Semaine du 18 au 24 janvier 2006

Une semaine  médiatique bien particulière 

Scandale,  Mezrag et drame

 

 
 
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Une semaine  médiatique bien particulière 

Scandale,  Mezrag et drame

"Quand c'est qu'on va en finir avec cette histoire de Ousratic ?" s'interroge le chroniqueur du Soir d'Algérie (édition du 9 janvier), qui ajoute qu'"on ne vas tout de même pas y passer tout l'hiver et le printemps !". D'autant, constate-t-il, que le résultat de cette opération "est le plus beau bide de la courte histoire de l'informatique domestique en Algérie".  Et de rappeler que "personne n'obligeait le régime à s'embarquer dans ce genre de manœuvres politiciennes". Car relève-t-il, "les citoyens ne sont pas sortis dans les rues pour exiger un PC par foyer".  

Mais du côté du secteur des Postes et Télécommunications, ce n'est pas la seule anomalie qui est relevée par la presse. Ainsi, Le Maghreb du jeudi 12 janvier rapporte les "passations de marchés douteuses chez Algérie Télécom".  Sous le titre "complicité passive de M. Ouaret ?", le quotidien indique que "les passations de marchés douteuses et les détournements gangrènent depuis longtemps l'entreprise sans qu'aucune enquête n'ait été déclenchée et ce, bien que le premier responsable de l'entreprise ait été mis au courant des agissements de certains responsables de l'opérateur historique".

Le quotidien, qui cite El Khabar, ajoute que "pis encore, des responsables de l'entreprise se sont arrangés pour contourner le règlement intérieur en dispersant un même marché sur plusieurs petits marchés pour que ceux-ci n'atteignent pas le quorum et ne passent pas la commission des marchés". 

Cette semaine aura aussi charrié son lot de drames. Drames qui auront, comme l'indique, l'éditorialiste du Jour d'Algérie, gâché la fête de Aïd El-Adha. L'éditorialiste souligne que "ce n'est qu'au second jour de Aïd El-Adha que les Algériens se sont aperçus que la fête avait un goût étrangement amer". Certes, souligne-t-il, "pas autant que celui des années1990, mais encore assez pour gâcher une ambiance que nous essayons tous de faire aussi joyeuse que possible. C'est que les terroristes ont réussi à se rappeler à notre bon souvenir, la veille même  de l'Aïd, en assassinant quatre travailleurs de l'Algérienne des eaux en mission à Tissemsilt". Et de préciser que "le rappel a été bref mais brutal". Il conclut en affirmant que "le sacrifice de ces quatre innocents à Tissemsilt, la veille de Aïd El-Adha, n'aura pas été vain. Il nous indique que le danger est toujours là et que la lutte pour la paix et la démocratie est loin d'être terminée".

Madani Mezrag, le tueur

L'éditorialiste du Jour d'Algérie ne croyait pas si bien dire puisque le jour même, c'est-à-dire le jeudi 12 janvier,  El Watan et Le Soir d'Algérie reprennent en Une de leurs éditions les déclarations faites par Madani Mezrag à l'hebdomadaire L'Intelligent. "Les propos de Madani Mezrag rouvrent les plaies", estime le quotidien El Watan. Cette déclaration "reflète les convictions de l'ancien chef de l'AIS, une organisation terroriste autodissoute après la grâce amnistiante décrétée en 2000". La rédactrice souligne que "l'ancien émir sait qu'aucun juge en Algérie ne pourra le poursuivre pour les nombreux crimes qu'il a commis du fait de l'impunité dont il a bénéficié". Elle poursuit qu'"il sait également que la conjoncture actuelle n'est pas en faveur d'une remise en cause par le Conseil d'Etat de cette grâce amnistiante qui, de l'avis des constitutionnalistes,  reste totalement anticonstitutionnelle".

De son côté le chroniqueur du Soir d'Algérie s'offusque que, dix jours après la parution de l'interview, personne en Algérie n'ait réagi. Et au rédacteur de préciser : "Quand je dis personne, je pense en premier lieu à cette justice si prompte d'habitude à dégainer lorsqu'un chroniqueur ou un caricaturiste égratigne un président ou une institution et qui, là, ne bouge pas, ne bronche pas, ne s'autosaisit pas devant les propos de Madani Mezrag, le boucher de l'AIS".  Reste, rappelle la rédactrice d'El Watan, que "si aujourd'hui Mezrag  et ses phalanges de la mort sont blanchis par la justice algérienne de leurs abominables tueries, ils restent néanmoins passibles devant les tribunaux internationaux des crimes contre l'humanité". 

Dans son édition du samedi 14 janvier Le Jour d'Algérie revient sur le sujet. "L'attentat (de Tissemsilt) et l'interview  participent  ainsi presque d'égale manière à rappeler aux Algériens que les sujets à division ne manquent pas et que les forces du mal sont encore présentes et capables de frapper. (…) Le tout sur fond d'une réconciliation nationale de plus en plus aléatoire." Abordant l'absence des textes d'application de la Charte pour la paix et la réconciliation, il estime que "toute lenteur supplémentaire (…) ne peut être comprise par l'opinion que comme une tentative malsaine de saboter tout le processus de stabilisation politique du pays. Peut-être plus, mais pas moins". 

Un drame de trop

Ce samedi 14 janvier, c'est aussi le nouveau drame  survenu sur les Lieux Saints de l'Islam qui aura fait l'essentiel des Unes des titres paraissant ce jour.  "Six  Algériens parmi les martyrs de Mina" annonce Le Jeune Indépendant.  La rédactrice rappelle que "l'incident de Mina n'est pas le premier du genre, puisque quelques jours auparavant, le pèlerinage avait déjà été endeuillé par l'effondrement d'un immeuble utilisé comme hôtel, qui avait fait 76 morts". En définitive, souligne El Watan, c'est "un rituel sanglant chaque année". Dans un commentaire publié en dernière page, le quotidien affirme que "le pèlerinage à La Mecque est à présent périlleux et mortel. (…) Les drames se suivent et se ressemblent". Mais, estime le rédacteur, "ceux de cette année sont de trop". Il conclut en soulignant que "les Saoudiens sont au pied du mur. Ils ne peuvent fuir indéfiniment leurs responsabilités, d'autant que le pays est traversé par une embellie financière exceptionnelle grâce au pétrole et profite du hadj qui demeure, malgré tout, une opération économique, financière et commerciale de tout premier plan".

Dans un billet publié également en dernière page, El Khabar se désole du peu d'intérêt accordé par les membres de la mission algérienne dépêchée sur les Lieux Saints de l'islam pour assister, en principe, les pèlerins algériens. Ainsi, est-il relevé, au premier jour du drame qui a coûté la vie à 362 pèlerins, toutes nationalités confondues, le ministère des Affaires étrangères a annoncé qu'il n'y avait aucune victime parmi les Algériens avant de se raviser au deuxième jour et d'annoncer qu'il y avait six décès. Pourtant, rappelle le rédacteur, d'autres pays à l'image de la Chine, du Pakistan, de l'Egypte, qui comptent un plus grand nombre de contingents sur place, ont, dès les premières heures du drame, fait état de morts parmi leurs pèlerins. C'est dire que les membres dépêchés sur place par ces pays ne se considèrent pas uniquement en mission.

El Djazaïr News annonce en Une le décès de 362 pèlerins : "Terreur aux Lieux Saints", est-il rapporté. La Tribune rappelle que "quant aux raisons ayant entraîné un incident de cette ampleur, plusieurs versions ont été évoquées". Pour ce qui est des solutions préconisées pour éviter que pareil drame ne se reproduise,  La Tribune rapporte que "d'aucuns estiment que la solution la plus judicieuse serait de reconsidérer à la baisse le quota des pèlerins auquel ouvre droit chaque pays musulman".

Nadia Kerraz 

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