Semaine du 15 au 21 juin 2005

 

Dossier du nucléaire

La Corée du Nord souffle le chaud et le froid

Egypte

La société civile se mobilise

Chine

Pour une plus grande représentativité des pays en développement  à l’ONU

 

 
 
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Dossier du nucléaire

La Corée du Nord souffle le chaud et le froid

La Corée du Nord continue de souffler le chaud et le froid sur le dossier du nucléaire en laissant planer le doute sur ses intentions réelles. Pyongyang a douché, cette semaine, les espoirs de son retour rapide à la table des  négociations sur ses programmes militaires en la matière, posant une nouvelle fois comme préalable un changement d’attitude des Etats-Unis.

Alors que tout laisser présager une reprise des pourparlers, l’ambassadeur chinois à l’ONU parlant de l’imminence une prochaine session de négociations, le ministère coréen des Affaires étrangères vient de jeter la balle dans le camp américain.

La Corée du Nord, qui a annoncé en février posséder l’arme atomique, boycotte depuis septembre 2004 les pourparlers en présence de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la Chine, du Japon et de la Russie. Trois séries de discussions ont déjà eu lieu depuis 2003 à Pékin, mais sans réussir à dénouer une crise qui perdure depuis octobre 2002.

Les autorités nord-coréennes posent régulièrement comme préalable à leur retour aux négociations un changement de l’attitude hostile des Etats-Unis qui, selon elles, veulent envahir la Corée du Nord et anéantir son système communiste.

Pyongyang s’élève contre les critiques répétées des responsables américains à son encontre. La dernière en date vient du secrétaire d’Etat américain à la Défense, le faucon Donald Rumsfeld, qui a affirmé que “la Corée du Nord ne cherchait qu’à renforcer son arsenal nucléaire et qu’il s’agissait d’un pays misérable”. Comment alors, selon les Nord-Coréens, vouloir dialoguer tout en multipliant les insultes ?

De nombreux experts estiment qu’au-delà de ses joutes verbales, la Corée du Nord  exige  avant tout d’être considérée comme une puissance nucléaire et voudrait recevoir le même traitement que le Pakistan. Ce pays d’Asie du Sud  avait subi des sanctions américaines après avoir testé, avec succès, une arme nucléaire en 1998, en même temps que l’Inde, mais Islamabad est depuis devenu un des plus fidèles alliés de Washington à la faveur de “la guerre contre le terrorisme”.

 

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Egypte

La société civile se mobilise

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, les mouvements pour “le changement et la démocratie” se multiplient en Egypte parmi les journalistes, les écrivains et les syndicalistes, après les juges et les universitaires.

A l’instar des magistrats qui réclament la fin de la tutelle du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire et des universitaires qui demandent l’indépendance des universités et l’arrêt des interventions de la police dans les campus, ces mouvements affichent tous une même volonté de mettre fin à l’hégémonie de l’Etat dans tous les domaines.

Un groupe d’hommes politiques, dirigés par un ancien Premier ministre de Gamal Abdel Nasser, Aziz Sedki, a annoncé le 4 juin la naissance du “Rassemblement national pour le changement démocratique”, qui s’est donné pour tâche de mettre au point une nouvelle Constitution pour en finir avec “le despotisme et l’autocratie”.

Le même jour, un groupe de journaliste s’est réuni au siège du syndicat pour former le mouvement “Journalistes pour le changement”, qui souhaite œuvrer pour “lever la mainmise de l’Etat et de ses services de sécurité sur les journaux publics”.

Le lendemain, des intellectuels, dont plusieurs célèbres dans le monde arabe comme le poète populaire Ahmed Fouad Nedjm et le romancier Bahaâ Taher, ont annoncé à leur tour la formation du mouvement “Ecrivains pour le changement”. Ce groupe, qui partage les mêmes idées que Kefaya (Assez !), mouvement à l’origine de cette boule de neige de mouvements réformateurs, publiera prochainement un communiqué détaillant ses objectifs.

A l’origine de plusieurs manifestations de rue depuis décembre, Kefaya milite pour que le président Hosni Moubarak, 77 ans, ne brigue pas un cinquième mandat en septembre comme il en a l’intention, et contre “l’hérédité du pouvoir” au profit de son fils cadet Gamal Moubarak, 42 ans.  Ce dernier a affirmé qu’il n’envisageait pas d’être candidat à la prochaine élection, mais le Premier ministre Ahmed Nazif a déclaré récemment que rien ne l’empêche, en principe, de briguer la magistrature suprême dans l’avenir.

L’amendement constitutionnel, adopté le 25 mai par référendum, ouvre la voie à l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel entre plusieurs candidats, pour la première fois de l’histoire de l’Egypte.

Depuis plusieurs semaines, des fonctionnaires et des ouvriers du secteur public ont formé le mouvement “Ouvriers pour le changement”, qui veut œuvrer à l’établissement de syndicats ouvriers indépendants. Ce sont pratiquement tous les secteurs de la société égyptienne qui se sont engagés dans un mouvement global  pour la démocratie dans le pays, face à un pouvoir qui reste toujours imperméable aux changements et qui fait encore donner de la troupe...

 

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Chine

Pour une plus grande représentativité des pays en développement  à l’ONU

La Chine a rendue publique sa première prise de position écrite sur la réforme des Nations unies, dans laquelle elle demande que les pays en développement jouent un rôle plus important au sein du Conseil de sécurité.

“La priorité devrait être donnée à une augmentation de la représentativité des pays en développement, qui comptent pour les deux-tiers des pays membres de l’Organisation des Nations unies, mais sont sérieusement sous-représentées au Conseil de sécurité, une situation qui doit être modifiée”, selon les arguments développés dans le texte chinois. Le document ne fait pas de commentaire sur la proposition du “groupe des quatre” (le G4 : Japon, Brésil, Inde et Allemagne) qui demande la création de six nouveaux sièges permanents au sein de cette instance.

Ce groupe est favorable à un élargissement du Conseil à 25 membres, contre 15 actuellement, avec six nouveaux membres permanents, dont deux pays africains qui seraient désignés ultérieurement.

La Chine fait partie des cinq membres permanents actuels du Conseil, avec les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Pékin s’est récemment engagée à bloquer toute initiative du G4 qui viserait à donner à ces pays des sièges permanents, affirmant que la réforme des Nations unies “impliquait des discussions plus approfondies”.

C’est surtout vis-à-vis du Japon que la Chine se montre très ferme. Pékin s’oppose à ce que le pays du Soleil Levant bénéficie lui aussi d’un siège permanent, arguant que Tokyo refuse toujours d’affronter son passé avec suffisamment de sincérité, d’où le rejet en bloc de la proposition du G4.

Les autorités chinoises se sont déclarées favorables à une autre proposition d’élargissement émanant d’un groupe de pays comprenant des rivaux régionaux des membres du G4 : l’Italie, le Pakistan et le Mexique. Cette proposition prévoit, elle aussi, un élargissement à 25 nouveaux membres, mais sans nouveau siège permanent, les 10 nouveaux sièges étant tous non-permanents. “Plus de pays, les moyens et les petits en particulier, devraient avoir l’opportunité d’entrer au Conseil, sur une base tournante, pour être à même de participer à son processus de gestion”, plaide le texte officiel chinois.

En fait, pour la Chine, la réforme de l’ONU devrait donner la priorité au développement et non à la sécurité.

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