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La Colombie maintient le cap à
droite
Alors que les autres pays du continent s’ancrent
globalement à gauche, la Colombie maintient le cap, au grand bonheur du puissant
allié du Nord.
Le président colombien Alvaro Uribe pourra briguer
un second mandat consécutif en mai 2006 ; la Cour constitutionnelle de Colombie
a levé dernièrement le dernier obstacle à sa candidature en approuvant par sept
voix contre deux une loi encadrant les pouvoirs des Présidents sortants pour
éviter tout abus de leur part dans la course à la réélection. Le 19 octobre,
l’instance avait déjà déclaré conforme à la Constitution la loi instaurant le
mandat présidentiel renouvelable. Alvaro Uribe déclarera officiellement sa
candidature avant une date butoir fixée au 27 novembre. Les premiers sondages
donnent Uribe largement vainqueur de la prochaine présidentielle.
Le chef de l’Etat, un conservateur proche des
Etats-Unis, est crédité par la population de son action ferme contre la
rébellion marxiste. Le net déclin de la violence et des enlèvements enregistré
dans le pays depuis son arrivée au pouvoir en 2002 lui permet, aujourd’hui, de
jouir d’une cote de popularité de 70%.
Les détracteurs du mandat renouvelable ont estimé,
eux, qu’il faussait l’équilibre des pouvoirs conçu par la Constitution, et ont
rappelé les expériences malheureuses d’autres pays du sous-continent, comme le
Pérou ou l’Argentine.
L’inspecteur général de Colombie, un haut
responsable judiciaire chargé de veiller à la légalité des actions
gouvernementales, avait recommandé qu’Uribe ne soit pas autorisé à se
représenter en mai. Mais les analystes s’attendaient à la décision favorable de
la Cour constitutionnelle en raison de la forte popularité du Président. Soutenu
par des centaines de millions de dollars d’aide américaine, Alvaro Uribe a
augmenté les opérations de fumigation des champs de coca, le nombre
d’extraditions de trafiquants de drogue vers les Etats-Unis et les dépenses
militaires en exigeant de l’armée qu’elle soit plus agressive à l’encontre des
rebelles marxistes. Le Président colombien a également entamé des négociations
en vue de démobiliser les milices paramilitaires d’extrême droite, qui sont
impliquées dans le trafic de drogue et ont tué des milliers de civils dans leur
“sale guerre” contre la rébellion, parfois avec la complicité de certains pans
de l’armée. Mais l’économie s’est, elle aussi, améliorée sous son mandat et les
autoroutes du pays, longtemps un terrain de chasse gardé des ravisseurs, sont
devenues plus sûres. Du coup, le chef de l’Etat est non seulement populaire
auprès des couches les plus aisées de la population, mais aussi auprès de
nombreuses couches défavorisées.
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Le nouveau Parlement afghan est
une mosaïque ethnico-religieuse
D’anciens chefs de factions militaires et
responsables taliban, des militantes et plusieurs ex-communistes occuperont des
sièges dans le nouveau Parlement afghan, selon les résultats des dernières
législatives. Les résultats du scrutin du 18 septembre, où étaient mis en jeu
les 249 sièges de la Chambre basse, ainsi que ceux des conseils des 34 provinces
du pays ont été publiés cette semaine, avec un retard dû à la lenteur du
dépouillement et à des accusations de fraude électorale. Ce scrutin – le premier
depuis plusieurs dizaines d’années dans le pays – est considéré comme une
étape cruciale dans la transition de l’Afghanistan vers la démocratie.
Quelque 30 000 militaires sous commandement de
l’Otan sont chargés de maintenir la paix en Afghanistan, où les attaques des
taliban et de leurs alliés islamistes ont fait plus de 1 100 morts cette année.
Le bilan le plus lourd depuis la chute des taliban, en 2001.
Un fait à prendre en considération, après ce
scrutin, est l’entrée en politique de plusieurs anciens chefs de factions
armées. Bien qu’accusés de crimes de guerre par des organisations de
défense des droits de l’homme, ils ont remporté des sièges au Parlement. Ainsi,
Haji Mohammad Mohaqiq, de la minorité chiite Hazara, est arrivé en tête des
suffrages dans la province de Kaboul. La faction de Mohaqiq a participé à la
guerre civile qui a ravagé le pays dans les années 1990. Il a été le bras droit
de Karzaï et son ministre de la Planification, et fait à présent partie de
l’alliance d’opposition dirigée par l’ancien ministre Yunus Qanuni.
L’ONU a voulu que ces élections ne soient pas
disputées sous les couleurs de partis, et les 5 800 candidats se présentaient
donc comme indépendants. Elles risquaient dès lors de déboucher sur un Parlement
fragmenté dont les membres se disputeront des crédits pour le compte de leurs
circonscriptions.
Le président Hamid Karzaï, qui n’a pas de parti
politique, s’est tenu à l’écart de la campagne, mais plusieurs de ses partisans,
dont deux membres de sa famille, ont remporté des sièges parlementaires. Yunus
Qanuni a lui aussi remporté un siège. L’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Education
du gouvernement Karzaï était arrivé en deuxième position, loin derrière le
Président lors de la présidentielle d’octobre 2004. Qanuni est issu de l’ethnie
tadjike et fait partie des principaux dirigeants de l’Alliance du Nord, qui
avait aidé les forces sous commandement américain à renverser les taliban en
2001. Karzaï appartient à l’ethnie pachtoune, la plus importante numériquement,
dont sont issus également la plupart des taliban. Les électeurs ont en général
voté selon leur appartenance ethnique du fait de l’influence des tribus
afghanes. On a dénombré 6,8 millions de suffrages sur environ 12 millions
d’électeurs inscrits.
Le nouveau Parlement doit siéger pour la première
fois le mois prochain. L’une de ses principales missions est d’approuver
ou de rejeter la nomination des membres du gouvernement.
Une élection visant à renouveler la Chambre haute
doit être organisée avant la fin du mois de novembre. Reste que ce Parlement, le
premier à représenter l’ensemble du pays depuis 1973, sera dominé par l’islam
conservateur des factions des moudjahidine et tribales qui avaient lutté contre
la présence soviétique avant de se déchirer dans les années 1990. La principale
innovation réside dans la place accordée aux femmes, traditionnellement exclues
de la vie politique et totalement marginalisées par les taliban. Elles occupent
25% des sièges du nouveau Parlement.
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Hamid Karzaï tend encore une
fois la main aux taliban
Le président Hamid Karzaï a exhorté les taliban et
l’ensemble des rebelles qui combattent l’autorité centrale et les forces
internationales à déposer les armes et à s’associer au processus de paix. “Nous
attendons de tous nos compatriotes, qu’ils soient hors d’Afghanistan ou chez eux
(...) qu’ils se joignent à ce programme pour la paix (...) et qu’il renoncent à
la destruction de leur pays”, a-t-il déclaré dans un discours retransmis en
direct à la télévision, à l’occasion d’une conférence de réconciliation
nationale. Le chef de l’Etat avait déjà tendu la main sans grand succès à la
milice islamiste, il y a deux ans. Maintenant qu’elle a repris du poil de la
bête, il paraît pour le moins improbable qu’elle réponde favorablement aux
sollicitations de Kaboul.
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