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Sahara occidental
L’ombre des
accords tripartites de Madrid
Une nouvelle
bataille est engagée, entre les autorités du Maroc et celles de la
RASD, autour des droits de l’homme au Sahara occidental, après celle
de «l’identification du corps électoral». Comment en sommes-nous
arrivés là, alors que l’ex-colonie espagnole, classée « territoire
non autonomie » par les Nations unies depuis plus de 40 ans, attend
toujours d’être décolonisée ?
Le 6 novembre
dernier, le roi du Maroc a prononcé un discours, à l’occasion du 31e anniversaire
de la tristement célèbre «marche verte», dans lequel il a conforté
la voie de l’intransigeance. Tournant le dos aux engagements
internationaux du royaume pris durant 15 longues années, Mohammed VI
a exprimé son attachement à cette marche, sous prétexte de récupérer
les «provinces du sud», au mépris des résolutions de l’ONU sur
l’ex-colonie espagnole et de l’avis de la Cour de la Haye. Il a
aussi rappelé la création, en mars dernier, d’un Conseil royal
consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas) pour «défendre la
marocanité» du Sahara occidental. Le jeune roi a même usé
d’intonations propres à l’ère de la guerre contre le terrorisme pour
accabler l’Etat sahraoui de tous les maux. Selon lui, l’instauration
d’un Etat indépendant menacerait l’espace maghrébin, la région du
Sahel et les rives méridionale et septentrionale de la Méditerranée,
de « balkanisation ». De quelle façon ? Aucune indication n’a été
donnée à ce sujet.
Mais on apprendra
de sa bouche que la bataille autour des «droits humains de la
communauté établie à l’étranger» a commencé, pour la conquête des
Sahraouis à la cause royale.
L’intransigeance
du Maroc et ses reniements suscitent des interrogations, notamment
après la réunion du Conseil de sécurité. Le Conseil, pour rappel, a
adopté, à la fin du mois d’octobre, à l'unanimité de ses membres, la
résolution 1720, dans laquelle il réaffirme le droit légitime du
peuple sahraoui à l'autodétermination. Le
texte, co-parrainé par l'Espagne, la France, les Etats-Unis, la
Grande-Bretagne et la Russie,
exprime la volonté
d'aider les parties à parvenir à «une solution politique juste,
mutuellement acceptable» qui permette l'autodétermination du peuple
sahraoui «dans le cadre d'arrangements conformes aux buts et
principes énoncés dans la Charte des Nations unies». Il prolonge
(encore) de six mois le mandat de la Mission des Nations unies pour
le référendum au Sahara occidental (Minurso), jusqu'au 30 avril
2007, en restant fidèle à la résolution 1495 de juillet 2005 qui
porte sur «le plan de paix pour l’autodétermination du peuple du
Sahara occidental» (plan Baker), qui invite le corps électoral à
choisir entre trois options : l’indépendance, l’autonomie et
l’intégration au royaume du Maroc.
En réaffirmant le
droit fondamental des Sahraouis à l’autodétermination, la résolution
1720 prend en compte la position de la IVe commission de
la décolonisation (vote du 13 octobre). Seulement, elle reste muette
sur la répression exercée par les forces marocaines sur la
population sahraouie civile, malgré le rapport du Haut-Commissariat
des Nations unies pour les droits de l’homme qui accuse les forces
marocaines d’avoir fait usage de «tortures» et de «la force d'une
manière non discriminatoire et disproportionnée» contre les
manifestants sahraouis pacifiques qui réclamaient l'exercice de leur
droit à l'autodétermination et l’indépendance.
On retiendra des
batailles ayant précédé la réunion du Conseil de sécurité et le
contenu de la résolution que les conditions actuelles sont très
défavorables au Maroc, même si celui-ci bénéficie de complicités au
sein des centres de décision de l’ONU. Cela nous ramène à parler du
dernier rapport (du 16 octobre 2006) du secrétaire général des
Nations unies, Kofi Annan, et de ses tentatives à imposer la
«proposition» marocaine. Celui qui avait fait appel à l’ancien
secrétaire d’Etat américain, James Baker, pour asseoir l’option
autonomiste au Sahara occidental, semble accorder plus d’attention
au projet d’autonomie qui lui sera présenté au cours des prochains
mois. L’agresseur et l’agressé sont placés sur le même pied
d’égalité et à M. Annan d’opposer les doléances pressantes du
Polisario sur les violations des droits de l’homme dans les
territoires occupés sahraouis à l’appel du Maroc pour mettre fin à
l’oppression dans les camps de Tindouf.
Le secrétaire
général sortant marque également sa préférence pour les
négociations, sans juger utile de rappeler tous ces pourparlers
organisés par l’OUA (devenue Union africaine) et l’ONU, surtout ceux
qui ont abouti à la signature d’accords et à l’acceptation du plan
de règlement de 1991, avant d’être rejetés par Rabat. Plus encore,
Kofi Annan use de la ruse du fifty-fifty pour affirmer aux membres
du Conseil de sécurité que les négociations «ne peuvent porter ni
sur une proposition d’autonomie pour le Sahara occidental sous
souveraineté marocaine (…) ni sur un référendum incluant l’option de
l’indépendance». Il insiste pour qu’ils se dessaisissent ouvertement
du caractère colonial du dossier sahraoui en leur écrivant : «Le
fait que le Conseil de sécurité ait acquiescé au rejet par le Maroc
d’un référendum incluant l’option de l’indépendance n’implique pas
qu’il a lui-même rejeté l’idée d’un tel référendum.» Pour resserrer
l’étau sur les Sahraouis, il note que «si aucune des deux parties ne
peut accepter cette approche ouverte à tous, il n’y aura pas de
négociations», avant de dévoiler ses desseins : «Il s’agirait là
d’un sérieux revers pour le Maroc, qui souhaite vivement que
la communauté internationale reconnaisse sa souveraineté sur le
Sahara occidental. Un revers pour l’un n’est toutefois pas
automatiquement une victoire pour l’autre, et le Front Polisario ne
devrait pas se réjouir non plus, car à mesure que se prolonge
l’impasse, la communauté internationale s’accoutume
inévitablement de plus en plus à l’exercice d’un contrôle du Maroc
sur le Sahara Occidental.» M. Annan finit par trancher en faveur de
la primauté de la réalité politique sur la légalité internationale,
évoquant la conclusion, en juillet 2006, de l’accord de pêche
Maroc-Union européenne et pressant le Polisario «d’entamer des
négociations maintenant, tant qu’il règne au Conseil un consensus
autour de l’idée selon lequel une solution politique négociée doit
prévoir l’autodétermination du peuple du Sahara occidental».
Faut-il croire que
cet Africain soit resté fidèle aux aspirations de liberté et
d’indépendance du continent noir ?
Dans le chapitre
réservé à la Minurso, Kofi Annan parle des changements opérés. Le
renforcement des fonctions de surveillance de la mission onusienne
et le maintien du cessez-le-feu instauré en 1991 sont classés
prioritaires.
L’autre priorité
de l’ONU sera celle des droits de l’homme. A ceux qui appellent à la
mise en place de mécanismes de protection de la population sahraouie
des zones occupées, il demande de patienter.
Quant à l’aide
humanitaire internationale aux réfugiés sahraouis, elle est marquée
par des retards dans l’approvisionnement et l’épuisement des stocks,
selon lui. L’on comprend les SOS lancés récemment par le
Croissant-Rouge sahraoui au HCR et au PAM pour les avertir d’une
véritable famine des réfugiés, alors des pays, tels les USA et
l’Espagne,
ont déjà remis
leur contribution au PAM.
Après De Cuellar
et Boutros-Ghali, le moment est venu pour M. Annan pour venir en
aide à un Maroc acculé par ses visées expansionnistes, en cherchant
à effacer la preuve du caractère colonial de la question sahraouie
et du droit du peuple du Sahara de choisir l’option d’indépendance
s’il le souhaite. Le décor de l’aventure néocolonialiste est planté
de nouveau, 31 ans après la signature des accords tripartites de
Madrid, à travers la création du Corcas et la promesse d’une
proposition d’autonomie. Les moyens pour forcer la main aux
dirigeants sahraouis semblent tout indiqués : la famine des réfugiés
et l’arme à double tranchant des droits de l’homme.
Z’hor Chérief
Haut
Afghanistan
Cinq ans après
la chute des taliban, le pays reste à pacifier
Cinq ans après la
chute des talibans sous les bombes américaines, l'Afghanistan est
plongée dans le chaos. Les attaques d'insurgés ont atteint une
violence inégalée sur fond de désillusion de la population à l'égard
d'un gouvernement jugé corrompu. Les violences, les plus meurtrières
cette année depuis novembre 2001 avec un millier de civils tués,
sont "le résultat de l'échec de l'intervention internationale
pour stopper le cycle de décennies de conflit" dans ce pays,
selon l'ONG International Crisis Group. "La première erreur des
Américains et de leurs alliés a été de ne pas octroyer assez de
troupes et de ressources, ce qui a permis le retour des talibans et
de l'insécurité, et entraîné une désillusion de la population et
l'impopularité du gouvernement", explique Ahmed Rashid, expert
pakistanais de l'Afghanistan. La Force internationale d'assistance à
la sécurité (ISAF) ne comptait en 2002 que 4 500 hommes, tous
déployés dans la région de Kaboul. Les effectifs sont depuis passés
sous la gouverne de l'Otan à 31 000 hommes, épaulés par les 10 000
militaires de la coalition internationale emmenée par les
Etats-Unis. A titre de comparaison, la province du Kosovo, environ
60 fois plus petite que l'Afghanistan, a accueilli quelque 40 000
soldats de l'Otan... Le chef de l'Isaf, le général David Richards, a
lui-même jugé insuffisants les effectifs pour contrer les violences
qui ont été pratiquement multipliées par deux depuis 2004 et
marquées par l'apparition d'une forme de terrorisme jusque là
inconnue en Afghanistan, les attentats-suicide.
L'autre erreur de
la communauté internationale a été, selon Ahmed Rashid, de ne pas
faire davantage pression sur les autorités pakistanaises pour que
"leur territoire cesse de servir de refuge aux talibans". Les
Américains étaient moins préoccupés en Afghanistan par les talibans
que par les militants d'Al-Qaîda. Mais faute de pressions sur le
Pakistan, "les taliban ont pu s'y réorganiser avec l'aide d'Al-Qaîda",
assure Ahmed Rashid.
L'opération
Liberté immuable a été lancée en Afghanistan, où s'était réfugié
Oussama ben Laden, après les attentats du 11 septembre 2001. Mais le
chef d'Al-Qaîda court toujours, ainsi que le leader spirituel des
talibans, le mollah Omar.
Sur le plan de la
reconstruction, les combats, mais aussi les enlèvements
d'humanitaires afghans ou étrangers, ont stoppé dans plusieurs
régions les activités de développement et "remis en cause
quelques uns des modestes gains réalisés depuis 2001 comme le retour
des enfants, et notamment des filles, à l'école", selon l'ONG
Human Rights Watch.
Pour faire face
aux besoins de ce pays pauvre, la force de l'Otan s'est lancée dans
la construction de ponts, d'écoles ou de cliniques, mais "sans un
Etat capable de les entretenir, cela n'a aucun sens", estime
Joanna Nathan, analyste basée à Kaboul pour International Crisis
Group, qui prône des réformes au sein de l'administration afghane et
réclame une campagne contre la corruption pour empêcher les Afghans
"désespérés et désillusionnés" de venir grossir les rangs d'une
insurrection qui "va durer encore des années". Car la situation aux
yeux de la population est encore pire qu'il y a cinq ans : le coût
de la vie a augmenté, les infrastructures de base restent
déficientes et la sécurité n'est plus assurée, selon l'ONG Action
contre la Faim. Les insurgés ne sont pas la seule source de
violences, selon les experts qui blâment les abus de potentats
locaux, parfois impliqués dans le trafic de drogue. Une situation
qui concerne particulièrement le sud du pays, où se concentrent
l'insurrection des talibans et la production d'opium.
Selon Joanna
Nathan, "le trafic de drogue contrôlé par des responsables au
sein même du gouvernement a largement contribué aux violences dans
la province d'Helmand (sud). Vous ne pouvez cultiver d'immenses
champs de pavot dans des régions sous contrôle du pouvoir central et
des forces étrangères". L'Afghanistan est le premier producteur
mondial d'opium.
Haut
Confortés par la chute de Rumsfeld
Les démocrates
entendent provoquer un changement de cap en Irak
Leur triomphe au
Congrès leur a permis d'obtenir la tête de Donald Rumsfeld et ils
veulent désormais pousser la Maison Blanche à un changement de cap
en Irak et à commencer à faire rentrer les troupes. Mais les
démocrates, qui avaient axé leur campagne sur la dénonciation de la
politique Bush en la matière, avancent tout de même sur des oeufs
sur ce dossier sensible.
La chute du patron
du Pentagone qui incarnait pour le monde entier le visage d'une
guerre américaine dévoyée était réclamée depuis de longs mois par
les démocrates et aussi de plus en plus de républicains. Mais Bush
réaffirmait régulièrement son soutien à son ministre de la Défense
et martelait que la guerre d'Irak était sur la bonne voie. Des
arguments qui ont perdu leur raison d'être après la "raclée" du 7
novembre, qui a contraint Bush à désormais reconnaître la nécessité
d'une inflexion.
Désormais, les
démocrates espèrent disposer de l'impulsion nécessaire pour pousser
au-delà du départ de Rumsfeld. Même si la question s'annonce
particulièrement difficile à gérer pour une nouvelle majorité
elle-même divisée et restée très prudente sur l'Irak.
La première étape,
l'année prochaine, sera le vote d'un texte appelant au retour
immédiat d'un nombre jusqu'ici indéterminé de soldats. Lorsque le
nouveau Congrès se réunira en janvier, les démocrates entendent
appeler à un début de retrait, et à augmenter les fonds pour les
anciens combattants et la formations des forces chargées des
opérations spéciales.
Les démocrates
jugent que ce sera là un signal politique fort en direction des
électeurs américains et un appel du pied aux Irakiens pour plus
assumer leurs responsabilités.
"Je crois qu'un
grand nombre de républicains voudront se joindre à nous, car il y a
un grand malaise dans ce pays",
estime Carl Levin, sénateur démocrate qui pourrait prendre la tête
de la Commission sénatoriale des armées dans le nouveau Congrès.
Une dynamique qui
pourrait d'ailleurs se mettre en branle avant la fin de l'année :
John Warner, l'actuel président de la commission sénatoriale, a déjà
prévu une audience sur l'Irak la semaine prochaine, avec le
témoignage de haut responsables militaires et du renseignement. Et
après l'annonce abrupte par Bush du départ de Rumsfeld, qui a
surpris tout Washington, Warner a d'ores et déjà fait savoir qu'il
voulait organiser avant la fin de l'année les audiences de
confirmation de son successeur, l'ancien patron de la CIA Robert
Gates. Des audiences qui pourraient bien se transformer en véritable
enquête sur tous les aspects de la guerre d'Irak.
Les démocrates
attendent également avec intérêt les recommandations de la
commission bipartisane sur l'Irak dirigée par l'ancien secrétaire
d'Etat James Baker, qu'on attend pour janvier, voire plus tôt.
Les démocrates de
la Chambre des représentants comptent également mettre sur pied,
l'année prochaine, une nouvelle commission appelée à se pencher sur
les abus dans les dépenses et les politiques de défense. Et aussi
peut-être une commission indépendante chargée d'enquêter sur les
fraudes et gaspillages liés aux milliards de dollars dépensés pour
la reconstruction de l'Irak, des dossiers délicats pour les
républicains.
Les démocrates
désormais majoritaires auront certes le pouvoir d'exiger des
informations à la Maison-Blanche et de contrôler les cordons de la
bourse fédérale, mais leur capacité à contrôler la politique
étrangère et de défense est constitutionnellement limitée : le
Président commande les forces armées et dirige la diplomatie. En
outre, bien que majoritaires au Sénat, leur marge y est étroite :
ils ne disposent pas de la majorité des deux-tiers nécessaire à
passer outre un veto présidentiel et adopter des lois auxquelles la
Maison-Blanche serait opposée. Ni des 60 voix nécessaires pour
empêcher les sénateurs républicains de pratiquer l'obstruction.
"Ils vont
devoir s'investir dans toutes les directions sur l'Irak",
estime Darrell West, professeur de
sciences politiques à l'Université Brown.
"Ils doivent prendre le temps, poser
les questions qui fâchent et voir comment la situation évolue sur
l'année prochaine."
Malgré ces
incertitudes sur l'avenir, les démocrates l'ont bien souligné, et
Bush l'a reconnu, ce scrutin aura été un référendum sur la guerre :
l'écrasante désaffection exprimée par l'électorat face à
l'enlisement irakien par les électeurs fait désormais peser une
pression accrue sur le président et les républicains. Mais aussi sur
les démocrates
Le départ de
Donald Rumsfeld annoncerait-il un retrait d'Irak ?
Ce départ du
Pentagone implique-t-il un infléchissement de la politique de Bush
en Irak ? Certains analystes n'hésitent pas à prédire un retrait
échelonné des forces américaines de l'ex-Mésopotamie, où elles sont
enlisées depuis trois ans et demi. En tant qu'artisan du
renversement du régime de Saddam Hussein, Rumsfeld a incarné cette
présence militaire fortement contestée au coeur même du
Moyen-Orient. Par voie de conséquence, il a été le premier à payer
le prix politique d'un engagement qui a coûté à Bush sa majorité
dans les deux chambres du Congrès.
Le remplacement de
Rumsfeld par l'ancien directeur de la CIA Robert Gates, toujours
selon ces mêmes analystes, est en soi annonciateur d'un changement
de stratégie en Irak. Gates est en effet membre de la commission de
"sages" conduite par l'ex-secrétaire d'Etat républicain James Baker
chargée de recommander à Bush dans les semaines à venir une voie de
sortie. On s'attend à ce que la commission bipartisane, coprésidée
par l'ancien représentant démocrate Lee Hamilton, se prononce pour
un retrait militaire progressif d'Irak.
On compte
actuellement plus de 150 000 soldats américains en Irak et plus de
2 800 autres ont été tués depuis le début de l'invasion du pays, en
mars 2003. "Que Rumsfeld s'en aille et que Gates arrive m'incite
à penser que l'on va assister, d'une façon ou d'une autre, à un
retrait par étapes", confie Lawrence Korb, ex-sous-secrétaire à
la Défense du temps du président Ronald Reagan. "On va réduire le
nombre de soldats graduellement pour dire aux Irakiens que les
Etats-Unis ne sont pas là-bas à jamais et qu'ils doivent compter sur
eux-mêmes", estime cet analyste. Le discours de Washington
jusqu'à présent consistait à dire que l'US Army resterait le temps
qu'il faudrait pour réduire la violence et permettre à l'armée
irakienne de prendre le relais.
"Il ne fait
aucun doute, à mon avis, que le niveau de l'engagement américain en
Irak va être réduit",
convient une autre analyste, Loren Thompson.
Au départ, l'armée
américaine a été confrontée en Irak à une résistance des sunnites et
à des attaques de membres d'Al-Qaîda mais désormais elle doit faire
face à un risque de guerre civile entre sunnites et chiites. De
nombreux experts estiment que la détérioration de la sécurité ne lui
laisse aucun bon choix. "Rumsfeld laisse les forces américaines
sans espoir de victoire", juge Thompson. Dès lors, un retrait
progressif des Etats-Unis aurait l'avantage de placer les autorités
irakiennes devant leurs responsabilités et de les inciter à
favoriser une réconciliation entre factions.
Mais, pour
l'analyste Tom Donnely, il n'est pas sûr qu'elles aient cet objectif
en tête et il est fort possible qu'une guerre civile soit la seule
issue. Washington, dans ce cas, n'aura d'autre choix que de tenter
de deviner qui en sortira gagnant. Reste qu’une chose est sure, les
Américains ont provoqué le chaos en envahissant l’Irak et dans cette
situation l’on imagine mal quel sera le futur de ce pays
complètement déstabilisé.
Haut
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