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3e
semaine de la campagne référendaire
L'opposition se met en branle
"A
la lire régulièrement, cette presse n'est ni graveleuse ni
mensongère comme l'on s'efforce de l'accuser. Elle serait même bien
plus scrupuleuse vis-à-vis de la vérité que ne le sont les
dirigeants eux-mêmes." Estime Le Soir d'Algérie dans son
édition du samedi 10 septembre. Le rédacteur de la chronique va
encore plus loin en affirmant que "c'est souvent grâce aux
révélations qu'elle a publiées que cette République a préservé un
tant soit peu de morale dans les terribles moments de doute"
car, rappelle-t-il, "quand les dirigeants politiques reprochent à
la presse son manque d'éthique alors que la morale de l'Etat est
souvent éclaboussée par des pratiques peu recommandables, cela ne
constitue-t-il pas le pire des travers de principes". Ce
témoignage-hommage n'est, sans nul doute pas fortuit. Au contraire,
il tombe à propos. Il intervient à un moment où la presse se doit de
jouer un rôle important notamment dans cette conjoncture politique
bien particulière dominée par la campagne référendaire pour le
projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale. En
effet, il est attendu des titres de cette presse de recadrer les
débats autour du projet.
Le
rôle de la presse
Le
moins que l'on puisse relever c'est qu'elle tente d'apporter sa
pierre. Et sa contribution est peut-être la seule qui soit en mesure
d'éclairer l'opinion nationale sur les tenants et aboutissants du
projet. D'autant, comme le souligne l'éditorialiste du Jour
d'Algérie (édition du samedi 10 septembre), "si le Président
fait effectivement œuvre de démocratie en encourageant les électeurs
à aller voter non pour le projet de charte, il alimente en même
temps une grave confusion mentale dans l'esprit des Algériens qui,
ne sachant plus sur quel pied danser, auront pour réflexe naturel de
s'abstenir plutôt que de commettre une grave bêtise le jour du vote".
C'est pourquoi, suggère le rédacteur, "dans l'intérêt du projet
de charte et de la démocratie que ce soient plutôt les médias lourds
qui s'ouvrent au débat contradictoire (…) pour ne pas laisser le
président de la République assumer à lui seul toutes les options"."
Et l'une des options actuelles est celle à laquelle appelle le FFS.
"Non
au référendum" est le titre de une de La Nouvelle République
du samedi 10 septembre qui souligne que c'est là la position du
parti de Hocine Aït Ahmed. El Djazair News du même jour
consacre son ouverture à un entretien réalisé avec le chanteur de
raï Cheb Mami, qui affirme être pour la réconciliation.
La
Tribune
du dimanche revient sur la visite effectuée, la veille, par le
président de la République à Blida. Le quotidien retient pour sa une
ce titre : "Bouteflika qualifie l'appel au boycott de fait grave."
La rédactrice rapporte que "c'est à partir de Blida (…)que le
président de la République Abdelaziz Bouteflika a répondu à ceux qui
appellent au boycott du prochain référendum sur le projet de charte
pour la paix et la réconciliation nationale". Et c'est à ces
derniers justement qu'El Watan de ce dimanche 11 septembre
s'intéresse. "Les réserves de l'opposition", titre le
quotidien. "A une vingtaine
de jours du référendum sur le projet de charte pour la paix et la
réconciliation nationale, prévu pour le 29 septembre, la campagne
pour le oui massif a tendance à envahir les meetings populaires."
Le
oui opposé au non
"Pourtant,
est-il souligné, certains partis politiques et des associations
n'hésitent pas à exprimer, d'une manière ou d'une autre, leur
opposition au projet présidentiel." Ainsi est-il rappelé, "
"pour des raisons diverses, le FFS, le RCD, et à un degré moindre
l'UDR, développent chacun une contre-offensive par rapport aux
partisans du vote massif". Le rédacteur ajoute que "le rejet
est exprimé également par le MDS et le PST ainsi que par des ONG
nationales telle la LADDH".
L'éditorialiste de L'Authentique
du samedi 10 septembre souligne que "face à l'engagement résolu
du chef de l'Etat et son plaidoyer majeur au service du processus
politique, soumis à référendum (la souveraineté populaire
s'exprimera sur la charte le 29 septembre prochain), l'agitation
propagandiste sur le sujet pose assurément un problème éthique réel".
Et au rédacteur se s'interroger
: "Alors que la conviction de la
majorité des Algériens ne fait pas de doute et qu'ils ont le
sentiment d'adhérer au bon choix de leur Président, comment
comprendre que cette page d'histoire qui touche qui s'ouvre, lieu
privilégié et inespéré d'une volonté de dialogue et de débat, court
le risque d'être confisquée par l'entrisme politico- médiatique et
la contrefaçon des idéaux ?"
Les partielles en ligne de mire
Mais
qu'à cela ne tienne, semble penser La Dépêche de Kabylie du
dimanche 11 septembre, le oui l'emportera. Ainsi, est-il souligné
par le commentaire du jour, "assuré de la victoire du oui, le
pouvoir ne redoute plus que l'hypothèse d'une faible participation
qui biaiserait l'action à entreprendre à partir du référendum du 29
septembre prochain". Il rappelle que "comme à l'accoutumée,
c'est de la Kabylie que devraient parvenir les scores les plus
faibles". Et pour cause, est-il encore souligné, "prolongeant
une tradition fortement établie, la région ne semble pas manifester
un intérêt particulier pour ce référendum". Reste, conclut-il,
que "les éventuels enseignements à tirer du référendum qui se
déroulera loin de tout contrôle contradictoire, font par avance
l'objet de la contestation de ceux qui se sont positionnés contre le
projet de charte pour la réconciliation".
Al
Fadjr,
reprenant les déclarations de Moussa Touati, président du FNA,
annonce dans son édition du samedi qu'il n'y aura pas d'amnistie
pour les harkis et les pieds-noirs. Un point de vue qui ne semble
pas aller dans le sens de la compréhension d'El Watan. Ce
quotidien a annoncé, en Une de son édition du même jour, " la
main tendue aux harkis", titre illustré par la photo du
président de la République. Selon ce quotidien, par ses
déclarations, "Bouteflika donne un autre ton à la réconciliation
nationale".
Nadia Kerraz
Haut
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