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Dossier du nucléaire
La Corée du Nord souffle le chaud et le froid
La Corée du Nord continue de souffler le chaud et
le froid sur le dossier du nucléaire en laissant planer le doute sur ses
intentions réelles. Pyongyang a douché, cette semaine, les espoirs de son retour
rapide à la table des négociations sur ses programmes militaires en la matière,
posant une nouvelle fois comme préalable un changement d’attitude des
Etats-Unis.
Alors que tout laisser présager une reprise des
pourparlers, l’ambassadeur chinois à l’ONU parlant de l’imminence une prochaine
session de négociations, le ministère coréen des Affaires étrangères vient de
jeter la balle dans le camp américain.
La Corée du Nord, qui a annoncé en février posséder
l’arme atomique, boycotte depuis septembre 2004 les pourparlers en présence de
la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la Chine, du Japon et de la Russie. Trois
séries de discussions ont déjà eu lieu depuis 2003 à Pékin, mais sans réussir à
dénouer une crise qui perdure depuis octobre 2002.
Les autorités nord-coréennes posent régulièrement
comme préalable à leur retour aux négociations un changement de l’attitude
hostile des Etats-Unis qui, selon elles, veulent envahir la Corée du Nord et
anéantir son système communiste.
Pyongyang s’élève contre les critiques répétées des
responsables américains à son encontre. La dernière en date vient du secrétaire
d’Etat américain à la Défense, le faucon Donald Rumsfeld, qui a affirmé que “la
Corée du Nord ne cherchait qu’à renforcer son arsenal nucléaire et qu’il
s’agissait d’un pays misérable”. Comment alors, selon les Nord-Coréens, vouloir
dialoguer tout en multipliant les insultes ?
De nombreux experts estiment qu’au-delà de ses
joutes verbales, la Corée du Nord exige avant tout d’être considérée comme une
puissance nucléaire et voudrait recevoir le même traitement que le Pakistan. Ce
pays d’Asie du Sud avait subi des sanctions américaines après avoir testé, avec
succès, une arme nucléaire en 1998, en même temps que l’Inde, mais Islamabad est
depuis devenu un des plus fidèles alliés de Washington à la faveur de “la guerre
contre le terrorisme”.
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Egypte
La société civile se mobilise
A moins de trois mois de l’élection présidentielle,
les mouvements pour “le changement et la démocratie” se multiplient en Egypte
parmi les journalistes, les écrivains et les syndicalistes, après les juges et
les universitaires.
A l’instar des magistrats qui réclament la fin de
la tutelle du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire et des universitaires
qui demandent l’indépendance des universités et l’arrêt des interventions de la
police dans les campus, ces mouvements affichent tous une même volonté de mettre
fin à l’hégémonie de l’Etat dans tous les domaines.
Un groupe d’hommes politiques, dirigés par un
ancien Premier ministre de Gamal Abdel Nasser, Aziz Sedki, a annoncé le 4 juin
la naissance du “Rassemblement national pour le changement démocratique”, qui
s’est donné pour tâche de mettre au point une nouvelle Constitution pour en
finir avec “le despotisme et l’autocratie”.
Le même jour, un groupe de journaliste s’est réuni
au siège du syndicat pour former le mouvement “Journalistes pour le changement”,
qui souhaite œuvrer pour “lever la mainmise de l’Etat et de ses services de
sécurité sur les journaux publics”.
Le lendemain, des intellectuels, dont plusieurs
célèbres dans le monde arabe comme le poète populaire Ahmed Fouad Nedjm et le
romancier Bahaâ Taher, ont annoncé à leur tour la formation du mouvement
“Ecrivains pour le changement”. Ce groupe, qui partage les mêmes idées que
Kefaya (Assez !), mouvement à l’origine de cette boule de neige de mouvements
réformateurs, publiera prochainement un communiqué détaillant ses objectifs.
A l’origine de plusieurs manifestations de rue
depuis décembre, Kefaya milite pour que le président Hosni Moubarak, 77 ans, ne
brigue pas un cinquième mandat en septembre comme il en a l’intention, et contre
“l’hérédité du pouvoir” au profit de son fils cadet Gamal Moubarak, 42 ans. Ce
dernier a affirmé qu’il n’envisageait pas d’être candidat à la prochaine
élection, mais le Premier ministre Ahmed Nazif a déclaré récemment que rien ne
l’empêche, en principe, de briguer la magistrature suprême dans l’avenir.
L’amendement constitutionnel, adopté le 25 mai par
référendum, ouvre la voie à l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel
entre plusieurs candidats, pour la première fois de l’histoire de l’Egypte.
Depuis plusieurs semaines, des fonctionnaires et
des ouvriers du secteur public ont formé le mouvement “Ouvriers pour le
changement”, qui veut œuvrer à l’établissement de syndicats ouvriers
indépendants. Ce sont pratiquement tous les secteurs de la société égyptienne
qui se sont engagés dans un mouvement global pour la démocratie dans le pays,
face à un pouvoir qui reste toujours imperméable aux changements et qui fait
encore donner de la troupe...
Haut
Chine
Pour une plus grande représentativité des pays
en développement à l’ONU
La Chine a rendue publique sa première prise de
position écrite sur la réforme des Nations unies, dans laquelle elle demande que
les pays en développement jouent un rôle plus important au sein du Conseil de
sécurité.
“La priorité devrait être donnée à une augmentation
de la représentativité des pays en développement, qui comptent pour les
deux-tiers des pays membres de l’Organisation des Nations unies, mais sont
sérieusement sous-représentées au Conseil de sécurité, une situation qui doit
être modifiée”, selon les arguments développés dans le texte chinois. Le
document ne fait pas de commentaire sur la proposition du “groupe des quatre”
(le G4 : Japon, Brésil, Inde et Allemagne) qui demande la création de six
nouveaux sièges permanents au sein de cette instance.
Ce groupe est favorable à un élargissement du
Conseil à 25 membres, contre 15 actuellement, avec six nouveaux membres
permanents, dont deux pays africains qui seraient désignés ultérieurement.
La Chine fait partie des cinq membres permanents
actuels du Conseil, avec les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la
Russie. Pékin s’est récemment engagée à bloquer toute initiative du G4 qui
viserait à donner à ces pays des sièges permanents, affirmant que la réforme des
Nations unies “impliquait des discussions plus approfondies”.
C’est surtout vis-à-vis du Japon que la Chine se
montre très ferme. Pékin s’oppose à ce que le pays du Soleil Levant bénéficie
lui aussi d’un siège permanent, arguant que Tokyo refuse toujours d’affronter
son passé avec suffisamment de sincérité, d’où le rejet en bloc de la
proposition du G4.
Les autorités chinoises se sont déclarées
favorables à une autre proposition d’élargissement émanant d’un groupe de pays
comprenant des rivaux régionaux des membres du G4 : l’Italie, le Pakistan et le
Mexique. Cette proposition prévoit, elle aussi, un élargissement à 25 nouveaux
membres, mais sans nouveau siège permanent, les 10 nouveaux sièges étant tous
non-permanents. “Plus de pays, les moyens et les petits en particulier,
devraient avoir l’opportunité d’entrer au Conseil, sur une base tournante, pour
être à même de participer à son processus de gestion”, plaide le texte officiel
chinois.
En fait, pour la Chine, la réforme de l’ONU devrait
donner la priorité au développement et non à la sécurité.
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