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La « régionale » des quotidiens nationaux
Pêle-mêle
Parcourir les pages régionales des
quotidiens de la presse nationale est loin d’être un exercice dénué
d’intérêt. Bien au contraire, cela nous permet d’apprendre des
choses dont le commun des lecteurs est loin de soupçonner
l’existence. Il est vrai que s’il y a des aberrations nationales, il
se trouve que l’on est parfois en face de situations très
spécifiques. C’est ainsi que le quotidien arabophone El Fadjr du 12
août nous apprend qu’en raison du non-respect des clauses contenues
dans le permis de construire accordé pour la réalisation d’un centre
commercial de 17 étages, de dangereux glissements sont constatés au
niveau de la rue Hamou-Boutlélis, dans la ville d’Oran.
Les transporteurs encore et toujours
Selon ce quotidien, des fissures sont
également constatées. Il est relevé que la réalisation de ce projet
a été confiée à une entreprise chinoise, Sidar, qui n’a pas respecté
les normes requises. Il est indiqué que ces fissures ont occasionné
des désagréments aux automobilistes et ont provoqué des accidents.
Il est aussi rapporté que l’APC aurait pris des mesures à l’encontre
du propriétaire du projet à qui une mise en demeure de cesser les
travaux a été adressée.
Un peu plus loin, dans la wilaya de
Sidi Bel Abbes, ce sont les transports en commun qui font des
vagues. Selon El Djazair News, les habitants de cette ville se
plaignent de la surcharge des bus et de leur état de délabrement.
Les conducteurs ne respectent pas les normes en vigueur en matière
de transport de voyageurs. Pourtant, est-il indiqué, une note
rédigée en mars 2005 par la direction des transports fait obligation
aux transporteurs de renouveler leur parc roulant. Mais est-il
ajouté, aucun d’entre eux n’en a tenu compte de cette circulaire. La
raison invoquée est leur situation financière qui ne leur permet pas
de procéder à l’acquisition de nouveaux bus. Dans l’éventualité où
cette option deviendrait inévitable, les transporteurs demandent à
ce que l’achat de nouveaux bus soit suivi de l’augmentation des
tarifs en vigueur et de la réfection des routes. Comme quoi c’est
toujours le citoyen qui doit payer. Transport toujours, cette fois
dans la wilaya de Blida. El Khabar du 10 août rapporte que les
transporteurs privés ont paralysé les transports et ont gêné la
circulation en signe de protestation contre la décision de la
direction des transports de transférer les lignes sans consultation
préalable des concernés. De l’avis des transporteurs privés, le
secrétaire général du syndicat de la wilaya n’est pas représentatif
. Partant, son accord n’engage que lui, est-il affirmé.
La Dépêche de Kabylie fait état d’un
civisme peu ordinaire. En effet, selon son correspondant, «un homme
d’une trentaine a été pris en flagrant délit dans une tentative
d’agression sur une dame qui se trouvait dans son domicile».
Lorsque la victime et sa fille ont crié pour demander du secours, le
voleur «a pris la clé des champs» mais, affirme le rédacteur, «mal
lui en prit car dans sa tentative de fuite, il tomba face à une
dizaine de villageois, ayant assurément entendu les cris de la
victime. Appréhendé, il sera tabassé à mort avant qu’il ne soit
totalement maîtrisé». Selon le quotidien, le bandit n’en était pas
à son premier délit puisqu’il aurait avoué être l’auteur de
plusieurs vols et viols dans la région.
El Ahdeth, de son côté, fait état de la
menace qui pèse sur les habitants de Béjaïa. Ce quotidien nous
apprend que les détritus et les décharges publiques présentent un
danger pour la santé des habitants, qui sont sous le risque d’une
véritable catastrophe sanitaire. De plus, le rédacteur indique
qu’une dégradation dangereuse de la qualité de l’eau est constatée.
El Watan rapporte, dans son édition du
10 août, l’existence de turbulences à la zone industrielle de
Chelghoum Laïd entre la Société de gestion immobilière (SGI) et les
investisseurs y élisant domicile. Selon le rédacteur, le courant ne
passe pratiquement plus. C’est ainsi qu’une bonne dizaine
d’opérateurs n’ont pas fait dans la dentelle pour décrier la gestion
tumultueuse préconisée par la SGI.
Confirmation
Le journaliste de ce quotidien
confirme la légitimité des doléances ; il indique qu’«au vu des
multiples constatations effectuées sur le site tant décrié, l’on
arrive à la conclusion que l’état des lieux est en effet on ne peut
plus déplorable».
La Tribune du 10 août s’est
intéressée, dans son supplément culturel, au cinéma dans la ville de
Aïn Defla. Le titre, «les séances de projection de films
appartiennent au passé», est révélateur de la situation qui prévaut.
«L’entrée en force de l’antenne parabolique dans la ville a sonné le
glas du cinéma», est-il indiqué. «Les salles dont les écrans se sont
jadis illuminés ont depuis longtemps oublié ce que c’est une
projection de film.» Ainsi, est-il précisé, « les salles qui ont
gardé leurs structures n’ont plus rien à voir avec le septième art.
Seules quelques personnes âgées se rappellent encore le bon vieux
temps ». Le rédacteur conclut son écrit en estimant que «dans cette
wilaya, penser à la construction d’une nouvelle salle de cinéma
relèverait de l’utopie (…). Elle n’a même pas gardé une salle
opérationnelle pour au moins maintenir le lien entre le 7e art
et les nouvelles générations qui ne savent pas ce qu’est un cinéma».
Le Jour d’Algérie nous apprend pour sa
part qu’une stèle de la Révolution a été transformée en décharge
publique. Cela s’est passé à Boufarik.
Liberté paraissant le même jour a
consacré sa Une à la multiplication des attentats à la bombe : «Le
GSPC veut pourrir l’été des Algériens». Son éditorialiste apporte
son éclairage politique à cette recrudescence : « La série de bombes
qui ont explosé ces derniers jours dans la wilaya de Boumerdès, même
si heureusement elles n’ont pas fait de victimes, a de quoi raviver
des inquiétudes.» De son avis, il ne faut pas se faire d’illusion :
«C’est un message de la part des groupes armés jusqu’au boutistes
cherchant visiblement à démontrer qu’ils ont encore une capacité de
frappe. » Reste, estime le rédacteur, que «logiquement, les forces
de sécurité dont on assiste depuis quelques jours au déploiement
dans certaines régions sont appelées à porter l’estocade à la bête
immonde ».
De son côté, El Fadjr confirme que les
explosions ont fait fuir les estivants qui ont abandonné les plages
de la capitale.
Nadia Kerraz
Haut
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