Semaine du 17 au 23 Mai 2006

Amérique Latine

Cap à gauche

Etats-Unis /Iran

Le règlement de la crise passe par un dialogue direct

Russie

Vladimir Poutine soutiendra un seul candidat en 2008

 

 
 
 Monde

Accueil

Amérique Latine

Cap à gauche

Chavez au Venezuela, Lula au Brésil, Morales en Bolivie, Vazquez en Uruguay, Bachelet au Chili… Scrutin après scrutin, l'Amérique latine bascule à gauche. Au Pérou, Ollanta Humala est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle et au Mexique, la gauche talonne la droite pour la présidentielle du 2 juillet. Au total, la gauche, ou plutôt "les gauches", pourraient se retrouver à la direction de 80% du sous-continent. Un sacré pied de nez au voisin nord-américain…

Le Venezuela en 1998, le Chili en 2000, le Brésil en 2002, l'Argentine en 2003, l'Uruguay en 2004, la Bolivie en décembre 2005 et peut-être le Pérou en juin prochain. Des pays à gauche certes, mais qui se tirent dans les pattes. Car d'une capitale à l'autre, ce n'est pas forcément la même gauche. Entre Hugo Chavez et Lula da Silva, deux gauches s'opposent. L'un propose un discours radical aux accents populistes et avance des solutions nationalistes. L'autre, centriste, prône une politique budgétaire orthodoxe afin d'attirer les capitaux et cherche à insérer l'économie dans la mondialisation. Entre eux, rien ne va plus. Lula est furieux depuis la nationalisation bolivienne. Le chef de l'Etat brésilien et son homologue argentin, Nestor Kirchner, auraient souhaité plus de concertation entre hommes de gauche. Michelle Bachelet est également en colère. Le Chili achète du gaz à l'Argentine qui se fournit en Bolivie. Autre frère supposé de la gauche sud-américaine, Tabaré Vazquez, quant à lui, négocie discrètement un accord de libre-échange avec Washington. L’Uruguay pense quitter le Mercosur, le Marché commun sud-américain. A l'inverse, Humala jure qu'il ne signera jamais avec Washington. Le Pérou rejoindrait alors le front anti-impérialiste consolidé à la Havane avec l'entrée d'Evo Morales dans l'Alba. "Je suis très content de cette alliance entre le Vénézuela, Cuba, et la Bolivie. C'est l'entente de trois générations, de trois révolutions...", dira ce dernier à ce moment-là.

L'Alba, "l'aube" en espagnol, a été initiée par Hugo Chavez pour lui permettre d'aider Fidel Castro en lui fournissant du pétrole. En la rejoignant, Evo Morales a stigmatisé les divisions de la gauche sud-américaine.

 

Haut

Etats-Unis /Iran

Le règlement de la crise passe par un dialogue direct

Régler la crise du nucléaire passe par un dialogue direct Washington-Téhéran. Le secrétaire général de l'ONU est, pour une fois, sorti de sa réserve vis-à-vis des Etats-Unis. Kofi Annan a ainsi mis la pression sur les Etats-Unis en estimant pour la première fois que les Iraniens ne négocieront pas sérieusement sur leur programme nucléaire tant qu'il n'y aura pas de dialogue direct entre Washington et Téhéran. "Je doute que les Iraniens mettent tout sur la table tant qu'ils négocient avec les Européens, en sachant que ce dont ils parlent avec eux devra ensuite être discuté avec les Américains."

Kofi Annan a rappelé qu'il avait "dit clairement à la fois en privé, dans ses contacts avec l'administration américaine, et en public, qu'il était important que les Etats-Unis viennent à la table (des négociations) et qu'ils rejoignent les pays européens et l'Iran pour trouver une solution". Mais c'est la première fois qu'il affirme aussi nettement qu'un accord avec les Iraniens est impossible tant que les Américains laisseront les Européens seuls en première ligne. L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (UE-3) négocient avec l'Iran depuis 2003, avec le soutien des Américains, pour tenter de l'empêcher d'enrichir l'uranium, ce qui lui permettrait, disent-ils, de se doter de l'arme nucléaire.

L'appel de Kofi Annan est intervenu alors qu'on apprenait à Vienne que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait découvert des traces d'uranium hautement enrichi sur un site nucléaire iranien où Téhéran a nié avoir effectué ce genre d'expérience. Ces particules d'uranium auraient été découvertes dans des prélèvements effectués par les inspecteurs de l'AIEA au centre de Lavizan, près de Téhéran, rasé en 2004 par les autorités iraniennes. 

L'Iran, inquiet de possibles frappes américaines sur son territoire en cas d'impasse diplomatique durable, veut obtenir des garanties de sécurité que seuls les Etats-Unis sont en mesure de lui donner.

Aux Etats-Unis et en Europe, les appels pour que Washington négocie directement avec l'Iran se font de plus en plus pressants. L'ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Bill Clinton, Samuel Berger, a plaidé lui aussi pour des pourparlers directs entre Washington et Téhéran. Fin avril, un haut responsable français s'est demandé, lors d'une rencontre avec la presse, si le moment n'était pas venu d'une percée diplomatique américaine, à l'image du voyage du président Richard Nixon en Chine en 1972. Paris estime que l'Iran, "en montrant ses muscles, cherche plus que jamais une reconnaissance de son régime" par les Etats-Unis, a dit ce responsable. "Ils veulent obliger les Américains à entrer en dialogue avec eux."

Or les Etats-Unis persistent dans leur refus de toute négociation directe. "Il y a eu de nombreux appels publics aux Etats-Unis à négocier directement avec les Iraniens", a reconnu récemment le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, tout en ajoutant qu'"il y avait de nombreux de moyens de communication si les Iraniens veulent nous transmettre des informations".

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a assuré, de son côté, qu'il était "prêt au dialogue avec n'importe quel pays". Il vient de rompre 26 ans d'absence de relation officielle entre les deux pays en envoyant une lettre à son homologue américain George W. Bush. L'Iran et les Etats-Unis n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980. L'ambassade de Suisse représente les intérêts des Etats-Unis à Téhéran et celle du Pakistan représente l'Iran à Washington. Après l'échec des Etats-Unis de convaincre la Russie et la Chine d'accepter que le Conseil de sécurité adopte une résolution contraignante pour obliger l'Iran à suspendre l'enrichissement, les Occidentaux ont décidé d'attendre "quelques semaines" et de proposer à l'Iran une nouvelle offre.

Des diplomates des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine) plus l'Allemagne doivent se réunir le 19 mai à Londres pour examiner des nouvelles mesures incitatives, mais aussi les sanctions envisagées en cas de désaccord persistant avec Téhéran.

Haut

 

Russie

Vladimir Poutine soutiendra un seul candidat en 2008

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé qu'il soutiendrait une seule candidature à sa succession et a promis une transition en douceur après son départ en 2008. Poutine, lui-même désigné chef de l'Etat par intérim par le président Boris Eltsine pour garantir son élection, a rejeté à plusieurs reprises l'idée d'une modification de la Constitution qui lui permettrait de se représenter pour un troisième mandat.

L'identité de son successeur fait l'objet d'intenses spéculations en Russie. Le locataire du Kremlin n'a donné aucun indice sur son dauphin putatif, estimant qu'il revenait au peuple de décider, mais a fait savoir qu'il comptait bien avoir son mot à dire. Le ministre de la Défense Sergueï Ivanov et le vice-Premier ministre Dmitry Medvedev sont considérés comme les mieux placés pour être désignés par le Kremlin. Le contrôle par ce dernier des médias et de tous les leviers du pouvoir garantiront un succès quasi certain au poulain de Poutine. "Tout le monde s'inquiète de la stabilité et se demande ce qui va se passer en 2008", a déclaré le président de la Fédération de Russie. "Je ne peux pas me contenter de dire 'j'ai fait mon travail' et vous laisser faire le reste vous-mêmes. Jusqu'à la dernière minute de ma présidence, je ferai mon travail de manière responsable."

Depuis la chute du communisme en 1991, les observateurs internationaux critiquent les élections en Russie, dénonçant la mainmise du Kremlin sur la plupart des aspects de la vie publique. Poutine a assuré cependant qu'il ne dirait pas au peuple russe pour qui voter.

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche