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COLLOQUE
Dib est mort,
Omar restera toujours dans ma mémoire
Lieu premier des
écritures de l’écrivain Mohamed Dib, Tlemcen a abrité il y a une
semaine environ un colloque international dédié à la mémoire du
géant de la littérature nationale.
C’est à ce titre
que l’ancienne capitale des Zianides abrita, le 23 janvier 2001, la
naissance de la Fondation La-Grande-maison à l’effet de consacrer et
d’honorer un des plus grands maîtres de la littérature maghrébine.
C’est dans cette ville d’art et d’Histoire, lieu emblématique s’il
en est, que des efforts conjugués autant volontaristes que
réfléchis, mus le plus souvent par une reconnaissance insondable à
un être particulièrement cher et vénéré, ont été généreusement
déployés pour aboutir à l’érection d’un véritable projet de société.
Ce n’est donc pas sans raison si cette structure, portée le plus
souvent par des universitaires, écrivains, journalistes,
intellectuels, simples citoyens ou par les autorités de la ville,
s’est vue assigner la noble mission de militer valablement et
continuellement pour la promotion plurielle d’une œuvre fondatrice.
La-Grande-maison
est à l’évidence, à en croire ses promoteurs, un clin d’œil à l’un
des premiers romans qui a consacré Mohamed Dib dans l’opinion
publique. «Mais c’est aussi et surtout la symbolique qui a été
choisie pour tenter de rejoindre, dans la diversité comme dans
l’uniformité où il vient jusqu’à nous, le déroulement d’un
demi-siècle d’écriture.»
Il ne peut être
autrement a fortiori lorsque, souligne la même source, l’œuvre
magistrale de l’auteur de Qui se souvient de la mer est perçue comme
une pierre angulaire de tous les travaux à venir. Des travaux
balisés quand ils ne sont pas irrigués par la densité et la
diversité de l’œuvre en question, un héritage qui s’ouvre le plus
souvent "sur tous les domaines de réflexion à même de désigner le
signe maghrébin et les conditions de possibilités de son inscription
dans l’épistème contemporaine». A ce titre, a rappelé Mme
Sabéha Benmansour, à l’occasion de la séance inaugurale au siège de
la Bibliothèque centrale de l’université Aboubakr-Belkaïd de
Tlemcen, la Fondation Mohamed-Dib propose, dans son programme, la
création de diverses cellules de recherche auxquelles se sont déjà
ajoutés plusieurs ateliers d’écriture, de théâtre, de peinture… en
attendant ceux que cette structure compte consacrer à la musique et
à toutes les disciplines artistiques en relation étroite avec la
personnalité et l’œuvre plurielle de l’auteur de L’Arbre à dires. Un
auteur dont le rapport à sa ville, Tlemcen en l’occurrence, nous
fait tout de suite penser à cette énigmatique réplique d’Humphrey
Bogart : «C’est l’étoffe dont sont tissés nos rêves.» Une réplique
empruntée à Dashiell Hammet et à son livre Le Faucon de Malte, que
le cinéaste américain John Houston adapta à l’écran en 1944 sous le
titre de Le Faucon maltais. Même si la relation entre les deux
situations est loin d’être entière. A cette scène d’anthologie où,
sous l’œil ironique d’Humphrey Bogart, tous regardent le faucon, se
méfiant les uns des autres avant de découvrir que le trésor n’est en
réalité qu’une vulgaire statuette de plomb, il est aisé d’opposer,
en effet, un autre trésor, humain à bien des égards.
L’hommage à une
ville fondatrice
Cette jeunesse
tlemcénienne qui, avide de témoigner sa pleine reconnaissance à un
auteur hors du commun, n’aura ménagé aucun effort artistique pour
donner à l’édition de cette année toute l’aura qu’elle mérite. Lui
qui, en réponse à l’historique initiative de la société civile de
créer une fondation en mesure d’être au diapason de son œuvre et de
toutes ses aspirations, avait eu, de son vivant, ces mots ô combien
justes et galvanisateurs. Des mots contenus dans un message adressé
à la fondation qui portera désormais son nom, le 2 mai 2001 : «Je
suis encore plus fier de ma ville de Tlemcen qu’elle n’est fière de
moi et lui souhaite de sauvegarder intacte la réputation qui fait sa
fierté.»
A l’issue du
colloque international de cette année, il est aisé de dire que la
réputation de la capitale des Zianides est restée intacte, irriguée
qu’elle est par l’adhésion consciente d’une jeunesse qui aura pesé
magistralement et avec ferveur tant par son assiduité aux assises
que par les nombreuses activités annexes qu’elle a animées.
Ce n’est donc pas
sans raison si l’attachante présidente de la Fondation Mohamed-Dib a
tenu, à l’occasion de la séance inaugurale, à placer la
manifestation de cette année sous le signe d’un vibrant hommage à
une ville, Tlemcen, qui a accueilli le premier acte d’écrire de ce
grand humaniste que fut – et qui le demeure à travers son œuvre – un
géant de la littérature nationale.
Un hommage
posthume appuyé a été rendu, dans le même hémicycle, par Sabéha
Benmansour au cinéaste Mustapha Badie qui a su, grâce à son génie
propre et à son métier, introduire l’œuvre romanesque de l’immense
écrivain dans les foyers algériens où l’acte de lire n’est pas en
odeur de sainteté et faire découvrir une thématique en relation
étroite avec la réappropriation de pans importants de la mémoire
collective.
La meilleure
reconnaissance à l’emblématique feuilleton produit par la télévision
algérienne demeure celle du lauréat du prix La-Grande-maison, le
confrère Abdelhamid Ali-Bouacida : «J‘avoue que j’ai découvert Dib
grâce la télévision et à Mustapha Badie. J’ai découvert assez
tardivement El Hariq, Dar S’bitar. La charge émotionnelle qui s’en
dégage m’a littéralement poussé dans les bras de la merveilleuse
trilogie fondatrice de l’œuvre dibienne. Il y avait une telle
émotion qui jaillissait du personnage de Lla Aïni et des autres
protagonistes…Et puis il ne faut pas perdre de vue que je suis
moi-même issu d’un milieu populaire. J’en garde des souvenirs
vivaces. Celui de mon père, se débattant comme un diable pour
subvenir aux besoins d’une famille nombreuse de pas moins de 12
frères et sœurs est non des moindres.»
D’une valeur d’un
million de dinars, le Prix La-Grande-maison a été remis à notre
confrère par Mohamed Meziane, P-DG de l’entreprise nationale
Sonatrach, le principal sponsor de cette manifestation avec
l’université Aboubakr-Belkaïd.
Cris et
chuchotements
La référence au
réalisateur de La Nuit a peur du soleil est, à l’évidence, le seul
lien que d’aucuns peuvent faire avec le colloque. Les cinéastes
algériens présents à Tlemcen, Mohamed Bensalah et Belkacem Hadjadj,
le Français Jean Asselmeyer, ne comptent à leur actif aucune
adaptation d’une œuvre romanesque. Et c’est peut-être pour cette
raison et bien d’autres que les cinéphiles présents à la
bibliothèque centrale de l’université de Tlemcen ont été amenés à
déplorer l’absence des cinéastes Ahmed Rachedi, Mohamed Slim Riad,
Kamel Dehane, Okacha Touita, Mahmoud Zemmouri ou Saïd Ould Khelifa,
auteurs respectivement d’une adaptation de L’Opium et le Bâton de
Mouloud Mammeri, Le Vent du Sud d’Abdelhamid Benhadouga, Les
Vigiles (Les Suspects) de Tahar Djaout, Morituri de Yasmina Khadra,
L’Honneur de la tribu de Rachid Mimouni ou Mehdi (Le thé de Tania)
d’Amine Zaoui, d’écrivains scénaristes comme Rachid Boudjedra,
Mourad Bourboune ou Tahar Ouettar. Certaines remarques infondées sur
l’adaptation de Mustapha Badie auraient pu, dans le même ordre
d’idées, faire l’objet de mise au point. De la même manière que la
présence des auteurs auraient permis d’enrichir sensiblement le
programme du colloque, ne serait-ce que grâce à une réflexion
pointue sur ce qui motive les écrivains dans leur collaboration avec
le 7e art, sur la question de savoir ce qui se joue dans
cette collaboration du point de vue de la représentation. Quels sont
les liens concrets entre la littérature et le cinéma en Algérie et à
l’étranger ? Que penser du travail d’écriture d’écrivains
scénaristes comme Rachid Boudjedra et Mourad Bourboune ? De celui
des cinéastes qui tournent le dos à la littérature pour imposer
leurs propres textes, donnant ainsi des œuvres sans épaisseur
aucune ?
Il aurait été
intéressant aussi de compter sur la présence de Bourlem Guerdjou
dont le film, Vivre au paradis, projeté pourtant à la Maison de la
culture de Tlemcen, est une adaptation d’un roman autobiographique,
D’une Oasis à un bidonville de Brahim Benaïcha, ou de celle de
Christophe Ruggia dont le film Le Gone du Chaâba est une adaptation
de l’ouvrage éponyme d’Azzouz Beggag.
Cela souligné, il
faut reconnaître aux organisateurs le mérite d’avoir mobilisé une
participation étrangère de qualité : Denise Brahimi, Anne Roche,
Monique Carcaud Macaire, Jacques Choukroun, Jeanne-Marie Clerc et
François Desplanques, des universitaires français, Peter Kirsh de
l’université de Vienne (Autriche) et Elisabeth Arend de l’université
de Brême (Allemagne). Sans oublier des universitaires algériens
affirmés à l’image de Nadjet Khadda, Mourad Yellès, Nadia Bahia
Ouhibi, accompagnés durant cette session par les cinéastes Mohamed
Bensalah et Belkacem Hadjadj.
Des
recommandations ont été faites à l’issue de ce colloque. Celle qui
demande à ce que la culture cinématographique retrouve droit de cité
à Tlemcen (où toutes les salles sont fermées) est non des moindres.
Enfin, une soirée
de musique classique tlemcénienne, animée à la perfection par
l’association Tareb al-Açil, a été programmée par la Fondation
Mohamed-Dib comme pour rappeler au bon souvenir des participants la
musicalité d’une œuvre comme Le Métier à tisser.
Abdelhakim
Meziani
Entretien avec Abdelhamid Ali-Bouacida
"Je suis un
plagiaire de Mohamed Dib"
Il découvre la
trilogie de Mohammed Dib grâce à Mustapha Badie. C’est le coup de
foudre d’autant que le feuilleton produit par la télévision
algérienne a su dégager une charge émotionnelle insondable qui
n’aura pas laissé insensible notre confrère du quotidien national Le
Courrier. Lla Aïni y est certainement pour quelque chose. Les
masses déshéritées aussi tant Abdelhamid Ali-Bouacida leur voue un
très profond respect doublé d’une révolte à peine contenue contre
ceux qui les appauvrissent chaque jour davantage. Ce n’est pas sans
raison si le recueil primé à Tlemcen, Cinq doigts dans les yeux de
Satan, articule son énoncé autour d’une réalité amère mais où
l’espoir n’est pas pour autant sacrifié. L’heureux lauréat du prix
Mohammed-Dib ne veut pas pour autant céder à la tentation de devenir
le porte-parole des déshérités, des pauvres. Il veut seulement
demeurer attentif à des choses qui lui font mal à l’âme.
Entretien réalisé par
Abdelhakim
Meziani
Les Débats :
Comment avez-vous accueilli l’annonce de votre sacre à Tlemcen ?
A.
Ali-Baouacida : Ce serait
faire preuve de fausse modestie que de dire que j’étais complètement
détaché du contexte. Bien au contraire, j’étais immensément heureux
d’être consacré par un prix littéraire aussi prestigieux, sinon le
plus prestigieux, de mon point de vue, dans les pays de la région.
Surtout que les autres postulants ne sont pas à présenter, de
grosses pointures convient-il de souligner, à l’image de Mohand Akli
Haddadou et de Sofiane Hadjadj. A vrai dire, je ne me faisais pas
d’illusion surtout que les personnes que je viens de citer écrivent
merveilleusement bien.
N’aviez-vous
pas, au moment de la remise du prix, une pensée toute particulière
pour Mohamed Dib ?
J’avais, à ce
moment précis, une pensée insondable pour l’auteur de La Grande
maison. J’avoue que j’ai découvert Mohammed Dib grâce à la
télévision algérienne. Plus précisément au feuilleton que réalisa, à
l’époque, Mustapha Badie. J’avoue aussi que j’ai découvert la
trilogie assez tardivement.
Je me suis mis à
lire l’emblématique trilogie, à rattraper le temps perdu. Un temps
mis à mal par le recul enregistré par la pratique de la lecture dans
notre pays alors que Dib est au programme, son œuvre ayant fait
l’objet de plusieurs devoirs à l’école. Une école où, faute
d’encouragement à recourir à l’acte de lecture, l’enfant résiste aux
devoirs imposés en classe.
Ne pensez-vous
pas que le fait d’obtenir le prix La-Grande-maison, récompense
instituée en hommage à Mohamed Dib, procède d’une sacrée
coïncidence ?
Absolument et
c’est loin d’être fortuit, d’être le fait du hasard. Il y avait une
telle charge émotionnelle qui se dégageait du jeu de Lla Aïni qu’il
m’était impossible de rester indifférent à la souffrance des
humbles. Surtout que cette femme telle que racontée par Mohamed Dib
avait l’exaltante et douloureuse mission de nourrir toute une
maisonnée handicapée par la crise et l’absence d’un mari, d’un père.
Je ne pouvais rester insensible à cet état de fait, étant moi-même
un fils du peuple bien que n’ayant jamais manqué de rien. Mais je
garde des souvenirs vivaces de mon milieu, un milieu où mon père se
débattait comme un diable pour subvenir aux besoins combien grands
d’une famille nombreuse de quelque douze frères et sœurs.
Comment
avez-vous vécu cette coïncidence incarnée par ailleurs dans
l’ancienne capitale des Zianides par le colloque international
"Cinéma et littérature"
et le fait que vous ayez
découvert l’œuvre de Mohamed Dib grâce au feuilleton mis en scène
pour la télévision par Mustapha Badie ?
C’est une
coïncidence extraordinaire. En ce sens que l’œuvre filmique de
Mustapha Badie, traduite par une charge émotionnelle indéniable,
m’aura permis de constater, après lecture de l’œuvre romanesque de
l’auteur de L’Incendie, que les mots de La Grande maison
étaient autrement plus forts.
Cette façon
dibienne de décrire la réalité sociale concrète, avec humilité et
violence à la fois, ne vous a-t-elle pas influencé quelque part au
moment où vous vous mettiez à écrire le recueil de nouvelles
consacré cette année par un jury international ?
Je suis quelque
part un voleur d’émotions, un plagiaire de sensibilité. A lire Dib,
tout est dit, tout est consigné. Je reste un observateur insatiable
de tout ce qui m’entoure, de la misère ambiante, des gens, de mon
peuple, de cette misère qui se lit sur les visages.
Vous est-il
possible, à ce propos, de situer votre recueil de nouvelles par
rapport à une réalité difficile à admettre, à une misère qui semble
rattraper même la classe moyenne ?
Mes nouvelles sont
consacrées à ces pauvres hères que nous sommes devenus aussi.
Quelque part, il m’apparaît clairement d’être le porte-parole de cet
environnement palpable.
En termes
décodés, vous semblez donner l’image de quelqu’un qui parvient
difficilement à contenir son souhait d’investir la littérature d’une
fonction sociale. Ne pensez-vous pas que cette façon d’aborder le
discours littéraire est de nature à engendrer quelques dissonances
entre les tenants du réalisme romantique et ceux de l’école
esthétique ?
Avec mes
nouvelles, j’entre par effraction dans le vécu des humbles et la
dimension ostentatoire des autres. Je veux témoigner, grâce à la
magie du verbe, sur une réalité qui fait certes mal mais qui n’est
pas immuable. L’idéal est de parvenir, en effet, à une synthèse
entre cette dimension réaliste et un travail littéraire irrigué par
les exigences de l’esthétique.
Est-ce une
façon comme une autre de prendre une certaine revanche ?
C’est une revanche
que je prends même quand je mets en scène mes héros. Je suis
foncièrement contre la fatalité. J’avoue que mes écrits
travestissent, par moments, la réalité. Surtout lorsque je mets en
scène, par exemple, des enfants de pauvres bien habillés.
Pourquoi ?
Pour mieux
exorciser la fatalité pardi ! La malmener pour démontrer à
l’évidence que l’être humain est souverain, capable de transformer
objectivement sa réalité objective, de réunir les conditions idoines
en vue de sa promotion et de son épanouissement pluriels.
D’où le titre à
la fois générique et symbolique de Cinq doigts dans les yeux de
Satan…
Cinq doigts
dans les yeux de Satan est
un titre qui procède d’une symbolique certaine. A l’origine, il
était celui d’une nouvelle du recueil qui a été soumis à
l’approbation du jury international du prix Mohamed-Dib. Il est non
seulement générique, mais il traduit on ne peut mieux mon parti pris
pour le terroir, pour le patrimoine culturel national.
Est-il possible
de connaître la thématique à l’honneur dans ce recueil ?
Mes préoccupations
dans ce cadre sont nombreuses. Partant du principe que je suis
particulièrement sensible à tout ce qui m’entoure, il va sans dire
que j’y aborde des sujets différents mais qui se complètent, qui
procèdent de la même logique. C’est ainsi que j’aborde les cas des
citoyens touchés par des handicaps mentaux. Grâce à des textes comme
Lettre à mon psychiatre ou Le bras zéro, je donne la parole à ces
êtres marginalisés pour mieux les comprendre, capter leur sagesse.
Dans Keltoum et Hamlet, c’est un vibrant hommage que
je rends à tous les intellectuels lâchement assassinés par la horde
terroriste. Avec Mots sots choisis, j’ai une pensée pour tous ceux
qui vivent très mal du produit de leur plume. La délinquance, la
drogue ou le chômage sont d’autres problématiques mises en évidence
dans les autres nouvelles du recueil.
Vous donnez
l’impression de quelqu’un qui dissimule mal une sorte de "complexe
de Dib". Qu’en est-il exactement ?
Absolument. Je le
revendique, ce "complexe de Dib". C’est l’auteur de l’emblématique
trilogie qui m’a insufflé cette envie d’écrire. Surtout après que
j’aie découvert avec quelle magie il exorcisait cette impuissance à
venir en aide aux démunis… par les mots. Avec l’espoir toujours
renouvelé de parvenir un jour au niveau du talent, de la verve, en
un mot du génie de l’enfant de Tlemcen.
Cette
consécration vous donne-t-elle des ailes ?
Et comment ! Je
suis désormais porteur d’un prix que je dois impérativement
confirmer, assumer. Je compte continuer sur la voie irriguée par
l’œuvre de Mohammed Dib. J’ai une lourde responsabilité maintenant
que ma façon de plagier mon aîné m’aura permis de connaître les
chemins de la consécration. Cela m’encourage à aller de l’avant,
plus que jamais.
Pensez-vous
déjà à l’édition de ce recueil ?
Je dois
nécessairement revoir ma partition, peaufiner le recueil en question
par la mise à mort des maladresses soulignées par le jury
international. Je veux mieux ciseler la texture pour que mon recueil
soit au diapason des exigences de l’édition.
Un mot sur le
colloque international "Cinéma
et littérature" ?
Extraordinaire.
Une organisation parfaite et une convivialité qui font honneur à la
fondation Mohamed-Dib. Un regret cependant, un seul : un colloque
tous les deux ans, c’est vraiment peu. Il faut donc que toutes les
autres villes se mobilisent pour reprendre le témoin.
Doté par
l’entreprise nationale Sonatrach, le prix La-Grande-maison vous a
été remis par Mohamed Meziane, son premier responsable…
L’argent n’a pas
d’odeur, même celui provenant des champs pétrolifères et gaziers. Le
geste de Sonatrach est heureux à bien des égards.
Quel effet cela
a-t-il fait sur vous ?
Je me suis dit, en
mon for intérieur, que je suis devenu un rentier du pétrole.
A. M.
Haut
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