Semaine du 15 au 21 décembre 2004

 

Irak

Front uni des chiites irakiens pour les élections

 

 

 
 
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Front uni des chiites irakiens pour les élections

Soucieux de démontrer leur organisation autant que leur force numérique à l’approche des élections de janvier, les chiites irakiens ont présenté une coalition à base élargie en prévision de ce scrutin, avec l’appui de certains sunnites, de Kurdes et d’autres minorités.

Baptisée “Alliance irakienne unie”, cette coalition réunit 22 partis, mouvements et groupes dont la plupart représentent la majorité chiite (60% de la population du pays), mais elle témoigne aussi de soutiens provenant d’autres parties de l’échiquier politique.

La liste a été mise en forme sous l’égide du grand ayatollah Ali Sistani, le dignitaire chiite le plus influent du pays, et pourrait sans peine constituer le principal bloc politique à se présenter aux premières élections irakiennes de l’après-Saddam Hussein, fixées au 30 janvier.

Cette liste ayant été élaborée et présentée plus de sept semaines avant les élections, après avoir fait l’objet de négociations. C’est dire l’importance qu’accordent les chiites à cette consultation, même si elle se déroule dans un contexte de guerre alors que le pays est occupé par les forces américaines. 

Les principales composantes de l’alliance sont les deux grands partis religieux chiites – le Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (SCIRI) et le Daoua Ahmad Chalabi, ancien protégé de Washington qui dirige le Congrès national irakien, malgré son passé douteux.

Des représentants du mouvement de l’imam radical Moktada Sadr, qui a lancé deux insurrections cette année contre les forces américaines en Irak, font aussi partie de la coalition. Mais Sadr et ses conseillers religieux n’y figurent pas, bien qu’ils soient entrés dans les rangs.

Les chiites, opprimés pendant des décennies sous le régime de Saddam Hussein, devraient arriver largement en tête des élections, qui leur permettront de faire sentir leur poids politique réel.. On trouve également parmi eux un chef des Chamar, puissante tribu sunnite qui domine la région de Mossoul, dans le Nord. L’intégration de cette tribu semble une initiative calculée, liée au fait que  l’armée américaine et les forces de sécurité irakiennes tentent actuellement d’écraser la résistance menée par des combattants sunnites.

Parmi d’autres candidats figurent plusieurs groupes de la minorité turkmène et au moins quatre représentants des Kurdes chiites. La plupart des Kurdes sont de confession sunnite.

Les deux principaux partis kurdes, le PDK et l’UPK, qui se font concurrence depuis plus de dix ans, ont annoncé qu’ils formeraient eux aussi une liste unifiée mais n’en ont pas encore annoncé la composition.

La plupart des partis représentant les sunnites, qui forment environ 20% de la population nationale (26 millions d’habitants), ont récemment demandé un report des élections en raison des violences qui ensanglantent encore le pays ou ont appelé clairement au boycott. Mais, du gouvernement intérimaire à la commission électorale indépendante, de l’ONU à la Maison Blanche, on réaffirme la nécessité d’organiser la consultation comme prévu.

Les Irakiens seront appelés à élire en même temps les députés de l’Assemblée nationale provisoire, les membres des conseils régionaux. Dans le Nord, les Kurdes choisiront en outre les membres du Parlement autonome.

Reste que l’on peut d’ores et déjà s’interroger sur la légitimité de cette consultation et des personnes qui seront élues dans un pays divisé et en guerre.

Leïla Heraoua

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