Semaine du 16 au 22 août 2006

 

Terrorisme en Grande-Bretagne

L'inimaginable attentat

La barbarie israélienne est sans limites

Juillet, mois le plus meurtrier à Gaza depuis octobre 2004

Irak

Washington s'interroge sur sa stratégie en cas de guerre civile

 

 
 
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Terrorisme en Grande-Bretagne

L'inimaginable attentat

Il faut croire que l'on en sait plus aujourd'hui sur l'attentat qui n'a pas eu lieu que s'il s'était effectivement déroulé. Par la bouche de Paul Stephenson, de Scotland Yard. Certes, il ne peut en donner une ampleur chiffrée, mais il suppose que c'était «un assassinat collectif à une échelle inimaginable». Une échelle inimaginable est déjà difficile à «imaginer» et sous-tend cette espèce d'hystérie qui s'est emparée des médias et des officiels dès que les autorités ont annoncé officiellement avoir déjoué l'attentat.    

Mais ce qui se révèle inquiétant, ce n'est pas tant la véracité des faits qui demeurent des éléments tangibles, imaginables et «montrables» entre les mains de la police ou de la justice – les suspects, éventuellement leurs moyens – mais cette hystérie collective dont on a voulu contaminer le monde.

Les raids israéliens au Liban sont passés au second plan alors que les Libanais qui meurent sous les bombes et les milliers de réfugiés qui errent sur les routes sont bien réels. Dans ce cas précis où nous ne sommes pas dans le cadre de l'inimaginable attentat, la réalité devient bien lointaine, accusant le coup de la théorie du nombre de morts par kilomètre. Des centaines de vrais morts à des milliers de kilomètres sont bien anodins face à l'ampleur du désastre virtuel.

Le plus incompréhensible dans cette histoire est le peu d'empressement des politiques britanniques à vouloir rassurer leur opinion publique. Le maire de Londres a pris 48 heures avant de s'exprimer pour demander à tous de garder leur calme. Les médias ont eu la possibilité de donner moult détails tendant à faire imaginer ce qui aurait pu se passer.

Mais l'hystérie collective a-t-elle vraiment atteint l'opinion ? En fait, aucun sondage d'opinion n'est intervenu immédiatement après le démantèlement du plus grand attentat de tous les temps. Il est donc difficile de savoir comment, en démocratie, les citoyens ont réagi à la catastrophe ainsi évitée, si ce n'est les avis des blogueurs et autres participants à des forums sur l'actualité. Il va sans dire que le scepticisme est de mise.

Par contre, un autre sondage à propos de l'agression israélienne au Liban, mené récemment en Grande-Bretagne, mettait en évidence le malaise de l'opinion britannique. Ainsi 63% des Britanniques, toutes opinions politiques confondues, jugeaient leur Premier Ministre «trop proche» des Etats-Unis.

Cette alerte va-t-elle faire remonter la cote de popularité de Blair auprès de ses concitoyens ? Tente-t-on de faire oublier la complicité passive des puissances occidentales face au drame libanais ? Il est clair que ces attaques d'avion supposées ont redistribué les cartes sur le plan de l'actualité tout en laissant un certain nombre de questions en suspens.

Si cette attaque n'était pas réelle mais en fait juste l'effet attendu de la découverte d'une supposée attaque terroristes de grande envergure. Les terroristes auraient réussi leur coup sans faire de morts et montré les limites du système destiné à protéger les paisibles citoyens. Aujourd'hui, Hethrow étouffe, les vols sont annulés et le chaos s'est installé dans le transport aérien. Quatre jours après  la découverte du complot terroriste présumé au Royaume-Uni, British Airways (BA) a annulé 20% de ses  moyens courriers au départ de Londres-Heathrow, soit 39 vols, et 5 longs courriers sur 76 prévus.

Par ailleurs, au moment où était découvert un tel attentat, Tony Blair n'a pas jugé utile d'interrompre ses vacances aux Caraïbes. Il pourrait d'ailleurs invoquer le fait que les aéroports ont été fermés en Grande-Bretagne pour reporter son retour.

Le fait d'avoir démantelé avec autant de célérité et d'efficacité un réseau terroriste infiltré depuis une année souligne que les autorités connaissaient chacun des suspects avant de lui mettre la main au collet. En quoi l'hystérie générale est-elle nécessaire aujourd'hui, comme si ceux-là même qui annonçaient la catastrophe évitée semblaient la découvrir au moment où ils l'annonçaient ? Il est clair que si ces présumés terroristes sont effectivement des individus dangereux, ils le sont moins dès lors qu'ils sont derrière les barreaux. Il y a une semaine, alors qu'ils étaient libres, il fallait effectivement s'inquiéter.

Après cette affaire, le ministre de l'Intérieur John Reid a indiqué que la Grande-Bretagne a déjoué «au moins quatre complots terroristes majeurs» depuis les attentats du 7 juillet 2005 dans les transports publics londoniens, qui avaient fait 56 morts et 700 blessés. Ces complots, s'ils avaient abouti, auraient causé un nombre important de victimes, a-t-il ajouté. Reid a précisé que 24 enquêtes antiterroristes étaient en cours dans le pays.

Dans le même temps, l'Angleterre emportée par l'avalanche des révélations sur les attentats terroristes, s'interroge sur son devenir incertain après avoir été le refuge des guérilleros islamistes durant des années.

Amine Esseghir

Encadré

 

Rappel des faits

Le complot visait à faire exploser plusieurs avions de ligne entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Les présumés terroristes voulaient les abattre en vol.

Les explosifs devaient être transportés dans des bagages à main, sous formes de liquides binaires en apparence inoffensifs, à mélanger une fois à bord.

Tout de suite après l'annonce de ces attentats déjoués, 24 personnes ont été interpellées, des Britanniques d'origine pakistanaise pour la plupart.

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La barbarie israélienne est sans limites

L’état sioniste va-t-il respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, dès lors que ce  pays s’est évertué depuis sa création  à torpiller toutes les résolutions onusiennes ou autres conventions et règles du droit international.  Une chose est sûre : épaulé par son puissant alter ego américain, il va tout mettre en œuvre pour appliquer certains des points de ce texte qui lui font la part belle et qu’il n’a pu obtenir en lançant sa machine de guerre contre le pays du Cèdre. La stratégie de la terreur, sa raison d’être, n’a pas obtenu les effets escomptés au Liban, soit l’annihilation de la résistance libanaise quitte à détruire tout un pays. Plus le projet israélien s’est enlisé et plus l’agressivité de ses militaires s’est exacerbée, multipliant les massacres. L’armée israélienne s’est vengée de ses échecs en tuant des civils.

Le conseil de sécurité de l’ONU,  instrumentalisé par les Etats-Unis qui lui ont accordé un blanc-seing dans son hystérie meurtrière au Liban, a fini par adopter une résolution en demi-teinte largement en faveur de l’Etat hébreu. Il est d’ailleurs symptomatique qu’un délai de 72 heures ait été accordé à Israël pour poursuivre sa furie destructrice contre le Liban. Considérant que rien ne pourrait entraver sa guerre contre le pays du Cèdre entamée il y a plus d’un mois, l’Etat sioniste  a ainsi élargi ses opérations terrestres (30 000 soldats déployés) et intensifié ses bombardements destructeurs. L’objectif est de tuer et raser pour tenter d’obtenir quelque gain sur le terrain, avant une cessation définitive des hostilités. Le rouleau compresseur israélien a fait plus d’un millier de morts, d’innombrables blessés, un million de réfugiés (soit le quart de la population) et détruit l’ensemble des infrastructure du pays.

L’acharnement israélien sur le Liban est une énième démonstration s’il en faut de la politique d’Israël, qui ne connaît d’autre loi que la sienne. La résolution onusienne controversée  a été votée le 12 août à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité, appelant le Hezbollah «à cesser immédiatement toutes ses attaques et Israël à cesser immédiatement toutes ses opérations militaires offensives». Le texte de la résolution, qui a fait l’objet de tractations interminables, prévoit que le Liban et une Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) renforcée déploient leurs forces ensemble à travers le sud du pays, tandis qu'Israël retire parallèlement les siennes du Liban-Sud. Il s’agit là de l’un des points de la résolution qui répond à la demande du Liban, dès le départ hostile au déploiement de forces internationales que l’Etat sioniste appelait de tous ses vœux. 

La résolution 1701 laisse néanmoins de côté plusieurs exigences libanaises. Ainsi, Israël peut poursuivre ce que le texte onusien décrit comme étant  des «opérations défensives» alors que c’est lui qui mène des agressions répétées contre le pays du Cèdre. Le sort des fermes de Chebaâ, occupées par Israël à la frontière libano-syrienne, reste en suspens et la libération des prisonniers libanais détenus en Israël n’est pas exigée ni le retrait israélien immédiat. Les termes de la résolution restent vagues sur bien des points, laissant le champ libre à diverses interprétations.

Par ailleurs, Tel Aviv n’est en aucune façon condamné pour les massacres répétés, les attaques perpétrées contre les civils et les infrastructures du Liban. Reste  que   son armée, portée à tour de bras par les Etats-Unis,  n’est pas parvenue à mettre en déroute la résistance libanaise. Une résistance qui a donné une leçon historique au monde entier, particulièrement aux régimes arabes qui ont exhibé leur impuissance, voire pour certains leur lâcheté.

 

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Juillet, mois le plus meurtrier à Gaza depuis octobre 2004

Avec 151 morts, juillet a été le mois le plus meurtrier à Gaza depuis presque deux ans, rapportent des experts palestiniens, alors que l'armée israélienne poursuit son offensive lancée il y a sept semaines dans la bande côtière. La majorité des victimes sont des civils, indique le Groupe de surveillance palestinien dans un rapport, précisant qu'un tel bilan n'avait pas été atteint depuis octobre 2004 (166 tués).

Entre le 25 juin, début de l'offensive israélienne, et le 8 août, 170 Palestiniens ont été tués, dont 138 civils et un quart d'enfants, a ajouté l'organisation. "Le nombre de victimes civiles qui monte en flèche à cause des actions menées par Israël dans la région contribue à renforcer l'extrémisme, affaiblit les défenseurs de la paix et exacerbe le conflit", a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erekat.

 

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Irak

Washington s'interroge sur sa stratégie en cas de guerre civile

Trois années après la guerre qu’elle a déclenchée contre l’Irak, l’administration américaine  s’interroge aujourd’hui sur la stratégie à adopter dans un pays qu’elle a plongé dans le chaos. Les mises en garde de généraux américains se succèdent sur les risques de guerre civile, alors que l’Irak est déjà à feu et à sang en raison justement de ces mêmes responsables militaires et des plans de leurs stratèges confinés dans le bureau ovale de la Maison-blanche.

Les violences intercommunautaires "n'ont fait qu'empirer, à Bagdad en particulier" et si elles "ne s'arrêtent pas, il est possible que l'Irak sombre dans la guerre civile", a prévenu le chef du Commandement central américain (Centcom), le général John Abizaid, dernièrement,  lors d'une audition devant la commission du Sénat sur les forces armées. Ses déclarations surviennent alors que la situation en Irak s'est encore détériorée depuis les élections, en décembre dernier.

Pour le seul mois de juillet dernier l’on dénombre un millier de morts. Après avoir claironné, en juin, la possibilité de réduire le nombre de soldats d'ici la fin de l'année, l'administration américaine a annoncé des renforts à Bagdad. Toutefois, les autorités américaines soulignent que les violences entre chiites et sunnites sont limitées à la ville de Bagdad et se refusent à utiliser l'expression "guerre civile", lui préférant "violences interconfessionnelles".

Selon le général Abizaid, la situation à Bagdad est à un tournant décisif mais les Irakiens devraient parvenir à un compromis "car l'alternative est trop dure". Mais lors des auditions, des sénateurs se sont déjà interrogés sur les conséquences d'une guerre civile pour les 130 000 soldats mobilisés en Irak. "Je ne veux pas spéculer à ce sujet", a répliqué Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense. "Cela pourrait suggérer que nous pensons que cela va arriver", a-t-il commenté en appelant les élus à faire preuve de patience.

Le sénateur républicain John Warner a, lui, avancé que si l'Irak devait sombrer dans la guerre civile, l'administration devrait demander un nouveau mandat au Congrès. "Si cela arrive, je crois que les Américains se demanderont : qui allons nous combattre ? les deux parties? Et avons nous envoyé nos soldats pour ça ?", a déclaré le sénateur John Warner sur une chaîne américaine.

Certains experts indépendants  estiment toutefois que la guerre civile n'est pas une issue certaine et que les actions militaires et politiques peuvent contenir et supprimer la violence. La capacité du pouvoir politique irakien à résister aux «extrémistes chiites et sunnites» est l'une des clés de l'avenir, estiment-ils. Mais si les divisions gagnent le gouvernement irakien et les forces de sécurité, la position des Américains sera alors intenable, relèvent ces experts.

"Aussi dérangeant que cela puisse être, les Etats-Unis pourraient n'avoir d'autre choix que de se retirer d'un pays qui a sombré dans le chaos", affirme Loren Thompson, directeur de l'Institut Lexington de Washington, spécialisé dans les analyses militaires. Un retrait des troupes américaines en pleine guerre civile serait "une énorme défaite pour la diplomatie américaine, peut être sa plus grosse défaite de tous les temps", estime-t-il encore. "Toutefois, si le pays doit se diviser, tenter d'arrêter un processus naturel serait une stratégie douteuse", a-t-il ajouté, laissant entrevoir la possibilité de la partition de ce pays.

Mais d'autres experts pensent qu'il y a trop d'enjeux en Irak pour que les Etats Unis abandonnent la partie, car un retrait américain signifierait une flambée des prix du pétrole et une domination régionale par l'Iran.

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