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Egypte
Le test des
législatives
Après la
présidentielle en septembre, remportée par Hosni Moubarak, l’Egypte
entre en campagne pour les législatives. Nouveau test d’une
ouverture démocratique pour le pays arabe le plus peuplé, cette
élection se tiendra en trois phases, du 9 novembre au 7 décembre,
pour en assurer un meilleur contrôle judiciaire, selon les
autorités.
Sans attendre le
coup d’envoi officiel de la campagne, le 26 octobre, les candidats
ont déjà saisi l’opportunité du mois de ramadhan pour transformer en
banquets électoraux, les dîners collectifs de l’iftar, marquant la
rupture du jeûne.
Les politiciens
font dans la solidarité. Ils sponsorisent des « tables de charité »
dressées dans les quartiers pour les nécessiteux, offrant, ce qui
est plus efficace que des tracts, le couffin du ramadhan avec riz,
huile, gâteaux… et nom du donateur.
Le renouvellement
de l’Assemblée du peuple, actuellement monolithique , se fera dans
la foulée de la présidentielle qui, sans surprise, a offert le 7
septembre son cinquième mandat au président Hosni Moubarak, au
pouvoir depuis prés d’un quart de siècle.
C’est avec un
score officiel de 86,6%, mais un faible taux de participation de 22%
qu’il a gagné face, ce qui était la nouveauté de ce scrutin, à des
rivaux. Ayman Nour, un libéral est arrivé second avec 7,6% des
votes.
Cette première
présidentielle pluraliste a été émaillée d’irrégularités, selon les
ONG. Elle a été aussi marquée par une liberté de ton inédite en
Egypte depuis la fin de la monarchie et l’arrivée au pouvoir d’une
caste militaire.
Longtemps
marginalisée et réprimée, l’opposition veut profiter de ce
frémissement démocratique, dû aux pressions américaines, pour
élargir la brèche et se créer un vrai espace politique à l’occasion
des législatives. Mais l’enjeu est aussi crucial pour l’avenir dans
la mesure où, aux termes d’un amendement constitutionnel
controversé, seul un parti ayant obtenu au moins 5% des sièges
pourra présenter un candidat à la présidentielle de 2011.
Le dépôt des
candidatures a d’ores et déjà commencé. L’on s’attend à ce que
quelque deux mille candidats se disputent les 444 sièges élus de
l’Assemblée du peuple. Celle-ci compte au total 454 membres, mais
dix sont nommés par le chef de l’état. L’actuelle chambre issue des
élections de 2000 est contrôlée à 85% par le Parti National
Démocratique(PND) du président Moubarak, avec 402 sièges. Quatre
autres forces de gauche, islamiste ou libérale, étant réduites à
faire de la figuration.
Le PND, en
mutation depuis sa prise de contrôle par Gamal Moubarak, fils cadet
du président et son dauphin, présentera une dizaine de ministres, et
40% des candidats sont nouveaux, parmi lesquels des hommes
d’affaires.
Des candidats à la
candidature, écartés de la liste officielle, dont une centaine de
députés sortants, ont annoncé qu’ils allaient se présenter comme
« indépendants ». Déjà en 2000, les indépendants avaient obtenu plus
de sièges que les investis, avant de se rallier au groupe
majoritaire.
Dans le camp de
l’opposition, derrière l’unité de façade qu’elle cherche à afficher
à l’occasion des législatives, la lutte sera rude entre forces pour
imposer une prééminence face au parti au pouvoir.
Onze partis et
groupes ont formé début octobre un « Front National Uni pour le
changement » (FNUC) incluant les libéraux du néo-Wafd, les marxistes
de Tagammou, les Nassériens ou des islamistes « modérés » du parti
du travail. Ce front doit présenter 370 candidats, dont 200 du
Néo-Wafd, héritier du grand parti nationaliste sous la monarchie.
Tolérés mais officiellement interdits, les Frères musulmans ont
affirmé leur intention de confirmer par les urnes qu’ils étaient la
principale force d’opposition. S’étant présentés comme
« indépendants », ils avaient remporté 17 sièges en 2000. ils en
visent, sous la même étiquette qui ne trompe personne , une
soixantaine avec pour programme « l’islam est la solution ».
Ayman Nour,
toujours en procès pour « falsification de documents » entend, lui,
faire cavalier seul.
Haut
Syrie
Turbulences
Quelles que soient
les circonstances de son "suicide", Ghazi Kanaan emporte avec lui
bien des secrets sur la longue tutelle syrienne sur le Liban mais ce
décès ne permettra pas à Damas d'échapper longtemps aux pressions de
la communauté internationale, prédisent les observateurs. Le
ministre syrien de l'Intérieur, responsable de 1982 à 2002 des
puissants services de renseignement syriens au Liban, s’est
officiellement donné la mort dans un contexte particulier. Trois
semaines plus tôt, il avait été interrogé par les experts de l'Onu
chargés de l'enquête sur l'assassinat en février à Beyrouth de
l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Pour les
spécialistes de la Syrie, le régime de Bechar al Assad va
probablement être tenté de se servir de Kanaan comme d'un bouc
émissaire face aux accusations que ne devraient pas manquer de
porter les enquêteurs de l'Onu. Damas dément toute implication dans
cet attentat mais, de sources diplomatiques et politiques au Liban,
on s'attend à ce que le magistrat allemand Detlev Mehlis,
responsable de l'enquête de l'Onu, désigne nommément plusieurs
responsables syriens dans son rapport attendu le 21 octobre. "Même
si la Syrie est innocente à 100% dans la mort de Hariri, les
Américains et les Français vont utiliser l'enquête de l'Onu pour
maintenir la pression politique sur Damas", prévient Djihad al
Khazen, journaliste libanais installé à Londres. Face aux pressions
internationales consécutives à l'assassinat de Hariri, la Syrie a
retiré l'ensemble de ses forces de sécurité et de ses services de
renseignement du Liban. Dans une interview à CNN la semaine
dernière, Assad a répété que la Syrie n'était pas responsable de la
mort de Hariri. Si l'Onu conclut à l'implication de Syriens, ceux-ci
seront considérés comme des "traîtres" et seront traduits devant la
justice internationale ou syrienne, a-t-il toutefois ajouté. Pour
Volker Perthes, spécialiste allemand de la Syrie, la mort du
ministre syrien de l’intérieur paraît bel et bien liée à l'enquête
sur Hariri. "Je ne sais pas s'il s'est sacrifié de manière
volontaire ou non, mais cela pourrait fournir à Assad l'occasion de
se défausser, ainsi que sa famille, de toute responsabilité",
juge-t-il. Assad a placé un beau-frère, Assef Chaoukat, à la tête
des services de renseignement militaires et un frère, Maher Assad, à
la tête de la garde présidentielle. "Je pense que le régime syrien
se sent plus fort après la mort de Kanaan", remarque Rime Allaf.
D'après cette experte installée à Londres, si jamais l'Onu pointe du
doigt la Syrie, Damas pourrait alors dépeindre Kanaan comme le
coupable qui, n'ayant pas supporté la pression, a malheureusement
emporté ses secrets dans la tombe. Pour autant, la mort soudaine
de cette personnalité éminente du régime risque de provoquer des
remous en Syrie même, prévient Perthes. "Pour les Syriens, cela
rend encore plus évidente l'implication du régime dans l'assassinat
de Hariri. Ils savent également que personne n'a pu faire cela sans
que des proches du président soient impliqués", explique-t-il.
Perthes ne voit ainsi pas de ralentissement dans "l'autodestruction
progressive" du régime syrien. "Assad a perdu le soutien des
Saoudiens et des Egyptiens, ainsi que des Français", dit-il. "Les
Arabes lui apporteront peut-être un soutien rhétorique mais aucune
solidarité active à moins qu'il n'évolue réellement." Pour
l'opposant syrien Akssam Naise, qui a reçu le 12 octobre une
distinction des mains de Louise Arbour, Haut Commissaire de l'Onu
pour les droits de l'homme, "Kanaan était l'un des piliers (du
régime). Maintenant que cet élément a été éliminé, d'autres vont
suivre, soit par le biais de l'enquête de Mehlis soit parce que le
président sera obligé de les mettre de côté pour sauver sa propre
tête".
Haut
Les analystes
de la CIA pressés avant la guerre de trouver des liens entre Saddam
et Al-Qaïda, selon un rapport
Avant la guerre en
Irak, les analystes des services de renseignement américains ont dû
travailler sous les pressions de l'administration Bush pour tenter
de trouver des liens entre le régime de Saddam Hussein et Al-Qaïda,
selon un rapport de la CIA récemment
déclassifié.
Des pressions qui les ont incité à adopter "une approche
délibérément agressive" sur le sujet, révèle le rapport. Mais, ils
n'ont jamais pu établir de liens entre le régime irakien et le
réseau terroriste et sont restés convaincus qu'il n'existait "aucune
relation opérationnelle ou de collaboration, selon le rapport. Des
extraits de cette étude, intitulée "Renseignement et Analyse sur
l'Irak: questions pour la communauté du renseignement", ont été
rendus publics par les archives nationales de sécurité, un groupe
privé qui suit les questions du renseignement. L'administration Bush
n'a pas parlé de liens directs entre Saddam Hussein et Al-Qaïda,
mais souvent affirmé que l'intervention militaire en Irak en mars
2003 s'inscrivait dans la guerre contre le terrorisme entamé par les
attentats du 11 septembre 2001. Le rapport révèle aussi que la
Maison-Blanche s'est emparée à tort d'analyses erronées du
renseignement sur l'existence de supposées armes de destruction
massive en Irak, tout en ignorant les informations fiables sur les
données politiques et culturelles du pays. L'administration Bush n'a
"apparemment payé peu ou aucune attention" aux avertissements de la
CIA sur les risques d'instabilité dans l'Irak de l'après-guerre en
raison d'obstacles politiques et culturels", selon ce rapport.
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