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Embrasement au Proche-Orient
C’est la guerre
L’actualité cette
semaine est internationale. Elle est surtout arabe. Un pays frère,
le Liban en l’occurrence, est attaqué par Israël. Au nez et à la
barbe de tous les pays arabes. Ce qui n’a pas manqué d’inspirer le
chroniqueur du Soir d’Algérie qui, dans son style particulier,
relève l’absence de toute solidarité arabe. «Oh ! Les Arabes,
oucek’vouzet ?», lance-t-il à la cantonade. Il souligne que «les
Israéliens pénètrent en territoire libanais, donc arabe, comme dans
une motte de beurre oubliée dans un frigo débranché. Et plus Tsahal
avance, plus je me repasse dans la tête la vidéo gag de la
foultitude de congrès arabes, de sommets islamiques et de forums de
l’unité arabo-musulmane tenus ici et là à grands frais».
Incapacité
arabe
La passivité des
dirigeants arabes est dénoncée. «Que font-ils ?», se demande-t-il.
Pas grand-chose. «Ils se désolent du bout des lèvres que l’ONU n’ait
pas appelé Israël à cesser son invasion du Liban», souligne-t-il. Ce
qui n’a pas manqué de le faire réagir. Il indique ainsi qu’«ils s’en
prennent aux Nations unies et oublient de regarder sous leur
djellaba l’état avancé de la débandade arabe». Et de poursuivre :
«Pourquoi diable attendre de l’ONU qu’elle fasse ce que les sommets
arabes ne sont pas capables de s’imposer comme tâche urgente à
accomplir ?»
El Djazaïr News
n’en pense pas moins : «Honte à vous, dirigeants arabes»,
annonce-t-il en Une de son édition du dimanche 16 juillet.
Pendant ce temps,
rappellent La Nouvelle République et La Tribune, «l’ONU refuse
d’appeler au cessez-le-feu» et «Israël s‘acharne sur le Liban». Le
premier titre estime que «paix et sionisme sont contradictoires»,
indiquant à juste titre qu’«on peut chicaner le Hizbollah sur le
fait que qu’il ait éveillé chez le démon israélien ses instincts
criminels à l’égard des Libanais, mais on ne peut aller plus loin
dans le reproche quand on connaît les intentions expansionnistes de
l’ogre sioniste dans une région où il a rogné à chacun de ses
voisins une part de son territoire». Le deuxième quotidien cité
rappelle à ceux qui ne réalisent pas encore l’ampleur du drame que
«plus de 100 morts et 266 blessés» ont été recensés au quatrième
jour de l’agression. Le rédacteur souligne que «le déluge de fer et
de feu qui s’abat depuis le 12 juillet dernier sur le Liban ne
connaît toujours pas de répit». L’éditorialiste, de son côté, se
demande «si la nouvelle d’Israël contre le Liban n’était qu’une mise
à exécution, retardée à dessein, des menaces américaines de mater
les forces susceptibles d’enrayer l’engrenage d’une paix… israélo-
américaine dans la région du Proche-Orient». Suspectant les USA de
viser un objectif bien déterminé, il indique que «rien ne dit que
les Américains, via leur allié israélien, vont s’en tenir à
l’objectif territorial libanais».
Le Jeune
Indépendant reprend en Une de son édition la décision arabe qui
consiste à ne plus vouloir «entendre parler de processus de paix».
Selon ce quotidien, les Arabes ont dénoncé implicitement «les
Etats-Unis et le quartette».
Le Liban en
voie de destruction
El Fadjr rapporte
pour sa part que «Amr Moussa décrète la fin du processus de paix au
Proche-Orient».
El Watan, qui
rappelle que ports, aéroports et ponts sont ciblés par les
bombardements, en arrive à la déduction qu’«Israël veut affaiblir le
Liban».
El Khabar, photos
à l’appui, estime que «les Libanais sont exposés à une guerre
génocidaire».
L’éditorialiste du
Jour d’Algérie (édition du samedi 15 juillet) fait le lien entre
l’escalade de violence enregistrée et l’assassinat de Hariri. Ainsi,
estime-t-il, «à entendre Israël menacer de bombarder la partie
chiite de Beyrouth après avoir frappé son aéroport international et
transformé en ruines fumantes la bande frontalière sud du Liban, on
comprend mieux aujourd’hui pourquoi Rafik Hariri a été si
odieusement assassiné».
Faux prétexte
Explications. De
l’avis du Jour d’Algérie, «il était en effet, le seul homme
libanais à pouvoir faire bouclier de son corps et sauver son pays
d’une agression aussi cynique de la part d’Israël et de ses alliés».
L’éditorialiste est formel : «De son vivant, jamais une telle
agression n’aurait pu se produire tant son savoir-faire dans les
relations avec la Syrie était immense et n’aurait jamais permis que
le Hezbollah libanais se livre aux provocations machiavéliques qui
ont donné l’occasion à Israël de reprendre ses attaques contre le
Liban.» Les assassins de l’ancien ministre libanais sont à chercher,
indique-t-il, «du côté de ceux qui ont intérêt à ce qui se produit
au Moyen-Orient». Et d’expliciter la piste à laquelle il songe. Elle
serait du côté de «ceux qui veulent à tout prix redessiner la carte
de la région moyen-orientale, quitte à y produire un nouvel
holocauste».
Le lendemain
dimanche 16 juillet, le même éditorialiste revient sur le sujet en
rattrapant une omission relevée dans son analyse de la veille. Celle
qui consiste, par la grâce de l’assassinat de Hariri, «de mettre sur
la défensive la Syrie qui s’est trouvée accusée, sans la moindre
preuve, d’avoir été le commanditaire de cet acte de pure barbarie
contre l’ancien chef du gouvernement libanais». Cette tactique
obéissait, selon le rédacteur, au souci d’isoler le Liban «tant il
est vrai qu’une agression contre le Liban aurait été nettement plus
coûteuse pour Israël s’il avait en face de lui, les deux armées
réunies».
El Bilad estime
pour sa part que «le Liban fait face au terrorisme d’Etat».
De son côté,
Liberté, revenant sur l’embrasement général au Proche-Orient, estime
qu’«Israël détruit le Liban». Son éditorialiste affirme que «la
brutalité de la réaction israélienne réside dans ce savant calcul.
Israéliens et Américains doivent neutraliser le potentiel iranien,
rendre viable l’Irak, détruire la Syrie alaouite, laminer les
Palestiniens et rendre inopérantes les velléités diplomatiques
russes et européennes au Proche-Orient». Il en déduit qu’«il serait
incongru de prendre au sérieux l’argument israélien concernant ses
soldats kidnappés tant ils enjeux dépassent de très loin le cadre
strictement régional».
Nadia Kerraz
Haut
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