Semaine du 19 au 25  juillet 2006

 

 Embrasement au Proche-Orient

C’est la guerre

 

 
 
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Embrasement au Proche-Orient

C’est la guerre

L’actualité cette semaine est internationale. Elle est surtout arabe. Un pays frère, le Liban en l’occurrence, est attaqué par Israël. Au nez et à la barbe de tous les pays arabes. Ce qui n’a pas manqué d’inspirer le chroniqueur du Soir d’Algérie qui, dans son style particulier, relève l’absence de toute solidarité arabe.  «Oh ! Les Arabes, oucek’vouzet ?», lance-t-il à la cantonade. Il souligne que «les Israéliens pénètrent en territoire libanais, donc arabe, comme dans une motte de beurre oubliée dans un frigo débranché. Et plus Tsahal avance, plus je me repasse dans la tête la vidéo gag de la foultitude de congrès arabes, de sommets islamiques et de forums de l’unité arabo-musulmane tenus ici et là à grands frais».

Incapacité arabe

La passivité des dirigeants arabes est dénoncée. «Que font-ils ?», se demande-t-il. Pas grand-chose. «Ils se désolent du bout des lèvres que l’ONU n’ait pas appelé Israël à cesser son invasion du Liban», souligne-t-il. Ce qui n’a pas manqué de le faire réagir. Il indique ainsi qu’«ils s’en prennent aux Nations unies et oublient de regarder sous leur djellaba l’état avancé de la débandade arabe». Et de poursuivre : «Pourquoi diable attendre de l’ONU qu’elle fasse ce que les sommets arabes ne sont pas capables de s’imposer comme tâche urgente à accomplir ?» 

El Djazaïr News n’en pense pas moins : «Honte à vous, dirigeants arabes», annonce-t-il en Une de son édition du dimanche 16 juillet.

Pendant ce temps, rappellent La Nouvelle République et La Tribune, «l’ONU refuse d’appeler au cessez-le-feu» et «Israël s‘acharne sur le Liban». Le premier titre estime que «paix et sionisme sont contradictoires», indiquant à juste titre qu’«on peut chicaner le Hizbollah sur le fait que qu’il ait éveillé chez le démon israélien ses instincts criminels à l’égard des Libanais, mais on ne peut aller plus loin dans le reproche quand on connaît les intentions expansionnistes de l’ogre sioniste dans une région où il a rogné à chacun de ses voisins une part de son territoire».  Le deuxième quotidien cité rappelle à ceux qui ne réalisent pas encore l’ampleur du drame que «plus de 100 morts et 266 blessés» ont été recensés au quatrième jour de l’agression. Le rédacteur souligne que «le déluge de fer et de feu qui s’abat depuis le 12 juillet dernier sur le Liban ne connaît toujours pas de répit». L’éditorialiste, de son côté, se demande «si la nouvelle d’Israël contre le Liban n’était qu’une mise à exécution, retardée à dessein, des menaces américaines de mater les forces susceptibles d’enrayer l’engrenage d’une paix… israélo- américaine dans la région du Proche-Orient».  Suspectant les USA de viser un objectif bien déterminé, il indique que «rien ne dit que les Américains, via leur allié israélien, vont s’en tenir à l’objectif territorial libanais».

Le Jeune Indépendant reprend en Une de son édition la décision arabe qui consiste à  ne plus vouloir «entendre parler de processus de paix». Selon ce quotidien, les Arabes ont dénoncé implicitement «les Etats-Unis et le quartette».

Le Liban en voie de destruction

El Fadjr rapporte pour sa part que «Amr Moussa décrète la fin du processus de paix au Proche-Orient».

El Watan, qui rappelle que ports, aéroports et ponts sont ciblés par les bombardements, en arrive à la déduction qu’«Israël veut affaiblir le Liban». 

El Khabar, photos à l’appui, estime que «les Libanais sont exposés à une guerre génocidaire».

L’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du samedi 15 juillet) fait  le lien entre l’escalade de violence enregistrée et l’assassinat de Hariri. Ainsi, estime-t-il, «à entendre Israël menacer de bombarder la partie chiite de Beyrouth après avoir frappé son aéroport international et transformé en ruines fumantes la bande frontalière sud du Liban, on comprend mieux aujourd’hui pourquoi Rafik Hariri a été si odieusement  assassiné».

Faux prétexte

Explications. De l’avis du Jour d’Algérie, «il était en effet, le seul homme libanais  à pouvoir faire bouclier de son corps et sauver son pays d’une agression aussi cynique de la part d’Israël et de ses alliés». L’éditorialiste est formel : «De son vivant, jamais une telle agression n’aurait pu se produire tant son savoir-faire dans les relations avec la Syrie était immense et n’aurait jamais permis que le Hezbollah libanais se livre aux provocations machiavéliques qui ont donné l’occasion à Israël de reprendre ses attaques contre le Liban.» Les assassins de l’ancien ministre libanais sont à chercher, indique-t-il, «du côté de ceux qui ont intérêt à ce qui se produit au Moyen-Orient». Et d’expliciter la piste à laquelle il songe. Elle serait du côté de «ceux qui veulent à tout prix redessiner la carte de la région moyen-orientale, quitte à y produire un nouvel holocauste».

Le lendemain dimanche 16 juillet, le même éditorialiste revient sur le sujet en rattrapant une omission relevée dans son analyse de la veille. Celle qui consiste, par la grâce de l’assassinat de Hariri, «de mettre sur la défensive la Syrie qui s’est trouvée accusée, sans la moindre preuve, d’avoir été le commanditaire de cet acte de pure barbarie contre l’ancien chef du gouvernement libanais». Cette tactique obéissait, selon le rédacteur, au souci d’isoler le Liban «tant il est vrai qu’une agression contre le Liban aurait été  nettement plus coûteuse pour Israël s’il avait en face de lui, les deux armées réunies».

El Bilad estime pour sa part que «le Liban fait face au terrorisme d’Etat».

De son côté, Liberté, revenant sur l’embrasement général au Proche-Orient, estime qu’«Israël détruit le Liban». Son éditorialiste affirme que «la brutalité de la réaction israélienne réside dans ce savant calcul. Israéliens et Américains doivent neutraliser le potentiel iranien, rendre viable l’Irak, détruire la Syrie alaouite, laminer les Palestiniens et rendre inopérantes les velléités diplomatiques russes et européennes au Proche-Orient». Il en déduit qu’«il serait incongru de prendre au sérieux l’argument israélien concernant ses soldats kidnappés tant ils enjeux dépassent de très loin le cadre strictement régional».  

Nadia Kerraz   

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