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Une
semaine médiatique bien particulière
Scandale,
Mezrag et drame
"Quand c'est qu'on
va en finir avec cette histoire de Ousratic ?" s'interroge le
chroniqueur du Soir d'Algérie (édition du 9 janvier), qui ajoute
qu'"on ne vas tout de même pas y passer tout l'hiver et le
printemps !". D'autant, constate-t-il, que le résultat de cette
opération "est le plus beau bide de la courte histoire de
l'informatique domestique en Algérie". Et de rappeler que "personne
n'obligeait le régime à s'embarquer dans ce genre de manœuvres
politiciennes". Car relève-t-il, "les citoyens ne sont pas sortis
dans les rues pour exiger un PC par foyer".
Mais du côté du
secteur des Postes et Télécommunications, ce n'est pas la seule
anomalie qui est relevée par la presse. Ainsi, Le Maghreb du jeudi
12 janvier rapporte les "passations de marchés douteuses chez
Algérie Télécom". Sous le titre "complicité passive de M. Ouaret
?", le quotidien indique que "les passations de marchés douteuses et
les détournements gangrènent depuis longtemps l'entreprise sans
qu'aucune enquête n'ait été déclenchée et ce, bien que le premier
responsable de l'entreprise ait été mis au courant des agissements
de certains responsables de l'opérateur historique".
Le quotidien, qui
cite El Khabar, ajoute que "pis encore, des responsables de
l'entreprise se sont arrangés pour contourner le règlement intérieur
en dispersant un même marché sur plusieurs petits marchés pour que
ceux-ci n'atteignent pas le quorum et ne passent pas la commission
des marchés".
Cette semaine aura
aussi charrié son lot de drames. Drames qui auront, comme l'indique,
l'éditorialiste du Jour d'Algérie, gâché la fête de Aïd El-Adha.
L'éditorialiste souligne que "ce n'est qu'au second jour de Aïd
El-Adha que les Algériens se sont aperçus que la fête avait un goût
étrangement amer". Certes, souligne-t-il, "pas autant que celui des
années1990, mais encore assez pour gâcher une ambiance que nous
essayons tous de faire aussi joyeuse que possible. C'est que les
terroristes ont réussi à se rappeler à notre bon souvenir, la veille
même de l'Aïd, en assassinant quatre travailleurs de l'Algérienne
des eaux en mission à Tissemsilt". Et de préciser que "le rappel a
été bref mais brutal". Il conclut en affirmant que "le sacrifice de
ces quatre innocents à Tissemsilt, la veille de Aïd El-Adha, n'aura
pas été vain. Il nous indique que le danger est toujours là et que
la lutte pour la paix et la démocratie est loin d'être terminée".
Madani Mezrag,
le tueur
L'éditorialiste du
Jour d'Algérie ne croyait pas si bien dire puisque le jour même,
c'est-à-dire le jeudi 12 janvier, El Watan et Le Soir d'Algérie
reprennent en Une de leurs éditions les déclarations faites par
Madani Mezrag à l'hebdomadaire L'Intelligent. "Les propos de Madani
Mezrag rouvrent les plaies", estime le quotidien El Watan. Cette
déclaration "reflète les convictions de l'ancien chef de l'AIS, une
organisation terroriste autodissoute après la grâce amnistiante
décrétée en 2000". La rédactrice souligne que "l'ancien émir sait
qu'aucun juge en Algérie ne pourra le poursuivre pour les nombreux
crimes qu'il a commis du fait de l'impunité dont il a bénéficié".
Elle poursuit qu'"il sait également que la conjoncture actuelle
n'est pas en faveur d'une remise en cause par le Conseil d'Etat de
cette grâce amnistiante qui, de l'avis des constitutionnalistes,
reste totalement anticonstitutionnelle".
De son côté le
chroniqueur du Soir d'Algérie s'offusque que, dix jours après la
parution de l'interview, personne en Algérie n'ait réagi. Et au
rédacteur de préciser : "Quand je dis personne, je pense en premier
lieu à cette justice si prompte d'habitude à dégainer lorsqu'un
chroniqueur ou un caricaturiste égratigne un président ou une
institution et qui, là, ne bouge pas, ne bronche pas, ne
s'autosaisit pas devant les propos de Madani Mezrag, le boucher de
l'AIS". Reste, rappelle la rédactrice d'El Watan, que "si
aujourd'hui Mezrag et ses phalanges de la mort sont blanchis par la
justice algérienne de leurs abominables tueries, ils restent
néanmoins passibles devant les tribunaux internationaux des crimes
contre l'humanité".
Dans son édition
du samedi 14 janvier Le Jour d'Algérie revient sur le sujet.
"L'attentat (de Tissemsilt) et l'interview participent ainsi
presque d'égale manière à rappeler aux Algériens que les sujets à
division ne manquent pas et que les forces du mal sont encore
présentes et capables de frapper. (…) Le tout sur fond d'une
réconciliation nationale de plus en plus aléatoire." Abordant
l'absence des textes d'application de la Charte pour la paix et la
réconciliation, il estime que "toute lenteur supplémentaire (…) ne
peut être comprise par l'opinion que comme une tentative malsaine de
saboter tout le processus de stabilisation politique du pays.
Peut-être plus, mais pas moins".
Un drame de
trop
Ce samedi 14
janvier, c'est aussi le nouveau drame survenu sur les Lieux Saints
de l'Islam qui aura fait l'essentiel des Unes des titres paraissant
ce jour. "Six Algériens parmi les martyrs de Mina" annonce Le
Jeune Indépendant. La rédactrice rappelle que "l'incident de Mina
n'est pas le premier du genre, puisque quelques jours auparavant, le
pèlerinage avait déjà été endeuillé par l'effondrement d'un immeuble
utilisé comme hôtel, qui avait fait 76 morts". En définitive,
souligne El Watan, c'est "un rituel sanglant chaque année". Dans un
commentaire publié en dernière page, le quotidien affirme que "le
pèlerinage à La Mecque est à présent périlleux et mortel. (…) Les
drames se suivent et se ressemblent". Mais, estime le rédacteur,
"ceux de cette année sont de trop". Il conclut en soulignant que
"les Saoudiens sont au pied du mur. Ils ne peuvent fuir indéfiniment
leurs responsabilités, d'autant que le pays est traversé par une
embellie financière exceptionnelle grâce au pétrole et profite du
hadj qui demeure, malgré tout, une opération économique, financière
et commerciale de tout premier plan".
Dans un billet
publié également en dernière page, El Khabar se désole du peu
d'intérêt accordé par les membres de la mission algérienne dépêchée
sur les Lieux Saints de l'islam pour assister, en principe, les
pèlerins algériens. Ainsi, est-il relevé, au premier jour du drame
qui a coûté la vie à 362 pèlerins, toutes nationalités confondues,
le ministère des Affaires étrangères a annoncé qu'il n'y avait
aucune victime parmi les Algériens avant de se raviser au deuxième
jour et d'annoncer qu'il y avait six décès. Pourtant, rappelle le
rédacteur, d'autres pays à l'image de la Chine, du Pakistan, de l'Egypte,
qui comptent un plus grand nombre de contingents sur place, ont, dès
les premières heures du drame, fait état de morts parmi leurs
pèlerins. C'est dire que les membres dépêchés sur place par ces pays
ne se considèrent pas uniquement en mission.
El Djazaïr News
annonce en Une le décès de 362 pèlerins : "Terreur aux Lieux
Saints", est-il rapporté. La Tribune rappelle que "quant aux raisons
ayant entraîné un incident de cette ampleur, plusieurs versions ont
été évoquées". Pour ce qui est des solutions préconisées pour éviter
que pareil drame ne se reproduise, La Tribune rapporte que
"d'aucuns estiment que la solution la plus judicieuse serait de
reconsidérer à la baisse le quota des pèlerins auquel ouvre droit
chaque pays musulman".
Nadia Kerraz
Haut
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