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MUSIQUE
La passion andalouse selon Sid Ahmed
Seri
La
célébration du quatre-vingtième anniversaire de sa naissance a été
un événement. Une salle Ibn Zeydoun des grands jours, pleine à
craquer, alors que de nombreuses familles s’en retournèrent
bredouilles. De grands moments musicaux, des émotions à peine
contenues, un majestueux public qui ne ménagea point ses efforts
pour donner à la manifestation une dimension magique. Le grand
maître méritait grandement autant d’égards. Emu autant que touché
par une telle sollicitude, il entra vite dans le vif du sujet, à la
grande satisfaction d’une assistance entièrement acquise à la muse
chère à Mohamed Sfindja et au projet de société qu’il porte. Et
qu’il a toujours défendu, avec obstination et détermination. Lui,
vous l’aviez deviné, c’est Ahmed Seri. C’est de ce grand maître
qu’il s’agit, adulé comme chanteur et vénéré comme pédagogue par de
nombreux élèves qu’il forma des années durant au sein de
l’association El-Djazaïria El-Mossilia .
Elevé dès son jeune âge dans un milieu religieux et fréquentant,
alors qu’il n’avait que quatre ans, une vieille école coranique de
La Casbah d'Alger où, en sus des versets du Livre sacré, l’élève
était initié au chant religieux dérivé de la musique classique
algérienne, il était clair dès lors que le penchant de Ahmed Seri
pour le patrimoine musical classique algérien devenait inévitable.
Surtout lorsque l'on sait que le chant religieux algérois était une
adaptation, souvent, des airs des noubas aux paroles des cantiques
que les moudjaouidine aux puissantes et jolies voix, psalmodiaient
dans les mosquées. Des traditions bien établies que nous devons à un
muphti algérois du XVIIe siècle qui, devant la menace de
disparition qui planait sur la musique classique algérienne, lança
le mot d'ordre consistant à mobiliser tous les lecteurs de Coran au
service de la sauvegarde d'un patrimoine ancestral devant de plus en
plus la chasse gardée de la communauté israélite, rapporte
Mahieddine Bachtarzi.
L'option d’Ahmed Seri devenait irréversible surtout à un moment où
le ténor du Vieil-Alger subjuguait les plus irascibles et
contribuait à faire voler en éclats les quelques réticences
savamment entretenues par une société algéroise traditionaliste à
souhait qui voyait d'un mauvais œil un de ses protégés s'intéresser
à une muse, profondément vénérée certes, mais dont la pratique était
franchement décriée, pour ne pas dire vouée aux gémonies.
Ahmed Seri ne regrette rien. La musique classique algérienne a été
sa passion de jeunesse et il apprend à mieux l'apprécier maintenant
qu'il en connaît davantage la valeur. Etant donné sa situation
actuelle, elle constitue l'une de ses préoccupations majeures et son
but est d'inculquer sa passion au plus grand nombre de jeunes.
Fidèle en cela à son professeur Abderrezak Fakhardji et à l'un des
dignes héritiers de Mohamed Sfindja, le maître Mohamed Benteffahi
(1870-1944), premier président d' El-Djazaïria.
Pour
Ahmed Seri, de tous les genres musicaux que notre pays recèle, la
musique d'origine arabo-andalouse est la plus élaborée et possède
des structures et des caractéristiques qui, en dépit du temps et des
aléas de l'Histoire, affirment encore l'influence d'une culture qui
eut ses heures de gloire. Il se plaît à faire remarquer que la
musique classique algérienne que nous pratiquons a été conçue au
firmament de la civilisation, au moment où l'Europe vivait encore
dans une semi-obscurité. L'Alhambra n'a jamais eu son pareil et
notre musique est demeurée inégalée.
Ahmed Seri passe pour être le défenseur le plus convaincu et le plus
acharné du patrimoine musical classique traditionnel. Ce qui est
singulier, surtout dans un secteur de la vie culturelle où le niveau
relativement limité des uns et des autres fait que l'apport du
musicien intervient sans aucune ingéniosité, momifié qu'il est par
les inévitables et énigmatiques circonlocutions. C’est pour cette
raison qu’il considère que l'entreprise de conservation apparaît
effectivement comme une mission sacrée, car, aussi paradoxal que
cela puisse paraître, la musique classique est aujourd’hui la plus
menacée, sinon de disparition du moins d'une sérieuse et dramatique
amputation. Cette situation est le résultat d'un certain nombre de
considérations et de faits qu'il faut franchement examiner.
Ce
patrimoine a été transmis, à travers des siècles, de génération à
génération, par la tradition orale. Ahmed Seri est surpris par le
fait que, malgré les connaissances scientifiques acquises alors par
les Arabes, aucun témoignage écrit des œuvres musicales, à
l'exception des poèmes, ne nous est parvenu. Livrée à la seule
mémoire des hommes, cette musique n'a cessé de voir son répertoire
se réduire au fil des années, principalement avec la disparition des
détenteurs de ce patrimoine, parmi lesquels le chantre algérois se
plaît à citer Abderrezak Fakhardji dont il fut un des plus brillants
disciples.
Il affiche clairement
sa différence et sa détermination
S’agissant de la rénovation, Les efforts ne seraient fructueux que
si un patrimoine était conservé dans ses structures originelles.
Sitôt les condition réunies, il y a lieu, selon Sid Ahmed Seri, de
sensibiliser la grande masse – et principalement les jeunes – à
notre musique et d'enseigner dans les instituts, conservatoires et
écoles, les techniques selon la méthode universelle, en utilisant
pour les premières années des manuels comportant des œuvres de notre
répertoire. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faudra rompre
avec la méthode traditionnelle de transmission. Ce serait une erreur
monumentale, estime la même source, que certains pays ont commise,
confrontés qu'ils sont, à l’heure qu'il est, à des difficultés pour
restituer à leur musique toute sa valeur et sa pureté d'antan.
Un
mal ronge notre patrimoine ancestral et le définir n'est pas encore
chose aisée, concède-t-il : «L'un de ses aspects principaux réside
dans le fait que chacun se retranche derrière ses propres
convictions. Lorsqu'on interroge ceux qui sont concernés par le
présent et le devenir de la musique, on a l'impression que chacun
est animé de la meilleure volonté et ce, dans l’intérêt de l'art. Il
suffit, aussi, d'évoquer l'une des raisons du mal pour heurter des
susceptibilités. Et pourtant, il faudra qu'un jour on se décide
résolument à engager le dialogue et à aborder le problème par tous
les aspects, dussent nos susceptibilités en souffrir.»
Et
il sait de quoi il parle, lui qui est à chaque fois voué aux
gémonies pour peu qu’il affiche sa différence et sa détermination à
défendre par des écrits le patrimoine lui tenant à cœur. Certes, il
n’est pas facile alors que d’aucuns poussent l’outrecuidance, c’est
lui qui souligne, jusqu’à lui trouver un caractère exécrable. Ahmed
Seri sait certainement à quoi s'en tenir, lui dont les premiers pas
remontent à l'année 1945, date à laquelle il adhère successivement à
El-Andaloussia et à la société musicale El-Hayat qui avait élu
domicile au cercle du Mouloudia Club d'Alger, doyen des clubs
algériens. Mais le véritable départ de ses études et de sa carrière
musicales, il le connaîtra une année plus tard, le 5 juillet
plus exactement, au sein d'El-Djazaïria et de la classe
supérieure dirigée par Abderrezak Fakhardji. Doué d'une mémoire
prodigieuse, il avait profité pleinement de l'enseignement du
maître, s'avérant être l'un de ses meilleurs élèves. Avec la soif
d'apprendre qui le caractérisait, il s'inscrivit, en 1946-47 au
Conservatoire municipal d'Alger pour y suivre les cours de Mohamed
Fakhardji. Mais en vain, l'administration de cet établissement
n'ayant pas trouvé de mieux à faire que de l'orienter vers la classe
de Sassi, un professeur de confection israélite où il ne retiendra
pas grand-chose, les frères Fakhardji étant les dépositaires du
patrimoine musical classique. Entre 1946 et 1948, il se produira à
la radio avec El-Djazaïria, dans le cadre d'une émission
hebdomadaire réservée aux associations du genre, alors que son
premier tour de chant en qualité de soliste de l'orchestre de la
station radiophonique d’Alger, placé sous la direction de Mohamed
Fakhardji, remonte au 26 décembre 1948.
Abderrezak Fakhardji, intégré au corps
enseignant du Conservatoire municipal d'Alger, était chargé de
l'encadrement de la classe supérieure de la société musicale
El-Djazïria El-Mossilia, El-Djazaïria ayant fusionné avec
El-Mossilia le 15 octobre 1951.
Mahmoud Mesekdji, Mamed Benchaouch comme Mohamed Mazouni, ses
camarades de classe et amis, sont unanimes à dire que cette
promotion est loin d'être usurpée. Abderrezak Fakhardji, le maître,
avait pesé de tout son poids pour que les aspirations les plus
légitimes en matière d’enrichissement du répertoire de son disciple
soient concrétisées. La reconnaissance de l’élève n'en fut que plus
grande, surtout lorsque l'on sait que son professeur en avait fait
un privilégié, à tel point que lors d'une émission télévisée
consacrée par Kamel Bendisari au maître disparu, Mohamed Mazouni
devait souligner : «Le cours était modulé en fonction des capacités
réceptives de Sid Ahmed. Les autres élèves devaient prendre le train
en marche. Il faut reconnaître que notre ami assimilait très vite
une nouba. Ce n'était pas notre cas.»
El-Djazaïria El-Mossilia continuera à
dispenser un enseignement de qualité jusqu’à la grève du 5
juillet1956 qui verra, du reste, la suspension de toutes les
activités des associations sportives et culturelles musulmanes de
l'époque.
L’indéfectible attachement à l’œuvre de
Abderrezak Fakhardji
Si
durant l'occupation coloniale et, partant, dans les dernières années
de lutte de libération, nous a confié Ahmed Seri, la musique
algérienne n'avait cessé, à l’intérieur comme à l'extérieur du pays,
par les ondes et partout où elle remplissait le rôle d'ambassadrice
de notre peuple, d'affirmer l'existence d'une identité nationale
dont elle constituait l’une des expressions les plus vivantes, elle
sera appelée, à l’avènement de l’Indépendance, à connaître – ce qui
lui avait été refusé pendant plus d’un siècle – un développement à
la mesure de nos ambition et ce, compte tenu des sacrifices
consentis pour recouvrer notre personnalité.
Ahmed Seri avait prit part, en février 1964 au Caire, à la demande
de la direction de la culture relevant alors du ministère de
l’Education nationale, aux travaux de la commission préparatoire du
Congrès de la musique arabe. Ces assises ont convenu, dans une série
de recommandations, à ce que chaque pays arabe consacre,
quotidiennement, une tranche de ses émissions radiophoniques, à
raison d’une heure au moins, à une musique d’un autre pays frère. Il
s’en souvient : «Il serait curieux de connaître, aujourd’hui encore,
les pays qui ont pris en compte (à l’exception de l’Algérie et à un
degré moindre, de la Tunisie) ces recommandations pour ce qui
concerne la musique algérienne.» Selon lui, la solution ne réside
pas seulement dans le fait qu’il faille appliquer chez nous des
mesures de réciprocité, mais de prendre sérieusement conscience que
nous avons, selon les vœux combien de fois réitérés du chef de
l’Etat, une culture et un patrimoine à défendre et à valoriser coûte
que coûte. Il y va de notre dignité, souligne-t-il avec insistance.
Ce qui fait le plus mal au cœur, c’est qu’une telle situation
engendre la mise à l’écart des détenteurs de notre patrimoine le
plus précieux, regrette notre interlocuteur : «A cet égard, je ne
pouvais concevoir une participation à quelque concert que ce soit
sans que notre musique ne reprenne ses droits et sans que la
direction de l’orchestre de musique classique algérienne ne soit
confiée au seul chef valable et incontestable de l’école d’Alger, le
maître Abderrezak Fakhardji. N’a-t-on pas, depuis, laissé partir nos
vieux maître sans que l’on n’ait songé, quand ils étaient là, à
faire appel à leur concours, à recueillir les œuvres en leur
possession et à leur éviter, à tout le moins, de connaître, à la fin
de leur vie, une misère morale plus pernicieuse que la misère
matérielle ?»
Pressé par ses proches et amis, parmi lesquels H’mida Kateb, Ahmed
Seri reprend, sitôt l’Indépendance acquise, le chemin de La Casbah
qui l’a vu naître et multiple les concerts au siège d’El-Djazairia
El-Mossilia, rue Médée, jusqu’en 1964 date à laquelle la doyenne des
associations musicales algériennes élit domicile rue Harriched
(ex-Mogador), derrière les Galeries algériennes. Plus spacieux que
le précédent, le nouveau siège permet d’élargir la base de mélomanes
et à l’association d’entrevoir sérieusement la création de classes
d’initiation musicale.
Le
disciple de Abderrezak Fakhadji met à profit le fait qu’il ne fasse
plus partie du corps enseignant de la société musicale pour
participer à plusieurs rencontres et séminaires destinés à proposer
les voies et moyens susceptibles de permettre à la musique classique
algérienne de sortir de l’impasse dans laquelle elle a été confinée.
Les premiers résultats se traduisent par l’organisation de festivals
et de semaine culturelles, la création de l’Institut national de
musique (INM) et de l’Office national des droits d’auteur (ONDA).
Les solutions proposées valent ce que valent les hommes chargés de
les appliquer. S’agissant des premiers festivals et semaines
culturelles, il estime sincèrement qu’ils ont été des réussites,
même s’il regrette non sans amertume d’ailleurs, que la tenue des
festivals nationaux de musique classique se soit espacée d’abord et
qu’il n’y en ait plus eu depuis 1972 ensuite. Car, souligne-t-il,
c’est en effet grâce à ces manifestations que les associations
musicales se sont multipliées et constituées dans des régions où
l’on avait peine à croire que ce genre musical avait des adeptes.
Un monstre sacré du patrimoine musical classique algérois
Les
premier et troisième festivals nationaux de musique classique
algérienne lui donnent l’occasion de renouer avec le large public
et, fidèle en cela à ses principes intangibles, il se produit avec
le grand ensemble de l’école d’Alger placé sous la direction de
Abderrezak Fakhardji. Un éclatant succès, mais point de grisaille
tant la position du chantre demeure inchangée. Cependant qu’il
reprend la direction de l’enseignement musical en qualité de
professeur de la classe supérieure de la société El-Djazairia
El-Mossilia, poste précédemment détenu par un autre disciple de
Fakhardji, feu Hamidou Djaidir qui eut le mérite singulier, quant à
lui, de fructifier le travail initiateur de Abdelkrim Mehamsadji,
Zoubir Karkachi, Mohamed Bensemane et de bien d’autres animateurs de
l’association et de faire éclater au grand jour des dispositions
transcendantes d’une pépinière de jeunes musiciens et musiciennes.
Ainsi, l’obtention du premier prix du troisième festival national de
musique classique algérienne est-il l’aboutissement heureux et
logique d’un travail en profondeur savamment relevé et mis en valeur
par la compétence et le savoir-faire de Ahmed Seri et
quotidiennement affermi par cet organisateur né qu’est Sid Ali
Benmerabet qui a su transformer cette société musicale en une
véritable école avec pas moins de 300 élèves.
La
disparition du festival national de musique classique algérienne ne
donnera plus l’occasion au large public d’apprécier Ahmed Seri et il
faudra attendre les hommages consacrés par l’Association musicale
El-Fakhardjia à son maître Abderrezak Fakhardji (en 1982 au TNA) et
à son ami et non moins prestigieux détenteur du patrimoine musical
traditionnel tlemcénien, le professeur Mohamed Bouali de la Société
littéraire artistique musicale (en 1983 à la salle Atlas) pour avoir
l’honneur et le plaisir de l’écouter. Des soirées inoubliables mais
qui n’en posent pas moins l’épineux problème de savoir jusqu’à quand
cette valeur sûre restera-t-elle éloignée des feux de la rampe ?
Mais
s’il est permis de paraphraser Kamel Malti, un de nos plus grands
mélomanes et fins intellectuels, Ahmed Seri est plus qu’un chanteur.
C’est un monstre sacré, le digne successeur de Abderrezak Fakhardji,
même si, à un moment donné, il a eu l’heureuse idée d’enrichir son
répertoire auprès de Sonigo et Omar Bensemane. Le disciple est en
effet détenteur d’un répertoire dont la valeur va au-delà de toute
estimation. Un répertoire qu’il a enregistré à ses frais, sans
aucune aide des appareils idéologiques d’Etat. La mémoire musicale
d’Alger se trouve à son niveau alors qu’aucune négociation avec le
chantre n’a été engagée à ce jour, les commis de l’idéologie
dominante préférant les raccourcis et la compagnie de quelques
musiciens dont les connaissances en la matière contribuent chaque
jour davantage à pervertir un patrimoine pourtant engendré par une
somptueuse civilisation et à jeter de la poudre aux yeux.
Ce
genre de situation, à tout le moins inextricable semble-t-il, a déjà
fait l’objet d’une attention particulière surtout lorsque le
gouvernement a créé, en 1968, l’INM dont le but principal consiste à
entreprendre le plus rapidement possible toutes les actions
nécessaires à la sauvegarde de notre patrimoine musical. Depuis,
force est de constater que les maîtres continuent de disparaître ou
vivent à l’écart sans que l’on recueille les œuvres en leur
possession et sans donner, à ceux qui subsistent, la possibilité
d’exercer honorablement leur art et de vivre dignement.
En
défenseur acharné et infatigable du terroir, Ahmed Seri déplore que
certaines traditions séculaires dans le monde du culte (psalmodie du
Coran, appel à la prière et chants religieux exécutés dans un style
propre à notre pays), si laborieusement conservées en dépit d’une
culture et d’une spiritualité fortement implantées par la
colonisation, soient sacrifiées et reléguées aux oubliettes.
C’est certainement pour ces raisons et bien d’autres qu’il
contribuera au lancement de l’Association pour la promotion et la
sauvegarde de la musique classique algérienne d’abord, avant de
jeter, cette année à Tipaza, les bases structurelles de la
Fédération nationale des associations de musique classique
algérienne. Si la première association ne survivra pas à
l’indifférence des clercs et à l’absence d’un espace en mesure de
lui permettre d’élaborer une esthétique de l’urgence, la seconde,
dont il est le président, risque de connaître le même sort. A
fortiori dans un pays qui ne semble pas comprendre que la force
d’une Nation réside dans les capacités de mobilisation de sa société
civile.
Abdelhakim Meziani
Haut
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