Semaine du 15  au 21 novembre 2006

Presse privée et crise politique et sécuritaire

Informer sous l’état d’urgence

Presse publique 

La refondation du secteur s’impose

Des titres disproportionnés

Médias

Quand le gain prime

Disparition de la presse partisane

Les partis ont-ils peur de s’exprimer ?

 

 
 
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Presse privée et crise politique et sécuritaire

Informer sous l’état d’urgence

La presse privée algérienne n’est pas née dans le contexte d’une démocratie toute faite, mais au lancement d’un processus démocratique dont elle n’est aucunement l’initiatrice. Cette donne fondamentale devait la condamner à devenir à la fois un amplificateur des différentes étapes, donc, un vecteur de la décision, et un acteur totalement impliqué autour des enjeux politiques successifs qui souvent la dépassaient.

Dès le départ, la presse privée a naturellement choisi de faire sien le principe d’un lien étroit entre la démocratie et la liberté d’expression, que l’une ne saurait exister dans l’autre et que l’affaiblissement de l’une signifie fatalement le recul de l’autre. Cet aperçu général est sujet à objection, cela dit, dans la mesure où il n’est valable que si l’expérience de la presse est prise dans toute totalité temporelle, sachant qu’il eut des phases de divergences où il s’en est trouvé des médias privés pour apposer leur soutien (et dans le meilleur des cas, fermer les yeux) sur des décisions liberticides qui ont touché les champs politique, syndical, social et culturel. Mais force est de considérer aussi que la nécessité de tirer des conclusions de cette expérience impose de prendre en première (mais pas unique) ligne de compte, la part prépondérante du champ médiatique, celle aussi dont l’influence a été la plus grande et la durée de vie la plus longue.

Ouvrons là une parenthèse pour dire qu’il n’est pas un hasard si la survie de certains titres, toujours au détriment de la concurrence, est due en premier chef à ses positionnements politiques. On peut arguer, bien sûr, que les facteurs de commercialité, de capital de départ (fonds et soutiens) et de capacité managériales sont pour quelque chose dans une décantation qui a fini par imposer de grands et de petits tirages, des journaux qui sont encore là et ceux qui disparaissent. Mais il faut reconnaître aussi que, toute considération de qualité mise à part, la majorité du lectorat algérien a soutenu, acheté (parfois sans vraiment lire), les titres dont elle partageait, bon gré mal gré, la ligne éditoriale. L’explication la plus fondée dans la réussite ou la mort de titres de la presse est avant tout tirée de cette vérité : un journal, qui est une entreprise, se sort de la ligne rouge en glanant du lectorat, lequel fini par faire sa réputation, généralement par l’immaîtrisable phénomène du bouche-à-oreille et faire affluer, à terme, le soutien des annonceurs. Peu importe que les journaux se trompent dans la manière, pourvu qu’ils défendent les aspirations collectives qui, dans le cas qui nous préoccupe, sont celles de la démocratie, de la justice sociale et de l’Etat de droit.

Or, de quelle ligne éditoriale plus ou moins consensuelle s’agit-il ? Au départ, ce n’est que progressivement que les médias privés se sont détaché des modèles doyens que furent El Moudjahid (pour les quotidiens), Algérie Actualité (pour les hebdomadaires) ou encore Parcours Maghrébins et l’Unité (pour les périodiques). L’aide de l’Etat aux journalistes qui avaient osé l’aventure (36 mois de salaires d’avance) et aux entreprises de presse (locaux, abattements fiscaux, échéancier de paiement aux très onéreuses imprimeries publiques…) ne pouvait être qu’un fil à la patte que seul le temps et l’accumulation du capital ont réussi à couper. Au bout, c’était déjà la fin du «printemps démocratique». L’arrêt du processus électoral qui a évité la prise du pouvoir par le Fis a rapidement obligé la presse privée à se déterminer en faveur de cette solution. Cela avait un prix et il fut lourdement payé. Plus d’une centaine de professionnels de la presse, médias publics compris, ont été assassinés par le terrorisme. Ce qui ne l’a cependant pas sauvé des foudres des autorités, notamment s’agissant de deux points de divergence marquants. Le premier a trait au traitement des activités de la partie de l’opposition politique favorable au retour du Fis et qui estimait que la solution de la crise politique née ne pouvait faire l’économie de «rendre justice au Fis». On ne peut pas dire que le traitement de l’activité de certaines forces politiques, celles qui se ligueront par la suite derrière le contrat de Sant’Egidio, n’a jamais été une source d’embarras et d’hésitations dans les rédactions. Il en a été de même pour le travail et les critiques des ONG des droits de l’homme. Et c’est d’ailleurs maladroitement sans doute que cette tâche a du être affronté, entre diabolisation simpliste des ennemis du pays et reproduction purement naïve des jugements sans appel de ce qui n’était en fait qu’un état de siège ici comme à l’étranger des forces républicaines, très vite classées dans la case des éradicateurs. Toutefois, cette question n’a pas été tranchée par la presse elle-même et en son sein. Les exemples de suspensions et de fermetures expéditives de journaux qui avaient pris fait et cause pour le retour du Fis a amené la majorité à abandonner leurs hésitations, lesquelles, n’ont trouvé de réponse finale qu’avec l’élection de Liamine Zeroual en novembre 1995 qui a montré au grand jour de quel coté était la population.

La deuxième, plus évidente, a trait à l’information sécuritaire, centralisée en principe aux mains du ministère de l’intérieur, aux termes du décret présidentiel portant état d’urgence. La priorité était-elle d’informer vaille que vaille, ou de taire la réalité sécuritaire pour ne pas servir de relais médiatique aux actions terroristes ? La presse privée a choisi les deux : informer quitte à déplaire aux autorités, dénoncer et condamner et les terroristes et leur matrice idéologique qu’est l’islamisme qui lui a ouvertement déclaré la guerre. Ce ne fut pas sans retombées non plus, puisque cela coûtera son lot de suspensions, de fermetures, de peines de prisons, etc. La mise en œuvre du procédé de l’imprimatur, procédé de censure et de contrôle à priori des publications, au début des années 1990 n’a pas suffit non plus à résoudre cette question. Elle ne fut tout à fait tranché que plus tard, quand les autorités ont compris la défaite du terrorisme lequel ne remonte pas à la trêve unilatérale de l’AIS en 1997, mais au fait que les services de sécurité pouvaient en toute confiance distribuer des armes à la population et la voir s’impliquer physiquement dans le combat contre le terrorisme. Sans transition, ou alors celle-ci fut des plus brèves, la situation politique a connu le tournant de la concorde civile, puis de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, imposant une série de repositionnements à travers laquelle l’on aura enfin une meilleure visibilité du champ médiatique, partagé entre les opposants et les partisans de cette politique, encore qu’il soit permis de mettre en lien cette guerre de position avec le soutien ou non au pouvoir du président Bouteflika lui-même. C’est ce qu’il est permis de constater, par exemple, dans la phase actuelle lors de laquelle l’on est passé sans bilan ni halte du débat sur la réconciliation nationale, processus non encore parvenu à son terme, à celui sur la révision constitutionnelle.

Le tout, malheureusement, encore sous l’état d’urgence toujours en vigueur. Les autorités le maintiennent malgré son inutilité criante, mais s’abstiennent d’y recourir de manière trop apparente et, en tous cas, font tout pour faire accroire qu’il n’existe même plus. C’est pourtant une épée de Damoclès maintenue sur toutes les libertés. Mais la liberté ne se donne pas, elle s’arrache, comme chacun le sait. Encore faut-il avoir la capacité de faire montre d’autant de responsabilité que de liberté qu’on revendique et il est parfaitement loisible de constater que quel que soit le combat livré et la conjoncture traversé, c’est vers cet éternel défi que revient cycliquement la presse privée, sans jamais en sortir avec un modèle définitif et durable.

Nabil Benali

 

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Presse publique 

La refondation du secteur s’impose   

Y a-t-il encore une place et un rôle pour la presse publique algérienne, dans un environnement dominé par les titres privés ?  Si la réponse aurait pu être non il y a quelque temps en raison de l’absence de visibilité sur le sort que les pouvoirs publics semblaient réserver au secteur public, notamment aux titres de la presse écrite fortement concurrencés par une presse privée très offensive dans le traitement des sujets, il en est autrement s’agissant des moyens d’information audiovisuels qui  ont réussi à préserver leur leadership par la grâce d’une décision politique qui veut qu’hormis l’ENTV et la Radio nationale il n’y ait de place pour aucun autre média  privé.

Mais depuis la nomination de Hachemi Djiar à la tête du département de la Communication, il semble que les pouvoirs publics soient décidés à redorer le blason terni d’un secteur à la traîne en raison de son incapacité, voulue plus que  subie, à suivre l’évolution de la société  dont les besoins ne sont plus ceux d’avant l’ouverture du champ médiatique, en 1990. Faut-il pour autant affirmer que cette nomination, quand bien même elle dénoterait de la volonté du gouvernement de dépoussiérer un secteur dont l’aspect presse écrite s’est endormi sous ses lauriers du fait qu’il est rassuré d’être approvisionné en pages publicitaires via l’entreprise étatique Anep sera salutaire ? A défaut de parvenir à un résultat immédiat, il faut reconnaître à Hachemi Djiar d’avoir essayé de renverser la vapeur. 

Depuis sa nomination, le ministre de la Communication, dans ses différentes déclarations, donne l’image d’un homme décidé à donner un coup de pied dans la fourmilière en introduisant quelques changements qu’il espère qualitatifs. Ainsi, il affirme vouloir mettre en place une nouvelle stratégie qui tienne compte à la fois des impératifs du professionnalisme et de la mission publique qui est dévolue aux médias publics. Dans sa stratégie, M. Djiar ne cache pas vouloir redonner aux médias publics audiovisuels ou écrits une nouvelle dimension en les incitant à réaliser et donc présenter un travail de qualité. Il estime, à juste raison, qu’à l’avenir, c’est cette seule arme qui permettra aux médias publics de concurrencer les publications étrangères et les titres privés — du moins certains d’entre eux, devenus à tort une référence dans le traitement  de l’information.

C’est en favorisant une information de qualité tout en se préservant du travers — le sensationnel — dans lequel sont tombés nombre de titres privés dans leur course effrénée à l’audimat avec des ouvertures qui privilégient le sang, le crime, le terrorisme et, depuis peu, les scandales, que les médias publics pourront reconquérir quelques parts de marché. La tâche, on en est conscient, ne sera pas de tout repos. Le retard accumulé est très important. Plus d’une décennie durant, les responsables des médias publics, écrits ou audiovisuels, se sont laissés dépasser. Non pas que les compétences professionnelles n’existent pas au sein des ces organes, mais tout simplement parce que ce sont là des choix qu’ils se sont imposé pour — peut-être — ne pas attirer la réprobation qui viendrait d’«en haut».  D’autres soutiennent que ce souci de ne pas faire de vagues — quitte pour cela à sacrifier une information qui, de toutes les manières sera reprise par d’autres confrères — est seulement dicté par des calculs étroits. Pour durer à son poste, il est préférable de ne pas provoquer la colère en publiant une information gênante. Au niveau de ces titres, des réflexes d’autocensure sont en vigueur. Du reste, pour lui donner plus de crédit, les tenants de cette explication rappellent que la majorité des responsables des médias publics sont en poste depuis plusieurs années. On citera à titre d’exemple ceux d’El Moudjahid et Horizons ou encore celui de l’ENTV. Une longévité qui préjudiciable à plus d’un titre du fait que la présence d’un même staff dirigeant ne permet pas l’introduction de sang neuf et d’une nouvelle vision adaptée à la nouvelle conjoncture. Pis encore, selon des indiscrétions qui proviennent de quelques organes publics, il semblerait que leurs directeurs généraux les aient transformés en une réelle propriété privée sans être inquiétés par leur tutelle. Ces directeurs généraux – qui se reconnaîtront – s’accordent, sur le dos de l’Etat, des salaires faramineux et des privilèges qui défient la décence alors que certains de leurs agents, recrutés depuis plusieurs années, ne sont pas déclarés à la sécurité sociale et touchent moins que le Smig.

Depuis plus de six mois qu’il est à la tête du ministère de la communication, Hachemi Djiar n’aura réussi à faire qu’un seul changement à la tête des 14 entreprises qui relèvent de son autorité : il a procédé à la nomination de Azzedine Mihoubi à la tête de la Radio nationale. Bien peu, faut-il le souligner, pour un ministre qui entend mettre de l’ordre et surtout hausser le secteur en le mettant au diapason de ce qui se fait ailleurs parmi les médias publics.

Il faut toutefois souligner que même si les pouvoirs publics entendent garder une presse gouvernementale «aux ordres» qui a pour tâche principale de faire passer la communication institutionnelle, il reste que le ministre en charge de ce secteur prend bien soin de faire comprendre que le besoin actuel est d’avoir une presse publique performante, de qualité et non outils d’information qui ne sont qu’une chambre de résonance. A moins que le volet des nominations ne relève de la seule prérogative du ministère. Il est vrai que la communication est un domaine tellement sensible — elle serait le quatrième pouvoir — qu’un grand nombre d’interférants est relevé dans ce domaine. Du reste, il est de notoriété publique que l’ENTV et l’APS sont deux organes qui  relèvent plus de la Présidence que du ministère. A telle enseigne que les directeurs généraux de ces entreprises estiment avoir un statut à part et ne tiennent nullement compte des directives du ministre de la Communication.

Une réalité admise devant les députés par Khalida Toumi alors qu’elle était à la tête de ce département. Il y a fort à parier que cette réalité est identique à celle à laquelle a été confronté M. Djiar lors de sa prise de fonctions. C’est ce qui explique la récente directive élaborée par le président de la République qui demande à l’ensemble des directeurs d’entreprises relevant de la tutelle de M. Djiar de «réviser leur organisation, leurs techniques et leurs pratiques de gestion devenues, à bien des égards, obsolètes et contre-productives». Abdelaziz Bouteflika estime que «la capacité de ces entreprises doit reposer sur une organisation rigoureuse, des règles managériales bien établies, des objectifs définis, des contenus élaborés et une bonne gestion des ressources humaines».  C’est dire aussi que le premier magistrat du pays n’est pas dupe car il ne fait pas l’ombre d’un doute que cette directive a été élaborée sur la base d’une évaluation qui lui a été faite par celui qui, avant sa nomination dans le gouvernement Belkhadem, occupant de ce fait un poste laissé vacant plusieurs mois, avait été son conseiller au niveau de la Présidence. Cette nomination a fait dire à quelques observateurs qu’elle obéissait au souci du Président de donner un nouveau souffle à la communication, puisqu’il semblerait que M. Djiar  ne soit que porteur du projet de réforme du secteur initiée par la Présidence. Une réforme qui viserait à relancer la communication publique et réhabiliter par voie de conséquence ses vecteurs. Dans la perspective d’un troisième mandat ? Pour l’heure on ne peut rien trancher. Mais quand bien même tel serait l’objectif inavoué de cette réforme, il faut préciser que désormais, les responsables des entreprises sous tutelle sont tenus de se (re)mettre  «sous la tutelle complète et totale du ministère». Mieux encore, ils sont tenus «par une obligation de résultats dans le cadre de la politique de réforme» du secteur. C’est aussi  la preuve que, du côté des pouvoirs publics, on ne veut plus s’accommoder de la présence d’entreprises étatiques budgétivores sans une quelconque contrepartie qualitative. Il n’est en effet un secret pour personne que les médias publics ont perdu toute crédibilité et n’ont de ce fait aucun impact sur l’opinion publique. Si pendant de longues années, les pouvoirs publics ne pouvaient que se rendre à cette évidence, il en est autrement aujourd’hui, à la faveur des changements intervenus sur tous les plans de la vie nationale.

En fait, la nouvelle stratégie de communication retenue consiste à donner à l’opinion publique, à travers les médias publics, ce plus qualitatif et cette dose de  crédibilité qui font la différence. Le pari est-il difficile à tenir ?

Le premier axe sur lequel travaille le ministère est l’information de proximité. C’est dans cette optique que des instructions ont été données, il y a de cela plus d’une année, aux différentes radios locales en vue de créer leurs propres forums. Le lancement, tout dernièrement, du forum de la radio El-Bahdja et encore celui de la radio locale de Béchar dénotent de l’application, bien que tardive, de cette instruction. Le projet en gestation du lancement de nouvelles publications obéirait également à cette stratégie.

En définitive, si une leçon devait être tirée de la nomination de M. Djiar à la tête du département de la Communication, c’est que les pouvoirs publics n’entendent pas laisser tomber les organes qui relèvent de sa tutelle.

Nadia Kerraz  

 

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Des titres disproportionnés

Des Unes aguichantes comme une vitrine de sous-vêtements féminins. La similitude est exagérée ? Certainement pas, quand on sait la légèreté avec laquelle on propose, sous des titres flamboyants — et par le recours immodéré aux grosses ficelles du métier —  un contenu qui ne révèle finalement que la modestie des moyens de la presse algérienne et ses difficultés à évoluer vers une professionnalisation. Loin de vouloir faire le procès de cette même presse, les journalistes comme les lecteurs constatent depuis longtemps cette propension aux titrages magnifiques, préalable au sentiment de n’avoir rien appris.

Quelques exemples de titres de Unes en période de vaches maigres. Le mois de ramadan est de ces moments insoutenables pour les responsables de journaux, secrétaires de rédactions et rédacteurs en chef qui ont du mal à boucler leurs unes faute d’événements significatifs et surtout faute de temps pour pouvoir offrir aux lecteurs autre chose qu’une soupe réchauffée.    

Le Soir d’Algérie du 19 octobre 2006 titrait, en seconde ouverture, «la guerre des arouch». L’observateur le moins averti de la scène politique nationale sait très bien que les ârouch ont implosé en 2003 ; d’ailleurs l’article lui-même rappelle que le mouvement, qui avait animé l’actualité dans le centre du pays, n’est plus que l’ombre de lui-même et qu’il s’est  dissous dans la vie publique. Méritait-il un titre de page une, bon uniquement à accrocher le chaland ?

Dans El Watan du 18 octobre, c’est l’affaire Zendjabil qui fait la Une sous un surtitre qui évoque une prétendue enquête qui, bien évidemment, n’a jamais eu lieu. Les informations recueillies de bonnes sources sont exclusives certes, mais le seul mérite du journal est de présenter dans un format digeste (qu’on ne voie ici aucun jeu de mot facile alors que l’article est publié en plein ramadan) des condensés de rapports ou de confidences d’autorités entre les mains desquelles se trouve Zendjabil.

El Khabar, le plus grand quotidien du pays, publie pour sa part dans son édition du 17 octobre les détails du détournement de 40 milliards à la BNA. Là aussi, point de travail d’investigations mais l’expression du point de vue et la version des faits du directeur de ladite banque au cours d’une interview accordée au journal.

Le Jour d’Algérie s’allie aussi à cette manière de faire en annonçant, en une, «arriérés de salaires : 37 000 travailleurs attendent». Ce qui est mis en évidence est bien entendu le chiffre impressionnant ; quant à l’article en question, il s’agit d’une synthèse de l’évolution de la situation des salaires, notamment ceux impayés, après la dernière tripartite.

Une norme ?

En fait, aucun journal n’échappe à ce phénomène qui tend surtout à réduire de l’ampleur du travail d’informer. Cela est d’autant plus vrai que les journaux algériens ne sont pas des tabloïds anglais, férus de scandales et de scoops people. Pourtant, ce qui est proposé aux lecteurs c’est exactement cet emballage honni et critiqué par la profession de par le monde. Le plus grave c’est que cela n’est pas dicté par choix éditorial et commercial réel, mais souvent par un souci de facilité et faute de pouvoir faire autrement pour ne pas offrir une page d’ouverture attendue, en fait aussi attendue que l’information qui  est présentée en pages intérieures.

La presse algérienne ne bidouille pas ses sujets. Les informations qu’elle publie sont, sauf quelques rares exceptions du fait de manipulations dont elle a été victime, vraies et vérifiées. Mais la disproportion entre les titres et le contenu des articles est telle qu’on a du mal à comprendre cette démarche suicidaire aux effets les plus néfastes sur les lecteurs.

La Une aux forts relents de scoops éventés, si tant est qu’elle a pour objet d’attirer l’attention, porte un sacré discrédit aux journaux. Ce qui est révélé aux lecteurs à travers cette façon de faire, c’est surtout la faiblesse des moyens et l’incapacité à approfondir les sujets ou à mener des investigations comme l’imposent les canons du métier depuis des siècles et comme promis surtout aux lecteurs qui succombent aux titres de unes.

Ce qui est vendu depuis des années ce sont des informations relayées par les journaux.  Sans révélations des acteurs des faits eux-mêmes, sans dossiers ficelés, sans fuites organisées et sans confidences adossées aux sources généralement bien informées, point d’information. Mais au-delà de l’information présentée avec panache en une, rarement sont approfondis les sujets par les journaux eux-mêmes. Les débats qui sont suscités par certaines questions sont surtout l’objet de contributions extérieures, censées apporter des points de vue que les journalistes n’ont pas exprimés pour traiter de la manière la plus objective leurs sujets.

Les Unes aguichantes cachent-elles donc un malaise profond à faire son métier ? Probablement. Quand on observe avec attention comment évolue la scène médiatique algérienne, on s’en rend bien compte. Aujourd’hui, ce sont au moins 45 quotidiens qui envahissent la place et se partagent un lectorat limité. Se prévalant pour leur écrasante majorité de diffusion nationale, leur multiplication ne peut que rarement présenter autre chose qu’une duplication des mêmes informations à propos des mêmes couvertures — durant lesquelles les journalistes se sont marché sur les pieds la veille — ou des mêmes fuites organisées ou des synthèses des mêmes documents remis à quelques journalistes.

Comme si elle vivait une crise de croissance permanente, la presse algérienne évolue en nombre mais pas en qualité. Ses Unes reflètent tout simplement ses malaises.

Amine Esseghir

 

Retard d’évolution

La pesse algérienne libre est née au début des années 90 sur les ruines de la presse publique soumise au pouvoir politique. Cela ne devait en aucune manière l’empêcher de suivre l’évolution de la presse écrite dans le monde de la fin du XXeme siècle tant elle présentait une audace et un talent digne de son époque. Pourtant, il  a fallu qu’elle rate l’évolution de cette décennie qui a vu les journaux fortement concurrencés d’une part par les médias lourds, de plus en plus allégés et prompt à réagir en directe du fin fond du monde avec des images inédites et spectaculaires et d’autre part   par la percée inattendue d’Internet.

Pour se sauver et préserver sa particularité elle a fondé son action sur sa capacité à approfondir les sujets par un professionnalisme et un temps incompressible consacré au travail d’investigation que la télévision peut rarement se permettre et à se placer dans une logique de prospective en favorisant l’analyse et l’investigation ainsi que les outils modernes de communication comme les sondages. Un autre aspect de  cette presse moderne sa capacité  à être en interactivité permanente avec ses lecteurs. L’exemple le plus évident de cette interactivité la mise en place de médiateurs qui publient les critiques et observations des lecteurs mettant en point de mire le fait que la presse écrite, à la différence des autres médias, s’adresse à l’intelligence. Aucun  de ces éléments qualificatifs  de la presse écrite du XXIeme siècle ne s’applique malheureusement à la presse algérienne.

A. E.

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Médias

Quand le gain prime

Même si on est loin d’égaler les pays développés en matière de journaux, il faut dire qu’on trouve un bon nombre de titres sur le marché. Il en paraît aussi de nouveaux, aussi bien en arabe qu’en français. Et c’est un peu normal, car notre expérience dans le domaine de la presse privée est récente. Mais que faut-il retenir de cette pluralité ? Est-elle le reflet des changements qui sont en train d’intervenir dans notre société ? Est-elle le baromètre qui renseigne sur la vie politique et les tendances qui s’y impriment ? Il faut croire que cette pluralité, si elle traduit une certaine ouverture qui a permis la présence de cette presse — c’était inimaginable avant — n’a pas été utilisée à bon escient par ces médias qui n’ont pas su ou pas pu se polariser autour d’idées nouvelles, politiques ou sociales. L’appât du gain est finalement le moteur qui imprime la tendance.

Quand pour la première fois ont apparu, au début des années quatre-vingt-dix, des titres autres que ceux que tout le monde avait l’habitude de voir dans les kiosques et de lire à défaut d’autre lecture plus intéressante, c’était carrément l’émerveillement. Pour la première fois, le lecteur avait la possibilité de choisir son journal. Cette nouveauté fut ressentie comme une certaine liberté et un début de cette démocratie dont on entendait parler dans les pays développés. Cet enthousiasme était aussi partagé par des journalistes frustrés par des années de censure et parfois d’autocensure dans la seule presse qui existait alors : celle du secteur public où toute liberté de dire les choses était fermement muselée.

Le résultat de cet enthousiasme ne s’est pas fait attendre : des journaux se mirent à paraître à un rythme tel que les kiosques en étaient tout bonnement débordés.

Lancer un journal était décidément dans l’air du temps. Tout le monde s’y était mis, même ceux qui ne connaissaient rien au métier. Résultat : les kiosques regorgent de journaux, mais, curieux paradoxe, le lecteur n’a pas l’embarras du choix car ce foisonnement était plutôt dominé par une presse de qualité douteuse, où les scandales de la vie intime des gens étaient dévoilés sans scrupules. L’essentiel étant de vendre le plus grand nombre d’exemplaires pour s’enrichir.

Mais il faut savoir aussi que si le lancement d’un journal sur le marché n’est pas une mince affaire, maintenir un titre dans ce abondance et cette pluralité s’avère encore plus difficile. Certains l’ont appris à leurs dépens et beaucoup de ces titres ont essayé de durer, contre vents et marées, mais on fini par disparaître.

Les lecteurs, éblouis par ce foisonnement, n’en gardent pas le moindre souvenir. On ne s’improvise pas journaliste du jour au lendemain ni gestionnaire non plus. Chaque métier a besoin de gens bien au fait de ses secrets.

Depuis l’avènement du multipartisme et de la pluralité, beaucoup de titres ont disparu. Chacun pour une raison bien précise. Problèmes techniques, absence de local, manque de professionnalisme, mauvaise gestion… Mais la majorité n’a pas pu se faire une place parmi tant d’autres à cause des problèmes financiers. Car créer un journal et ensuite le maintenir exige beaucoup d’argent. Nul n’ignore pas qu’aucun journal n’arriverait à survivre du fruit de ses ventes seulement ; les pages de publicités qu’on y retrouve constituent le plus important de l’apport financier.

C’est connu, un journal qui prospère est un journal sur lequel la manne publicitaire qui se déverse est importante. Donc, beaucoup de titres ont disparu, mais d’autres ont pu tenir le coup.

Faut-il croire que ces journaux ont "réussi" parce que le lecteur a fini de différencier le bon grain de l’ivraie ? Il y a peut-être un peu de cela, car sitôt passé l’émerveillement des premiers temps, les lecteurs se sont mis à choisir des publications plus intéressantes et plus sérieuses.

Mais il faut croire aussi que les éditeurs ont tout de suite compris d’où pouvait venir la raison qui leur permettrait de durer dans le temps, mais aussi et surtout de réaliser de gros bénéfices et devenir des journaux que tout le monde désigne par "riches". Leurs intérêts étaient et sont toujours intimement liés à l’apport publicitaire.

Au fil du temps, les lecteurs — même les moins avisés — ont fini par comprendre que la presse qu’on avait au départ dite indépendante, est en fait une presse privée. Chaque journal a son bailleur de fonds qui est tracé dans sa ligne éditoriale. Affinités politiques, inimitiés, divergences, sautes d’humeur, changements de tendance… sont aussitôt décelés à travers les pages du journal.

Quand le journal n’a plus le même bailleur de fonds, sa ligne éditoriale change parfois du tout au tout. Et c’est comme cela que le lecteur découvre des changements sans parfois en comprendre les mécanismes. Normal, car il est tout de même loin du monde de la presse et n’arrive pas à déceler ce qui fait qu’un journal prospère et qu’un autre se débat dans les problèmes financiers.

Et c’est donc en fonction de la manne publicitaire qui le fait vivre qu’un journal se trouve être le défenseur impénitent d’un parti politique et d’une tendance plutôt que d’une autre, à tel point que le lecteur, pas toujours avisé, affirme dur comme fer que tel journal ou tel autre appartiennent à des partis politiques, alors qu’en réalité ce n’est nullement le cas. Il se trouve tout simplement que celui qui assure l’apport penche plutôt vers un parti que vers un autre.

Si quelqu’un d’autre, dont les penchants politiques et les tendances sont différents, peut s’introduire dans le même journal, grâce, bien entendu, à des encarts publicitaires importants et surtout réguliers, il est assuré de voir ses tendances politiques fermement défendues dans ces mêmes pages.

Ce simple survol de la presse privée en Algérie, depuis l’engouement des premières années où le lecteur a eu droit à une profusion de journaux et ensuite la disparition de la plupart de certains périodiques face à une concurrence sans foi ni loi, et enfin le maintien sur le marché de quelques titres qui s’évertuent chacun à donner une information que les autres n’ont pas et qui, parfois, s’avère de l’intox, nous renseigne, on ne peut mieux, sur l’état d’esprit de la plupart des éditeurs qui cherchent à s’enrichir.

Ce qui revient à dire que l’ouverture démocratique qui a permis l’émergence d’une presse nouvelle, différente de la presse étatique où la plupart des sujets étaient tabous, même ceux qui traitent des problèmes de la société tel l’avortement, les filles-mères, la drogue, le sida… a été tout de même bénéfique sur certains points et a levé l’ombre sur beaucoup de sujets importants. Cette ouverture pourtant n’a pas été perçue comme une aubaine pour ancrer une vraie démocratie, celle qui assure la libre expression et la libre opinion, se polarisant sur des idées nouvelles sociales et politiques pour être un vecteur de développement de la société. C’est finalement l’appât du gain qui est le maître du jeu.

Khadidja Mohamed Bouziane

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Disparition de la presse partisane

Les partis ont-ils peur de s’exprimer ?

Depuis la fin de l’année 1999, date de la disparition de Libre Algérie (bimensuel du Front des forces socialistes), la presse partisane d’opinion s’est complètement éclipsée de la scène médiatique. Les partis n’ont-ils vraiment rien à dire à leurs militants et aux citoyens ? Dans quelle mesure cette situation arrange-t-elle les pouvoirs publics ? Tentative de décryptage.

Faut-il attendre une campagne électorale, une interview dans la presse écrite privée ou un communiqué pour savoir ce que pensent tel ou tel parti politique des questions qui font l’actualité algérienne ? Il semble bien qu’il faille se résigner à cette situation. Ni les partis sont en mesure (financièrement et logistiquement) de créer leurs propres journaux, ni les pouvoirs publics ne semblent emballés par l’idée (républicaine) d’aider les formations politiques à exprimer leurs positions et, par conséquent, les citoyens en général et les électeurs en particulier de s’abreuver à d’autres sources d’information que celles des JT, des séminaires et des conférences de presse officielles.

Nous sommes loin de la floraison des titres partisans de la période 1989- 1991. Une floraison qui avait coïncidé avec l’ouverture démocratique post-événements d’Octobre 1988, qui avait donné naissance à plusieurs titres appartenant à des partis politiques. Cessant d’être des tracts (du temps de la clandestinité) certains titres sont désormais vendus dans les étals : Sawt Ech-Chaâb pour le PAGS et El-Badil pour le MDA de Ahmed Ben Bella. Quant aux nouvelles formations politiques, nées à la faveur de l’adoption de la Constitution de 1989, elles avaient elles aussi créé leurs propres titres. Le FIS et le RCD étaient les premiers. Le parti islamiste n’avait pas moins de quatre titres, dont un en arabe et en français, El-Mounqid, qui s’arrachait dès sa sortie des rotatives pour être diffusé dans l’ensemble des wilayas. L’Avenir, du RCD, était également très attendu aussi bien par les partisans du parti de Saïd Sadi que par un lectorat de la mouvance démocratique. Le plus vieux parti de l’opposition démocratique, le FFS, se joint lui aussi au nouveau paysage médiatique avec Libre Algérie. Bien plus tard, le parti de feu Mahfoud Nahnah lançait lui aussi son organe central, En-Naba. D’une périodicité moins régulière, le PST et le PT éditent respectivement El-Khatwa et Fraternité.

La presse du FIS disparaît immédiatement après l’arrêt du processus électoral survenu en janvier 1992. Les autres titres ne résistent pas longtemps également. Avant fin 1994, il n’existait aucun titre partisan, à la seule exception d’El Moudjahid Hebdo du Front de libération national (FLN) qui a duré jusqu’aux années 1997-1998.

En cette même période, Libre Algérie revient à son tour à l’occasion des élections législatives de 1997. Après plusieurs années d’unanimité éditoriale, le journal du FFS (dirigé, cette fois, par une équipe non partisane) avait réussi à proposer une autre lecture des événements. L’aventure n’a duré que deux années. Des problèmes financiers ont eu raison de cet espace d’expression qui ne bénéficiait d’aucune rente publicitaire.

Insignifiante aide étatique

Plusieurs facteurs ont contribué à la disparition de la presse partisane. Le plus important est sans doute la situation financière des titres, mais également de la volonté politique de maintenir (ou non) une tradition de communication. Sur le plan financier, il faut dire que l’aide de l’Etat n’était pas abondante, en particulier en matière de publicité. Un journal partisan est donc entretenu par des militants jusqu’à ce que ces derniers s’essoufflent. On peut supposer que chaque titre avait son lectorat constitué des militants du parti. Lorsqu’on représente des couches plus ou moins larges (FIS, FFS, RCD, Hamas) on peut aisément écouler quelques dizaines de milliers d’exemplaires par semaine. Ceci en théorie. Car hormis le FIS dont les journaux se vendaient comme des petits pains, le reste de la presse partisane n’avait pas autant de succès sur les étals des buralistes.

La situation politico-sécuritaire, après janvier 1992, a parachevé le désastre. A la difficulté pour les partis opposés à ce choix de s’exprimer dans les médias publics, d’énormes contraintes ont été dressées sur le chemin de la presse partisane du FLN et FFS. Pour rappel, le FLN avait même créé un quotidien national d’information, El Djazaïr El Youm, dirigé par son secrétaire général de l’époque Abdelhamid Mehri, qui a vite été interdit.

Par ailleurs, pour certaines formations politiques du courant démocratique, il semblerait que l’arrêt de leurs titres répondait à la logique du moment, renforcée par de grandes possibilités de s’exprimer dans les médias publics, mais également par l’existence d’une presse privée à vocation partisane largement favorable à l’arrêt du processus électoral. Au point où jusqu’au début des années 2000, des titres de la presse privée étaient perçus (d’autres le sont encore) comme des organes centraux de certains partis politiques de la mouvance démocratique.

Avec la disparition de Libre Algérie en octobre 1999, c’est toute la presse partisane qui s’éclipse des étals. Le Parti des travailleurs tente tant bien que mal de maintenir en vie son organe central, Fraternité, mais sans grande portée éditoriale étant donné qu’il est introuvable chez les buralistes.

Manque de lisibilité

Maintenant que l’existence d’une presse privée à vocation partisane prend largement du recul, pour des raisons essentiellement commerciales, les partis politiques ne devraient-ils pas relancer leurs propres titres ? Pour le moment, exceptée l’expérience du PT, il n’existe aucun projet de relance ou de création en vue.

Les contraintes aidant, c’est maintenant une forte apathie à s’exprimer qui s’empare des partis politiques. Des partis qui préfèrent réagir au lieu de construire leur action dans la continuité. Des commentaires par-ci, des entretiens par-là, des discours prononcés à de rares occasions, juste ce qu’il faut pour réagir sur quelques questions nationales (révision de la Constitution, révision de la loi sur les hydrocarbures…), mais point de stratégie de communication chez les partis politiques, en particulier ceux de l’opposition.

S’il faut reconnaître qu’ils entretiennent mieux leurs sites Web (certains sont introuvables – comme c’est le cas pour le MSP, FLN et El-Islah) qu’ils mettent à jour régulièrement (cas du FFS, du RCD et du RND), il reste que l’Internet ne peut remplacer le bon vieux papier journal pour faire avancer ses idées au sein de la société. Que l’on ne s’étonne pas qu’un Tlemcénien ou qu’un Skikdi soit moins enclin à voter FFS ou RCD, non pas parce qu’il soit réfractaire à leurs programmes politiques respectifs, mais parce qu’il n’en prend connaissance qu’à l’occasion des campagnes électorales.

L’existence d’une presse partisane est plus que souhaitable. Elle permettrait plus qu’une meilleure lisibilité de l’actualité nationale. D’aucuns pensent que les partis politiques devraient s’exprimer franchement sur les scandales financiers qui touchent les banques privées et publiques, sur les détournements du foncier agricole, sur l’indépendance de la justice, sur leur lecture des lenteurs de la révision des codes communal et de wilaya, sur le niveau de la corruption atteint dans le pays et sur d’autres scandales comme celui de BRC, les barons de la drogue en Algérie et la recrudescence des attentats et des kidnappings en Kabylie. Les militants et les citoyens auraient également souhaité que les partis s’expriment sur la révision des statuts de la Fonction publique, sur l’augmentation du SNMG et sur l’exercice des libertés syndicales. Pas seulement de manière épisodique, mais de façon continue et pédagogique. Car c’est comme cela aussi, et pas seulement avec des marches et des sit-in, qu’on crée une opinion publique favorable à son programme politique.

Abdelkader Djalil

     

 

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