Semaine du 16 au 22 août 2006

 

  La « régionale » des quotidiens nationaux

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La « régionale » des quotidiens nationaux

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Parcourir les pages régionales des quotidiens de la presse nationale est loin d’être un exercice dénué d’intérêt. Bien au contraire, cela nous permet d’apprendre des choses dont le commun des lecteurs est loin de soupçonner l’existence. Il est vrai que s’il y a des aberrations nationales, il se trouve que l’on est parfois en face de situations très spécifiques. C’est ainsi que le quotidien arabophone El Fadjr  du 12 août  nous apprend qu’en raison du non-respect des clauses contenues dans le permis de construire accordé pour la réalisation d’un centre commercial de 17 étages, de dangereux glissements sont constatés au niveau de la rue Hamou-Boutlélis, dans la ville d’Oran.

Les transporteurs encore et toujours

Selon ce quotidien, des fissures sont également constatées. Il est relevé que la réalisation de ce projet a été confiée à une entreprise chinoise, Sidar, qui n’a pas respecté les normes requises. Il est indiqué que ces fissures ont occasionné des désagréments aux automobilistes et ont provoqué des accidents. Il est aussi rapporté que l’APC aurait pris des mesures à l’encontre du propriétaire du projet à qui une mise en demeure de cesser les travaux a été adressée.

Un peu plus loin, dans la wilaya de Sidi Bel Abbes, ce sont les transports en commun qui font des vagues. Selon El Djazair News, les habitants de cette ville se plaignent de la surcharge des bus et de leur état de délabrement. Les conducteurs ne respectent pas les normes en vigueur en matière de transport de voyageurs. Pourtant, est-il indiqué, une note rédigée en mars 2005 par la direction des transports fait obligation aux transporteurs de renouveler leur parc roulant. Mais est-il ajouté, aucun d’entre eux n’en a tenu compte de cette circulaire. La raison invoquée est leur situation financière qui ne leur permet pas de procéder à l’acquisition de nouveaux bus. Dans l’éventualité où cette option deviendrait inévitable, les transporteurs demandent à ce que l’achat de nouveaux bus soit suivi de l’augmentation des tarifs en vigueur et de la réfection des routes. Comme quoi c’est toujours le citoyen qui doit payer. Transport toujours, cette fois dans la wilaya de Blida. El Khabar du 10 août rapporte que les transporteurs privés ont paralysé les transports et ont gêné la circulation en signe de protestation contre la décision de la direction des transports de transférer les lignes sans consultation préalable des concernés. De l’avis des transporteurs privés, le secrétaire général du syndicat de la wilaya n’est pas représentatif . Partant, son accord n’engage que lui, est-il affirmé.   

La Dépêche de Kabylie fait état d’un civisme peu ordinaire. En effet, selon son correspondant, «un homme d’une trentaine  a été pris en flagrant délit dans une tentative d’agression sur une dame qui se trouvait dans  son domicile».  Lorsque la victime et sa fille ont crié pour demander du secours, le voleur «a pris la clé des champs» mais, affirme le rédacteur, «mal lui en prit car dans sa tentative de fuite, il tomba face à une dizaine de villageois, ayant assurément entendu les cris de la victime. Appréhendé, il sera  tabassé à mort avant qu’il ne soit totalement maîtrisé».  Selon le quotidien, le bandit n’en était pas à son premier délit puisqu’il aurait avoué être l’auteur de plusieurs vols et viols dans la région.

El Ahdeth, de son côté, fait état de la menace qui pèse sur les habitants de Béjaïa. Ce quotidien nous apprend que les détritus et les décharges publiques présentent un danger pour la santé des habitants, qui sont sous le risque d’une véritable catastrophe sanitaire. De plus, le rédacteur indique qu’une dégradation dangereuse de la qualité de l’eau est constatée.

El Watan rapporte, dans son édition du 10 août, l’existence de turbulences à la zone industrielle de Chelghoum Laïd entre la Société de gestion immobilière (SGI) et les investisseurs y élisant domicile. Selon le rédacteur, le courant ne passe pratiquement plus. C’est ainsi qu’une bonne dizaine d’opérateurs n’ont pas fait dans la dentelle pour décrier la gestion tumultueuse préconisée par la SGI.

Confirmation

Le  journaliste de ce quotidien confirme la légitimité des doléances ; il indique qu’«au vu des multiples constatations effectuées sur le site tant décrié, l’on arrive à la conclusion que l’état des lieux est en effet on ne peut plus déplorable».

La Tribune  du 10 août  s’est intéressée, dans son supplément culturel, au cinéma dans la ville de Aïn Defla. Le titre, «les séances de projection de films appartiennent au passé», est révélateur de la situation qui prévaut. «L’entrée en force de l’antenne parabolique dans la ville a sonné le glas du cinéma», est-il indiqué. «Les salles dont les écrans se sont jadis illuminés ont depuis longtemps oublié ce que c’est une projection de film.» Ainsi, est-il précisé, « les salles qui ont gardé leurs structures n’ont plus rien à voir avec le septième art. Seules quelques personnes âgées se rappellent encore le bon vieux temps ». Le rédacteur conclut son écrit en estimant que «dans cette wilaya, penser à la construction d’une nouvelle salle de cinéma  relèverait de l’utopie (…). Elle n’a même pas gardé une salle opérationnelle pour au moins maintenir le lien entre le 7e art et les nouvelles générations qui ne savent pas ce qu’est un cinéma».

Le Jour d’Algérie  nous apprend pour sa part qu’une stèle de la Révolution a été transformée en décharge publique. Cela s’est passé à Boufarik.

Liberté paraissant le même jour a consacré sa Une à la multiplication des attentats à la bombe : «Le GSPC veut pourrir l’été des Algériens». Son éditorialiste apporte son éclairage politique à cette recrudescence : « La série de bombes qui ont explosé ces derniers jours dans la wilaya de Boumerdès, même si heureusement  elles n’ont pas fait de victimes, a de quoi raviver des inquiétudes.»  De son avis, il ne faut pas se faire d’illusion : «C’est un message de la part des groupes armés jusqu’au boutistes cherchant visiblement à démontrer qu’ils ont encore une capacité de frappe. » Reste, estime le rédacteur, que «logiquement, les forces de sécurité dont on assiste depuis quelques jours au déploiement dans certaines régions sont appelées à porter l’estocade à la bête immonde ».

De son côté, El Fadjr confirme que les explosions ont fait fuir les estivants qui ont abandonné les plages de la capitale. 

Nadia Kerraz

 

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