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Semaine du 18 au 24 octobre 2006

Etats-Unis

Bush défend sa stratégie en Corée du Nord et en Irak

Corée du Nord 

La stratégie de Kim Jong-il

 

 
 
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Bush défend sa stratégie en Corée du Nord et en Irak

Le président américain vante sa stratégie internationale, aussi bien en Irak qu'en Corée du Nord et en Iran. Une stratégie qui a fait plus d’un demi-million de morts en Irak depuis 2003 et qui n’a rien obtenu de Téhéran ou de Pyongyang malgré pressions et menaces.  George W. Bush apparaît néanmoins sur la défensive, à moins d'un mois d'élections parlementaires cruciales.  Dernièrement, au cours d'une longue conférence de presse à la Maison-Blanche, George Bush a défendu son approche multilatérale sur la Corée du Nord –estimant que l'approche unilatérale de son prédécesseur Bill Clinton avait échoué – et sur l'Iran, tout en justifiant la guerre en Irak, lancée contre la volonté de la majorité de la communauté internationale. Mais ce que la presse américaine a surtout retenu de l'exercice, c'est que l’actuel locataire du bureau ovale était apparu sur la défensive, mentionnant à 13 reprises les "enjeux" dans ces trois pays qu'il avait cloués au pilori en 2002 en les qualifiant d'"axe du mal" et se posant lui-même les questions qu'on ne lui posait pas.

George Bush a réclamé de "sérieuses répercussions" internationales contre la Corée du Nord en réponse à l'annonce de son premier essai nucléaire, mais il a exclu tout recours à la force contre Pyongyang. "Les négociations bilatérales n'ont pas fonctionné (dans le passé). Donc je pense qu'il était important de changer la manière dont nous appréhendons le problème", a-t-il ajouté. "Je crois fortement qu'avec la Corée du Nord et l'Iran, il est préférable de faire face à ces régimes à plusieurs." Interrogé sur la crédibilité de son administration alors que tous ses efforts de négociation à six, avec la Chine, le Japon, la Russie et la Corée du Sud ont été réduits à néant par l'essai nord-coréen, George Bush a répondu en se posant lui-même une autre question : "Je pensais que vous alliez me demander 'comment ça se fait que vous n'utilisez pas l'action militaire?'. Ma réponse est que je crois que le commandant en chef (lui-même) doit essayer tous les moyens diplomatiques avant d'engager notre armée". Le président américain a poursuivi l'exercice en appliquant la même logique à l'Irak. "Si c'est le cas, pourquoi n'avez-vous pas utilisé l'action militaire en Irak." "Parce que nous avions essayé la diplomatie."

De plus en plus de voix s'élèvent, y compris dans son propre camp, pour que George Bush change de cap en Irak, où la violence est désormais incontrôlable. Un influent sénateur républicain a estimé récemment que l'Irak partait "à la dérive" et l'ancien secrétaire d'Etat de Bush père, James Baker, a jugé qu'il y avait des "alternatives" entre l'intransigeance de l'administration américaine et un retrait américain d'Irak. "Si nous abandonnions ce pays avant que les Irakiens puissent défendre leur jeune démocratie, les terroristes prendraient le contrôle de l'Irak et (y) établiraient un nouveau refuge d'où ils pourraient lancer des attaques contre l'Amérique", a répondu le président américain. "Nous ne pouvons tolérer un nouvel Etat terroriste au cœur du Proche-Orient, disposant d'importantes réserves pétrolières qui pourraient être utilisées pour financer ses ambitions radicales ou pour infliger des dégâts économiques à l'Occident", a ajouté M. Bush.

Certains analystes estiment que l'administration Bush paie en Iran et en Corée du Nord le prix de ses difficultés à pacifier l'Irak. Les Nord-Coréens "considèrent les Etats-Unis comme très faibles et distraits par la situation au Proche-Orient", estime ainsi Gary Samore, vice-président du Council on Foreign Relations. "Je ne pense pas que ce que les Etats-Unis disent (à la Corée du Nord) ait beaucoup d'importance, parce que les Nord-coréens ne voient pas les Etats-Unis en position de force. Ce qui compte, c'est ce que les Chinois et les Sud-Coréens disent en privé à la Corée du Nord", ajoute cet analyste. Reste que la politique de l’administration Bush a complètement déstabilisé le monde et a multiplié les foyers de tensions…

 

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Corée du Nord 

La stratégie de Kim Jong-il

A la tête d'un régime communiste vivant en autarcie, le nu nord-coréen Kim Jong-il, est l'un des personnages les plus mystérieux de la planète. Mais si on sait peu de choses sur celui que ses concitoyens appellent le "Cher Dirigeant", il ne fait guère de doutes que ses actes sont guidés par un seul objectif : se maintenir au pouvoir. Kim, 64 ans, en a hérité en 1994, à la mort de son père, Kim Il-sung, le "Grand Leader", fondateur de la Corée du Nord, qu'il dirigeait depuis 1948. Objet, comme son père, d'un culte de la personnalité effréné, il est présenté par les médias comme un général prodigieux, un cinéaste exceptionnel ou encore l'"Etoile polaire du XXIe siècle". Dirigeant habile bien qu'atypique, son seul objectif semble être se maintenir au pouvoir dans un pays pauvre et isolé, où lui et son entourage vivent dans un luxe inimaginable pour la plupart de leurs concitoyens.

L'annonce du premier essai nucléaire de la Corée du Nord semble s'inscrire dans la stratégie de Kim Jong-il visant à tenir ses ennemis à distance en attisant les tensions en Asie et les craintes d'un éventuel conflit régional. Elle montre que Kim a renoncé pour le moment à chercher un compromis avec l'administration Bush qui, à ses yeux, est déterminée à renverser son régime malgré les dénégations de Washington. Dans l'esprit du leader nord-coréen, l'arme nucléaire lui garantit qu'il ne connaîtra pas le même sort que Saddam Hussein en Irak. Héros dans son pays, perçu comme un dictateur à l'étranger, Kim aspire à ce que la Corée du Nord soit reconnue comme un membre à part entière de la communauté internationale. Il veut également obtenir de l'aide et des accords commerciaux pour atténuer les difficultés économiques de son peuple et renforcer la popularité du régime.

Les Nord-Coréens "veulent être acceptés", souligne Michael Breen, auteur d'une biographie de Kim et spécialiste de la Corée du Nord. "Ils pensent sincèrement à leur manière que s'ils n'agissaient pas avec fermeté, ils n'attireraient pas l'attention et finiraient par être envahis."

Kim Jong-il a souvent été moqué à l'étranger pour ses combinaisons kaki, ses chaussures à semelles épaisses et ses cheveux bouffants destinés à le faire paraître plus grand que son 1,60 mètre. L'image de son visage poupin est présente sur des bâtiments publics et dans les foyers à travers le pays et les médias officiels font état de ses écrits quotidiennement. Il quitte rarement son pays et préfère voyager dans un train luxueux doté d'un accès à Internet par satellite plutôt qu'en avion. Mais il dirige son pays d'une main de fer, réprimant toute contestation. On pense que des milliers de prisonniers politiques sont détenus dans des camps. Des familles entières, même des enfants, sont emprisonnées uniquement parce qu'un de leur parent est accusé de crime. Avec les autres pays, il a toujours cherché à faire monter les enchères pour les amener à céder. Kim, que l'on dit féru de cinéma, notamment des James Bond et de films d'action hollywoodiens comme Rambo, a peu d'autres choix pour attirer l'attention que de prendre des postures tendant vers la provocation. Pour ses détracteurs, rien dans son parcours n'inspire la confiance. On le soupçonne ainsi d'avoir, avant son arrivée au pouvoir, organisé un attentat en 1983 en Birmanie, qui a tué 17 responsables sud-coréens, et un autre en 1987 contre un avion sud-coréen, qui a coûté la vie aux 115 occupants de l'appareil.

 

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