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Semaine du 13 au 19 septembre 2006

Mexique

Un pays divisé

Irak

Un rapport du Sénat américain démonte les justifications de la guerre

Tony Blair critiqué par Ismaïl Haniyeh

 

 
 
 Monde

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Mexique

Un pays divisé

Felipe Calderon, dont le Tribunal fédéral électoral (Trife) a confirmé la courte victoire à l'élection présidentielle mexicaine du 2 juillet, hérite d'un pays divisé, où il est contesté par plus du tiers de la population. "Cela va être une tâche difficile de tenter de convaincre les gens et il pourrait avoir besoin de recourir à des programmes sociaux et d'injecter de l'argent", prédit la politologue Marcela Bobadilla. Dans un discours prononcé dernièrement, après l'annonce du verdict du Trife, Calderon a affirmé que sa priorité, lorsqu'il succédera en décembre au président Vicente Fox, serait de lutter contre la pauvreté, la criminalité et le chômage. Pendant la majeure partie de la campagne, Calderon était devancé dans les sondages par son adversaire de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, qui refuse de reconnaître sa défaite en invoquant des fraudes électorales. Ancien militant de la cause amérindienne, Lopez Obrador a annoncé qu'il organiserait des manifestations et pourrait tenter de constituer un "gouvernement alternatif".

Le rassemblement prévu par la gauche le 16 septembre à Mexico, à l'occasion de la fête nationale, pourrait être explosif, bien que Lopez Obrador ait promis de ne recourir qu'à des moyens pacifiques pour défendre sa cause. La dénonciation d'irrégularités par Lopez Obrador touche une corde sensible dans un pays où des millions d'habitants, confrontés de la naissance à la mort à l'injustice, à la corruption et avant tout à la pauvreté, nourrissent une profonde méfiance envers la classe dirigeante. Un Mexicain sur cinq n'a pas les moyens de se nourrir de manière décente et beaucoup considèrent Calderon comme un représentant de l'élite privilégiée.

Calderon, diplômé en administration publique de Harvard, a promis d'étendre la couverture sociale des retraités, reprenant ainsi des propositions de Lopez Obrador. Cet ancien ministre de l'Energie veut aussi procéder à des réformes fiscales, réprimer la criminalité et accroître la part des investissements privés dans la société nationale pétrolière Pemex. D'une certaine façon, il se trouve en meilleure position que Fox, arrivé au pouvoir il y a six ans sur une vague d'optimisme après avoir mis fin à plusieurs décennies de règne sans partage du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), mais qui ne disposait pas de la majorité au Congrès. Les plans de réforme économique de Fox ont été bloqués par l'opposition, mais aujourd'hui, son Parti de l'action nationale est le premier au Congrès et Calderon pourrait, pour faire adopter ses réformes, trouver des alliés au sein du PRI, troisième formation représentée à l'assemblée. Le Parti de la Révolution démocratique de Lopez Obrador s'annonce néanmoins comme un implacable adversaire tant au Congrès que dans la rue.

"Je ne vois pas d'issue", confesse l'historien de gauche Lorenzo Meyer. Il prédit que les partisans de Lopez Obrador ne cesseront de harceler le nouveau Président dans un avenir prévisible, en particulier lorsque s'ouvrira le débat sur Pemex.

 

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Irak

Un rapport du Sénat américain démonte les justifications de la guerre

Les critiques pleuvent sur le locataire de la Maison-Blanche qui a accumulé les contre-vérités pour justifier l’invasion de l’Irak par les troupes américaines en 2003. Le Sénat américain a publié dernièrement un rapport démontant une à une les justifications de la guerre en Irak et donnant à l'opposition démocrate de nouvelles munitions contre l'administration Bush, à l'approche des élections de novembre.  Un rapport jusqu’ici classé secret.

Alors qu'aujourd'hui encore l'administration et la majorité cherchent à contrer l'impopularité de la guerre en Irak en en faisant le "front central" de la guerre contre le terrorisme, le rapport établit plus clairement que jamais que le régime de Saddam Hussein n'était en rien allié au réseau terroriste Al-Qaïda, responsable des attentats du 11-Septembre.

"Saddam Hussein n'avait pas confiance en Al-Qaîda et considérait les extrémistes islamiques comme des menaces contre son régime, refusant toutes les demandes d'Al-Qaîda pour une aide matérielle ou opérationnelle", affirme la commission du Renseignement.

Cette conclusion, en plein cinquième anniversaire du 11-Septembre, va directement à l'encontre de déclarations du Président américain. Le 21 août dernier encore, George W. Bush a évoqué l'ancien président irakien "Saddam Hussein, qui avait la capacité de fabriquer des armes de destruction massive, qui payait des kamikazes pour tuer des vies innocentes, qui avait des relations avec Abou Moussab al-Zarqaoui", l'ancien chef d'Al-Qaîda en Irak tué en juin dernier. En fait, affirme le rapport, "les informations obtenues après guerre indiquent que Saddam Hussein avait tenté en vain de localiser et capturer al-Zarqaoui" en 2002.

Le rapport, décrit par l'opposition comme une "mise en accusation" de l'administration Bush, dément également ses affirmations sur le danger que représentait le régime. En particulier, le régime irakien ne disposait ni de programme nucléaire actif ni de laboratoire mobile pour la fabrication d'armes biologiques.

Par ailleurs, les sénateurs dénoncent l'exploitation excessive des "fausses informations" fournies par un groupe d'Irakiens exilés, le Congrès national irakien d'Ahmed Chalabi. Ils soulignent que l'administration a décidé, durant l'été 2002, de continuer à subventionner le CNI alors même que "l'agence du renseignement militaire (DIA) avertissait (en octobre 2002) que le CNI était infiltré par des services de renseignement hostiles et utiliserait cette relation pour promouvoir ses propres objectifs".

"Les responsables de l'administration ont sélectionné, exagéré ou passé sous silence des renseignements pour justifier la décision qu'ils avaient déjà prise d'entrer en guerre contre l'Irak", a accusé le démocrate John Rockefeller, numéro deux de la commission.

De profonds désaccords politiques au sein de la commission de renseignement retardent la publication de deux autres analyses très attendues, l'une sur d'éventuelles contradictions volontaires entre les déclarations officielles d'avant guerre et les analyses du renseignement, l'autre sur les agissements d'une cellule antiterroriste dirigée par l'ancien sous-secrétaire à la Défense Douglas Feith.

Reste que ce rapport n’a pas empêché le Sénat américain d’allouer, pour l’année à venir,  63 milliards de dollars supplémentaires pour les guerres en Irak et en Afghanistan… Ce budget a reçu un soutien massif démontrant que les critiques du camp démocratique contre la gestion du conflit en Irak par l'administration du président George W. Bush relèvent de la rhétorique à consommation interne…

 

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Tony Blair critiqué par Ismaïl Haniyeh

 Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a vivement critiqué la politique "partiale" de Tony Blair au Proche-Orient qui aboutit, selon lui, à punir le peuple palestinien et son gouvernement élu. Cette libre opinion est a été publiée dans les colonnes du Guardian de Londres. "Le problème réside dans l'alignement sans faille du gouvernement Blair sur les administrations Clinton, puis Bush, qui voient la question du Proche-Orient à travers le seul regard de l'Etat juif", estime Haniyeh.

Londres est partisan du boycott organisé par les Occidentaux, notamment les Européens, du gouvernement formé par le Hamas et qui a abouti au non-paiement des fonctionnaires palestiniens. Pour Haniyeh, la politique de Tony Blair équivaut à "un châtiment collectif" du peuple palestinien et à un encouragement pour Israël à passer à l'action au niveau militaire.

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