’une grande naïveté pour ne pas faire le lien entre les tragiques
attentats de Londres qui viennent d’endeuiller le monde et les
préparatifs de guerre contre la nouvelle cible iranienne”.
Nadia Kerraz
Haut
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