Semaine du 19 au 25  juillet 2006

 

Développements au Sahara occidental

Les masques continuent à tomber

Proche-Orient

De Gaza au Liban, la furie destructrice israélienne

La réunion du G8 blanchit Israël

Les Etats-Unis sont responsables de l'embrasement, selon Hugo Chavez

Israël veut du carburant pour ses avions de chasse

 

 
 
 Monde

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Développements au Sahara occidental

Les masques continuent à tomber

A trois mois de la prochaine réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, une nouvelle bataille est engagée autour de l’avenir de l’ancienne colonie espagnole. Les dernières déclarations du secrétaire général de l’ONU – Kofi Annan a précisé que l’Algérie n’était pas une partie du conflit – confirment l’idée du lancement proche des négociations entre le Maroc et le Front Polisario. Mais loin d’être innocentes, elles visent à culpabiliser, voire marginaliser les pays qui restent attachés au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

La thèse «annanienne» veut apparemment s’imposer pour couvrir le silence des Nations unies devant les nombreuses violations perpétrées par l’occupant marocain. Dont les atteintes aux droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Invité à Alger par la société civile, dans le cadre de la semaine consacrée à la RASD du 6 au 12 juillet, le président de la République sahraouie a accordé des interviews à deux quotidiens nationaux où il s’est prononcé sur les derniers développements relatifs à la question du Sahara occidental. Pour certains, «il a beaucoup dit» ; pour d’autres en revanche, «il n’a pas tout dit». On retiendra des interviews accordées à Liberté et El Khabar que les Sahraouis, ayant perdu espoir dans les engagements de l'ONU, ont fini par comprendre que le gouvernement marocain n'est pas disposé à organiser le scrutin. Cette situation a poussé les populations sahraouies des territoires occupés et du sud marocain à opposer une résistance populaire et pacifique au successeur du colonisateur espagnol. C’est ainsi qu’est née, le 21 mai 2005, «l'Intifada de l'indépendance» pour réclamer pacifiquement au Maroc le droit à l'autodétermination, la libération des prisonniers politiques sahraouis et le respect des droits humains. «Ils sont déterminés à poursuivre la résistance jusqu’à l’indépendance du territoire sahraoui», assure le Chef d’Etat sahraoui. Ce dernier rappelle que trente ans après l’invasion du «territoire non autonome» du Sahara occidental par les forces armées royales, la population sahraouie enfermée par «le mur de la honte» qui a été érigé par l’occupant, fait face aujourd’hui aux formes les plus atroces de tortures, causant la mort de manifestants pacifiques, des centaines de blessés et l’arrestation de dizaines d’entre eux. Depuis le début des manifestations populaires, les autorités du Maroc ont refoulé 21 délégations d'observateurs internationaux qui souhaitaient se rendre dans les territoires sahraouis occupés. «Nous avons attiré l'attention de l'ONU et l'avons appelée à assumer ses responsabilités vis-à-vis de cette situation compliquée et des pratiques barbares du Maroc», souligne M. Abdelaziz, en admettant que «la partie sahraouie a réussi, à travers cette Intifada, à attirer l'attention de la communauté internationale sur sa cause». Et même si en avril dernier, la France s’était opposée fermement à la mention, au niveau de la résolution du Conseil de sécurité, des violations des droits de l’homme contre les manifestants sahraouis, le Haut Commissariat de l'ONU pour les droits humains a été obligé, par la suite, de dépêcher une délégation d'observateurs dans les zones occupées. Cela, en raison des nombreuses condamnations des organisations internationales non gouvernementales.

Aujourd’hui, il est à se demander pourquoi la délégation onusienne, conduite par le Belge Christophe Girod, tarde à publier son rapport. Fait-elle l’objet de pressions exercées au sein même des instances des Nations unies ou espère-elle voir s’installer un rapport de force favorable aux Marocains ?

La stratégie de division des rangs africains

En attendant que la délégation de Girod se décide enfin à rendre public son rapport, rappelons que la carte des droits de l’homme, agitée ces dernières années par le gouvernement marocain et ses soutiens français notamment, ne risque pas d’avoir une longue durée de vie. Pour preuve, les promesses de démocratie et d’ouverture prônées par le jeune roi ont fini par décourager les démocrates marocains, y compris dans la classe politique et le mouvement associatif.

Par ailleurs, l’attitude répressive et de déni cultivée par les officiels marocains envers «l’Intifada de l’indépendance» a fait prendre conscience à des Marocains sur la situation au Sahara occidental. A titre d’exemple, l'Association marocaine de défense des droits humains (AMDH) a dénoncé, dans son dernier rapport annuel, «les multiples violations des droits de l'homme au Sahara Occidental» et au Maroc. L'AMDH cite «les détentions arbitraires, la torture, l'intrusion dans les domiciles de plusieurs habitants, les jugements injustes et l'utilisation abusive de la violence» par les forces de sécurité marocaines au Sahara occidental. L’Association, qui n’est pas à sa première critique des dirigeants marocains, a également fait part «des nouvelles arrestations, pour des raisons politiques, de(militants sahraouis depuis mars dernier et dont certains ont été condamnés à deux ans de prison ferme». Son président, M. Amin, a carrément déclaré que son pays «est loin de l'Etat de droit», constatant même «un grave recul» en matière de respect des droits de l'homme.               

«Comparativement aux autres pays arabes, nous sommes loin derrière en matière de respect des droits de l'homme, nous sommes cependant aux premiers rangs des pays qui ne respectent pas les droits humains», a indiqué le responsable.

La porte ouverte à plusieurs choix

Sur un autre chapitre, le Maroc s’est initié, au moins à deux reprises, à la stratégie de division des rangs des Etats africains, avec peut-être l’arrière-pensée de fragiliser l’UA ou de la faire éclater. En accueillant la Conférence euro-africaine sur l’immigration et en occupant les coulisses du 7e Sommet de l’organisation panafricaine qui s’est tenu au début du mois de juillet à Banjul (Gambie), afin de faire aboutir son plan d’autonomie au Sahara occidental. A ce propos, le président de la RASD a révélé à Liberté et El Khabar que Rabat a essuyé «un échec» à ce sommet et que l’Etat sahraoui, membre à part entière de l’UA, a renforcé sa position au sein de l’organisation. «Le Maroc a entrepris toutes sortes de manœuvres sans pour autant réussir à faire bouger des pays contre nous», a-t-il soutenu, non sans préciser l’adoption «à l’unanimité» du rapport du conseil exécutif relatif à la question du Sahara Occidental. Le haut responsable a cependant reconnu l’entière responsabilité des Nations unies dans «la décolonisation inachevée» du territoire sahraoui et les reports successifs du scrutin, ainsi que les tentatives de Kofi Annan de sortir le dossier de son cadre naturel pour donner chance aux thèses alaouites. «Le projet marocain (sur l’autonomie, ndlr) n’est ni plus ni moins qu’un complot ! C’est une tentative de contourner le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance», a d’ailleurs protesté Mohamed Abdelaziz, en ajoutant : « Je rappelle (…) que du point de vue du droit, le Sahara occidental n’a jamais été une partie du royaume du Maroc.» Seulement, le Président sahraoui conviendra que la résolution du Conseil de sécurité d’avril 2006, «a laissé la porte ouverte à toutes les alternatives et à plusieurs choix, dont (…) le plan Baker».

Quelles sont les perspectives ? Aux dires de M. Abdelaziz, les autorités sahraouies travaillent actuellement sur trois axes : la poursuite de la dynamique populaire dans les territoires sous occupation marocaine, la préparation à des négociations sur le plan Baker «soutenu par les USA» sous les auspices de l’ONU et conformément à l’esprit de décolonisation, et enfin le maintien du travail diplomatique aux fins d’élargir le soutien international et la reconnaissance de la RASD.

Z’hor Chérief

 

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  Proche-Orient:

De Gaza au Liban, la furie destructrice israélienne

Comme dans la bande de Gaza, le Liban  subit la folie destructrice israélienne. Des opérations dit-on à Tel Aviv pour retrouver des soldats capturés par le Hamas et le Hezbollah. Un prétexte qui ne résiste pas à l’ampleur de l’armada déployée par l’état Hébreu qui revient aux fondements de sa création : l’expansionnisme et la politique de la terre brûlée. Israël a déclenché une guerre dont personne ne peut prédire quand elle se terminera, ni qui elle touchera.  A Gaza, l'opération prétendument  destinée à libérer le caporal Gilad Shalit, enlevé le 25 juin par un commando palestinien, n'a en fait pour objectif  que la destruction des institutions de l’Autorité palestinienne, l’embryon de l’Etat palestinien. La paix, Israël n’en veut pas et il vient amplement de le démontrer s’il en faut. De la même manière, la guerre menée au Liban vise à l’éclatement du pays. Un acharnement identique est déployé par Israël pour tuer et détruire les infrastructures stratégiques. En ciblant la résistance représentée par le Hezbollah, qui, a réussi, rappelons-le, à bouter les Israéliens hors du Liban sud en l’an 2000 veut casser le pays du cèdre.  "L'objectif est de faire partir le Hezbollah du Sud Liban", a clairement affirmé la ministre israélienne des Affaires étrangères, lors d'un discours au cours duquel elle a à peine parlé de l'enlèvement des deux soldats, qui a pourtant servi de justificatif à la guerre menée contre le pays du Cèdre. Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Dan Halutz, a pour sa part parlé d'une "opération intensive et de grande ampleur" contre le Hezbollah qu'il a qualifié de "cancer" se développent dans le corps du Liban. "Il y a de nombreuses autres cibles. Notre objectif est d'atteindre le Hezbollah et d'attendre que le gouvernement libanais prenne ses responsabilités, ce qui signifie retirer le Hezbollah de la zone frontalière et le remplacer par une autre force, une force qui représente la souveraineté du Liban", a-t-il déclaré, s'appuyant sur un texte ambigu, la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies du 4 septembre 2004 qui réclame, entre autres, le désarmement de toutes les milices. Comble de l’ironie, Israël qui s’est de tout temps évertué à violer les résolutions de l’Onu et le droit international exige aujourd’hui l’application de la résolution que son parrain, les Etats-Unis, a fait adopter. Alex Frishman, analyste militaire au quotidien israélien Yedioth Ahronoth,  a affirmé dans un entretien au quotidien français Libération du 15 juillet qu'une opération militaire d'Israël pour déloger le Hezbollah du Sud Liban était prévue depuis longtemps et que son déclenchement n'"était qu'une question de temps".  Il est  d’ailleurs symptomatique que L'Etat hébreu ait  refusé les offres d'échanges de prisonniers du Hezbollah et des groupes palestiniens pour récupérer ses soldats.  Pourtant, Il y a deux ans, Israël avait accepté de libérer 400 détenus pour obtenir la libération d'un ancien colonel à la retraite, et les corps de trois soldats israéliens. L’objectif est donc clair  à travers la double agression menée par l’armée israélienne  dans les territoires palestiniens et au Liban : l’annihilation de toutes velléités de résistance à sa politique expansionniste pour pouvoir redessiner à sa façon la carte de la région. Mais il lui faudra d’abord passer par le Hezbollah qui vient de prouver sa capacité de résistance comme il l’a prouvé auparavant…malgré ce face à face si totalement disproportionné. 

 

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La réunion du G8 blanchit Israël

Les dirigeants du G8, Les principaux pays industrialisés,  réuni cette semaine à Saint-Pétersbourg se sont alignés sur la position américaine et réclamé l’unisson du Hezbollah qu'il libère les deux soldats enlevés et qu'il cesse ses attaques sur Israël.  La situation au  Proche-Orient s'est imposée au centre des discussions entre les dirigeants du G8 et la chancelière allemande Angela Merkell a annoncé que le Groupe réclamait du Hezbollah qu'il cesse les hostilités en premier. « Nous réclamons d'abord que les soldats israéliens rentrent sains et sauf en Israël et que les attaques sur Israël cessent, et ensuite, naturellement, qu'Israël cesse son opération militaire », a-t-elle déclaré.  Les dirigeants du G8 ont également imputé le regain de violence au Proche-Orient à des extrémistes et reconnu le « droit d’Israël à l’autodéfense », tout en l’appelant à la retenue. Mais de quelle retenue parlent-ils quand on voit l’armada militaire israélienne tuant et rasant tout ce qui bouge ? Que fallait-il de toutes façons attendre de ce conclave des pays les plus riches (la plupart des soutiens de Tel-Aviv) après l’échec du conseil de sécurité de l’Onu à imposer un cessez-le-feu.  Mais le plus grave reste la passivité des régimes arabes, voire  pour certains leur complicité dans ce massacre à grande échelle en Palestine et au Liban.

   

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 Les Etats-Unis sont responsables de l'embrasement, selon Hugo Chavez

Le président du Venezuela Hugo Chavez a accusé les Etats-Unis d'être responsables de la détérioration de la situation au Proche-Orient par leur soutien à Israël, estimant que les "désirs de domination de l'empire américain" pourraient mener à un "réel Holocauste". "La faute fondamentale revient encore à l'empire américain. C'est l'empire qui a armé et soutenu les abus de l'élite israélienne, qui a envahi, abusé et défié les Nations unies depuis longtemps", a-t-il martelé lors d'un discours  le 14 juillet à Caracas. "Je saisirai cette opportunité pour condamner catégoriquement et pleinement l'agression que mène l'élite israélienne contre des innocents" au Proche-Orient, a déclaré le président suite aux de bombardements israéliens sur le Liban, suite à la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah. Hugo Chavez a critiqué la force excessive de l'offensive israélienne, qui a fait plusieurs morts côté libanais. "Allons-nous bombarder des villes et leur dire que nous n'arrêterons pas de bombarder avant qu'ils aient rendu le soldat? C'est de la folie", a-t-il estimé. L'escalade de ces derniers jours est selon Hugo. Chavez imputable à l'influence excessive des Etats-Unis dans la région."Le désir de domination de l'empire américain n'a aucune limite et cela pourrait mener le monde vers un réel Holocauste. Que Dieu nous sauve", a déclaré le président vénézuélien, qui compte parmi les rares chefs d’état dans le monde, opposés à la politique étrangère américaine.

 

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Israël veut du carburant pour ses avions de chasse

Le Pentagone  a informé ces derniers jours le Congrès américain qu’Israël avait demandé d’acheter aux Etats-Unis pour 210 millions de dollars de JP-8, un carburant destiné à ses avions de chasse. Ce carburant sera utilisé par la chasse israélienne pour des missions de « paix et sécurité » au Proche-Orient assure le ministère américain de la défense. Cette annonce intervient alors que la chasse israélienne a attaqué le Liban, massacrant la population civile et détruisant les infrastructures du pays. Le Pentagone a affirmé que cette vente de kérosène devait « améliorer la sécurité d’un pays ami qui a été et continue d’être une force importante pour la stabilité et le progrès économique au Proche-orient ». L’on voit s’il en faut où vont les priorités des Américains…. Le Congrès a 30 jours pour éventuellement bloquer cette vente mais gageons qu’elle passera comme une lettre à la poste sans même attendre ce délai.

 

 

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