|
Accueil
Mexique
Un pays divisé
Felipe Calderon,
dont le Tribunal fédéral électoral (Trife) a confirmé la courte
victoire à l'élection présidentielle mexicaine du 2 juillet, hérite
d'un pays divisé, où il est contesté par plus du tiers de la
population. "Cela va être une tâche difficile de tenter de
convaincre les gens et il pourrait avoir besoin de recourir à des
programmes sociaux et d'injecter de l'argent", prédit la
politologue Marcela Bobadilla. Dans un discours prononcé
dernièrement, après l'annonce du verdict du Trife, Calderon a
affirmé que sa priorité, lorsqu'il succédera en décembre au
président Vicente Fox, serait de lutter contre la pauvreté, la
criminalité et le chômage. Pendant la majeure partie de la campagne,
Calderon était devancé dans les sondages par son adversaire de
gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, qui refuse de reconnaître sa
défaite en invoquant des fraudes électorales. Ancien militant de la
cause amérindienne, Lopez Obrador a annoncé qu'il organiserait des
manifestations et pourrait tenter de constituer un "gouvernement
alternatif".
Le rassemblement
prévu par la gauche le 16 septembre à Mexico, à l'occasion de la
fête nationale, pourrait être explosif, bien que Lopez Obrador ait
promis de ne recourir qu'à des moyens pacifiques pour défendre sa
cause. La dénonciation d'irrégularités par Lopez Obrador touche une
corde sensible dans un pays où des millions d'habitants, confrontés
de la naissance à la mort à l'injustice, à la corruption et avant
tout à la pauvreté, nourrissent une profonde méfiance envers la
classe dirigeante. Un Mexicain sur cinq n'a pas les moyens de se
nourrir de manière décente et beaucoup considèrent Calderon comme un
représentant de l'élite privilégiée.
Calderon, diplômé
en administration publique de Harvard, a promis d'étendre la
couverture sociale des retraités, reprenant ainsi des propositions
de Lopez Obrador. Cet ancien ministre de l'Energie veut aussi
procéder à des réformes fiscales, réprimer la criminalité et
accroître la part des investissements privés dans la société
nationale pétrolière Pemex. D'une certaine façon, il se trouve en
meilleure position que Fox, arrivé au pouvoir il y a six ans sur une
vague d'optimisme après avoir mis fin à plusieurs décennies de règne
sans partage du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), mais qui
ne disposait pas de la majorité au Congrès. Les plans de réforme
économique de Fox ont été bloqués par l'opposition, mais
aujourd'hui, son Parti de l'action nationale est le premier au
Congrès et Calderon pourrait, pour faire adopter ses réformes,
trouver des alliés au sein du PRI, troisième formation représentée à
l'assemblée. Le Parti de la Révolution démocratique de Lopez Obrador
s'annonce néanmoins comme un implacable adversaire tant au Congrès
que dans la rue.
"Je ne vois pas
d'issue", confesse
l'historien de gauche Lorenzo Meyer. Il prédit que les partisans de
Lopez Obrador ne cesseront de harceler le nouveau Président dans un
avenir prévisible, en particulier lorsque s'ouvrira le débat sur
Pemex.
Haut
Irak
Un rapport du
Sénat américain
démonte les justifications de la guerre
Les critiques
pleuvent sur le locataire de la Maison-Blanche qui a accumulé les
contre-vérités pour justifier l’invasion de l’Irak par les troupes
américaines en 2003. Le Sénat américain a publié dernièrement un
rapport démontant une à une les justifications de la guerre en Irak
et donnant à l'opposition démocrate de nouvelles munitions contre
l'administration Bush, à l'approche des élections de novembre. Un
rapport jusqu’ici classé secret.
Alors
qu'aujourd'hui encore l'administration et la majorité cherchent à
contrer l'impopularité de la guerre en Irak en en faisant le "front
central" de la guerre contre le terrorisme, le rapport établit plus
clairement que jamais que le régime de Saddam Hussein n'était en
rien allié au réseau terroriste Al-Qaïda, responsable des attentats
du 11-Septembre.
"Saddam Hussein
n'avait pas confiance en Al-Qaîda et considérait les extrémistes
islamiques comme des menaces contre son régime, refusant toutes les
demandes d'Al-Qaîda pour une aide matérielle ou opérationnelle",
affirme la commission du Renseignement.
Cette conclusion,
en plein cinquième anniversaire du 11-Septembre, va directement à
l'encontre de déclarations du Président américain. Le 21 août
dernier encore, George W. Bush a évoqué l'ancien président irakien
"Saddam Hussein, qui avait la capacité de fabriquer des armes de
destruction massive, qui payait des kamikazes pour tuer des vies
innocentes, qui avait des relations avec Abou Moussab al-Zarqaoui",
l'ancien chef d'Al-Qaîda en Irak tué en juin dernier. En fait,
affirme le rapport, "les informations obtenues après guerre
indiquent que Saddam Hussein avait tenté en vain de localiser et
capturer al-Zarqaoui" en 2002.
Le rapport, décrit
par l'opposition comme une "mise en accusation" de l'administration
Bush, dément également ses affirmations sur le danger que
représentait le régime. En particulier, le régime irakien ne
disposait ni de programme nucléaire actif ni de laboratoire mobile
pour la fabrication d'armes biologiques.
Par ailleurs, les
sénateurs dénoncent l'exploitation excessive des "fausses
informations" fournies par un groupe d'Irakiens exilés, le Congrès
national irakien d'Ahmed Chalabi. Ils soulignent que
l'administration a décidé, durant l'été 2002, de continuer à
subventionner le CNI alors même que "l'agence du renseignement
militaire (DIA) avertissait (en octobre 2002) que le CNI était
infiltré par des services de renseignement hostiles et utiliserait
cette relation pour promouvoir ses propres objectifs".
"Les
responsables de l'administration ont sélectionné, exagéré ou passé
sous silence des renseignements pour justifier la décision qu'ils
avaient déjà prise d'entrer en guerre contre l'Irak",
a accusé le démocrate John Rockefeller,
numéro deux de la commission.
De profonds
désaccords politiques au sein de la commission de renseignement
retardent la publication de deux autres analyses très attendues,
l'une sur d'éventuelles contradictions volontaires entre les
déclarations officielles d'avant guerre et les analyses du
renseignement, l'autre sur les agissements d'une cellule
antiterroriste dirigée par l'ancien sous-secrétaire à la Défense
Douglas Feith.
Reste que ce
rapport n’a pas empêché le Sénat américain d’allouer, pour l’année à
venir, 63 milliards de dollars supplémentaires pour les guerres en
Irak et en Afghanistan… Ce budget a reçu un soutien massif
démontrant que les critiques du camp démocratique contre la gestion
du conflit en Irak par l'administration du président George W. Bush
relèvent de la rhétorique à consommation interne…
Haut
Tony Blair critiqué par Ismaïl Haniyeh
Le Premier
ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a vivement critiqué la
politique "partiale" de Tony Blair au Proche-Orient qui aboutit,
selon lui, à punir le peuple palestinien et son gouvernement élu.
Cette libre opinion est a été publiée dans les colonnes du
Guardian de Londres. "Le problème réside dans l'alignement
sans faille du gouvernement Blair sur les administrations Clinton,
puis Bush, qui voient la question du Proche-Orient à travers le seul
regard de l'Etat juif", estime Haniyeh.
Londres est
partisan du boycott organisé par les Occidentaux, notamment les
Européens, du gouvernement formé par le Hamas et qui a abouti au
non-paiement des fonctionnaires palestiniens. Pour Haniyeh, la
politique de Tony Blair équivaut à "un châtiment collectif" du
peuple palestinien et à un encouragement pour Israël à passer à
l'action au niveau militaire.
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |