Semaine du 17 au 23 Mai 2006

Procès à venir et procès en cours

Khalifa, Koudil et les autres

 

 
 
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Procès à venir et procès en cours

Khalifa, Koudil et les autres

Jeudi 11 mai, Le Jeune Indépendant consacre sa une aux déclarations de Abdelmoumen Khalifa dans un entretien accordé au magazine français VSD. Ainsi, rapporte le quotidien, pour A. Khalifa, «la justice britannique a accepté de juger l’Etat algérien». le Jeune Indépendant ajoute que «pour sa première interview accordée depuis trois ans, l’ex-golden boy dit avoir déposé une plainte contre l’Etat algérien et que la justice britannique a accepté de tenir un procès, en principe à la mi- juin, au nom de la jurisprudence Pinochet». Pour Abdelmoumen Khalifa, sera-t-il ajouté, " qui soutient que personne n’a perdu de l’argent dans son affaire, aucun mandat d’arrêt international n’a été délivré contre lui…».

Le même jour La Tribune rapporte les propos du ministre de la justice Taieb Belaiz qui affirme que s’agissant de l’affaire  Khalifa, «le temps de l’impunité est révolu».

Procès et contre-procès

Le rédacteur rappelle par ailleurs que «le ministre de la Justice avait indiqué il y a moins d’un mois que le procès de l’affaire Khalifa débutera au moins de juillet prochain, devant la cour de Blida, la juridiction territorialement compétente, avec la précision toutefois que l’instruction n’était pas terminée et que le dossier sera d’abord soumis à la chambre d’accusation qui se chargera de le  renvoyer devant le tribunal». Reste que les déclarations contenues dans  l’interview de Abdelmoumen Khalifa n’ont pas manqué de susciter des réactions à Alger.

Ainsi, l’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du 13 mai) verra derrière «une mise en scène flagrant». «Qu’il n’ait rien volé passe encore, relève-t-il, car  la question peut être débattue devant un tribunal, algérien si possible, et sa responsabilité éventuellement établie ou non, mais de là à porter plainte contre l’Etat algérien pour détournement de ses biens, il y a pas qu’il aurait mieux fait de ne pas franchir s’il avait voulu  laisser à l’affaire  tout son sérieux». En réalité, croit-il reconnaître, le procédé n’est pas nouveau. «La technique est rôdée et très  bien maîtrisée par le principal mentor du jeune Khalifa, qui a toujours su allumer les bons  contre-feux pour éteindre les feux qui le menacent, lui et la maffia dont il est le chef». 

Pour La Dépêche de Kabylie (édition du 13 mai) il est évident qu’à travers cette sortie médiatique, Khalifa «veut se  dédouaner». Pour le billettiste, il est clair à présent qu’«il  disjoncte, le fils à papa, et il veut renverser la vapeur». Ainsi, est-il souligné, «Moumen Khalifa promet des révélations comme à chaque fois qu’il parle, mais ne fait rien». Pour  ce quotidien, «s’il avait le moindre document compromettant sur ses adversaires, à commencer par Bouteflika, il les aurait étalés dans les journaux comme VSD». Ce qui fera conclure au billettiste que «Moumen Khalifa détient les documents, ce qui est normal. Mais les noms impliqués dans la mascarade de son groupe et ceux qui se sont servis et qu’il a lui-même engraissés ne sont nullement  ceux qu’il veut désigner du doigt».

Selon La Dépêche de Kabylie, «quand le procès aura lieu, les Algériens seront sidérés par le nombre de messieurs propres qu’ils découvriront sous leurs véritables facettes de ghemassine et de pique assiettes, à commencer par des journaux qui se sont érigés en moralisateurs et en champions de l’éthique et de la déontologie». Une autre réaction est rapportée par El Watan et Le Soir d’Algérie dans leurs éditions du 13 mai. Les détenus dans le cadre de l’affaire Khalifa «sont en grève de la faim».

«Cette grève, relève El Watan, a été décidée en guise de protestation contre les propos jugés irresponsables  de Abdelmoumen Khalifa.» Et d’ajouter que «les détenus veulent également, à travers cette action,  dénoncer l’injustice qu’ils subissent en les gardant depuis 15 mois en détention provisoire». 

Le Soir d’Algérie souligne pour sa part que « les détenus de l’affaire Khalifa Bank en appellent au Président». 

Le Jour d’Algérie du dimanche 14 reviendra sur la 46e valise de Moumen Khalifa.

Situer toutes les responsabilités 

Et si l’on n’est toujours pas fixé sur le sort du procès Khalifa, il en est autrement de celui du navire Béchar, qui s’est ouvert le jeudi 11 mai au tribunal de Sidi M’hamed. Dans son édition de ce jeudi, La Tribune rappelle que «le drame qui est survenu  à quelques mètres de la jetée Kheïredine a suscité une grande polémique surtout que les victimes avaient lancé un SOS, plusieurs heures avant que le Béchar ne disparaisse sous les eaux en furie». Samedi 13 mai, la quasi majorité des titres de la presse écrite n’ont pas toutefois jugé «accrocheur» de  consacrer leur première ouverture au sujet. En fait, seuls deux quotidiens ont estimé que le procès méritait leur première ouverture. Il s’agit du Jour d’Algérie et d’El Watan. Le premier indique que «le P-DG plaide non coupable». La rédactrice rapporte que le P-DG de la Cnan, au moment des faits,  fera rappeler que le remorqueur Sidi Abderahmane avait tardé dans son opération de remorquage du  navire Sitrader qui risquait une collision avec le      Béchar et le Batna avant d’ajouter que la Cnan n’avait ni les moyens ni la mission du sauvetage.» Elle poursuit en ajoutant que «l’accusé estime ainsi que les structures de sauvetage ont leur part de responsabilité». Et de préciser qu’«il ne manquera pas de relever que la décision d’appeler les secours étrangers était trop tardive, une responsabilité qui incombe, entre autres, à l’état-major qu’il a cité ». La rédactrice du Jour d’Algérie ajoute qu’«il a fait illusion également à Ahmed Ouyahia», à qui il est reproché son appel tardif.

De son côté, El Watan  souligne qu’un an et demi après  le naufrage du Béchar et du Batna, «des  cadres de la Cnan (sont présentés) devant le juge». El Bilad du dimanche 14 mai annoncera que «des affrontements entre les familles des victimes et les accusés» ont eu lieu. Le Maghreb, pour sa part, relève l’existence de «défaillances techniques et les dures conditions de travail».

La Nouvelle République y consacre sa une le même jour. Le commentaire accompagne une photo du Batna après son échouage : «Lors de toute procédure de justice, les investigations sont destinées à identifier les responsabilités de ceux qui sont liés à l’affaire en jugement. Il convient alors aussi bien de savoir si les devoirs ont été accomplis selon les normes   que de savoir comment se prend et comment s’est prise la décision. Prendre la direction d’une entreprise est souvent perçu comme un privilège, un moyen d’ascension sociale, et très souvent, la désignation procède du clientélisme et ne procède pas de l’évaluation et de la reconnaissance des compétences. On a souvent parlé   d’un fichier des cadres dans lequel seront puisés les compétences  en cas de besoin, mais on n’a jamais entendu dire que ce fichier existe réellement ni qu’il a servi à choisir des compétences pour une quelconque fonction (…). Alors, bien qu’il existe le principe de la responsabilité individuelle, il conviendrait de retenir que des considérations personne les président au choix dans les nominations et il s’avère parfois qu’il n’a été nullement un vrai service qui a été rendu à celui qui a été  nommé, compte tenu  que cela parfois conduit à des fautes sanctionnées par le code pénal». A bon entendeur…

Nadia kerraz 

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