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Irak
Front uni des
chiites irakiens pour les élections
Soucieux de
démontrer leur organisation autant que leur force numérique à
l’approche des élections de janvier, les chiites irakiens ont
présenté une coalition à base élargie en prévision de ce scrutin,
avec l’appui de certains sunnites, de Kurdes et d’autres minorités.
Baptisée “Alliance
irakienne unie”, cette coalition réunit 22 partis, mouvements et
groupes dont la plupart représentent la majorité chiite (60% de la
population du pays), mais elle témoigne aussi de soutiens provenant
d’autres parties de l’échiquier politique.
La liste a été
mise en forme sous l’égide du grand ayatollah Ali Sistani, le
dignitaire chiite le plus influent du pays, et pourrait sans peine
constituer le principal bloc politique à se présenter aux premières
élections irakiennes de l’après-Saddam Hussein, fixées au 30
janvier.
Cette liste ayant
été élaborée et présentée plus de sept semaines avant les élections,
après avoir fait l’objet de négociations. C’est dire l’importance
qu’accordent les chiites à cette consultation, même si elle se
déroule dans un contexte de guerre alors que le pays est occupé par
les forces américaines.
Les principales
composantes de l’alliance sont les deux grands partis religieux
chiites – le Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (SCIRI)
et le Daoua Ahmad Chalabi, ancien protégé de Washington qui dirige
le Congrès national irakien, malgré son passé douteux.
Des représentants
du mouvement de l’imam radical Moktada Sadr, qui a lancé deux
insurrections cette année contre les forces américaines en Irak,
font aussi partie de la coalition. Mais Sadr et ses conseillers
religieux n’y figurent pas, bien qu’ils soient entrés dans les
rangs.
Les chiites,
opprimés pendant des décennies sous le régime de Saddam Hussein,
devraient arriver largement en tête des élections, qui leur
permettront de faire sentir leur poids politique réel.. On trouve
également parmi eux un chef des Chamar, puissante tribu sunnite qui
domine la région de Mossoul, dans le Nord. L’intégration de cette
tribu semble une initiative calculée, liée au fait que l’armée
américaine et les forces de sécurité irakiennes tentent actuellement
d’écraser la résistance menée par des combattants sunnites.
Parmi d’autres
candidats figurent plusieurs groupes de la minorité turkmène et au
moins quatre représentants des Kurdes chiites. La plupart des Kurdes
sont de confession sunnite.
Les deux
principaux partis kurdes, le PDK et l’UPK, qui se font concurrence
depuis plus de dix ans, ont annoncé qu’ils formeraient eux aussi une
liste unifiée mais n’en ont pas encore annoncé la composition.
La plupart des
partis représentant les sunnites, qui forment environ 20% de la
population nationale (26 millions d’habitants), ont récemment
demandé un report des élections en raison des violences qui
ensanglantent encore le pays ou ont appelé clairement au boycott.
Mais, du gouvernement intérimaire à la commission électorale
indépendante, de l’ONU à la Maison Blanche, on réaffirme la
nécessité d’organiser la consultation comme prévu.
Les Irakiens
seront appelés à élire en même temps les députés de l’Assemblée
nationale provisoire, les membres des conseils régionaux. Dans le
Nord, les Kurdes choisiront en outre les membres du Parlement
autonome.
Reste que l’on
peut d’ores et déjà s’interroger sur la légitimité de cette
consultation et des personnes qui seront élues dans un pays divisé
et en guerre.
Leïla Heraoua
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