Semaine du 18 au 24 mai 2005

Egypte

Les rangs des partisans des réformes grossissent

Nucléaire

Sous pression, l’Iran pourrait céder

Irak

Le nombre de morts ne trouble plus guère Washington

 

 
 
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Egypte

Les rangs des partisans des réformes grossissent

Les magistrats égyptiens ont rejoint les rangs des partisans des réformes politiques et se montrent déterminés à faire aboutir leurs revendications pour une réelle séparation des pouvoirs, menaçant même de refuser de superviser les prochaines élections présidentielles et législatives.

Un bras de fer sans précédent est ainsi engagé avec le pouvoir qui, hormis l’amendement constitutionnel autorisant la multiplicité des candidatures, refuse toute autre concession.

Le club des magistrats, qui tient lieu de Syndicat de la magistrature, a soumis le 20 mars à l’Assemblée du peuple (Parlement) un projet de loi pour garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, qu’il espère voir adopté avant la fin de la législature actuelle, en juin. Le texte réclame la réduction drastique des larges pouvoirs détenus par le ministre de la Justice sur le corps judiciaire, l’indépendance financière des magistrats et l’élection des présidents de cour au lieu de leur nomination par le garde des Sceaux.

Pour ce corps, il existe un lien direct entre l’indépendance de la magistrature et les élections. Les autorités égyptiennes refusent depuis toujours toute orientation vers l’élection des magistrats par leurs pairs, suivant ainsi plusieurs pays d’Europe et notamment la France, dont le droit égyptien s’inspire largement. Plus de 2 000 membres de ce club des magistrats ont, dans une récente motion, conditionné leur participation à la supervision des deux scrutins à la modification de leur statut. L’élection présidentielle est prévue pour la mi-septembre et les législatives pour novembre. La participation ou non à la vérification du référendum du 25 mai sur une modification de la Constitution permettant l’élection du Président au suffrage universel direct parmi de multiples candidatures a été laissé néanmoins à l’appréciation des magistrats.

L’opposition égyptienne, à laquelle s’est joint le club des magistrats, demande depuis plusieurs semaines au pouvoir d’accélérer les réformes politiques. Les différentes manifestations organisées avec comme slogan “kifaya” ont été brutalement réprimées. Le climat politique s’est sérieusement alourdi entre réformateurs et partisans du statu quo, le pouvoir restant imperméable à tout changement.

Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 23 ans, après l’assassinat en octobre 1981 du président Anouar El-Sadate, ne compte pas se retirer de la course présidentielle. On lui prête l’intention de briguer un cinquième mandat à la tête de l’Etat égyptien. S’il est élu, il conforterait son record de longévité au sommet de la République depuis sa proclamation en 1954. A quelques mois du scrutin, il a tenté de corriger l’image d’homme d’Etat austère, sévère et distant que lui connaissent les Egyptiens dans un entretien télévisé de sept heures, directement inspiré du marketing politique à l’américaine. Un exercice de recomposition d’image pour ratisser large sans pour autant impulser un véritable changement dans le sens d’une plus grande ouverture. Pis, le Président égyptien vient même d’évoquer une possible candidature de son fils à la présidence. Une affaire de famille, en somme…

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Nucléaire

Sous pression, l’Iran pourrait céder

L’Iran pourrait retarder la reprise d’activités nucléaires sensibles qu’il annonce depuis plusieurs jours, pour dissiper la menace de nouveau grandissante de se retrouver devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

La République islamique, par la voix de son vice-Président, a néanmoins assuré que la relance de ce type d’activités était “certaine”, mais un report constituerait un signe que les pressions occidentales ont payé au moins provisoirement.

Depuis un certain temps, ce que l’on peut appeler des intimidations se sont accrues sur l’Iran, en butte à la suspicion internationale sur la nature purement civile de son programme nucléaire. Les Européens ont mis en garde les Iraniens contre les “conséquences” d’une reprise de la conversion d’uranium. le Premier Ministre britannique est allé jusqu’à évoquer explicitement le risque d’une saisine du Conseil de sécurité.

Les Iraniens ont accepté, en novembre 2004, de suspendre toutes les activités relatives à l’enrichissement contre l’ouverture de négociations en vue d’un accord de coopération technologique, commerciale et politique avec l’Union européenne.

Mais les tractations achoppent sur une question essentielle : les Européens veulent un renoncement permanent des Iraniens à l’enrichissement, seule garantie probante, selon eux, que la République islamique ne fabrique pas l’arme nucléaire ; Téhéran refuse d’en entendre parler d’autant qu’Israël, pays détenteur de la bombe atomique et qui ne fait pas mystère de ses activités nucléaires, ne fait l’objet d’aucune menace.

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Irak

Le nombre de morts ne trouble plus guère Washington

La recrudescence des attentats, qui ont coûté la vie à près de 500 Irakiens depuis le début du mois, n’a pas pour autant provoqué de remous à Washington, où l’Irak ne domine plus les débats politiques.

Malgré des opérations-suicide, des attaques et des assassinats quotidiens qui ont aussi tué une vingtaine de soldats américains en une semaine, les images de la guerre ne s’imposent plus sur les écrans de télévision, la principale source d’information pour de nombreux Américains.

Les préoccupations intérieures ont pris le dessus, contrairement aux semaines ayant précédé l’élection présidentielle américaine du 2 novembre ou le scrutin irakien du 30 janvier. Une banalisation qui est dénoncée par les opposants à la politique du Président américain. George W. Bush a affirmé que l’élection avalisait sa politique en Irak et, d’une certaine façon, les médias américains l’acceptent. Il faut également relever ce fait dans les grands médias européens qui ne font plus leur Une avec la guerre en Irak et qui ne traitent plus le conflit de la même façon depuis le rapprochement américano-européen.

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