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Egypte
Les rangs des
partisans des réformes grossissent
Les magistrats
égyptiens ont rejoint les rangs des partisans des réformes
politiques et se montrent déterminés à faire aboutir leurs
revendications pour une réelle séparation des pouvoirs, menaçant
même de refuser de superviser les prochaines élections
présidentielles et législatives.
Un bras de fer
sans précédent est ainsi engagé avec le pouvoir qui, hormis
l’amendement constitutionnel autorisant la multiplicité des
candidatures, refuse toute autre concession.
Le club des
magistrats, qui tient lieu de Syndicat de la magistrature, a soumis
le 20 mars à l’Assemblée du peuple (Parlement) un projet de loi pour
garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, qu’il espère voir
adopté avant la fin de la législature actuelle, en juin. Le texte
réclame la réduction drastique des larges pouvoirs détenus par le
ministre de la Justice sur le corps judiciaire, l’indépendance
financière des magistrats et l’élection des présidents de cour au
lieu de leur nomination par le garde des Sceaux.
Pour ce corps, il
existe un lien direct entre l’indépendance de la magistrature et les
élections. Les autorités égyptiennes refusent depuis toujours toute
orientation vers l’élection des magistrats par leurs pairs, suivant
ainsi plusieurs pays d’Europe et notamment la France, dont le droit
égyptien s’inspire largement. Plus de 2 000 membres de ce club des
magistrats ont, dans une récente motion, conditionné leur
participation à la supervision des deux scrutins à la modification
de leur statut. L’élection présidentielle est prévue pour la
mi-septembre et les législatives pour novembre. La participation ou
non à la vérification du référendum du 25 mai sur une modification
de la Constitution permettant l’élection du Président au suffrage
universel direct parmi de multiples candidatures a été laissé
néanmoins à l’appréciation des magistrats.
L’opposition
égyptienne, à laquelle s’est joint le club des magistrats, demande
depuis plusieurs semaines au pouvoir d’accélérer les réformes
politiques. Les différentes manifestations organisées avec comme
slogan “kifaya” ont été brutalement réprimées. Le climat politique
s’est sérieusement alourdi entre réformateurs et partisans du statu
quo, le pouvoir restant imperméable à tout changement.
Hosni Moubarak, au
pouvoir depuis 23 ans, après l’assassinat en octobre 1981 du
président Anouar El-Sadate, ne compte pas se retirer de la course
présidentielle. On lui prête l’intention de briguer un cinquième
mandat à la tête de l’Etat égyptien. S’il est élu, il conforterait
son record de longévité au sommet de la République depuis sa
proclamation en 1954. A quelques mois du scrutin, il a tenté de
corriger l’image d’homme d’Etat austère, sévère et distant que lui
connaissent les Egyptiens dans un entretien télévisé de sept heures,
directement inspiré du marketing politique à l’américaine. Un
exercice de recomposition d’image pour ratisser large sans pour
autant impulser un véritable changement dans le sens d’une plus
grande ouverture. Pis, le Président égyptien vient même d’évoquer
une possible candidature de son fils à la présidence. Une affaire de
famille, en somme…
Haut
Nucléaire
Sous pression,
l’Iran pourrait céder
L’Iran pourrait
retarder la reprise d’activités nucléaires sensibles qu’il annonce
depuis plusieurs jours, pour dissiper la menace de nouveau
grandissante de se retrouver devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
La République
islamique, par la voix de son vice-Président, a néanmoins assuré que
la relance de ce type d’activités était “certaine”, mais un report
constituerait un signe que les pressions occidentales ont payé au
moins provisoirement.
Depuis un certain
temps, ce que l’on peut appeler des intimidations se sont accrues
sur l’Iran, en butte à la suspicion internationale sur la nature
purement civile de son programme nucléaire. Les Européens ont mis en
garde les Iraniens contre les “conséquences” d’une reprise de la
conversion d’uranium. le Premier Ministre britannique est allé
jusqu’à évoquer explicitement le risque d’une saisine du Conseil de
sécurité.
Les Iraniens ont
accepté, en novembre 2004, de suspendre toutes les activités
relatives à l’enrichissement contre l’ouverture de négociations en
vue d’un accord de coopération technologique, commerciale et
politique avec l’Union européenne.
Mais les
tractations achoppent sur une question essentielle : les Européens
veulent un renoncement permanent des Iraniens à l’enrichissement,
seule garantie probante, selon eux, que la République islamique ne
fabrique pas l’arme nucléaire ; Téhéran refuse d’en entendre parler
d’autant qu’Israël, pays détenteur de la bombe atomique et qui ne
fait pas mystère de ses activités nucléaires, ne fait l’objet
d’aucune menace.
Haut
Irak
Le nombre de
morts ne trouble plus guère Washington
La recrudescence
des attentats, qui ont coûté la vie à près de 500 Irakiens depuis le
début du mois, n’a pas pour autant provoqué de remous à Washington,
où l’Irak ne domine plus les débats politiques.
Malgré des
opérations-suicide, des attaques et des assassinats quotidiens qui
ont aussi tué une vingtaine de soldats américains en une semaine,
les images de la guerre ne s’imposent plus sur les écrans de
télévision, la principale source d’information pour de nombreux
Américains.
Les préoccupations
intérieures ont pris le dessus, contrairement aux semaines ayant
précédé l’élection présidentielle américaine du 2 novembre ou le
scrutin irakien du 30 janvier. Une banalisation qui est dénoncée par
les opposants à la politique du Président américain. George W. Bush
a affirmé que l’élection avalisait sa politique en Irak et, d’une
certaine façon, les médias américains l’acceptent. Il faut également
relever ce fait dans les grands médias européens qui ne font plus
leur Une avec la guerre en Irak et qui ne traitent plus le conflit
de la même façon depuis le rapprochement américano-européen.
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