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Terrorisme en Grande-Bretagne
L'inimaginable attentat
Il faut croire que
l'on en sait plus aujourd'hui sur l'attentat qui n'a pas eu lieu que
s'il s'était effectivement déroulé. Par la bouche de Paul
Stephenson, de Scotland Yard. Certes, il ne peut en donner une
ampleur chiffrée, mais il suppose que c'était «un assassinat
collectif à une échelle inimaginable». Une échelle inimaginable est
déjà difficile à «imaginer» et sous-tend cette espèce d'hystérie qui
s'est emparée des médias et des officiels dès que les autorités ont
annoncé officiellement avoir déjoué l'attentat.
Mais ce qui se
révèle inquiétant, ce n'est pas tant la véracité des faits qui
demeurent des éléments tangibles, imaginables et «montrables» entre
les mains de la police ou de la justice – les suspects,
éventuellement leurs moyens – mais cette hystérie collective dont on
a voulu contaminer le monde.
Les raids
israéliens au Liban sont passés au second plan alors que les
Libanais qui meurent sous les bombes et les milliers de réfugiés qui
errent sur les routes sont bien réels. Dans ce cas précis où nous ne
sommes pas dans le cadre de l'inimaginable attentat, la réalité
devient bien lointaine, accusant le coup de la théorie du nombre de
morts par kilomètre. Des centaines de vrais morts à des milliers de
kilomètres sont bien anodins face à l'ampleur du désastre virtuel.
Le plus
incompréhensible dans cette histoire est le peu d'empressement des
politiques britanniques à vouloir rassurer leur opinion publique. Le
maire de Londres a pris 48 heures avant de s'exprimer pour demander
à tous de garder leur calme. Les médias ont eu la possibilité de
donner moult détails tendant à faire imaginer ce qui aurait pu se
passer.
Mais l'hystérie
collective a-t-elle vraiment atteint l'opinion ? En fait, aucun
sondage d'opinion n'est intervenu immédiatement après le
démantèlement du plus grand attentat de tous les temps. Il est donc
difficile de savoir comment, en démocratie, les citoyens ont réagi à
la catastrophe ainsi évitée, si ce n'est les avis des blogueurs et
autres participants à des forums sur l'actualité. Il va sans dire
que le scepticisme est de mise.
Par contre, un
autre sondage à propos de l'agression israélienne au Liban, mené
récemment en Grande-Bretagne, mettait en évidence le malaise de
l'opinion britannique. Ainsi 63% des Britanniques, toutes opinions
politiques confondues, jugeaient leur Premier Ministre «trop proche»
des Etats-Unis.
Cette alerte
va-t-elle faire remonter la cote de popularité de Blair auprès de
ses concitoyens ? Tente-t-on de faire oublier la complicité passive
des puissances occidentales face au drame libanais ? Il est clair
que ces attaques d'avion supposées ont redistribué les cartes sur le
plan de l'actualité tout en laissant un certain nombre de questions
en suspens.
Si cette attaque
n'était pas réelle mais en fait juste l'effet attendu de la
découverte d'une supposée attaque terroristes de grande envergure.
Les terroristes auraient réussi leur coup sans faire de morts et
montré les limites du système destiné à protéger les paisibles
citoyens. Aujourd'hui, Hethrow étouffe, les vols sont annulés et le
chaos s'est installé dans le transport aérien. Quatre jours après
la découverte du complot terroriste présumé au Royaume-Uni, British
Airways (BA) a annulé 20% de ses moyens courriers au départ de
Londres-Heathrow, soit 39 vols, et 5 longs courriers sur 76 prévus.
Par ailleurs, au
moment où était découvert un tel attentat, Tony Blair n'a pas jugé
utile d'interrompre ses vacances aux Caraïbes. Il pourrait
d'ailleurs invoquer le fait que les aéroports ont été fermés en
Grande-Bretagne pour reporter son retour.
Le fait d'avoir
démantelé avec autant de célérité et d'efficacité un réseau
terroriste infiltré depuis une année souligne que les autorités
connaissaient chacun des suspects avant de lui mettre la main au
collet. En quoi l'hystérie générale est-elle nécessaire aujourd'hui,
comme si ceux-là même qui annonçaient la catastrophe évitée
semblaient la découvrir au moment où ils l'annonçaient ? Il est
clair que si ces présumés terroristes sont effectivement des
individus dangereux, ils le sont moins dès lors qu'ils sont derrière
les barreaux. Il y a une semaine, alors qu'ils étaient libres, il
fallait effectivement s'inquiéter.
Après cette
affaire, le ministre de l'Intérieur John Reid a indiqué que la
Grande-Bretagne a déjoué «au moins quatre complots terroristes
majeurs» depuis les attentats du 7 juillet 2005 dans les transports
publics londoniens, qui avaient fait 56 morts et 700 blessés. Ces
complots, s'ils avaient abouti, auraient causé un nombre important
de victimes, a-t-il ajouté. Reid a précisé que 24 enquêtes
antiterroristes étaient en cours dans le pays.
Dans le même
temps, l'Angleterre emportée par l'avalanche des révélations sur les
attentats terroristes, s'interroge sur son devenir incertain après
avoir été le refuge des guérilleros islamistes durant des années.
Amine Esseghir
Encadré
Rappel des
faits
Le complot visait
à faire exploser plusieurs avions de ligne entre la Grande-Bretagne
et les Etats-Unis. Les présumés terroristes voulaient les abattre en
vol.
Les explosifs
devaient être transportés dans des bagages à main, sous formes de
liquides binaires en apparence inoffensifs, à mélanger une fois à
bord.
Tout de suite
après l'annonce de ces attentats déjoués, 24 personnes ont été
interpellées, des Britanniques d'origine pakistanaise pour la
plupart.
Haut
La barbarie israélienne est sans limites
L’état sioniste va-t-il respecter la
résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, dès lors que ce
pays s’est évertué depuis sa création à torpiller toutes les
résolutions onusiennes ou autres conventions et règles du droit
international. Une chose est sûre : épaulé par son puissant alter
ego américain, il va tout mettre en œuvre pour appliquer certains
des points de ce texte qui lui font la part belle et qu’il n’a pu
obtenir en lançant sa machine de guerre contre le pays du Cèdre. La
stratégie de la terreur, sa raison d’être, n’a pas obtenu les effets
escomptés au Liban, soit l’annihilation de la résistance libanaise
quitte à détruire tout un pays. Plus le projet israélien s’est
enlisé et plus l’agressivité de ses militaires s’est exacerbée,
multipliant les massacres. L’armée israélienne s’est vengée de ses
échecs en tuant des civils.
Le conseil de sécurité de l’ONU,
instrumentalisé par les Etats-Unis qui lui ont accordé un
blanc-seing dans son hystérie meurtrière au Liban, a fini par
adopter une résolution en demi-teinte largement en faveur de l’Etat
hébreu. Il est d’ailleurs symptomatique qu’un délai de 72 heures ait
été accordé à Israël pour poursuivre sa furie destructrice contre le
Liban. Considérant que rien ne pourrait entraver sa guerre contre le
pays du Cèdre entamée il y a plus d’un mois, l’Etat sioniste a
ainsi élargi ses opérations terrestres (30 000 soldats déployés) et
intensifié ses bombardements destructeurs. L’objectif est de tuer et
raser pour tenter d’obtenir quelque gain sur le terrain, avant une
cessation définitive des hostilités. Le rouleau compresseur
israélien a fait plus d’un millier de morts, d’innombrables blessés,
un million de réfugiés (soit le quart de la population) et détruit
l’ensemble des infrastructure du pays.
L’acharnement israélien sur le Liban
est une énième démonstration s’il en faut de la politique d’Israël,
qui ne connaît d’autre loi que la sienne. La résolution onusienne
controversée a été votée le 12 août à l'unanimité des 15 membres du
Conseil de sécurité, appelant le Hezbollah «à cesser immédiatement
toutes ses attaques et Israël à cesser immédiatement toutes ses
opérations militaires offensives». Le texte de la résolution, qui a
fait l’objet de tractations interminables, prévoit que le Liban et
une Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) renforcée
déploient leurs forces ensemble à travers le sud du pays, tandis
qu'Israël retire parallèlement les siennes du Liban-Sud. Il s’agit
là de l’un des points de la résolution qui répond à la demande du
Liban, dès le départ hostile au déploiement de forces
internationales que l’Etat sioniste appelait de tous ses vœux.
La résolution 1701 laisse néanmoins de
côté plusieurs exigences libanaises. Ainsi, Israël peut poursuivre
ce que le texte onusien décrit comme étant des «opérations
défensives» alors que c’est lui qui mène des agressions répétées
contre le pays du Cèdre. Le sort des fermes de Chebaâ, occupées par
Israël à la frontière libano-syrienne, reste en suspens et la
libération des prisonniers libanais détenus en Israël n’est pas
exigée ni le retrait israélien immédiat. Les termes de la résolution
restent vagues sur bien des points, laissant le champ libre à
diverses interprétations.
Par ailleurs, Tel Aviv n’est en aucune
façon condamné pour les massacres répétés, les attaques perpétrées
contre les civils et les infrastructures du Liban. Reste que son
armée, portée à tour de bras par les Etats-Unis, n’est pas parvenue
à mettre en déroute la résistance libanaise. Une résistance qui a
donné une leçon historique au monde entier, particulièrement aux
régimes arabes qui ont exhibé leur impuissance, voire pour certains
leur lâcheté.
Haut
Juillet, mois le plus meurtrier à Gaza depuis
octobre 2004
Avec 151 morts, juillet a été le mois
le plus meurtrier à Gaza depuis presque deux ans, rapportent des
experts palestiniens, alors que l'armée israélienne poursuit son
offensive lancée il y a sept semaines dans la bande côtière. La
majorité des victimes sont des civils, indique le Groupe de
surveillance palestinien dans un rapport, précisant qu'un tel bilan
n'avait pas été atteint depuis octobre 2004 (166 tués).
Entre le 25 juin, début de l'offensive
israélienne, et le 8 août, 170 Palestiniens ont été tués, dont 138
civils et un quart d'enfants, a ajouté l'organisation. "Le nombre de
victimes civiles qui monte en flèche à cause des actions menées par
Israël dans la région contribue à renforcer l'extrémisme, affaiblit
les défenseurs de la paix et exacerbe le conflit", a déclaré le
négociateur palestinien Saëb Erekat.
Haut
Irak
Washington s'interroge sur sa stratégie
en cas de guerre civile
Trois années après la guerre qu’elle a
déclenchée contre l’Irak, l’administration américaine s’interroge
aujourd’hui sur la stratégie à adopter dans un pays qu’elle a plongé
dans le chaos. Les mises en garde de généraux américains se
succèdent sur les risques de guerre civile, alors que l’Irak est
déjà à feu et à sang en raison justement de ces mêmes responsables
militaires et des plans de leurs stratèges confinés dans le bureau
ovale de la Maison-blanche.
Les violences intercommunautaires
"n'ont fait qu'empirer, à Bagdad en particulier" et si elles "ne
s'arrêtent pas, il est possible que l'Irak sombre dans la guerre
civile", a prévenu le chef du Commandement central américain (Centcom),
le général John Abizaid, dernièrement, lors d'une audition devant
la commission du Sénat sur les forces armées. Ses déclarations
surviennent alors que la situation en Irak s'est encore détériorée
depuis les élections, en décembre dernier.
Pour le seul mois de juillet dernier
l’on dénombre un millier de morts. Après avoir claironné, en juin,
la possibilité de réduire le nombre de soldats d'ici la fin de
l'année, l'administration américaine a annoncé des renforts à
Bagdad. Toutefois, les autorités américaines soulignent que les
violences entre chiites et sunnites sont limitées à la ville de
Bagdad et se refusent à utiliser l'expression "guerre civile", lui
préférant "violences interconfessionnelles".
Selon le général Abizaid, la situation
à Bagdad est à un tournant décisif mais les Irakiens devraient
parvenir à un compromis "car l'alternative est trop dure". Mais lors
des auditions, des sénateurs se sont déjà interrogés sur les
conséquences d'une guerre civile pour les 130 000 soldats mobilisés
en Irak. "Je ne veux pas spéculer à ce sujet", a répliqué Donald
Rumsfeld, le secrétaire à la Défense. "Cela pourrait suggérer que
nous pensons que cela va arriver", a-t-il commenté en appelant les
élus à faire preuve de patience.
Le sénateur républicain John Warner a,
lui, avancé que si l'Irak devait sombrer dans la guerre civile,
l'administration devrait demander un nouveau mandat au Congrès. "Si
cela arrive, je crois que les Américains se demanderont : qui allons
nous combattre ? les deux parties? Et avons nous envoyé nos soldats
pour ça ?", a déclaré le sénateur John Warner sur une chaîne
américaine.
Certains experts indépendants estiment
toutefois que la guerre civile n'est pas une issue certaine et que
les actions militaires et politiques peuvent contenir et supprimer
la violence. La capacité du pouvoir politique irakien à résister aux
«extrémistes chiites et sunnites» est l'une des clés de l'avenir,
estiment-ils. Mais si les divisions gagnent le gouvernement irakien
et les forces de sécurité, la position des Américains sera alors
intenable, relèvent ces experts.
"Aussi dérangeant que cela puisse être,
les Etats-Unis pourraient n'avoir d'autre choix que de se retirer
d'un pays qui a sombré dans le chaos", affirme Loren Thompson,
directeur de l'Institut Lexington de Washington, spécialisé dans les
analyses militaires. Un retrait des troupes américaines en pleine
guerre civile serait "une énorme défaite pour la diplomatie
américaine, peut être sa plus grosse défaite de tous les temps",
estime-t-il encore. "Toutefois, si le pays doit se diviser, tenter
d'arrêter un processus naturel serait une stratégie douteuse",
a-t-il ajouté, laissant entrevoir la possibilité de la partition de
ce pays.
Mais d'autres experts pensent qu'il y a
trop d'enjeux en Irak pour que les Etats Unis abandonnent la partie,
car un retrait américain signifierait une flambée des prix du
pétrole et une domination régionale par l'Iran.
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