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Grèves,
rassemblements et assassinats
L’Algérie sur un
volcan
A la une d’El Youm du
samedi 14 octobre, les nouvelles menaces proférées par le ministre
de l’Education à l’encontre des chefs d’établissements privés leur
intimant de respecter le cahier des charges. Le ministre reproche à
ces écoles privées d’enseigner l’histoire en français. On peut se
demander si l’important est la langue ou de faire parvenir le
contenu aux élèves. L’essentiel étant, de notre avis de ne pas
travestir l’histoire de notre pays. Or il n’est un secret pour
personne que les manuels d’histoire sont loin de raconter la vraie
histoire de la Révolution, à titre d’exemple. Alors, dans ce cas de
figure, il aurait été plus souhaitable que le ministre se penche sur
la véracité du contenu de ces manuels que de perdre son temps à
vérifier dans quelle langue est enseignée l’histoire. A mois que le
ministre ne parle de l’enseignement de l’histoire de France, auquel
cas il a tout à fait raison de réagir de la sorte.
Mais ce samedi, premier
jour de la semaine, a aussi été marqué par l’annonce de l’assassinat
du président de l’APW de Tizi Ouzou.
Démobilisation
L’information a fait la
Une de la quasi majorité des titres de la presse nationale. La
Dépêche de Kabylie souligne, dans son éditorial, que «la bête
immonde a encore une fois frappé» et ajoute que «la Kabylie, qui a
été à l’avant-garde de la résistance contre le terrorisme, vient de
perdre un militant intègre et un citoyen honnête et respecté de
tous». Ce quotidien indique que «la vigilance, jadis de mise contre
l’intégrisme et son bras armé, est descendue de plusieurs crans dans
la région». Il reproche aux «acteurs politiques» d’avoir
«délibérément et consciemment choisi d’orienter leurs luttes sur
des questions parasitaires» et d’adopter «un discours populiste et
électoraliste».
Le président de l’APW en
a-t-il fait les frais ? Il reste, estime l’éditorialiste de La
Dépêche de Kabylie, que «les démocrates, qui constituent une force
majeure, et les patriotes où qu’ils soient, sont appelés à s’unir
dans un large front de refus contre ce que certains veulent nous
présenter aujourd’hui comme une fatalité».
Le Jour d’Algérie qui, à
l’instar de ses confrères, a consacré sa Une à cet acte barbare,
revient aussi sur l’affaire Khalifa Bank. Il indique que «les
dossiers de ministres» sont au niveau de la Cour suprême. Le
rédacteur précise que «ces ministres ont déjà été entendus par les
deux juges d’instruction près le tribunal de Chéraga chargés des
auditions dans le cadre de l’instruction judiciaire ouverte sur
l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank». Reste la
question que se pose l’opinion publique est de savoir si, vraiment,
le procès se tiendra un jour. Annoncé pour l’actuelle session
criminelle, les observateurs sont dans l’attente de sa
programmation. Le Jour d’Algérie indique qu’expliquant le report du
procès, le ministre de la Justice a mis cela en lien avec «les
recours introduits auprès de cette dernière par les accusés» ; il
ajoute que « la date du procès a été fixée avant que les avocats des
inculpés n’introduisent des pourvois en cassation» et que «les
accusés ont introduit un recours auprès de la Cour suprême contre
cette décision, affirmant que le recours dans pareil cas «suspend
l’exécution de la décision». Autant dire que ce n’est pas demain la
veille que le procès s’ouvrira !
Sous la pression
La bonne nouvelle de
cette semaine est rapportée par, entre autres, El Ahdeth. Ce
quotidien arabophone annonce, en Une de son édition du jour, qu’une
revalorisation de 10 à 50% sera accordée aux 124 000 allocataires.
C’est, indique-t-on, le ministre du Travail et de la Sécurité
sociale qui l’a déclaré à l’APN.
«Du nouveau pour les
124 000 allocataires», précise pour sa part Le Jeune Indépendant.
Cette mesure d’augmentation «concernera ceux qui perçoivent des
pensions de retraite et qui ont travaillé et cotisé à la sécurité
sociale pendant moins de 15 ans». Il sera indiqué qu’«un texte
d’application sera prochainement élaboré à cet effet». Mais au-delà
de cette annonce, il y a lieu de souligner que cette sortie du
ministre est intervenue au lendemain de l’organisation par la FNTR
de rassemblements à travers le pays pour dénoncer les aberrations
dont sont victimes les retraités. «Les retraités investissent la
rue» tel est le titre de une d’El Watan du jeudi 12 octobre. Le
quotidien rapporte cette phrase qui était sur les lèvres des
centaines de retraités qui ont répondu à l’appel de leur
fédération : «Nous ne demandons pas l’aumône, nous exigeons nos
droits.» Quelle tristesse. Que des retraités en arrivent à sortir
dans la rue pour tenter de faire réparer une injustice dont ils
estiment être victimes. C’est un peu une Algérie où rien ne
fonctionne normalement. «Pour le respect de la dignité de nos
parents», ont affirmé d’autres retraités approchés par La Tribune.
Le Soir d’Algérie
estime pour sa part que «les retraités gagnent leur pari». Mais
avaient-ils vraiment besoin d’investir la rue pour se faire
entendre ? Il en est de même pour les enseignants.
El Fadjr avance, dans
son édition du mercredi 11 octobre, que 80 lycées sur les 113 ont
répondu à l’appel du CLA et du Cnapest d’observer une journée de
protestation. Le quotidien rapporte que les enseignants menacent de
durcir le mouvement si les décisions de mutation ne sont pas revues.
Ce refus de se plier à
l’évidence est retrouvé aussi chez notre voisin marocain. Ce pays,
en s’obstinant à nier la légalité, a poussé la RASD dans ses
derniers retranchements. Le Jeune Indépendant du jeudi 12 octobre
rapporte les propos du président sahraoui qui a annoncé que «si le
Maroc ne révise pas sa position, nous reprendrons les armes». Pour
le moment ce sont les terroristes qui font parler les leurs.
Pourtant l’on insiste sur une hypothétique guerre nucléaire car la
Corée du Nord s’est dotée de cette arme. Et puis comme se plait à le
rappeler La Nouvelle République, «Washington ne peut rien contre
Pyongyang».
Nadia Kerraz
Haut
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