Semaine du 15 au 21 décembre 2004

 

Les mercredis de l’histoire

Les ruines domaines de Timgad dans la wilaya de Batna

 

 

 
 
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Les mercredis de l’histoire

Les ruines domaines de Timgad dans la wilaya de Batna

Au début du IIe siècle de l’ère chrétienne, Rome édifia une ville entièrement militaire Thamugadi (Timgad), à une trentaine de kilomètres à l’est de Batna, pour contenir les tribus aurassiennes ; un danger permanent pour la colonisation romaine.

Ce point d’appui avancé, cette base stratégicodéfensive avait pour objectif principal de protéger les limites sud-est de la province impériale de Numidie.

L’implantation géographique de la base avancée

En suivant la route de Batna à Khenchela, à une trentaine de kilomètres en direction de l’est, on découvre Timgad, sur les premières pentes septentrionales du massif aurassien : les ruines de la base avancée s’étendent sur plus de cent hectares.

Pour consolider sa puissance en Afrique, l’armée romaine s’était installée à Théveste (Tébessa), puis à Khenchela (Mascula), et, enfin, à Lambaésie (Lambèse - Tazoult), siège du légat impérial gouverneur de la province de Numidie et, ville garnison de la 3e Légion Augusta.

Entre Lambèse et Khenchela, juste à l’entrée du défilé le plus accessible du massif, Rome érigea par les légionnaires de la 3e Légion Augusta une base avancée ; importante place-forte pour couvrir le chef-lieu de la province, soumise aux harcèlement des “barbares”. Timgad devait aussi accueillir les vétérans de la légion ayant bénéficiés de lots de terre à exploiter encourageant ainsi une politique de peuplement, en refoulant l’autochtone vers les pieds-monts. Telles furent les considérations militaires, stratégiques et économiques qui poussèrent les Romains à édifier Thamugadi, sous le règne mouvementé de l’empereur Trajan.

Les caractéristiques militaires de la base avancée de Thamugadi

La base avancée, entourée d’une épaisse muraille de 1 m 10 d’épaisseur, forma d’abord un carré de 350 mètres de côté, avec des rues se coupant en forme de damier ; puis son importance s’accrut avec l’arrivée des renforts. A l’avènement de l’empereur Constantin, Thamugadi devint le foyer le plus actif du donatisme (schisme dans l’église qui prêchait une “véritable lutte des classes”. Sous le couvert de la religion, les Numides autochtones luttèrent farouchement contre le clergé romain et les grands propriétaires terriens inféodés au pouvoir étranger. 

La Numidie dans la tourmente

Rome agonisait, l’empire miné par les luttes intestines pour le pouvoir, par la corruption, soumis aux attaques des peuplades asservies, était en pleine décomposition ; c’est alors que les Vandales profitèrent pour débarquer au Maghreb.

L’occupation vandale ne fut qu’une suite d’affrontements avec les tribus numides, qui harcelaient sans répit les successeurs des Romains. Lorsque Salomon, lieutenant et successeur du Byzantin Bélisaire, vainqueur des Vandales en 533 après J.C., fit une expédition dans les Aurès deux ans plus tard pour réprimer un soulèvement général des tribus, il trouva la ville militaire de Timgad complètement détruite.

Les Byzantins en Numidie

La base avancée avait été démantelée par les tribus autochtones pour ne pas servir de camp. Rapidement, les nouveaux envahisseurs le relevèrent en se servant des matériaux trouvés sur place. Des monastères et des églises furent édifiés, un fort militaire, qui existe encore, dresse sa masse imposante face aux premières pentes du massif aurassien : sentinelle solitaire devant un ennemi insaisissable, qui est partout et nulle part. A la fin du VIIe siècle, le dernier gouvernement byzantin est vaincu par les cavaliers venus de l’est, porteur de la parole de Dieu et de la nouvelle foi.

Toute traces de Byzance disparaît au Maghreb, emportée par le vent et la tourmente de l’histoire.

Les ruines de Thamugadi

A 34 kilomètres exactement de Batna, on quitte la route nationale qui continue directement vers l’est, on bifurque vers le sud, on franchit l’Oued Mériel, c’est alors qu’on découvre nettement les colonnes qui s’élancent vers le ciel : les monuments patinés par les siècles, les voies larges et droites, éclatantes de blancheur de la base avancée de Thamugadi.

C’est de ce camp, à quelques kilomètres des premiers escarpements du massif que partaient en expédition les cohortes romaines pour sonner la mort et la désolation parmi les populations aurassiennes.

Les ruines de Timgad sont célèbres et connues dans tout le monde occidental, qui se réclame de la latinité et de sa civilisation.

La ville présente un ensemble parfait, comme stratifié, qui semble n’être morte qu’hier, ou seulement endormie, plongée dans un profond sommeil séculaire. Thamughadi avait pour mission de protéger le flanc sud-est (le plus vulnérable) de la province et Lambaésis, capitale de la province et siège du légat impérial gouverneur de la Numidie, contre les attaques incessantes des “tribus insoumises”.

La base avancée est implantée à 1.071 mètres d’altitude, à trois kilomètres, une source founissant l’eau à la cité militaire au moyen d’un aqueduc, aujourd’hui disparu.

Les découvertes de Timgad

Les découvertes faites à Timgad peuvent être classées en plusieurs constructions importantes, et des monuments grandioses et parfaitement conservés qui sont :

L’arc de triomphe de l’empereur Trajan

L’arc de triomphe de l’empereur Trajan, une merveille d’architecture, le fort byzantin, le forum, la bibliothèque, les basiliques chrétiennes, le théâtre, les thermes, et, enfin, le plus important, le camp militaire, les casernements aujourd’hui complètement disparus. L’arc de triomphe est le monument le mieux conservé de la ville-garnison ; c’est grâce à lui que l’attention des chercheurs fut attirée au début du siècle sur la cité

militaire.

Lui seul, en effet, sortait de terre d’une façon apparente. Ce monument grandiose reproduit à des millions d’exemplaires : billets de banques, cartes postales, poster, etc., dédié à un empereur, est d’une rare beauté et élégance de proportions dans l’ordonnancement architectural est extraordinaire.

Il est ajouré de trois arcades, dont celle du milieu, la plus grande donnait passage aux chars; dont les traces sur les grandes dalles sont encore visibles, jusqu’à l’heure actuelle. Les deux autres, plus petites, servaient aux piétons. Au-dessus de ces deux dernières, les niches admirablement décorées de colonnes saillantes, portées sur des consoles qui contenaient de riches statues en marbre blanc de Carrare. Chaque face de l’arc de triomphe est gravée une dédicace à l’empereur Trajan. Un groupe de figures avec quadrige devait, conformément à l’usage dans l’antiquité, couronner le dessus de l’attique.

Des bornes militaires implantées au pied du monument, démontrent que l’arc de triomphe servait de point de départ pour mesurer les distances.

Construction purement décorative et triomphale à l’époque de la grandeur sans limites de l’impérialisme romain, le monument en question avait été utilisé comme porte de la base militaire au moment des insurrections des populations autochtones.

Les traces de fermetures, qu’on peut voir au pied de l’arcade centrale et des petites ouvertures servant à suspendre une herse qui fermait l’enceinte de la ville du côté ouest, ne laisse aucun doute à ce sujet.

Dans sa totalité, l’imposant et admirable monument fait 6 m 93 de hauteur, 4 h 20 de largeur et 3 m 10 d’épaisseur ; il est de par sa masse, visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

Le fort byzantin

De par son ensemble imposant et ses proportions gigantesques, le fort byzantin est visible de tous les côtés, et domine et semble veiller sur la cité militaire. C’est un immense et vaste quadrilatère, flanque de tour aux angles. Il occupe 7.000 mètres carrés ; les murs ont 2 m 50 d’épaisseur. On y pénètre par une petite porte principale, pratiquée au nord, et par une poterne, qu’une galerie coudée précédait afin de faciliter la défense et éviter ainsi les attaques surprises.

On remarquera également la coupole sur despenditifs qui couvre le bastion ; et enfin, les ruines encore visibles d’une petite église du fort.

Chenouf Ahmed Boudi

(A suivre)

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