Semaine du 15  au 21 novembre 2006

 

  Recrudescence du terrorisme

Offensive de l’ANP 

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

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Recrudescence du terrorisme

Offensive de l’ANP 

On se croirait encore dans les années 1990. Pourtant nous sommes au mois de novembre 2006. Mais à voir les Unes de quelques titres de la presse écrite de la dernière semaine,  force est d’indiquer que l’illusion est entretenue. Ainsi, pour se faire une idée, il suffit de se référer au Jour d’Algérie et à d’autres titres parus samedi 11 novembre. Le titre de Une de  Liberté est sans équivoque : «Embuscade meurtrière à Lakhdaria.» Dans son éditorial, le quotidien souligne que «depuis l’expiration du délai de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, les attentats terroristes sont devenus réguliers». Liberté précise «qu’embuscades, incursions, bombe, nous rappellent, depuis la date butoir du 31 août dernier, une période qu’on croyait surmontée depuis longtemps». Il explique aussi que «le terrorisme n’est pas un phénomène épidermique, mais un mal profond dont l’éradication nécessitera davantage d’efforts et de mobilisation». Cette réalité, est-il poursuivi, «explique en partie le déploiement des forces de sécurité, particulièrement au centre du pays après la fin du mois d’août». Sur sa lancée l’éditorialiste rappelle que «loin de la réalité du terrain, notamment leur incapacité à infiltrer les grandes agglomérations, les terroristes s’acharnent dans une sorte d’ultime réaction de survie, mais dans le but de prouver par la même occasion ses capacités de nuisance».  Il estime cependant que c’est là «peine perdue, puisque le GSPC a tiré jusqu’à la faillite de sa logique».

Le Jour d’Algérie fait état d’une «offensive de l’ANP». Le  quotidien ajoute qu’«une opération de ratissage de grande envergure, sous la houlette d’un haut gradé militaire,a été  lancée mardi dernier sur les monts boisés de Begas et de Lala Oum  Essaad qui relève de la wilaya de Bouira». 

Traque du GSPC 

 «La traque du GSPC se poursuit », rapporte pour sa part El Watan dans son édition du même jour. Le correspondant local de ce quotidien donne quelques détails de plus sur l’offensive menée dans la région de Bouira.  Il dit à ce sujet que «l’armée, soutenue par d’autres corps de sécurité, y a engagé des moyens lourds, sur le double plan matériel et humain». Et de poursuivre en indiquant que «tous les cantonnements de l’ANP contenus dans le périmètre à cheval sur les wilayas de Bouira, Boumerdès et Tizi Ouzou ont été mobilisés pour cette opération». Ce genre d’opérations est aussi l’occasion pour la publication de chiffres contradictoires. Ainsi, alors qu’El Watan fait état de la mort de 7 militaires, chiffre du reste rapporté par la Dépêche de Kabylie, le Soir d’Algérie relève la  mort de 10 militaires. Pour ce qui du nombre de soldats blessés, même chose puisque El Watan fait état d’une douzaine, La Dépêche de Kabylie de 14 et Le Soir d’Algérie recense 19 blessés. En fait, ces bilans contradictoires sont dans l’ordre des choses puisque les services de communication de l’ANP évitent de faire des points de presse pour rendre compte des opérations menées. Pourtant, ce genre d’exercice éviterait la publication de bilans contradictoires et surtout aux correspondants  locaux de courir derrière ces fameuses sources sécuritaires non identifiées qui pourraient raconter n’importe quoi.

Mais cette recrudescence n’est pas sans conséquence. Liberté rapporte dans son édition du mercredi 8 novembre qu’après les récents attentats à la bombe, «Londres réactive le travel warning». Le quotidien  précise que «le Foreign Office estime qu’il  y a une menace continue de terrorisme et exhorte les ressortissants britaniques se rendant dans notre pays à une plus grande vigilance». 

Santé : tirez la sonnette d’alarme

Mais si l’Algérie continue à souffrir du terrorisme, il reste aussi vrai que d’autres secteurs font subir des frayeurs aux citoyens. Le Jeune Indépendant, dans son édition du mercredi 8 novembre, rappelle que «les malades et les familles qui n’ont pas les moyens de solliciter les structures sanitaires privées continuent de subir les dysfonctionnements des établissements publics où les élémentaires consommables, pansements,antiseptiques, compresses stériles, sparadrap, dakin ou eau oxygénée leur sont exigés pour le changement de pansements après une intervention chirurgicale !». Ce quotidien indique que le calvaire des parents ne s’arrête pas là puisque, pis encore, «quatre mois après la circulaire du ministère de la Santé interdisant l’introduction de couchage et de nourriture de l’extérieur, visiteurs et employés continuent, pour les premiers, de les introduire, et pour les seconds de fermer les yeux». Le pire, selon Le Jeune Indépendant, c’est que cette «situation est appelée à durer tant que les structures restent incapables d’offrir des prestations». Il faut dire aussi que ce constat est dressé par son premier responsable, à en croire  La Dépêche de Kabylie. Ainsi, en visite dans la  wilaya de Béjaïa, Amar Tou a fait cette déclaration, pour le moins étonnante pour un ministre en poste depuis plusieurs mois et à qui est dévolue la mission de réformer et d’introduire les changements qualitatifs : «C’est le secteur de la santé le plus mauvais du pays.» On appréciera la franchise de l’auteur de cette déclaration. Constat sans complaisance certes, mais nous sommes en droit d’attendre plus que des paroles. L’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du jeudi 9 novembre)  constatant  que «les choses ne s’arrangent pas beaucoup avec le temps» et qu’au contraire « puisque tout le monde semble assister impuissant à cette véritable descente aux enfers d’un système de santé qui se dégrade dans l’ensemble de ses compartiments à une vitesse inquiétante», propose d’élaborer «un plan de redressement sérieux». Dans le sillage de cette proposition, il ajoute que «la convocation d’états généraux de la médecine et de la santé semble également s’imposer pour faire prendre conscience à tous de la tragédie sans nom vers laquelle nous nous acheminons et qui risque d’éclater au grand jour avec le retour en force de maladies endémiques pourtant disparues depuis de nombreuses années».

Nadia Kerraz 

   

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