Semaine du 19 au 25 octobre 2005

 

Egypte 

Le test des législatives

Syrie

Turbulences

Les analystes de la CIA pressés avant la guerre de trouver des liens entre Saddam et Al-Qaïda,  selon un rapport

 

 
 
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Egypte 

Le test des législatives

Après la présidentielle en septembre, remportée par Hosni Moubarak, l’Egypte entre en campagne pour les législatives. Nouveau test d’une ouverture démocratique pour le pays arabe le plus peuplé, cette élection se tiendra en trois phases, du 9 novembre au 7 décembre, pour en assurer un meilleur contrôle judiciaire, selon les autorités.

Sans attendre le coup d’envoi officiel de la campagne, le 26 octobre, les candidats ont déjà saisi l’opportunité du mois de ramadhan pour transformer en banquets électoraux, les dîners collectifs de l’iftar, marquant la rupture du jeûne.

Les politiciens font dans la solidarité. Ils  sponsorisent des « tables de charité » dressées dans les quartiers pour les nécessiteux, offrant, ce qui est plus efficace que des tracts, le couffin du ramadhan avec riz, huile, gâteaux… et nom du donateur.

Le renouvellement de l’Assemblée du peuple, actuellement monolithique , se fera dans la foulée de la présidentielle qui, sans surprise, a offert le 7 septembre son cinquième mandat au président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis prés d’un quart de siècle. 

C’est avec un score officiel de 86,6%, mais un faible taux de participation de 22% qu’il a gagné face, ce qui était la nouveauté de ce scrutin, à des rivaux. Ayman Nour, un libéral est arrivé second avec 7,6% des votes.

Cette première présidentielle pluraliste a été émaillée d’irrégularités, selon les ONG. Elle a été aussi marquée par une liberté de ton inédite en Egypte depuis la fin de la monarchie et l’arrivée au pouvoir d’une caste militaire.

Longtemps marginalisée et réprimée, l’opposition veut profiter de ce frémissement démocratique, dû aux pressions américaines, pour élargir la brèche et se créer un vrai espace politique à l’occasion des législatives. Mais l’enjeu est aussi crucial pour l’avenir dans la mesure où, aux termes d’un amendement constitutionnel controversé, seul un parti ayant obtenu au moins 5% des sièges pourra présenter un candidat à la présidentielle de 2011.

Le dépôt des candidatures a d’ores et déjà commencé. L’on s’attend à ce que quelque deux mille candidats se disputent les 444 sièges élus de l’Assemblée du peuple. Celle-ci compte au total 454 membres, mais dix sont nommés par le chef de l’état. L’actuelle chambre issue des élections de 2000 est contrôlée à 85% par le Parti National Démocratique(PND) du président Moubarak, avec 402 sièges. Quatre autres forces de gauche, islamiste ou libérale, étant réduites à faire de la figuration.

Le PND, en mutation depuis sa prise de contrôle par Gamal Moubarak, fils cadet du président et son dauphin, présentera une dizaine de ministres, et 40% des candidats sont nouveaux, parmi lesquels des hommes d’affaires.

Des candidats à la candidature, écartés de la liste officielle, dont une centaine de députés sortants, ont annoncé qu’ils allaient se présenter comme « indépendants ». Déjà en 2000, les indépendants avaient obtenu plus de sièges que les investis, avant de se rallier au groupe majoritaire.

Dans le camp de l’opposition, derrière l’unité de façade qu’elle cherche à afficher à l’occasion des législatives, la lutte sera rude entre forces pour imposer une prééminence face au parti au pouvoir.

Onze partis et groupes ont formé début octobre un « Front National Uni pour le changement » (FNUC) incluant les libéraux du néo-Wafd, les marxistes de Tagammou, les Nassériens ou des islamistes « modérés » du parti du travail. Ce front doit présenter 370 candidats, dont 200 du Néo-Wafd, héritier du grand parti nationaliste sous la monarchie. Tolérés mais officiellement interdits, les Frères musulmans ont affirmé leur intention de confirmer par les urnes qu’ils étaient la principale force d’opposition. S’étant présentés comme « indépendants », ils avaient remporté 17 sièges en 2000. ils en visent, sous la même étiquette qui ne trompe personne , une soixantaine avec pour programme « l’islam est la solution ».

Ayman Nour, toujours en procès pour « falsification de documents » entend, lui, faire cavalier seul.   

 

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  Syrie

Turbulences

Quelles que soient les circonstances de son "suicide", Ghazi Kanaan emporte avec lui bien des secrets sur la longue tutelle syrienne sur le Liban mais ce décès ne permettra pas à Damas d'échapper longtemps aux pressions de la communauté internationale, prédisent les observateurs. Le ministre syrien de l'Intérieur, responsable de 1982 à 2002 des puissants services de renseignement syriens au Liban, s’est officiellement donné la mort dans un contexte particulier. Trois semaines plus tôt, il avait été interrogé par les experts de l'Onu chargés de l'enquête sur l'assassinat en février à Beyrouth de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Pour les spécialistes de la Syrie, le régime de Bechar al Assad va probablement être tenté de se servir de Kanaan comme d'un bouc émissaire face aux accusations que ne devraient pas manquer de porter les enquêteurs de l'Onu.  Damas dément toute implication dans cet attentat mais, de sources diplomatiques et politiques au Liban, on s'attend à ce que le magistrat allemand Detlev Mehlis, responsable de l'enquête de l'Onu, désigne nommément plusieurs responsables syriens dans son rapport attendu le 21 octobre.  "Même si la Syrie est innocente à 100% dans la mort de Hariri, les Américains et les Français vont utiliser l'enquête de l'Onu pour maintenir la pression politique sur Damas", prévient Djihad al Khazen, journaliste libanais installé à Londres.  Face aux pressions internationales consécutives à l'assassinat de Hariri, la Syrie a retiré l'ensemble de ses forces de sécurité et de ses services de renseignement du Liban. Dans une interview à CNN la semaine dernière, Assad a répété que la Syrie n'était pas responsable de la mort de Hariri. Si l'Onu conclut à l'implication de Syriens, ceux-ci seront considérés comme des "traîtres" et seront traduits devant la justice internationale ou syrienne, a-t-il toutefois ajouté. Pour Volker Perthes, spécialiste allemand de la Syrie, la mort du ministre syrien de l’intérieur paraît bel et bien liée à l'enquête sur Hariri. "Je ne sais pas s'il s'est sacrifié de manière volontaire ou non, mais cela pourrait fournir à Assad l'occasion de se défausser, ainsi que sa famille, de toute responsabilité", juge-t-il. Assad a placé un beau-frère, Assef Chaoukat, à la tête des services de renseignement militaires et un frère, Maher Assad, à la tête de la garde présidentielle.   "Je pense que le régime syrien se sent plus fort après la mort de Kanaan", remarque Rime Allaf. D'après cette experte installée à Londres, si jamais l'Onu pointe du doigt la Syrie, Damas pourrait alors dépeindre Kanaan comme le coupable qui, n'ayant pas supporté la pression, a malheureusement emporté ses secrets dans la tombe.   Pour autant, la mort soudaine de cette personnalité éminente du régime risque de provoquer des remous en Syrie même, prévient Perthes.  "Pour les Syriens, cela rend encore plus évidente l'implication du régime dans l'assassinat de Hariri. Ils savent également que personne n'a pu faire cela sans que des proches du président soient impliqués", explique-t-il.   Perthes ne voit ainsi pas de ralentissement dans "l'autodestruction progressive" du régime syrien. "Assad a perdu le soutien des Saoudiens et des Egyptiens, ainsi que des Français", dit-il. "Les Arabes lui apporteront peut-être un soutien rhétorique mais aucune solidarité active à moins qu'il n'évolue réellement." Pour l'opposant syrien Akssam Naise, qui a reçu le 12 octobre une distinction des mains de Louise Arbour, Haut Commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme, "Kanaan était l'un des piliers (du régime). Maintenant que cet élément a été éliminé, d'autres vont suivre, soit par le biais de l'enquête de Mehlis soit parce que le président sera obligé de les mettre de côté pour sauver sa propre tête".

 

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Les analystes de la CIA pressés avant la guerre de trouver des liens entre Saddam et Al-Qaïda,  selon un rapport

Avant la guerre en Irak, les analystes des services de renseignement américains ont dû travailler sous les pressions de l'administration Bush pour tenter de trouver des liens entre le régime de Saddam Hussein et Al-Qaïda, selon un rapport de la CIA récemment déclassifié.                                                                Des pressions qui les ont incité à adopter "une approche délibérément agressive" sur le sujet, révèle le rapport. Mais, ils n'ont jamais pu établir de liens entre le régime irakien et le réseau terroriste et sont restés convaincus qu'il n'existait "aucune relation opérationnelle ou de collaboration, selon le rapport. Des extraits de cette étude, intitulée "Renseignement et Analyse sur l'Irak: questions pour la communauté du renseignement", ont été rendus publics par les archives nationales de sécurité, un groupe privé qui suit les questions du renseignement. L'administration Bush n'a pas parlé de liens directs entre Saddam Hussein et Al-Qaïda, mais souvent affirmé que l'intervention militaire en Irak en mars 2003 s'inscrivait dans la guerre contre le terrorisme entamé par les attentats du 11 septembre 2001.  Le rapport révèle aussi que la Maison-Blanche s'est emparée à tort d'analyses erronées du renseignement sur l'existence de supposées armes de destruction massive en Irak, tout en ignorant les informations fiables sur les données politiques et culturelles du pays. L'administration Bush n'a "apparemment payé peu ou aucune attention" aux avertissements de la CIA sur les risques d'instabilité dans l'Irak de l'après-guerre en raison d'obstacles politiques et culturels", selon ce rapport.


 

 

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