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Les
mercredis de l’histoire
Les ruines
domaines de Timgad dans la wilaya de Batna
Au début du IIe
siècle de l’ère chrétienne, Rome édifia une ville entièrement
militaire Thamugadi (Timgad), à une trentaine de kilomètres à l’est
de Batna, pour contenir les tribus aurassiennes ; un danger
permanent pour la colonisation romaine.
Ce point d’appui
avancé, cette base stratégicodéfensive avait pour objectif principal
de protéger les limites sud-est de la province impériale de Numidie.
L’implantation
géographique de la base avancée
En suivant la
route de Batna à Khenchela, à une trentaine de kilomètres en
direction de l’est, on découvre Timgad, sur les premières pentes
septentrionales du massif aurassien : les ruines de la base avancée
s’étendent sur plus de cent hectares.
Pour consolider sa
puissance en Afrique, l’armée romaine s’était installée à Théveste
(Tébessa), puis à Khenchela (Mascula), et, enfin, à Lambaésie
(Lambèse - Tazoult), siège du légat impérial gouverneur de la
province de Numidie et, ville garnison de la 3e Légion Augusta.
Entre Lambèse et
Khenchela, juste à l’entrée du défilé le plus accessible du massif,
Rome érigea par les légionnaires de la 3e Légion Augusta une base
avancée ; importante place-forte pour couvrir le chef-lieu de la
province, soumise aux harcèlement des “barbares”. Timgad devait
aussi accueillir les vétérans de la légion ayant bénéficiés de lots
de terre à exploiter encourageant ainsi une politique de peuplement,
en refoulant l’autochtone vers les pieds-monts. Telles furent les
considérations militaires, stratégiques et économiques qui
poussèrent les Romains à édifier Thamugadi, sous le règne mouvementé
de l’empereur Trajan.
Les
caractéristiques militaires de la base avancée de Thamugadi
La base avancée,
entourée d’une épaisse muraille de 1 m 10 d’épaisseur, forma d’abord
un carré de 350 mètres de côté, avec des rues se coupant en forme de
damier ; puis son importance s’accrut avec l’arrivée des renforts. A
l’avènement de l’empereur Constantin, Thamugadi devint le foyer le
plus actif du donatisme (schisme dans l’église qui prêchait une
“véritable lutte des classes”. Sous le couvert de la religion, les
Numides autochtones luttèrent farouchement contre le clergé romain
et les grands propriétaires terriens inféodés au pouvoir étranger.
La Numidie dans
la tourmente
Rome agonisait,
l’empire miné par les luttes intestines pour le pouvoir, par la
corruption, soumis aux attaques des peuplades asservies, était en
pleine décomposition ; c’est alors que les Vandales profitèrent pour
débarquer au Maghreb.
L’occupation
vandale ne fut qu’une suite d’affrontements avec les tribus numides,
qui harcelaient sans répit les successeurs des Romains. Lorsque
Salomon, lieutenant et successeur du Byzantin Bélisaire, vainqueur
des Vandales en 533 après J.C., fit une expédition dans les Aurès
deux ans plus tard pour réprimer un soulèvement général des tribus,
il trouva la ville militaire de Timgad complètement détruite.
Les Byzantins
en Numidie
La base avancée
avait été démantelée par les tribus autochtones pour ne pas servir
de camp. Rapidement, les nouveaux envahisseurs le relevèrent en se
servant des matériaux trouvés sur place. Des monastères et des
églises furent édifiés, un fort militaire, qui existe encore, dresse
sa masse imposante face aux premières pentes du massif aurassien :
sentinelle solitaire devant un ennemi insaisissable, qui est partout
et nulle part. A la fin du VIIe siècle, le dernier gouvernement
byzantin est vaincu par les cavaliers venus de l’est, porteur de la
parole de Dieu et de la nouvelle foi.
Toute traces de
Byzance disparaît au Maghreb, emportée par le vent et la tourmente
de l’histoire.
Les ruines de
Thamugadi
A 34 kilomètres
exactement de Batna, on quitte la route nationale qui continue
directement vers l’est, on bifurque vers le sud, on franchit l’Oued
Mériel, c’est alors qu’on découvre nettement les colonnes qui
s’élancent vers le ciel : les monuments patinés par les siècles, les
voies larges et droites, éclatantes de blancheur de la base avancée
de Thamugadi.
C’est de ce camp,
à quelques kilomètres des premiers escarpements du massif que
partaient en expédition les cohortes romaines pour sonner la mort et
la désolation parmi les populations aurassiennes.
Les ruines de
Timgad sont célèbres et connues dans tout le monde occidental, qui
se réclame de la latinité et de sa civilisation.
La ville présente
un ensemble parfait, comme stratifié, qui semble n’être morte
qu’hier, ou seulement endormie, plongée dans un profond sommeil
séculaire. Thamughadi avait pour mission de protéger le flanc
sud-est (le plus vulnérable) de la province et Lambaésis, capitale
de la province et siège du légat impérial gouverneur de la Numidie,
contre les attaques incessantes des “tribus insoumises”.
La base avancée
est implantée à 1.071 mètres d’altitude, à trois kilomètres, une
source founissant l’eau à la cité militaire au moyen d’un aqueduc,
aujourd’hui disparu.
Les découvertes
de Timgad
Les découvertes
faites à Timgad peuvent être classées en plusieurs constructions
importantes, et des monuments grandioses et parfaitement conservés
qui sont :
L’arc de
triomphe de l’empereur Trajan
L’arc de triomphe
de l’empereur Trajan, une merveille d’architecture, le fort
byzantin, le forum, la bibliothèque, les basiliques chrétiennes, le
théâtre, les thermes, et, enfin, le plus important, le camp
militaire, les casernements aujourd’hui complètement disparus. L’arc
de triomphe est le monument le mieux conservé de la ville-garnison ;
c’est grâce à lui que l’attention des chercheurs fut attirée au
début du siècle sur la cité
militaire.
Lui seul, en
effet, sortait de terre d’une façon apparente. Ce monument grandiose
reproduit à des millions d’exemplaires : billets de banques, cartes
postales, poster, etc., dédié à un empereur, est d’une rare beauté
et élégance de proportions dans l’ordonnancement architectural est
extraordinaire.
Il est ajouré de
trois arcades, dont celle du milieu, la plus grande donnait passage
aux chars; dont les traces sur les grandes dalles sont encore
visibles, jusqu’à l’heure actuelle. Les deux autres, plus petites,
servaient aux piétons. Au-dessus de ces deux dernières, les niches
admirablement décorées de colonnes saillantes, portées sur des
consoles qui contenaient de riches statues en marbre blanc de
Carrare. Chaque face de l’arc de triomphe est gravée une dédicace à
l’empereur Trajan. Un groupe de figures avec quadrige devait,
conformément à l’usage dans l’antiquité, couronner le dessus de
l’attique.
Des bornes
militaires implantées au pied du monument, démontrent que l’arc de
triomphe servait de point de départ pour mesurer les distances.
Construction
purement décorative et triomphale à l’époque de la grandeur sans
limites de l’impérialisme romain, le monument en question avait été
utilisé comme porte de la base militaire au moment des insurrections
des populations autochtones.
Les traces de
fermetures, qu’on peut voir au pied de l’arcade centrale et des
petites ouvertures servant à suspendre une herse qui fermait
l’enceinte de la ville du côté ouest, ne laisse aucun doute à ce
sujet.
Dans sa totalité,
l’imposant et admirable monument fait 6 m 93 de hauteur, 4 h 20 de
largeur et 3 m 10 d’épaisseur ; il est de par sa masse, visible à
plusieurs kilomètres à la ronde.
Le fort
byzantin
De par son
ensemble imposant et ses proportions gigantesques, le fort byzantin
est visible de tous les côtés, et domine et semble veiller sur la
cité militaire. C’est un immense et vaste quadrilatère, flanque de
tour aux angles. Il occupe 7.000 mètres carrés ; les murs ont 2 m 50
d’épaisseur. On y pénètre par une petite porte principale, pratiquée
au nord, et par une poterne, qu’une galerie coudée précédait afin de
faciliter la défense et éviter ainsi les attaques surprises.
On remarquera
également la coupole sur despenditifs qui couvre le bastion ; et
enfin, les ruines encore visibles d’une petite église du fort.
Chenouf Ahmed
Boudi
(A suivre)
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