Semaine du 14 au 20 septembre 2005

 

3e semaine de la campagne référendaire

L'opposition se met en branle

 

 
 
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3e semaine de la campagne référendaire

L'opposition se met en branle

"A la lire régulièrement, cette presse n'est ni graveleuse ni mensongère comme l'on s'efforce de l'accuser. Elle serait même bien plus scrupuleuse vis-à-vis de la vérité que ne le sont les dirigeants  eux-mêmes." Estime Le Soir d'Algérie dans son édition du samedi 10 septembre. Le rédacteur de la chronique va encore plus loin en affirmant que "c'est souvent grâce aux révélations qu'elle a publiées que cette République a préservé un tant soit peu de morale dans les terribles moments de doute" car, rappelle-t-il, "quand les dirigeants politiques reprochent à la presse son manque d'éthique alors que la morale de l'Etat est souvent éclaboussée par des pratiques peu recommandables, cela ne constitue-t-il pas le pire des travers de principes". Ce témoignage-hommage n'est, sans nul doute pas fortuit. Au contraire, il tombe à propos. Il intervient à un moment où la presse se doit de jouer un rôle important notamment dans cette conjoncture politique bien particulière dominée par la campagne référendaire pour le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale. En effet, il est attendu des titres de cette presse de recadrer les débats autour du projet.

Le rôle de la presse

Le moins que l'on puisse relever c'est qu'elle tente d'apporter sa pierre. Et sa contribution est peut-être la seule qui soit en mesure d'éclairer l'opinion nationale sur les tenants et aboutissants du projet. D'autant, comme le souligne l'éditorialiste du Jour d'Algérie (édition du samedi 10 septembre), "si le Président fait effectivement œuvre de démocratie en encourageant les électeurs à aller voter non pour le projet de charte, il alimente en même temps une grave confusion mentale dans l'esprit des Algériens qui, ne sachant plus sur quel pied danser, auront pour réflexe naturel de s'abstenir plutôt que de commettre une grave bêtise le jour du vote". C'est pourquoi, suggère le rédacteur, "dans l'intérêt du projet de charte et de la démocratie que ce soient plutôt les médias lourds qui s'ouvrent au débat contradictoire (…) pour ne pas laisser le président de la République assumer à lui seul toutes les options"."  Et  l'une des options actuelles est celle à laquelle appelle le FFS. 

"Non au référendum" est le titre de une de La Nouvelle République  du samedi 10 septembre qui souligne que c'est là la position du parti de Hocine Aït Ahmed. El Djazair News du même jour consacre son ouverture à un entretien réalisé avec le chanteur de raï Cheb Mami, qui affirme être pour la réconciliation.

La Tribune du dimanche revient sur la visite effectuée, la veille, par le président de la République à Blida. Le quotidien retient pour sa une ce titre : "Bouteflika qualifie l'appel au boycott de fait grave." La rédactrice rapporte que "c'est à partir de Blida (…)que le président de la République Abdelaziz Bouteflika a répondu à ceux qui appellent au boycott du prochain référendum sur le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale". Et  c'est à ces derniers  justement qu'El Watan de ce dimanche 11 septembre s'intéresse. "Les réserves de l'opposition", titre le quotidien.  "A une vingtaine de jours du référendum sur le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale, prévu pour le 29 septembre, la campagne pour le oui massif a tendance à envahir les meetings populaires."

Le oui opposé au non

"Pourtant, est-il souligné, certains partis politiques et des associations n'hésitent pas à exprimer, d'une manière ou d'une autre, leur opposition au projet présidentiel." Ainsi est-il rappelé, " "pour des raisons diverses, le FFS, le RCD, et à un degré moindre l'UDR, développent chacun une contre-offensive par rapport aux partisans du vote massif". Le rédacteur ajoute que "le rejet est exprimé également par le MDS et le PST ainsi que par des ONG nationales telle la LADDH".

L'éditorialiste de L'Authentique  du samedi 10 septembre souligne que "face à l'engagement résolu du chef de l'Etat et son plaidoyer majeur au service du processus politique, soumis à référendum (la souveraineté populaire s'exprimera sur la charte le 29 septembre prochain), l'agitation propagandiste sur le sujet pose assurément un problème éthique réel". Et au rédacteur se s'interroger : "Alors que la conviction de la majorité des Algériens ne fait pas de doute et qu'ils ont le sentiment d'adhérer au bon choix de leur Président, comment comprendre que cette page d'histoire qui touche qui s'ouvre, lieu privilégié et inespéré d'une volonté de dialogue et de débat, court le risque d'être confisquée par l'entrisme  politico- médiatique et la contrefaçon des idéaux ?"

Les partielles en ligne de mire

Mais qu'à cela ne tienne, semble penser La Dépêche de Kabylie du dimanche 11 septembre, le oui l'emportera. Ainsi, est-il souligné par le commentaire du jour, "assuré de la victoire du oui, le pouvoir ne redoute plus que l'hypothèse d'une faible participation qui biaiserait l'action à entreprendre à partir du référendum du 29 septembre prochain". Il rappelle que "comme à l'accoutumée, c'est de la Kabylie que devraient parvenir les scores les plus faibles". Et pour cause, est-il encore souligné, "prolongeant une tradition fortement établie, la région ne semble pas manifester un intérêt particulier pour ce référendum".  Reste, conclut-il, que "les éventuels enseignements à tirer du référendum qui se déroulera loin de tout contrôle contradictoire, font par avance l'objet de la contestation de ceux qui se sont positionnés contre le projet de charte pour la réconciliation".  

Al Fadjr, reprenant les déclarations de Moussa Touati, président du FNA, annonce dans son édition du samedi qu'il n'y aura pas d'amnistie pour les harkis et les pieds-noirs. Un point de vue qui ne semble pas aller dans le sens de la compréhension d'El Watan. Ce quotidien a annoncé, en Une de son édition du même jour, " la main tendue aux harkis", titre illustré par la photo du président de la République. Selon ce quotidien, par ses déclarations, "Bouteflika donne un autre ton à la réconciliation nationale". 

Nadia Kerraz

 

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