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Etats-Unis
Bush défend sa
stratégie en Corée du Nord et en Irak
Le président américain
vante sa stratégie internationale, aussi bien en Irak qu'en Corée du
Nord et en Iran. Une stratégie qui a fait plus d’un demi-million de
morts en Irak depuis 2003 et qui n’a rien obtenu de Téhéran ou de
Pyongyang malgré pressions et menaces. George W. Bush apparaît
néanmoins sur la défensive, à moins d'un mois d'élections
parlementaires cruciales. Dernièrement, au cours d'une longue
conférence de presse à la Maison-Blanche, George Bush a défendu son
approche multilatérale sur la Corée du Nord –estimant que l'approche
unilatérale de son prédécesseur Bill Clinton avait échoué – et sur
l'Iran, tout en justifiant la guerre en Irak, lancée contre la
volonté de la majorité de la communauté internationale. Mais ce que
la presse américaine a surtout retenu de l'exercice, c'est que
l’actuel locataire du bureau ovale était apparu sur la défensive,
mentionnant à 13 reprises les "enjeux" dans ces trois pays qu'il
avait cloués au pilori en 2002 en les qualifiant d'"axe du mal" et
se posant lui-même les questions qu'on ne lui posait pas.
George Bush a réclamé de
"sérieuses répercussions" internationales contre la Corée du Nord en
réponse à l'annonce de son premier essai nucléaire, mais il a exclu
tout recours à la force contre Pyongyang. "Les négociations
bilatérales n'ont pas fonctionné (dans le passé). Donc je pense
qu'il était important de changer la manière dont nous appréhendons
le problème", a-t-il ajouté. "Je crois fortement qu'avec la Corée du
Nord et l'Iran, il est préférable de faire face à ces régimes à
plusieurs." Interrogé sur la crédibilité de son administration alors
que tous ses efforts de négociation à six, avec la Chine, le Japon,
la Russie et la Corée du Sud ont été réduits à néant par l'essai
nord-coréen, George Bush a répondu en se posant lui-même une autre
question : "Je pensais que vous alliez me demander 'comment ça se
fait que vous n'utilisez pas l'action militaire?'. Ma réponse est
que je crois que le commandant en chef (lui-même) doit essayer tous
les moyens diplomatiques avant d'engager notre armée". Le président
américain a poursuivi l'exercice en appliquant la même logique à
l'Irak. "Si c'est le cas, pourquoi n'avez-vous pas utilisé l'action
militaire en Irak." "Parce que nous avions essayé la diplomatie."
De plus en plus de voix
s'élèvent, y compris dans son propre camp, pour que George Bush
change de cap en Irak, où la violence est désormais incontrôlable.
Un influent sénateur républicain a estimé récemment que l'Irak
partait "à la dérive" et l'ancien secrétaire d'Etat de Bush père,
James Baker, a jugé qu'il y avait des "alternatives" entre
l'intransigeance de l'administration américaine et un retrait
américain d'Irak. "Si nous abandonnions ce pays avant que les
Irakiens puissent défendre leur jeune démocratie, les terroristes
prendraient le contrôle de l'Irak et (y) établiraient un nouveau
refuge d'où ils pourraient lancer des attaques contre l'Amérique", a
répondu le président américain. "Nous ne pouvons tolérer un nouvel
Etat terroriste au cœur du Proche-Orient, disposant d'importantes
réserves pétrolières qui pourraient être utilisées pour financer ses
ambitions radicales ou pour infliger des dégâts économiques à
l'Occident", a ajouté M. Bush.
Certains analystes
estiment que l'administration Bush paie en Iran et en Corée du Nord
le prix de ses difficultés à pacifier l'Irak. Les Nord-Coréens
"considèrent les Etats-Unis comme très faibles et distraits par la
situation au Proche-Orient", estime ainsi Gary Samore,
vice-président du Council on Foreign Relations. "Je ne pense pas que
ce que les Etats-Unis disent (à la Corée du Nord) ait beaucoup
d'importance, parce que les Nord-coréens ne voient pas les
Etats-Unis en position de force. Ce qui compte, c'est ce que les
Chinois et les Sud-Coréens disent en privé à la Corée du Nord",
ajoute cet analyste. Reste que la politique de l’administration Bush
a complètement déstabilisé le monde et a multiplié les foyers de
tensions…
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Corée du Nord
La
stratégie
de Kim Jong-il
A la tête d'un régime
communiste vivant en autarcie, le nu nord-coréen Kim Jong-il, est
l'un des personnages les plus mystérieux de la planète. Mais si on
sait peu de choses sur celui que ses concitoyens appellent le "Cher
Dirigeant", il ne fait guère de doutes que ses actes sont guidés par
un seul objectif : se maintenir au pouvoir. Kim, 64 ans, en a hérité
en 1994, à la mort de son père, Kim Il-sung, le "Grand Leader",
fondateur de la Corée du Nord, qu'il dirigeait depuis 1948. Objet,
comme son père, d'un culte de la personnalité effréné, il est
présenté par les médias comme un général prodigieux, un cinéaste
exceptionnel ou encore l'"Etoile polaire du XXIe siècle".
Dirigeant habile bien qu'atypique, son seul objectif semble être se
maintenir au pouvoir dans un pays pauvre et isolé, où lui et son
entourage vivent dans un luxe inimaginable pour la plupart de leurs
concitoyens.
L'annonce du premier
essai nucléaire de la Corée du Nord semble s'inscrire dans la
stratégie de Kim Jong-il visant à tenir ses ennemis à distance en
attisant les tensions en Asie et les craintes d'un éventuel conflit
régional. Elle montre que Kim a renoncé pour le moment à chercher un
compromis avec l'administration Bush qui, à ses yeux, est déterminée
à renverser son régime malgré les dénégations de Washington. Dans
l'esprit du leader nord-coréen, l'arme nucléaire lui garantit qu'il
ne connaîtra pas le même sort que Saddam Hussein en Irak. Héros dans
son pays, perçu comme un dictateur à l'étranger, Kim aspire à ce que
la Corée du Nord soit reconnue comme un membre à part entière de la
communauté internationale. Il veut également obtenir de l'aide et
des accords commerciaux pour atténuer les difficultés économiques de
son peuple et renforcer la popularité du régime.
Les Nord-Coréens
"veulent être acceptés", souligne Michael Breen, auteur d'une
biographie de Kim et spécialiste de la Corée du Nord. "Ils pensent
sincèrement à leur manière que s'ils n'agissaient pas avec fermeté,
ils n'attireraient pas l'attention et finiraient par être envahis."
Kim Jong-il a souvent
été moqué à l'étranger pour ses combinaisons kaki, ses chaussures à
semelles épaisses et ses cheveux bouffants destinés à le faire
paraître plus grand que son 1,60 mètre. L'image de son visage poupin
est présente sur des bâtiments publics et dans les foyers à travers
le pays et les médias officiels font état de ses écrits
quotidiennement. Il quitte rarement son pays et préfère voyager dans
un train luxueux doté d'un accès à Internet par satellite plutôt
qu'en avion. Mais il dirige son pays d'une main de fer, réprimant
toute contestation. On pense que des milliers de prisonniers
politiques sont détenus dans des camps. Des familles entières, même
des enfants, sont emprisonnées uniquement parce qu'un de leur parent
est accusé de crime. Avec les autres pays, il a toujours cherché à
faire monter les enchères pour les amener à céder. Kim, que l'on dit
féru de cinéma, notamment des James Bond et de films d'action
hollywoodiens comme Rambo, a peu d'autres choix pour attirer
l'attention que de prendre des postures tendant vers la provocation.
Pour ses détracteurs, rien dans son parcours n'inspire la confiance.
On le soupçonne ainsi d'avoir, avant son arrivée au pouvoir,
organisé un attentat en 1983 en Birmanie, qui a tué 17 responsables
sud-coréens, et un autre en 1987 contre un avion sud-coréen, qui a
coûté la vie aux 115 occupants de l'appareil.
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