Semaine du 18 au 24 janvier 2006

 

Liberia

Des défis pour la nouvelle présidente

Ukraine

Nouvelle crise politique

Irak

Une guerre à 2 000 milliards de dollars

 

 
 
 Monde

Accueil

Liberia

Des défis pour la nouvelle présidente

La présidente élue du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf, qui a été investie dans ses fonctions le 16 janvier, assure qu'elle luttera sans relâche contre la violence et toute forme de déstabilisation du pays, dont la longue guerre civile a pris fin en 2003.  Ancienne ministre des Finances, celle que l'on surnomme la "dame de fer", qui a battu l'ex-star du football George Weah lors du second tour le 8 novembre2005, a promis de panser les plaies ouvertes par la guerre civile qui a laissé le Liberia en ruine et a fait dans les 250 000 morts. Son offre de réconciliation ne concernera cependant pas les anciens chefs de guerre et les combattants qui tenteraient de nouveau de régner par les armes et de défier l'autorité de son gouvernement. "Soyons clairs: quiconque tentera de déstabiliser l'Etat et de faire replonger notre société dans la violence s'exposera à la loi dans toute sa force", a promis la présidente élue, âgée de 67 ans. Son élection au second tour avait été contestée par son adversaire, ancien attaquant au Milan AC, qui a parlé de fraude alors même que les observateurs internationaux avaient entériné les résultats. Weah a fait marche arrière par la suite, invoquant le besoin de paix du Liberia.

Ses partisans, au nombre desquels des pauvres, des jeunes et d'anciens combattants des milices d'enfants-soldats qui terrorisaient les civils pendant la guerre, ont cependant organisé de violentes manifestations et, en décembre, Monrovia a été en proie à des rumeurs de coup d'Etat. Les Nations unies comptent 15 000 casques bleus au Liberia. Mme Johnson-Sirleaf reconnaît que si elle ne fait rien rapidement pour s'attaquer au chômage et à la pauvreté, elle risque de se heurter à de gros écueils. "Je sais qu'il reste de nombreuses souches de mécontentement", dit-elle à ce propos. L'un des anciens chefs de guerre, qui avait combattu aux côtés de l'ancien président Charles Taylor, a remporté un siège au Sénat lors des récentes élections. D'autres ont apporté leur soutien à Weah, ce qui laisse augurer de nouveaux troubles.  Charles Taylor, accusé d'avoir fomenté une série de conflits régionaux, est parti en exil en 2003 au Nigeria et est recherché pour crimes de guerre et autres atrocités par un tribunal spécial au Sierra Leone, qui a la bénédiction de l'ONU. Pressée par l'Europe et les Etats-Unis d'insister auprès du Nigeria pour qu'il livre Taylor à ce tribunal, Ellen Johnson-Sirleaf dit souhaiter personnellement qu'"il se retrouve un jour devant la justice". Mais cette question est particulièrement délicate et elle ne veut pas qu'elle mette à mal le processus de paix au Liberia. "La sécurité du Liberia est à mes yeux primordiale et nous ne pouvons prendre aucune mesure qui irait à son encontre", a-t-elle dit, en ajoutant qu'elle allait consulter les dirigeants africains sur le cas de Charles Taylor.  Sur le plan diplomatique, Ellen Johnson-Sirleaf compte renforcer les relations entre les Etats-Unis et son pays. "Washington est un ami traditionnel, qui souhaite actuellement nous aider, dans la période de transition de l'après-guerre civile, à nous acheminer vers une économie performante dominée par la démocratie", dit-elle.  Un rapprochement avec Washington ne se fera toutefois pas aux dépens des rapports avec les pays d'Afrique ou avec l'Europe et l'Asie, note-t-elle.

Mme Johnson-Sirleaf s'est en outre engagée à être ferme dans la lutte contre le terrorisme. Les services de renseignement américains ont révélé que des militants d'Al-Qaîda avaient réalisé des transactions dans le commerce illicite des diamants au Liberia, du temps où Taylor était président.

 

Haut

Ukraine

Nouvelle crise politique

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko va devoir faire preuve de fermeté face à la nouvelle crise politique lancée cette semaine par le Parlement et qui devrait durer jusqu'aux législatives de mars, un scrutin crucial pour l'avenir de sa politique de réformes et d'ouverture vers l'Occident. Le Parlement a plongé l'Ukraine dans les turbulences en votant, le 10 janvier, la destitution du gouvernement, accusé de trahir les intérêts nationaux après la conclusion d'un accord sur les tarifs gaziers conclu avec la Russie, un document jugé obscur et mauvais pour l'industrie ukrainienne. Même si le cabinet du Premier ministre Iouri Ekhanourov, chargé par les députés d'exercer ses fonctions jusqu'à la formation du nouveau gouvernement, devrait rester en place au moins jusqu'au mois d'avril, le chef de l'Etat est passé à la contre-offensive. Il a exigé des députés qu'ils reviennent sur cette décision "inconstitutionnelle", les accusant à son tour "d'œuvrer contre les intérêts de l'Ukraine" dans le but de "créer une situation instable, seul moyen pour eux de remporter" les élections du 26 mars. L'issue du scrutin est de fait d'une extrême importance, car une réforme constitutionnelle entrée en vigueur en janvier a donné des pouvoirs élargis au Parlement et réduit ceux du président. Il est toutefois peu probable que les députés cèdent à l'exigence du chef de l'Etat.  Et le bras de fer entre le Président et le Parlement risque de continuer, voire de s'aggraver à l'approche du scrutin. "L'impasse peut durer encore longtemps", selon le quotidien Segodnya dans une de ses éditions, qui prévoit deux scénarios de développement de la crise. Selon la version "pacifique", "le Président va continuer à dire que le gouvernement n'a pas été destitué et le Parlement que les ministres exercent leurs fonctions par intérim. Comme cela, le pays vivra tranquillement jusqu'aux élections". Cette variante est "la plus probable" selon le politologue Mykhaïlo Porebinski, proche de l'opposition. "Ils vont continuer de s'injurier, mais ce sera tout", dit-il. Mais la crise pourrait aussi s'aggraver, note Segodnya, en particulier si Viktor Iouchtchenko décidait d'agir pour faire annuler la réforme constitutionnelle qu'il a déjà maintes fois critiquée afin de priver les députés de leurs nouveaux pouvoirs. Dans ce cas, "il existe une menace que le jeu de muscles (entre l'exécutif et le législatif) se transforme en bataille ouverte", prévient Andriy Ermolaïev, directeur du Centre de recherches sociales Sofia. Théoriquement, le chef de l'Etat devrait demander à la Cour constitutionnelle de trancher sur la légalité de la destitution du gouvernement ainsi que sur la réforme de la constitution. Mais la Cour est actuellement dans l'impossibilité de siéger en raison d'un nombre insuffisant de juges, dont la nomination a été bloquée par le Parlement. Viktor Iouchtchenko a cependant déclaré, il y a quelques jours, qu'il prévoyait un référendum national sur la question de la réforme constitutionnelle, tout en laissant entendre que ce projet ne serait lancé qu'après les législatives. Mais pour M. Ermolaïev, toute tentative d'abolition de la réforme, chère à une partie de l'opposition, "risquerait de déclencher la phase aiguë du conflit". Populaire essentiellement dans l'est et le sud de l'Ukraine, l'opposition pro-russe "pourrait alors faire sortir les gens dans les rues là où ses positions sont fortes, avant de tenter de les faire venir à Kiev".

 

Haut

Irak

Une guerre à 2 000 milliards de dollars

Le coût total de la guerre en Irak pourrait dépasser les 2 000 milliards de dollars, ce qui est bien supérieur aux projections faites avant le conflit par la Maison Blanche, à en croire une étude notamment réalisée par le prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz.  Cette étude prend notamment en compte les pensions d'invalidité qui seront versées à vie aux 16 000 blessés de l'armée américaine, dont 20% souffrent de graves déficiences mentales ou physiques. L'enquête a été notamment dirigée par Stiglitz, économiste à l'université de Columbia, et Linda Bilmes, professeur à Harvard. Ils affirment que les contribuables américains devront continuer, longtemps après le retrait des forces américaines d'Irak, à supporter la charge financière de ce conflit. Avant l'intervention de mars 2003, la Maison Blanche avait affirmé que cette entreprise serait financièrement "abordable". Elle avait jugé que les estimations de Lawrence Lindsey, alors conseiller économique de l'administration Bush étaient "très, très élevées". Il avait avancé le chiffre de 100 à 200 milliards de dollars. Stiglitz, qui a toujours ouvertement critiqué la stratégie irakienne du président Bush, et Bilmes ont fondé leurs estimations sur le coût des guerres passées et pris en compte la flambée du prix du pétrole, le creusement du déficit public américain et l'insécurité mondiale provoquée par le conflit irakien. Selon eux, une portion de l'augmentation du prix du brut – de l'ordre de 20% de l'augmentation de 25 dollars par baril observée depuis le début de la guerre – peut être directement imputée au conflit. Ancien conseiller du président Bill Clinton, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Stiglitz a obtenu le prix Nobel en 2001. Il a défrayé la chronique en 2002 en publiant La Grande désillusion, dans lequel il dressait un tableau très sombre de l'état du monde et dénonçait le mode de fonctionnement des institutions financières internationales, en particulier du Fonds monétaire international (FMI).

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche