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Semaine du 15  au 21 novembre 2006

Sahara occidental

L’ombre des accords tripartites de Madrid

Afghanistan

Cinq ans après la chute des taliban, le pays reste à pacifier

Confortés par la chute de Rumsfeld

Les démocrates entendent provoquer un changement de cap en Irak

 

 
 
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Sahara occidental

L’ombre des accords tripartites de Madrid

Une nouvelle bataille est engagée, entre les autorités du Maroc et celles de la RASD, autour des droits de l’homme au Sahara occidental, après celle de «l’identification du corps électoral». Comment en sommes-nous arrivés là, alors que l’ex-colonie espagnole, classée « territoire non autonomie » par les Nations unies depuis plus de 40 ans, attend toujours d’être décolonisée ?

Le 6 novembre dernier, le roi du Maroc a prononcé un discours, à l’occasion du 31e anniversaire de la tristement célèbre «marche verte», dans lequel il a conforté la voie de l’intransigeance. Tournant le dos aux engagements internationaux du royaume pris durant 15 longues années, Mohammed VI a exprimé son attachement à cette marche, sous prétexte de récupérer les «provinces du sud», au mépris des résolutions de l’ONU sur l’ex-colonie espagnole et de l’avis de la Cour de la Haye. Il a aussi rappelé la création, en mars dernier, d’un Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas) pour «défendre la marocanité» du Sahara occidental. Le jeune roi a même usé d’intonations propres à l’ère de la guerre contre le terrorisme pour accabler l’Etat sahraoui de tous les maux. Selon lui, l’instauration d’un Etat indépendant menacerait l’espace maghrébin, la région du Sahel et les rives méridionale et septentrionale de la Méditerranée, de « balkanisation ». De quelle façon ? Aucune indication n’a été donnée à ce sujet.

Mais on apprendra de sa bouche que la bataille autour des «droits humains de la communauté établie à l’étranger» a commencé, pour la conquête des Sahraouis à la cause royale.

L’intransigeance du Maroc et ses reniements suscitent des interrogations, notamment après la réunion du Conseil de sécurité. Le Conseil, pour rappel, a adopté, à la fin du mois d’octobre, à l'unanimité de ses membres, la résolution 1720, dans laquelle il réaffirme le droit légitime du peuple sahraoui à l'autodétermination. Le texte, co-parrainé par l'Espagne, la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie, exprime la volonté d'aider les parties à parvenir à «une solution politique juste, mutuellement acceptable» qui permette l'autodétermination du peuple sahraoui «dans le cadre d'arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies». Il prolonge (encore) de six mois le mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), jusqu'au 30 avril 2007, en restant fidèle à la résolution 1495 de juillet 2005 qui porte sur «le plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental» (plan Baker), qui invite le corps électoral à choisir entre trois options : l’indépendance, l’autonomie et l’intégration au royaume du Maroc.

En réaffirmant le droit fondamental des Sahraouis à l’autodétermination, la résolution 1720 prend en compte la position de la IVe commission de la décolonisation (vote du 13 octobre). Seulement, elle reste muette sur la répression exercée par les forces marocaines sur la population sahraouie civile, malgré le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme qui accuse les forces marocaines d’avoir fait usage de «tortures» et de «la force d'une manière non discriminatoire et disproportionnée» contre les manifestants sahraouis pacifiques qui réclamaient l'exercice de leur droit à l'autodétermination et l’indépendance.

On retiendra des batailles ayant précédé la réunion du Conseil de sécurité et le contenu de la résolution que les conditions actuelles sont très défavorables au Maroc, même si celui-ci bénéficie de complicités au sein des centres de décision de l’ONU. Cela nous ramène à parler du dernier rapport (du 16 octobre 2006) du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et de ses tentatives à imposer la «proposition» marocaine. Celui qui avait fait appel à l’ancien secrétaire d’Etat américain, James Baker, pour asseoir l’option autonomiste au Sahara occidental, semble accorder plus d’attention au projet d’autonomie qui lui sera présenté au cours des prochains mois. L’agresseur et l’agressé sont placés sur le même pied d’égalité et à M. Annan d’opposer les doléances pressantes du Polisario sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés sahraouis à l’appel du Maroc pour mettre fin à l’oppression dans les camps de Tindouf.

Le secrétaire général sortant marque également sa préférence pour les négociations, sans juger utile de rappeler tous ces pourparlers organisés par l’OUA (devenue Union africaine) et l’ONU, surtout ceux qui ont abouti à la signature d’accords et à l’acceptation du plan de règlement de 1991, avant d’être rejetés par Rabat. Plus encore, Kofi Annan use de la ruse du fifty-fifty pour affirmer aux membres du Conseil de sécurité que les négociations «ne peuvent porter ni sur une proposition d’autonomie pour le Sahara occidental sous souveraineté marocaine (…) ni sur un référendum incluant l’option de l’indépendance». Il insiste pour qu’ils se dessaisissent ouvertement du caractère colonial du dossier sahraoui en leur écrivant : «Le fait que le Conseil de sécurité ait acquiescé au rejet par le Maroc d’un référendum incluant l’option de l’indépendance n’implique pas qu’il a lui-même rejeté l’idée d’un tel référendum.» Pour resserrer l’étau sur les Sahraouis, il note que «si aucune des deux parties ne peut accepter cette approche ouverte à tous, il n’y aura pas de négociations», avant de dévoiler ses desseins : «Il s’agirait là d’un sérieux revers pour le Maroc, qui souhaite vivement que la communauté internationale reconnaisse sa souveraineté sur le Sahara occidental. Un revers pour l’un n’est toutefois pas automatiquement une victoire pour l’autre, et le Front Polisario ne devrait pas se réjouir non plus, car à mesure que se prolonge l’impasse, la communauté internationale s’accoutume inévitablement de plus en plus à l’exercice d’un contrôle du Maroc sur le Sahara Occidental.» M. Annan finit par trancher en faveur de la primauté de la réalité politique sur la légalité internationale, évoquant la conclusion, en juillet 2006, de l’accord de pêche Maroc-Union européenne et pressant le Polisario «d’entamer des négociations maintenant, tant qu’il règne au Conseil un consensus autour de l’idée selon lequel une solution politique négociée doit prévoir l’autodétermination du peuple du Sahara occidental».

Faut-il croire que cet Africain soit resté fidèle aux aspirations de liberté et d’indépendance du continent noir ?

Dans le chapitre réservé à la Minurso, Kofi Annan parle des changements opérés. Le renforcement des fonctions de surveillance de la mission onusienne et le maintien du cessez-le-feu instauré en 1991 sont classés prioritaires.

L’autre priorité de l’ONU sera celle des droits de l’homme. A ceux qui appellent à la mise en place de mécanismes de protection de la population sahraouie des zones occupées, il demande de patienter.

Quant à l’aide humanitaire internationale aux réfugiés sahraouis, elle est marquée par des retards dans l’approvisionnement et l’épuisement des stocks, selon lui. L’on comprend les SOS lancés récemment par le Croissant-Rouge sahraoui au HCR et au PAM pour les avertir d’une véritable famine des réfugiés, alors des pays, tels les USA et l’Espagne, ont déjà remis leur contribution au PAM.

Après De Cuellar et Boutros-Ghali, le moment est venu pour M. Annan pour venir en aide à un Maroc acculé par ses visées expansionnistes, en cherchant à effacer la preuve du caractère colonial de la question sahraouie et du droit du peuple du Sahara de choisir l’option d’indépendance s’il le souhaite. Le décor de l’aventure néocolonialiste est planté de nouveau, 31 ans après la signature des accords tripartites de Madrid, à travers la création du Corcas et la promesse d’une proposition d’autonomie. Les moyens pour forcer la main aux dirigeants sahraouis semblent tout indiqués : la famine des réfugiés et l’arme à double tranchant des droits de l’homme.

Z’hor Chérief

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Afghanistan

Cinq ans après la chute des taliban, le pays reste à pacifier

Cinq ans après la chute des talibans sous les bombes américaines, l'Afghanistan est plongée dans le chaos. Les attaques d'insurgés ont atteint une violence inégalée sur fond de désillusion de la population à l'égard d'un gouvernement jugé corrompu. Les violences, les plus meurtrières cette année depuis novembre 2001 avec un millier de civils tués, sont "le résultat de l'échec de l'intervention internationale pour stopper le cycle de décennies de conflit" dans ce pays, selon l'ONG International Crisis Group. "La première erreur des Américains et de leurs alliés a été de ne pas octroyer assez de troupes et de ressources, ce qui a permis le retour des talibans et de l'insécurité, et entraîné une désillusion de la population et l'impopularité du gouvernement", explique Ahmed Rashid, expert pakistanais de l'Afghanistan. La Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ne comptait en 2002 que 4 500 hommes, tous déployés dans la région de Kaboul. Les effectifs sont depuis passés sous la gouverne de l'Otan à 31 000 hommes, épaulés par les 10 000 militaires de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. A titre de comparaison, la province du Kosovo, environ 60 fois plus petite que l'Afghanistan, a accueilli quelque 40 000 soldats de l'Otan... Le chef de l'Isaf, le général David Richards, a lui-même jugé insuffisants les effectifs pour contrer les violences qui ont été pratiquement multipliées par deux depuis 2004 et marquées par l'apparition d'une forme de terrorisme jusque là inconnue en Afghanistan, les attentats-suicide.

L'autre erreur de la communauté internationale a été, selon Ahmed Rashid, de ne pas faire davantage pression sur les autorités pakistanaises pour que "leur territoire cesse de servir de refuge aux talibans". Les Américains étaient moins préoccupés en Afghanistan par les talibans que par les militants d'Al-Qaîda. Mais faute de pressions sur le Pakistan, "les taliban ont pu s'y réorganiser avec l'aide d'Al-Qaîda", assure Ahmed Rashid.

L'opération Liberté immuable a été lancée en Afghanistan, où s'était réfugié Oussama ben Laden, après les attentats du 11 septembre 2001. Mais le chef d'Al-Qaîda court toujours, ainsi que le leader spirituel des talibans, le mollah Omar.

Sur le plan de la reconstruction, les combats, mais aussi les enlèvements d'humanitaires afghans ou étrangers, ont stoppé dans plusieurs régions les activités de développement et "remis en cause quelques uns des modestes gains réalisés depuis 2001 comme le retour des enfants, et notamment des filles, à l'école", selon l'ONG Human Rights Watch.

Pour faire face aux besoins de ce pays pauvre, la force de l'Otan s'est lancée dans la construction de ponts, d'écoles ou de cliniques, mais "sans un Etat capable de les entretenir, cela n'a aucun sens", estime Joanna Nathan, analyste basée à Kaboul pour International Crisis Group, qui prône des réformes au sein de l'administration afghane et réclame une campagne contre la corruption pour empêcher les Afghans "désespérés et désillusionnés" de venir grossir les rangs d'une insurrection qui "va durer encore des années". Car la situation aux yeux de la population est encore pire qu'il y a cinq ans : le coût de la vie a augmenté, les infrastructures de base restent déficientes et la sécurité n'est plus assurée, selon l'ONG Action contre la Faim. Les insurgés ne sont pas la seule source de violences, selon les experts qui blâment les abus de potentats locaux, parfois impliqués dans le trafic de drogue. Une situation qui concerne particulièrement le sud du pays, où se concentrent l'insurrection des talibans et la production d'opium.

Selon Joanna Nathan, "le trafic de drogue contrôlé par des responsables au sein même du gouvernement a largement contribué aux violences dans la province d'Helmand (sud). Vous ne pouvez cultiver d'immenses champs de pavot dans des régions sous contrôle du pouvoir central et des forces étrangères". L'Afghanistan est le premier producteur mondial d'opium.

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Confortés par la chute de Rumsfeld

Les démocrates entendent provoquer un changement de cap en Irak

Leur triomphe au Congrès leur a permis d'obtenir la tête de Donald Rumsfeld et ils veulent désormais pousser la Maison Blanche à un changement de cap en Irak et à commencer à faire rentrer les troupes. Mais les démocrates, qui avaient axé leur campagne sur la dénonciation de la politique Bush en la matière, avancent tout de même sur des oeufs sur ce dossier sensible.

La chute du patron du Pentagone qui incarnait pour le monde entier le visage d'une guerre américaine dévoyée était réclamée depuis de longs mois par les démocrates et aussi de plus en plus de républicains. Mais Bush réaffirmait régulièrement son soutien à son ministre de la Défense et martelait que la guerre d'Irak était sur la bonne voie. Des arguments qui ont perdu leur raison d'être après la "raclée" du 7 novembre, qui a contraint Bush à désormais reconnaître la nécessité d'une inflexion.

Désormais, les démocrates espèrent disposer de l'impulsion nécessaire pour pousser au-delà du départ de Rumsfeld. Même si la question s'annonce particulièrement difficile à gérer pour une nouvelle majorité elle-même divisée et restée très prudente sur l'Irak.

La première étape, l'année prochaine, sera le vote d'un texte appelant au retour immédiat d'un nombre jusqu'ici indéterminé de soldats. Lorsque le nouveau Congrès se réunira en janvier, les démocrates entendent appeler à un début de retrait, et à augmenter les fonds pour les anciens combattants et la formations des forces chargées des opérations spéciales.

Les démocrates jugent que ce sera là un signal politique fort en direction des électeurs américains et un appel du pied aux Irakiens pour plus assumer leurs responsabilités.

"Je crois qu'un grand nombre de républicains voudront se joindre à nous, car il y a un grand malaise dans ce pays", estime Carl Levin, sénateur démocrate qui pourrait prendre la tête de la Commission sénatoriale des armées dans le nouveau Congrès.

Une dynamique qui pourrait d'ailleurs se mettre en branle avant la fin de l'année : John Warner, l'actuel président de la commission sénatoriale, a déjà prévu une audience sur l'Irak la semaine prochaine, avec le témoignage de haut responsables militaires et du renseignement. Et après l'annonce abrupte par Bush du départ de Rumsfeld, qui a surpris tout Washington, Warner a d'ores et déjà fait savoir qu'il voulait organiser avant la fin de l'année les audiences de confirmation de son successeur, l'ancien patron de la CIA Robert Gates. Des audiences qui pourraient bien se transformer en véritable enquête sur tous les aspects de la guerre d'Irak.

Les démocrates attendent également avec intérêt les recommandations de la commission bipartisane sur l'Irak dirigée par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, qu'on attend pour janvier, voire plus tôt.

Les démocrates de la Chambre des représentants comptent également mettre sur pied, l'année prochaine, une nouvelle commission appelée à se pencher sur les abus dans les dépenses et les politiques de défense. Et aussi peut-être une commission indépendante chargée d'enquêter sur les fraudes et gaspillages liés aux milliards de dollars dépensés pour la reconstruction de l'Irak, des dossiers délicats pour les républicains.

Les démocrates désormais majoritaires auront certes le pouvoir d'exiger des informations à la Maison-Blanche et de contrôler les cordons de la bourse fédérale, mais leur capacité à contrôler la politique étrangère et de défense est constitutionnellement limitée : le Président commande les forces armées et dirige la diplomatie. En outre, bien que majoritaires au Sénat, leur marge y est étroite : ils ne disposent pas de la majorité des deux-tiers nécessaire à passer outre un veto présidentiel et adopter des lois auxquelles la Maison-Blanche serait opposée. Ni des 60 voix nécessaires pour empêcher les sénateurs républicains de pratiquer l'obstruction.

"Ils vont devoir s'investir dans toutes les directions sur l'Irak", estime Darrell West, professeur de sciences politiques à l'Université Brown. "Ils doivent prendre le temps, poser les questions qui fâchent et voir comment la situation évolue sur l'année prochaine."

Malgré ces incertitudes sur l'avenir, les démocrates l'ont bien souligné, et Bush l'a reconnu, ce scrutin aura été un référendum sur la guerre : l'écrasante désaffection exprimée par l'électorat face à l'enlisement irakien par les électeurs fait désormais peser une pression accrue sur le président et les républicains. Mais aussi sur les démocrates

Le départ de Donald Rumsfeld annoncerait-il un retrait d'Irak ?

 Ce départ du Pentagone implique-t-il un infléchissement de la politique de Bush en Irak ? Certains analystes  n'hésitent pas à prédire un retrait échelonné des forces américaines de l'ex-Mésopotamie, où elles sont enlisées depuis trois ans et demi. En tant qu'artisan du renversement du régime de Saddam Hussein, Rumsfeld a incarné cette présence militaire fortement contestée au coeur même du Moyen-Orient. Par voie de conséquence, il a été le premier à payer le prix politique d'un engagement qui a coûté à Bush sa majorité dans les deux chambres du Congrès.

Le remplacement de Rumsfeld par l'ancien directeur de la CIA Robert Gates, toujours selon ces mêmes analystes, est en soi annonciateur d'un changement de stratégie en Irak. Gates est en effet membre de la commission de "sages" conduite par l'ex-secrétaire d'Etat républicain James Baker chargée de recommander à Bush dans les semaines à venir une voie de sortie. On s'attend à ce que la commission bipartisane, coprésidée par l'ancien représentant démocrate Lee Hamilton, se prononce pour un retrait militaire progressif d'Irak.

On compte actuellement plus de 150 000 soldats américains en Irak et plus de 2 800 autres ont été tués depuis le début de l'invasion du pays, en mars 2003. "Que Rumsfeld s'en aille et que Gates arrive m'incite à penser que l'on va assister, d'une façon ou d'une autre, à un retrait par étapes", confie Lawrence Korb, ex-sous-secrétaire à la Défense du temps du président Ronald Reagan. "On va réduire le nombre de soldats graduellement pour dire aux Irakiens que les Etats-Unis ne sont pas là-bas à jamais et qu'ils doivent compter sur eux-mêmes", estime cet analyste. Le discours de Washington jusqu'à présent consistait à dire que l'US Army resterait le temps qu'il faudrait pour réduire la violence et permettre à l'armée irakienne de prendre le relais.

"Il ne fait aucun doute, à mon avis, que le niveau de l'engagement américain en Irak va être réduit", convient une autre analyste, Loren Thompson.

Au départ, l'armée américaine a été confrontée en Irak à une résistance des sunnites et à des attaques de membres d'Al-Qaîda mais désormais elle doit faire face à un risque de guerre civile entre sunnites et chiites. De nombreux experts estiment que la détérioration de la sécurité ne lui laisse aucun bon choix. "Rumsfeld laisse les forces américaines sans espoir de victoire", juge Thompson. Dès lors, un retrait progressif des Etats-Unis aurait l'avantage de placer les autorités irakiennes devant leurs responsabilités et de les inciter à favoriser une réconciliation entre factions.

Mais, pour l'analyste Tom Donnely, il n'est pas sûr qu'elles aient cet objectif en tête et il est fort possible qu'une guerre civile soit la seule issue. Washington, dans ce cas, n'aura d'autre choix que de tenter de deviner qui en sortira gagnant. Reste qu’une chose est sure, les Américains ont provoqué le chaos en envahissant l’Irak et dans cette situation l’on imagine mal quel sera le futur de ce pays complètement déstabilisé.

 

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