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Recrudescence du terrorisme
Offensive de
l’ANP
On se croirait
encore dans les années 1990. Pourtant nous sommes au mois de
novembre 2006. Mais à voir les Unes de quelques titres de la presse
écrite de la dernière semaine, force est d’indiquer que l’illusion
est entretenue. Ainsi, pour se faire une idée, il suffit de se
référer au Jour d’Algérie et à d’autres titres parus samedi 11
novembre. Le titre de Une de Liberté est sans équivoque :
«Embuscade meurtrière à Lakhdaria.» Dans son éditorial, le quotidien
souligne que «depuis l’expiration du délai de la Charte pour la paix
et la réconciliation nationale, les attentats terroristes sont
devenus réguliers». Liberté précise «qu’embuscades, incursions,
bombe, nous rappellent, depuis la date butoir du 31 août dernier,
une période qu’on croyait surmontée depuis longtemps». Il explique
aussi que «le terrorisme n’est pas un phénomène épidermique, mais un
mal profond dont l’éradication nécessitera davantage d’efforts et de
mobilisation». Cette réalité, est-il poursuivi, «explique en partie
le déploiement des forces de sécurité, particulièrement au centre du
pays après la fin du mois d’août». Sur sa lancée l’éditorialiste
rappelle que «loin de la réalité du terrain, notamment leur
incapacité à infiltrer les grandes agglomérations, les terroristes
s’acharnent dans une sorte d’ultime réaction de survie, mais dans le
but de prouver par la même occasion ses capacités de nuisance». Il
estime cependant que c’est là «peine perdue, puisque le GSPC a tiré
jusqu’à la faillite de sa logique».
Le Jour d’Algérie
fait état d’une «offensive de l’ANP». Le quotidien ajoute qu’«une
opération de ratissage de grande envergure, sous la houlette d’un
haut gradé militaire,a été lancée mardi dernier sur les monts
boisés de Begas et de Lala Oum Essaad qui relève de la wilaya de
Bouira».
Traque du GSPC
«La traque du
GSPC se poursuit », rapporte pour sa part El Watan dans son édition
du même jour. Le correspondant local de ce quotidien donne quelques
détails de plus sur l’offensive menée dans la région de Bouira. Il
dit à ce sujet que «l’armée, soutenue par d’autres corps de
sécurité, y a engagé des moyens lourds, sur le double plan matériel
et humain». Et de poursuivre en indiquant que «tous les
cantonnements de l’ANP contenus dans le périmètre à cheval sur les
wilayas de Bouira, Boumerdès et Tizi Ouzou ont été mobilisés pour
cette opération». Ce genre d’opérations est aussi l’occasion pour la
publication de chiffres contradictoires. Ainsi, alors qu’El Watan
fait état de la mort de 7 militaires, chiffre du reste rapporté par
la Dépêche de Kabylie, le Soir d’Algérie relève la mort de 10
militaires. Pour ce qui du nombre de soldats blessés, même chose
puisque El Watan fait état d’une douzaine, La Dépêche de Kabylie de
14 et Le Soir d’Algérie recense 19 blessés. En fait, ces bilans
contradictoires sont dans l’ordre des choses puisque les services de
communication de l’ANP évitent de faire des points de presse pour
rendre compte des opérations menées. Pourtant, ce genre d’exercice
éviterait la publication de bilans contradictoires et surtout aux
correspondants locaux de courir derrière ces fameuses sources
sécuritaires non identifiées qui pourraient raconter n’importe quoi.
Mais cette
recrudescence n’est pas sans conséquence. Liberté rapporte dans son
édition du mercredi 8 novembre qu’après les récents attentats à la
bombe, «Londres réactive le travel warning». Le quotidien précise
que «le Foreign Office estime qu’il y a une menace continue de
terrorisme et exhorte les ressortissants britaniques se rendant dans
notre pays à une plus grande vigilance».
Santé : tirez
la sonnette d’alarme
Mais si l’Algérie
continue à souffrir du terrorisme, il reste aussi vrai que d’autres
secteurs font subir des frayeurs aux citoyens. Le Jeune Indépendant,
dans son édition du mercredi 8 novembre, rappelle que «les malades
et les familles qui n’ont pas les moyens de solliciter les
structures sanitaires privées continuent de subir les
dysfonctionnements des établissements publics où les élémentaires
consommables, pansements,antiseptiques, compresses stériles,
sparadrap, dakin ou eau oxygénée leur sont exigés pour le changement
de pansements après une intervention chirurgicale !». Ce quotidien
indique que le calvaire des parents ne s’arrête pas là puisque,
pis encore, «quatre mois après la circulaire du ministère de la
Santé interdisant l’introduction de couchage et de nourriture de
l’extérieur, visiteurs et employés continuent, pour les premiers, de
les introduire, et pour les seconds de fermer les yeux». Le pire,
selon Le Jeune Indépendant, c’est que cette «situation est appelée à
durer tant que les structures restent incapables d’offrir des
prestations». Il faut dire aussi que ce constat est dressé par son
premier responsable, à en croire La Dépêche de Kabylie. Ainsi, en
visite dans la wilaya de Béjaïa, Amar Tou a fait cette déclaration,
pour le moins étonnante pour un ministre en poste depuis plusieurs
mois et à qui est dévolue la mission de réformer et d’introduire les
changements qualitatifs : «C’est le secteur de la santé le plus
mauvais du pays.» On appréciera la franchise de l’auteur de cette
déclaration. Constat sans complaisance certes, mais nous sommes en
droit d’attendre plus que des paroles. L’éditorialiste du Jour
d’Algérie (édition du jeudi 9 novembre) constatant que «les choses
ne s’arrangent pas beaucoup avec le temps» et qu’au contraire
« puisque tout le monde semble assister impuissant à cette véritable
descente aux enfers d’un système de santé qui se dégrade dans
l’ensemble de ses compartiments à une vitesse inquiétante», propose
d’élaborer «un plan de redressement sérieux». Dans le sillage de
cette proposition, il ajoute que «la convocation d’états généraux de
la médecine et de la santé semble également s’imposer pour faire
prendre conscience à tous de la tragédie sans nom vers laquelle nous
nous acheminons et qui risque d’éclater au grand jour avec le retour
en force de maladies endémiques pourtant disparues depuis de
nombreuses années».
Nadia Kerraz
Haut
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