Semaine du 14 au 20 septembre 2005

 

Proche-Orient

Le Fatah sur la corde raide

Côte d'Ivoire

Les choses se compliquent

Irak

L'Onu dénonce la violence policière et pro-gouvernementale

 

 
 
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Proche-Orient

Le Fatah sur la corde raide

Miné par des conflits internes, le Fatah, mouvement historique de la lutte palestinienne, est pour la première fois confronté au risque de perdre le pouvoir, au profit du Hamas.Fondé par Yasser Arafat en 1965 comme un mouvement de libération nationale, le Fatah exerce le pouvoir depuis 1994 en tant que force dominante au sein des institutions de l'Autorité palestinienne, mais peine toujours à se transformer en véritable parti politique. Tenu par beaucoup de Palestiniens comme largement responsable de la corruption et l'insécurité qui sévissent dans les territoires palestiniens -- l'assassinat mercredi du général Moussa Arafat à Gaza en est la dernière illustration -- le Fatah craint d'en payer le prix lors des législatives de janvier lorsqu'il aura à affronter le très influent mouvement islamiste Hamas. "Depuis sa création, le Fatah n'a connu que des phases de domination et d'ascension mais il se trouve aujourd'hui aux portes d'une nouvelle époque. S'il ne la gère pas comme il faut, il risque de perdre la direction de l'Autorité palestinienne et de l'OLP", estime Abdelmajid Soueilem, professeur de sciences politiques à l'université palestinienne Al-Quds "Le Fatah se trouve à un tournant. Les prochaines élections législatives constituent un nouveau défi qu'il doit relever, sous peine de perdre le pouvoir", ajoute-il. "Le Fatah doit réaliser qu'il affronte un nouveau rival puissant qui s'appelle Hamas", poursuit le politologue.  Jamal Chehadeh, membre du Conseil révolutionnaire, une instance dirigeante du Fatah, reconnaît que le mouvement traverse une passe difficile. "Nous sommes conscients des difficultés qui nous attendent, notamment les élections législatives. Nous devons bien nous préparer en tenant compte des erreurs du passé", confie-t-il. Selon lui, la direction du Fatah "travaille sérieusement pour remettre de l'ordre dans ses rangs et se donner les moyens de poursuivre son rôle en remportant les prochaines élections législatives".  Latents depuis plusieurs années, les conflits entre vieille et jeune garde du Fatah ont éclaté au grand jour après la mort en novembre 2004 de Yasser Arafat, qui exerçait un contrôle sans partage sur le mouvement. Marwan Barghouti, père de la seconde Intifadha, actuellement détenu dans les geôles israéliennes en avait déjà fait les frais. Par ailleurs, le fait que le successeur d'Abou Ammar à la tête du Fatah, Farouk Kaddoumi, basé à Tunis, ne soit pas toujours sur la même longueur d'onde que le nouveau président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qui veut inculquer ses méthodes pragmatiques et modérées aux caciques du mouvement, rend la situation encore plus compliquée. Les récents succès électoraux du Hamas aux municipales en Cisjordanie et dans la bande de Gaza tracassent les chefs du Fatah mais ceux-ci peinent à élaborer une stratégie claire pour éviter une déroute lors des législatives.  "L'absence de progrès dans le processus de paix, les échecs de l'Autorité palestinienne et notre incapacité à nous réorganiser ont porté un coup au Fatah et à sa réputation", admet Azzam Al-Ahmad, ancien ministre et membre lui aussi du Conseil révolutionnaire du mouvement. Il estime toutefois que le mouvement pourra dans sa quête de se maintenir au pouvoir, compter une nouvelle fois sur Yasser Arafat."La ténacité du président Abou Ammar (Arafat), son confinement dans son QG pendant trois ans par Israël et son martyre dans des circonstances mystérieuses ont donné à l'opinion publique la conviction qu'il a été tué parce qu'il symbolise la lutte palestinienne", dit-il. "Or, il est aussi le symbole du Fatah et cela peut nous aider", ajoute-il. Reste qu'une victoire du Hamas n'est pas improblable, le fait qu'Israël multiplie les menaces contre ce mouvement tout en prétendant qu'il ne lui permettra pas de se présenter aux législatives suffit à le rendre encore plus populaire aux sein de la population.

 

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Côte d'Ivoire

Les choses se compliquent

La stabilité, qui était il y a encore quelques années l'une des caractéristiques du pouvoir en Côte d'Ivoire par rapport à ses autre voisins africains semble aujourd'hui relever de la gageure.  Le chef de la rébellion ivoirienne des Forces Nouvelles (FN), Guillaume Soro, a  demandé au président ivoirien Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir fin octobre, malgré l'impossibilité d'organiser une élection présidentielle à cette date. Il a également réaffirmé que son parti ne reconnaîtrait plus le président sud-africain Thabo Mbeki comme médiateur dans la crise ivoirienne. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis septembre 2002 par une rébellion armée contrôlant le nord du pays. Le report quasi acquis de l'élection présidentielle du 30 octobre, étape cruciale dans le processus de paix en Côte d'Ivoire en crise depuis trois ans, débouche ainsi sur un nouvel affrontement entre le président Laurent Gbagbo et l'opposition qui réclame une transition l'excluant. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan a pratiquement officialisé ce report en affirmant dernièrement qu'il était impossible d'organiser le scrutin en raison notamment du manque de coopération de tous les dirigeants politiques ivoiriens et de l'impréparation au plan matériel. Ce report était évoqué depuis plusieurs semaines à Abidjan tant dans les milieux politiques que diplomatiques, mais Kofi Annan est la plus importante personnalité à l'envisager clairement et publiquement. Il a par ailleurs haussé le ton en accusant les dirigeants politiques ivoiriens de "détruire" leur pays et évoqué de nouveau la menace de sanctions internationales pour les faire bouger. En juillet, le Conseil de sécurité avait mis en demeure les acteurs politiques en Côte d'Ivoire d'appliquer les engagements pris grâce à la médiation de l'Union africaine (UA) menée par le président sud-africain Thabo Mbeki concernant le processus de paix et les élections, sous peine de sanctions. Les sanctions prévues par la résolution 1572 du 15 novembre 2004, consistent en l'imposition, pour une période d'un an, d'un gel des avoirs financiers et d'une interdiction de voyager à toutes les personnes considérées comme responsables d'entraves au processus de paix, de violations des droits de l'homme et d'appels à la haine dans les médias. Le Conseil de sécurité a ensuite élargi le champ de ces sanctions aux personnes responsables d'entraves à l'application de l'embargo sur les armes vers la Côte d'Ivoire et à celles qui s'opposeraient au déroulement d'élections "libres, justes et transparentes". Le blocage de la situation actuelle en Côte d'Ivoire complique davantage la donne et rend aléatoire toute issue pacifique à la crise militaro-politique que traverse ce pays d'Afrique de l'ouest depuis plusieurs années.

 

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Irak

L'Onu dénonce la violence policière et pro-gouvernementale

La mission d'assistance des Nations Unies en Irak dénonce la torture policière, les rafles conduites par les forces américaines et irakiennes et la violence croissante des "escadrons de la mort" pro-gouvernementaux. "Des cadavres font régulièrement leur apparition à Baghdad, autour de la capitale et dans d'autres zones du pays. La plupart portent des traces de torture et semblent avoir subi des exécutions extrajudiciaires", déclare l'Onu dans son rapport bimensuel sur les droits de l'homme.  L'Onu juge par ailleurs que les "arrestations massives", les longues détentions sans jugement et les incidents imputés à des milices "liées au ministère de l'Intérieur", contribuent à discréditer les autorités et à menacer le processus politique à l'approche du référendum sur la constitution.

 

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