|
Accueil.
Procès à venir et procès en cours
Khalifa, Koudil
et les autres
Jeudi 11 mai, Le
Jeune Indépendant consacre sa une aux déclarations de Abdelmoumen
Khalifa dans un entretien accordé au magazine français VSD. Ainsi,
rapporte le quotidien, pour A. Khalifa, «la justice britannique a
accepté de juger l’Etat algérien». le Jeune Indépendant ajoute que
«pour sa première interview accordée depuis trois ans, l’ex-golden
boy dit avoir déposé une plainte contre l’Etat algérien et que la
justice britannique a accepté de tenir un procès, en principe à la
mi- juin, au nom de la jurisprudence Pinochet». Pour Abdelmoumen
Khalifa, sera-t-il ajouté, " qui soutient que personne n’a perdu de
l’argent dans son affaire, aucun mandat d’arrêt international n’a
été délivré contre lui…».
Le même jour
La Tribune
rapporte les propos du ministre de la justice Taieb Belaiz qui
affirme que s’agissant de l’affaire Khalifa, «le temps de
l’impunité est révolu».
Procès et
contre-procès
Le rédacteur
rappelle par ailleurs que «le ministre de la Justice avait indiqué
il y a moins d’un mois que le procès de l’affaire Khalifa débutera
au moins de juillet prochain, devant la cour de Blida, la
juridiction territorialement compétente, avec la précision toutefois
que l’instruction n’était pas terminée et que le dossier sera
d’abord soumis à la chambre d’accusation qui se chargera de le
renvoyer devant le tribunal». Reste que les déclarations contenues
dans l’interview de Abdelmoumen Khalifa n’ont pas manqué de
susciter des réactions à Alger.
Ainsi,
l’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du 13 mai) verra derrière
«une mise en scène flagrant». «Qu’il n’ait rien volé passe encore,
relève-t-il, car la question peut être débattue devant un tribunal,
algérien si possible, et sa responsabilité éventuellement établie ou
non, mais de là à porter plainte contre l’Etat algérien pour
détournement de ses biens, il y a pas qu’il aurait mieux fait de ne
pas franchir s’il avait voulu laisser à l’affaire tout son
sérieux». En réalité, croit-il reconnaître, le procédé n’est pas
nouveau. «La technique est rôdée et très bien maîtrisée par le
principal mentor du jeune Khalifa, qui a toujours su allumer les
bons contre-feux pour éteindre les feux qui le menacent, lui et la
maffia dont il est le chef».
Pour
La Dépêche
de Kabylie (édition du 13 mai) il est évident qu’à travers cette
sortie médiatique, Khalifa «veut se dédouaner». Pour le
billettiste, il est clair à présent qu’«il disjoncte, le fils à
papa, et il veut renverser la vapeur». Ainsi, est-il souligné,
«Moumen Khalifa promet des révélations comme à chaque fois qu’il
parle, mais ne fait rien». Pour ce quotidien, «s’il avait le
moindre document compromettant sur ses adversaires, à commencer par
Bouteflika, il les aurait étalés dans les journaux comme VSD». Ce
qui fera conclure au billettiste que «Moumen Khalifa détient les
documents, ce qui est normal. Mais les noms impliqués dans la
mascarade de son groupe et ceux qui se sont servis et qu’il a
lui-même engraissés ne sont nullement ceux qu’il veut désigner du
doigt».
Selon
La Dépêche
de Kabylie, «quand le procès aura lieu, les Algériens seront sidérés
par le nombre de messieurs propres qu’ils découvriront sous leurs
véritables facettes de ghemassine et de pique assiettes, à commencer
par des journaux qui se sont érigés en moralisateurs et en champions
de l’éthique et de la déontologie». Une autre réaction est rapportée
par El Watan et Le Soir d’Algérie dans leurs éditions du 13 mai. Les
détenus dans le cadre de l’affaire Khalifa «sont en grève de la
faim».
«Cette grève,
relève El Watan, a été décidée en guise de protestation contre les
propos jugés irresponsables de Abdelmoumen Khalifa.» Et d’ajouter
que «les détenus veulent également, à travers cette action,
dénoncer l’injustice qu’ils subissent en les gardant depuis 15 mois
en détention provisoire».
Le Soir d’Algérie
souligne pour sa part que « les détenus de l’affaire Khalifa Bank en
appellent au Président».
Le Jour d’Algérie
du dimanche 14 reviendra sur la 46e valise de Moumen
Khalifa.
Situer toutes
les responsabilités
Et si l’on n’est
toujours pas fixé sur le sort du procès Khalifa, il en est autrement
de celui du navire Béchar, qui s’est ouvert le jeudi 11 mai au
tribunal de Sidi M’hamed. Dans son édition de ce jeudi,
La Tribune
rappelle que «le drame qui est survenu à quelques mètres de la
jetée Kheïredine a suscité une grande polémique surtout que les
victimes avaient lancé un SOS, plusieurs heures avant que le Béchar
ne disparaisse sous les eaux en furie». Samedi 13 mai, la quasi
majorité des titres de la presse écrite n’ont pas toutefois jugé
«accrocheur» de consacrer leur première ouverture au sujet. En
fait, seuls deux quotidiens ont estimé que le procès méritait leur
première ouverture. Il s’agit du Jour d’Algérie et d’El Watan. Le
premier indique que «le P-DG plaide non coupable». La rédactrice
rapporte que le P-DG de la Cnan, au moment des faits, fera rappeler
que le remorqueur Sidi Abderahmane avait tardé dans son opération de
remorquage du navire Sitrader qui risquait une collision avec
le Béchar et le Batna avant d’ajouter que
la Cnan n’avait
ni les moyens ni la mission du sauvetage.» Elle poursuit en ajoutant
que «l’accusé estime ainsi que les structures de sauvetage ont leur
part de responsabilité». Et de préciser qu’«il ne manquera pas de
relever que la décision d’appeler les secours étrangers était trop
tardive, une responsabilité qui incombe, entre autres, à
l’état-major qu’il a cité ». La rédactrice du Jour d’Algérie ajoute
qu’«il a fait illusion également à Ahmed Ouyahia», à qui il est
reproché son appel tardif.
De son côté, El
Watan souligne qu’un an et demi après le naufrage du Béchar et du
Batna, «des cadres de
la Cnan (sont
présentés) devant le juge». El Bilad du dimanche 14 mai annoncera
que «des affrontements entre les familles des victimes et les
accusés» ont eu lieu. Le Maghreb, pour sa part, relève l’existence
de «défaillances techniques et les dures conditions de travail».
La Nouvelle
République y consacre sa une le même jour. Le commentaire accompagne
une photo du Batna après son échouage : «Lors de toute procédure de
justice, les investigations sont destinées à identifier les
responsabilités de ceux qui sont liés à l’affaire en jugement. Il
convient alors aussi bien de savoir si les devoirs ont été accomplis
selon les normes que de savoir comment se prend et comment s’est
prise la décision. Prendre la direction d’une entreprise est souvent
perçu comme un privilège, un moyen d’ascension sociale, et très
souvent, la désignation procède du clientélisme et ne procède pas de
l’évaluation et de la reconnaissance des compétences. On a souvent
parlé d’un fichier des cadres dans lequel seront puisés les
compétences en cas de besoin, mais on n’a jamais entendu dire que
ce fichier existe réellement ni qu’il a servi à choisir des
compétences pour une quelconque fonction (…). Alors, bien qu’il
existe le principe de la responsabilité individuelle, il
conviendrait de retenir que des considérations personne les
président au choix dans les nominations et il s’avère parfois qu’il
n’a été nullement un vrai service qui a été rendu à celui qui a été
nommé, compte tenu que cela parfois conduit à des fautes
sanctionnées par le code pénal». A bon entendeur…
Nadia kerraz
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |