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L’Algérie célèbre la Journée internationale des droits de l’homme
L’engagement de
Bouteflika
Chaque 10 du mois
de décembre, le monde célèbre la Journée internationale des droits
de l’homme. L’Algérie ne fait pas exception à cette règle établie.
Sa presse également. Pour preuves, comptes rendus, interviews,
commentaires et autres analyses sont publiés. Le jeudi 9 décembre,
la veille de cette célébration, El Watan a ouvert le bal en publiant
un dossier sur deux pages consacré à la question. “Algérie : le
déficit démocratique”, tel est son titre. Le quotidien souligne que
dans le cas de l’Algérie, la célébration “intervient dans un
contexte particulier”.
Droits pluriels
Et pour cause,
rappelle le rédacteur, “les acteurs et les défenseurs des droits de
l’homme ne cachent pas leurs inquiétudes”. De son côté, un
commentateur s’interroge : “Comment évoquer les droits de l’homme en
une journée sans aborder la question des libertés fondamentales, de
leur préservation et de leur élargissement constitutionnel à tous
les aspects de la vie socioéconomique ?”. Pour El Watan “(…)
l’extension de la défense des droits fondamentaux s’inscrit dans le
prolongement de l’étape passée, des principes qui figurent bel et
bien dans les dispositions de la Constitution de 1996”. Un constat
qui amène un deuxième commentateur à affirmer qu’“il ne peut exister
une démarche de défense efficace des droits de l’homme qu’avec une
liberté d’expression sans entrave”. Toutefois, estime-t-il, “en
Algérie, malheureusement, le processus de libération des médias
s’est arrêté en plein milieu d’un passage à gué”. Pour preuve,
rappelle-t-il, “les médias audiovisuels qui permettent de toucher et
de sensibiliser des millions de téléspectateurs et d’auditeurs
demeurent sous le contrôle des pouvoirs publics qui décident
toujours en dernière instance de la manière dont doit être gérée la
politique de l’information, y compris la forme dans laquelle doivent
être donnés les faits”. Le Jeune Indépendant a également consacré
deux pages au sujet dans son édition du jeudi 9 décembre. “Pas de
progression en Algérie” est-il affirmé en une. Un constat fait à
partir des déclarations du président de la Commission nationale
consultative de promotion des droits de l’homme (CNCPDH). Ainsi
est-il rappelé “un système judiciaire de très mauvaise qualité et
des droits sociaux bafoués, aggravés par le problème des disparus,
font que les droits de l’homme stagnent”.
Alors, progrès
ou pas ?
Pourtant, ce même
Farouk Ksentini cité par Liberté du samedi 11 décembre affirme
qu’“il y a un progrès palpable en matière des droits de l’homme”.
Laquelle des deux versions faut-il croire ? Reste que c’est
justement le dossier des disparus qui fera la une de quelques
quotidiens parus le samedi 11 décembre. Mais pouvait-il en être
autrement du moment que c’est le président de la République qui a
abordé la question ? “Nous éluciderons…”, telle est la promesse
faite par Bouteflika aux familles et que La Nouvelle République a
reprise en une de son édition du jour. Le quotidien rappelle que
c’est “un problème épineux que le pays traîne tel un boulet, et dont
le dossier n’est toujours pas ficelé en raison de la divergence de
vues à son propos de la part des pouvoirs publics et des familles
des disparus”. Selon le rédacteur “les deux parties n’étant pas
d’accord sur le nombre exact”. Reste, rappelle La Nouvelle
république, que “le président est conscient qu’une amnistie générale
ne peut avoir lieu sans le règlement de la question”. Pour sa part,
Le Maghreb reprend également l’engagement pris auprès des familles
par le premier magistrat du pays. “Le sort des disparus sera
élucidé”, est-il annoncé. C’est la preuve, est-il laissé entendre,
que Bouteflika est “visiblement conscient de la question des droits
de l’homme, indispensable à l’édification d’un Etat de droit et à
l’instauration d’une vraie démocratie”. La Tribune estime que “ces
propos tranchent avec l’impuissance affichée par le président de la
République durant son premier mandat, à résoudre ce problème”.
La délivrance
dans 18 mois
Le Jour d’Algérie
annonce le délai à l’issue duquel le chef de l’Etat tiendra son
engagement : “18 mois et le problème sera réglé”, est-il annoncé en
une. Pour ce qui est de la situation des droits de l’homme, ce
quotidien estime qu’elle oscille entre “des hauts et des bas”.
Reste, estime le rédacteur, que “les défenseurs des droits de
l’homme ont tendance à faire peu de cas des droits sociaux,
économiques et culturels qui restent peu reluisants”. C’est
pourquoi, est-il ajouté, “le chômage, la précarité sociale, le
manque de logements et des soins insuffisants pour le plus grand
nombre constituent des plaies que l’Etat doit juguler pour prétendre
à une place respectable dans le domaine du respect des droits
humains dans le monde”. Liberté, lui, a retenu du message adressé
par Bouteflika à l’occasion de la célébration de la Journée
internationale des droits de l’homme “les critiques” faites à
l’institution présidée par Farouk Ksentini. Ainsi, selon Liberté, le
Président lui “reproche son manque d’imagination et recommande à ses
membres de développer un sens de l’écoute”. Revenant sur le bilan
positif dressé par le président de la Commission des droits de
l’homme, l’éditorialiste estime cependant que “les citoyens doivent
encore patienter pour accéder au plein exercice de leurs droits et
libertés car ces avancées que l’on nous décrit restent, pour
l’essentiel, virtuelles”. Reste, poursuit Liberté, “qu’il s’agisse
des disparus, de la justice ou des atteintes aux libertés
individuelles et collectives, l’Etat, seul, ne peut entreprendre les
réformes nécessaires ou les mesures adaptées, en admettant bien
entendu que la volonté politique existe au préalable”. La solution
est préconisée par l’éditorialiste. Elle consiste en “l’association
de la collectivité avec ses organisations et formations politiques”.
Elle viendra s’ajouter au “débat et la disponibilité des autorités”.
Ils “sont l’unique voie pour en finir avec les agressions répétées
contre les droits des citoyens”. Car, souligne le quotidien, “les
textes et traités n’ont jamais construit une démocratie si les
gouvernants y sont réfractaires”.
Nadia Kerraz
Haut
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