Semaine du 19 au 25 octobre 2005

 

L'éditorial : Par Abderrahmane Mahmoudi

La défaite annoncée du FLN

 

 
 
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La défaite annoncée du FLN

Tant que le président de la République n’aura pas pris  officiellement  position sur la question d’une éventuelle révision de la Constitution, il y a fort à craindre que le FLN fera tout ce qu’il pourra pour tenter de mettre l’Algérie au diapason de sa nouvelle diversion politique d’envergure. Après avoir perdu  ses habituelles armes de guerre et néanmoins juteux fonds de commerce idéologiques que sont la défense des fameuses « constantes de la Nation », l’ancien parti unique se retrouve en effet gravement démuni sur le plan politique. Plus d’anathème à jeter, plus d’arbitrage à assurer entre des extrémismes encouragés si ce n’est suscités, plus de hizb frança agité en épouvantail pendant  que comptes bancaires et progénitures prospèrent à Paris, plus de danger Kabyle, plus  de tentation panarabiste sur fond de baâthisme irakien, rien !  Ce qui ne signifie bien sûr pas que le FLN ne possède pas ou ne pourrait pas posséder de programme politique  au sens traditionnel du terme, mais il se trouve tout simplement que ce parti n’a jamais exercé le pouvoir sur la base d’un programme quel  qu’il soit  et ne songe pas encore  à le faire pour la bonne raison que son seul et unique  programme est l’accès à la rente.  Ne se situant, ni à gauche, ni à droite, mais dans un centre sans profondeur stratégique, les seules batailles qu’il sait livrer sont celles qui lui permettent d’y accéder et ensuite d’y rester, non pas pour le bien de la collectivité mais pour le sien propre. Et le chantier qu’il vient d’ouvrir, celui de la révision de la Constitution lui paraît pour l’instant le meilleur moyen de réaliser cet objectif stratégique entre tous, celui du contrôle du portail principal menant au contrôle et à la distribution de la rente. Tant sa seule participation au gouvernement lui semble insuffisante au regard de ce que peut lui rapporter comme dividendes à court et à moyen terme, le contrôle direct de la chefferie du gouvernement dans un contexte  où il détient tout de même la majorité dans la totalité des représentations électorales du pays. Une majorité qui, faut-il le préciser, n’a pu être obtenue que grâce aux manœuvres d’une administration soumise à un chef du gouvernement FLN, Ali Benflis en l’occurrence. Le challenge consistant pour Abdelaziz Belkhadem, à présent, à s’en tenir à un mot d’ordre qui permet d’unifier un parti gravement  divisé, tout en lui ouvrant des perspectives de redéploiement  assez sérieuses alors qu’il s’est trouvé totalement marginalisé sept années durant,  de 1992 à 1999.  C’est dire que le chantier dit de la révision constitutionnelle ne connaîtra pas d’arrêt de travail avant que le premier magistrat du pays ne tranche définitivement dans ce dossier. Or le FLN a été suffisamment malin, comme à son habitude,  pour tenter d’intéresser Abdelaziz Bouteflika à ce projet en lui faisant miroiter  la possibilité d’une suppression de l’article 74 qui l’empêche pour l’instant de briguer un troisième mandat présidentiel. Au FLN la chefferie du gouvernement, et à Bouteflika un troisième mandat, semble donc être le deal qui est proposé à ce dernier. Un deal qui ne recueille pourtant ni les faveurs du RND, pour des raisons faciles à comprendre, ni celles  de Nouredine Yazid Zerhouni, le ministre de l’intérieur, réputé pour être pourtant un membre influent du premier cercle présidentiel. Et c’est là évidemment que toute la partie se joue, tant il paraît incertain d’imaginer que Zehouni puisse s’exprimer sur un sujet aussi sensible  que celui de la révision  constitutionnelle,  sans l’assentiment tacite ou explicite du chef de l’Etat. En langage clair cela signifierait évidemment que ce dernier ne souhaite pas le moins du monde s’embarquer à nouveau sur le même rafiot pourri que le FLN lui a  déjà fait  prendre quelques mois avant  l’adoption de la charte pour la paix  et la réconciliation nationale, en s’avançant imprudemment sur le terrain de l’amnistie générale.  Tant les combats menés par l’ancien parti unique donnent depuis octobre 88, la nette impression d’être des combats perdus d’avance, même s’il n’hésite pas à recourir aux pires moyens pour tenter de les gagner.  Sauf que cette fois, le choix des moyens lui est compté et il ne lui reste plus que la tentative de proposition alléchante  à  Président pour  espérer réaliser son coup. Sans compter que même au sein du FLN des voix dissonantes commencent à se faire entendre pour indiquer que cette histoire de révision de la Constitution est du ressort exclusif  du Président de la République…

A. M.

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