|
Accueil
Immigrés
clandestins ou réfugiés du désespoir ?
Des centaines
d’Africains, candidats à l’immigration clandestine qui prennent
d’assaut les enclaves espagnoles hyper sécurisées de Sebta et
Mellila et une gigantesque chasse à l’homme est déclenchée au Maroc.
Les barbelés et
les chiens, les gardes armés dans les guérites n’ont pas pu
dissuader les immigrés clandestins. Après un long périple notamment
dans le désert, les subsahariens candidats à l’immigration
clandestine en Europe auront vite fait de franchir la frontière
entre l’Europe et l’Afrique. Leur séjour marocain n’avait pour but
que cela, se retrouver en Europe même s’ils étaient géographiquement
encore en Afrique.
Il aura fallu la
dénonciation énergique des médias (essentiellement espagnoles) et de
quelques ONG humanitaires parties porter secours dans le désert à
ces immigrants chassés du nord et renvoyés d’où ils étaient venus
c’est à dire vers les frontières avec l’Algérie.
Certains périront
lors de l’assaut sur les enclaves espagnoles, d’autres de soif dans
le désert. La tragédie des immigrants subsahariens allait passer
pour un fait divers au même titre que les informations récurrentes
sur les naufrages des embarcations de fortunes qui les transportent
vers le paradis européen au large de Lampédusa ou de Gibraltar.
Candidat pour la
mort
Finalement
qu’elle différence s’ils meurent noyés, d’une balle dans le dos ou
bien de soif dans le désert. Le drame des immigrés clandestins a
même rappelé que dans cette région du monde se déroule le dernier
conflit de décolonisation dans le monde. Des militaires sahraouis du
Polisario ont recueillis sur quatre endroit du mur de sécurité sur
ce qu’on appelle les territoires libérés du Sahara Occidental, des
subsahariens perdus qui n’ont du leur salut qu’au passage des ces
patrouilles sahraouies.
Pour que l’on se
rende compte de l’ampleur du drame, il aura fallu que la presse et
les ONG s’y mettent sérieusement. Les politiques pour leur part ont
surtout eu un mal fou à expliquer l’ampleur démesuré et totalement
inhumaine de la riposte sécuritaire.
Le Maroc sommé de
s’expliquer a indiqué qu’il appliquait les règles du droit
internationale en la matière. Même s’il est vrai que depuis
Guantanamo, on piétine allègrement ces fameux principes du droit
international, mais dans le cas marocain, le droit international,
qui permet le renvoi des immigrés clandestins aux frontières, même
pris au pied de la lettre, ne permet certainement pas de laisser des
humains périr de soif ou de faim.
Le porte parole
du gouvernement marocain également ministre de la communication du
Royaume a préféré jeter la pierre à l’Algérie qui a aussi une part
de responsabilité dans le passage en masse des clandestins.
En Algérie une
source autorisée a expliqué à l’APS que l’Algérie était préoccupée
par ce qui se passait et soulignait la nécessité de l’implication
de la communauté internationale pour le règlement du problème. Si on
peut attendre effectivement un message de condoléance aux
clandestins morts de soif ou de faim de la part du Venezuela ou de
Cuba, il est clair que cette communauté internationale ainsi
désignée est avant tout l’Europe dont le désengagement en Afrique
est devenu criminel une fois que les populations désespérées ne
voyaient de salut que dans le mouvement de population en masse vers
l’Europe.
Probablement, que
nous sommes face au plus grand drame humanitaire du début du XXIeme
siècle que les explications et motifs classiques n’expliquent plus.
Il ne s’agit pas de la faim ou de la maladie, il ne s’agit pas non
plus de la guerre, mais d’une migration de masse du sud vers le nord
qui puise ses raisons dans le seul espoir de changer sa vie et son
avenir pour des milliers d’africains du Niger, du Mali, du Kenya, de
Guinée, du Togo, du Bourkina Faso. On trouve aussi parmi eux parfois
des Algériens, des Marocains ou des tunisiens, voire des Pakistanais
ou des indiens. En, fait l’Afrique est devenue une route de
migration comme l’a été l’Afghanistan comme l’ont été les pays de
l’Europe de l’est.
Il reste que le
fait de constater le drame ou même d’en mesurer aléatoirement
l’ampleur ne nous renseigne pas sur les attentes des candidats à
l’immigration clandestine. Si les derniers événements du Maroc vont
certainement réduire pour un temps le flux, il est certain que tant
que l’on ne s’attaquera pas aux causes profondes du mal, des
subsahariens continueront à mourir dans le eaux traîtresses du
détroit de Gibraltar, sur les barbelés de Ceuta ou déchiquetés par
les chiens sur les murs de grillage de Mellila.
Des Sangatte en
Afrique du Nord
La réponse
européenne tarde en tous les cas à venir. Juan Antonio Barosso,
commissaire européen, avait beau jeu dimanche passé en accueillant
Alpha Oumar Konaré Commissaire de l’Union Africaine à Bruxelle de
déclarer que la réponse sécuritaire n’est pas une solution. Faute de
pouvoir créer de l’espoir dans les pays de l’Afrique subsaharienne
livrés aux dictatures souvent bien accommodantes, la seule réponse
effective des européens a été la proposition Italo-Allemande de
créer des centres de triage en Afrique du Nord et même plus loin en
Afrique subsaharienne permettant une sélection avant refoulement de
la casse humaine qui ne serait pas utile à l’Europe. Le sous entendu
le plus grave était que les camps érigés dans des pays non
signataires de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés
permettrait une élasticité dans le traitement des cas de réfugiés.
C'est-à-dire moins d’intérêt dans le traitement des immigrants et
leurs conditions de vies dans ces camps.
On ne sait pas
qui fera le tri, mais la proposition Italo Allemande, soutenue en
2004 par le commissaire européen à la Justice, liberté et sécurité,
Rocco Buttiglione permettait effectivement de mettre les demandeurs
d’asile loin des gardes cotes italiens et espagnoles alors que l’on
assistait de manière récurrente aux arrivées massives d’immigrants
repêchés par la marine italienne au large de l’île de Lampédusa.
Bien entendu
l’idée de camps de tri ou de centre de triage avait suscité l’ire
des organisations de défenses des droits de l’homme notamment la
FIDH. Mais on constante aujourd’hui qu’il ne s’agit plus seulement
de désespérés qui prennent un esquif pour le paradis, mais de prise
d’assaut de l’Europe au travers de ce qui la représente même en
terre africaine. Faut il imaginer bientôt des scénarios pire
encore ? Des prises d’assaut de consulats ou d’ambassades, voire
d’entreprises ou de fondations ?
En fait lorsque
les marocains demande aux Algériens de prendre leurs
responsabilités, ils n’ignorent pas que ces deux pays accueillent
bien plus qu’ils ne peuvent le faire (voir les chiffres du désespoir
en encadré). Le ministre de l’intérieur marocain lors de son
intervention devant les ministres de l’intérieur du 5+5 (les cinq
pays de la rive sud de la méditerranée et les cinq pays de la rive
nord appel aussi CIMO) a bien demandé une «aide urgente et
substantielle» pour les pays émetteurs des immigrés illégaux. Il a
appelé à la mise en place d’un «plan Marshal au bénéfice notamment
des pays de l¹Afrique subsaharienne». Mais de quoi seront faites ces
aides ? Faut il compter sur le Nepad pour voir les économies
revivifiées et le bien être social s’installer ? Depuis le début du
drame du Maroc, on n’a entendu personne évoquer ce projet. Pour
l’instant seule la solution policière est mise en avant. le ministre
de l’intérieur marocain a indiqué qu’en «bouclant la frontière nord»
du pays les tentatives de pénétration ont baissé de 25 % en 2004 et
de 38 % en 2005.
Il reste que la
réponse policière n’a fait aussi que rendre le drame encore plus
insupportable.
Amine Esseghir
Les flux
migratoire sont toujours en hausse En Algérie. Les affaires
traitées par la gendarmerie nationale sont au nombre de 234 affaires
pour le seul mois de juillet 2005. dans les premiers six mois de
l’année 2005, 3234 affaires ont été traitées (en 2004, 6217
personnes ont été arrêtées). Les arrestations ont aboutis à 815
arrêts d’emprisonnements, 175 la libérations et 2244 refoulements.
Il faut bien constater qu’il s’agit des personnes arrêtées, on
ignore en fait le nombre réel de personne qui sont passées entre les
mailles du filet.
L’Algérie porte
d’accès de l’Europe a vu l’immigration clandestine se développer
avec des phénomènes périphériques qui ne permettent même plus
l’intégration des clandestins en Algérie faute de mieux. Les
immigrés subsahariens qui ont pour objectifs l’Europe ont peu de
scrupules si leurs moyens de subsistance venaient à se réduire. En
plus de fournir une main d’oeuvre bon marché pour le travail au noir
ils sombrent aussi dans la délinquance pour se trouver des solutions
d’urgence (larcins, prostitution). Le plus important pour eux étant
de quitter au pus vite l’Algérie dans le même temps, leur
implication dans des délits même mineur réduit considérablement leur
chances de trouver une solution à leur séjour illégale en Algérie
hors des tribunaux.
A. E.
Haut
49 milliards de
dollars de réserves de change
Le paradoxe de
la cagnotte endettée
Sur le plateau de
la télévision nationale, le chef du gouvernement reprenait récemment
le thème du tapage fait sur les réserves de change pour s’étonner
que certains parlent de cagnotte et revendiquent leur utilisation
pour le développement du pays, ce qui, selon lui, n’est pas du tout
l’objet des réserves cumulées.
Les réserves
officielles de change de l'Algérie ont atteint un nouveau record
historique à environ 49 milliards de dollars, comme annoncé par le
ministre de Finances. Elles se chiffraient à 46 milliards de dollars
au 31 mai dernier contre 43,1 milliards de dollars à fin 2004 et
32,9 milliards de dollars en 2003. La flambée des cours
internationaux du pétrole depuis près de deux ans est à l'origine de
ces sommes records, qui représentent environ deux années et demi
d'importations au rythme actuel. Pour la comparaison, en conséquence
du contre choc de 1998 qui a vu le baril dégringoler à 15 dollars le
baril, les réserves de change de l'Algérie étaient à leurs plus bas
niveaux en 1999 avec 4,4 milliards de dollars. A priori, ces
amélioration de l’indicateur réserves de change devraient être
perçues comme de bonnes nouvelles pour les Algériens, mais il semble
que ce n’est pas du tout le cas. On peut même aller jusqu’à dire que
chaque annonce faite par le gouvernement visant témoigner de la
bonne santé du pays et, en fait, de la bonne gouvernance de ses
dirigeants, se révèle rapidement être une arme à double tranchant.
La disposition d’un tel matelas de devise est, en effet, rassurant
pour les fournisseurs de l’Algérie qui s’appuient sur les
estimations faites par les institutions multilatérales et grands
organismes d’assurance à l’export avant de prendre leurs
engagements. Mais cela a le malheureux effet d’accroître le niveau
des importations, qui, elles aussi, ont connu un pic historique en
2004 avec un volume de 18 milliards de dollars et une progression
parallèle de la facture alimentaire de près de 30% ! S’il est
question d’évaluer la gestion des échanges commerciaux, il est clair
que cette dernière se résume en une seule équation : plus l’Algérie
en a les moyens, et plus elle importe. La conjoncture pétrolière
aidant, le pays continue en même temps d’être un bon épargnant. Si
Ahmed Ouyahia affirme qu’il est impossible de recourir à cette
«cagnotte» pour satisfaire les besoins sociaux -minimisés jusqu’à
l’impossible par un certain Djamel Ould Abbès-, il le fait en se
basant sur le fait que ce n’est point l’objet des réserves de change
que d’être dépensés, vu qu’elles sont là pour garantir la
solvabilité du pays et donc de soutenir la balance des paiements.
Cependant, avec un baril à 60 dollars (qui dans le pire des cas sur
le moyen terme ne saurait baisser en dessous des 30 dollars) et des
contrats de livraison de pétrole et de gaz allant sur 20 à 30 ans,
sans compter les nouvelles explorations entrées en exploitation, on
se demande si les craintes du chef du gouvernement sont à ce point
justifiées, lorsque l’on sait que les réserves en question couvent
jusqu’à 36 mois d’importation. Difficile d’avoir des réponses
claires sur le sujet, du moment qu’aucun débat sur la question n’a
été entamé. Même au niveau de nos députés, qui ont peut-être
d’autres priorités, les différentes communications du ministre des
Finances ou du gouverneur de la Banque d’Algérie ne les inspirent
pas à demander le détail de ces réserves de change, ne serait-ce que
pour savoir si leur gestion est adéquate en termes de placements
auprès des places financières étrangères.
Du reste, le
spectre d’un choc extérieur étant loin devant, il est fortement
recommandé d’utiliser les réserves de change. Il ne sert à rien de
garder sans but 49 milliards de dollars, autant d’argent qu’on ne
fructifie pas. Le taux de chômage étant ce qu’il est, il faudrait
assurément utiliser ces ressources, mais de manière intelligente.
L’une des priorités à laquelle appellent les experts a trait à la
réforme du secteur financier, vu que l’économie n’est pas encore
dotée d’instruments appropriés. Il est clairement établi
présentement que les programmes se basant sur des banques
commerciales qui ne sont pas spécialisées dans l’investissement ont
échoué, car ce n’est pas la vocation des banques. Il faut, par
exemple, créer des fonds d’investissements, des sociétés de capital
risque, des fonds de placement, des sociétés de leasing, des SICAV,
qui sont la base de l’investissement. Une réforme qui, soit dit au
passage, reste la plus urgente parmi toutes, bien plus encore que
celle que l’on s’est empressé de faire subir au secteur des
hydrocarbures, même s’il faut souligner que c’est d’une partie
quasi-insignifiante de la «cagnotte» dont nous parlons. En sus de
l’argument lié à la balance de paiement et de la conjoncture
pétrolière, un autre élément plaide en faveur d’une gestion prudente
des réserves de changes. Il est en relation avec la parité du dinar
face au dollar (le gros de exportations) et à l’euro (la majorité
des importations). Dans le cadre du régime de flottement dirigé du
taux de change, la Banque d'Algérie a été amenée à intervenir sur le
marché interbancaire des changes avec une offre de devises
potentielle nettement consolidée et une demande en relative
stabilisation au cours des trois années écoulées. Les fondamentaux
pour l'équilibre du marché interbancaire des changes sont donc
demeuré bons, malgré les mouvements forts sur les marchés de change
internationaux et en particulier le renchérissement fort de l'euro
par rapport au dollar et aux autres devises.
Au-delà de ces
exigences concrètes, la politique économique dans son ensemble se
traduit par une forte propension à l’épargne. Elle est autrement
motivée par le chef du gouvernement dans son interview au Point,
lorsqu’il explique : «notre premier souci est de ne pas nous
endetter». Mais comment gère-t-on la dette extérieure ? D’année en
année, il est annoncé que son encours est en baisse continue et
qu’aujourd’hui, elle demeure contenue à un niveau parfaitement
soutenable. En effet, un recul significatif du ratio de service
dette à 17,7 % en 2003 contre 21 % en 2002 et 47,7 % en 1998. Et
alors que l’on fait accroire aux Algériens que les privations sont
en grande partie due à l’endettement, on passe allègrement sous
silence l’augmentation de l'encours de la dette extérieure à moyen
et long terme, passée à 23,2 milliards de dollars à fin 2003, après
une stabilisation à 22,5 milliards de dollars en 2002. Selon un
rapport de la Banque d’Algérie, «cette augmentation est due à
l'effet valorisation inhérent à la dépréciation du dollar par
rapport principalement à l'euro et à la mobilisation d'emprunts
contractés par des entreprises à capitaux étrangers et non garantis
par l'Etat ». Pas un mot sur les engagements de Sonatrach, par
exemple, auprès des banques américaines et japonaises, ni sur les
conséquences de cette augmentation de la dette sur son service, ni
encore sur les projections annulées qui prévoyaient le passage de
l’encours de la dette loin sous la barre des 20 milliards en 2005.
Un objectif non encore atteint en dépit du remboursement par
anticipation d’un montant de 1,2 milliard de dollars qui maintient
le ratio dette par rapport au
PIB à 25%.
Dans ce contexte
marqué par l’étranger paradoxe de la cagnotte endettée, avec des
réserves historiques en devises non utilisées et une dette qui n’est
plus la priorité de l’Exécutif mais dont le rythme de remboursement
se ralentit, il n’en faut pas plus pour constater l’immobilisme dans
lequel patauge l’Exécutif qui n’arrive toujours pas à aller au-delà
de la stabilité du cadre macro-économique. Un acquis chèrement payé,
certes, mais sur lequel le gouvernement peine à relancer le
développement économique. Hamid Temmar l’avouait sans peine il y a
quelques années : nous avons du pétrole, mais pas d’idées.
Pathétique.
Nabil Benali
Haut
Devant la
menace de pandémie de grippe aviaire
Le flegme « so
British » de l’Algérie
Une pandémie de
grippe aviaire « pourrait faire jusqu'à 150 millions de morts »,
selon le Dr. David Nabarro, expert de santé publique à l’OMS et
coordinateur de l’ONU pour la lutte contre cette maladie infectieuse
craignant que les récents cas de grippe aviaire causée par le virus
H5N1 chez des poulets soient susceptibles de se transmettre à
l’homme. Bien avant cette déclaration, plusieurs pays de la planète
semblent avoir pris des mesures sérieuses pour se préparer à une
telle éventualité. En Algérie, on s’est seulement contenté de
déclarer à tous ceux qui veulent bien le croire que le pays s’est
doté d’un « plan national de lutte » contre la grippe aviaire, sans
toutefois que cela apparaisse sur le terrain. Et pour preuve, les
vétérinaires, principaux concernés par le plan de lutte, affirment
n’être pas prêts pour affronter ce risque. Ceci au moment où des
Pays comme les Etats-Unis, la France et d’autres pays d’Europe se
préparent comme en se prépare, depuis plusieurs mois déjà, à une
bataille quasi militaire.
A ce jour,
l’épizootie de grippe aviaire a été à l’origine de la mort de près
de 200 millions de volailles, de 116 cas de grippe entre 2003 et à
la fin septembre 2005 dont 60 décès enregistrés au Vietnam, en
Thaïlande, au Cambodge et en Indonésie. Le faible effectif d’êtres
humains atteint de grippe aviaire, en comparaison avec les dizaines
de millions de volailles infectés, montre que le virus ne se
transmet pas facilement vers l’homme. Néanmoins, la crainte subsiste
d’une mutation du virus H5N1 pour qu’il se transmette à l’homme et
créé les condition de développement une pandémie de grippe aviaire.
Mais, devant cette
incertitude, la politique la plus sûre reste la prévention par la
mise en place d’un plan de veille afin de détecter, dès son
apparition, tout cas de volaille atteint du virus influenza aviaire.
C’est de principe qui est appliqué dans les pays qui sont en état
d’alerte.
« On peut dire que
l'ampleur de la mortalité (causée par une éventuelle pandémie)
pourrait se situer entre 5 et 150 millions. J'estime que cela
dépendra du travail que nous effectuerons dans les prochains mois
sur la prévention et la préparation », a déclaré M. Nabarro.
Indiquant que l’ONU et les gouvernements se doivent de travailler
« avec les élevages de volaille et avec les communautés qui vivent
au contact de volailles, particulièrement en Asie, pour tenter de
mettre de la distance entre humains et volatiles ». Précisant aussi
la nécessité d’accorder une attention particulière à la migration
d'oiseaux sauvages, étant donné que le virus de la grippe aviaire
« a été détecté chez des oies sauvages, des canards et autres
migrateurs ».
Le plan algérien
de « lutte la menace de pandémie de grippe aviaire » comporte, selon
l’énoncé qui a été fait le 10 octobre dernier par le ministère de la
Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière (MSPRH), deux
phases. Une étape pré-pandémique afin de « réduire le risque
d’émergence d’un virus pandémique », et une autre phase pandémique
durant laquelle il s’agira de « réduire la morbidité, la mortalité
et la désorganisation sociale ».
Selon ce qui a été
présenté aux journalistes, les seules mesures prises sont
l’interdiction, par le ministère de l’Agriculture, de l’importation
de volailles à partir des pays touchés par la grippe aviaire, et la
constitution d’un stock stratégique d’anti-viraux par le ministère
de la Santé. Aucune autre mesure n’a été annoncée à ce jour.
Cependant, il faut
savoir que constituer des stocks de médicaments antiviraux n’est pas
la seule réponse que doit avoir un gouvernement. En effet, il
s’avère, selon une étude rendue publique à la fin de la semaine
précédente par la revue scientifique britannique Nature, qu’une
souche du virus H5N1 résiste au Tamiflu, le principal médicament
antiviral stocké à travers le monde en prévision d'une éventuelle
pandémie de grippe humaine, selon l’AFP.
Cette souche a été
isolée, en février 2005, chez une adolescente de 14 ans au Vietnam,
qu’on soupçonne d’avoir été contaminée « par son frère et non pas
par des oiseaux infectés ».
L’étude montre que
cette souche particulière du virus H5N1 a subi « une mutation la
rendant résistante à l'oseltamivir, commercialisé sous le nom de
Tamiflu par la firme suisse Roche ».
L’AFP affirme que
« des essais en laboratoire sur des animaux ont cependant montré que
ce virus était sensible à un autre antiviral, le zanamivir
commercialisé sous le nom de Relenza par GlaxoSmithKline ».
Bien que leurs
résultats soient fondés sur un virus retrouvé chez un seul patient,
les chercheurs suggèrent « qu'il pourrait être utile de stocker du
zanamivir tout comme de l'oseltamivir face à l'éventualité d'une
pandémie provoquée par le virus H5N1 ».
Il faut savoir que
ce rush vers les anti-viraux est aussi une affaire de gros sou. Les
laboratoires Roche, producteur du Tamiflu depuis 1999, devrait,
selon l’AFP, « réaliser en 2005 un chiffre d'affaires d'environ 1
milliard FS (660 M d'euros) avec cet antiviral, qui fera ainsi
partie des "blockbusters" (médicaments réalisant les meilleures
ventes) ». Le groupe suisse a indiqué à ce propos que sa production
« serait d'ici 2006 8 à 10 fois plus importante qu'en 2003 ».
Ainsi, en France,
les 50 millions de doses de Tamiflu commandées pourraient s'avérer
inefficaces contre une pandémie de grippe aviaire dans le cas où
cette résistance se confirme. L’Australie a stocké quatre millions
de doses de Tamiflu. La Finlande compte libérer 21 millions de
dollars pour commander 5,2 millions de doses d'un vaccin contre le
virus mortel de la grippe aviaire.
Autre mesure prise
par la France c’est « d'acquérir, d'ici début 2006, environ 200
millions de masques de protection individuelle, et de se doter au
plus vite d'une capacité nationale de production de tels masques ».
Sur le plan
médiatique, les pays européens, certains pays arabes, comme le
Maroc, et les Etats-Unis où la réaction à propos du risque de
pandémie de grippe aviaire a été enregistrée au plus haut niveau, le
volet communication, à l’attention du grand public pour expliquer
les mesures de précaution à prendre surtout lorsqu’il s’agit
d’oiseaux sauvages, mais aussi à destination des intervenants dans
la filière avicole, n’a pas été négligé.
Chez nous, la
communication se fait au compte-goutte. Presque rien sur les médias
lourds. Le ministre de la Santé ne veut même pas donner les chiffres
relatifs aux quantités d’antiviraux achetés ou commandés, ni le coût
engendré. Par ailleurs, lorsque le ministre de l’Agriculture affirme
que « toutes les mesures ont été prises » pour surveiller les
oiseaux migrateurs, il devrait entendre les complaintes des
principaux concernés (les vétérinaires) qui, eux, se disent démunis
de tous moyens de protection et autres outils nécessaires, et
affirment ne pas être en mesure de mener convenablement la mission
qui leur est attribuée. Et qu’il n’accepteraient, d’ailleurs, de
risquer leurs vies en y allant à mains nues.
Réelle ou non, la
menace de pandémie de la grippe aviaire devrait être l’occasion pour
tester les capacités algériennes à réagir en cas de crise de ce
genre. Pour le moment, le teste ne semble pas concluant !
Abdelkader
Djalil
Haut
Prévention des
catastrophes naturelles
L’éternel
recommencement
Dès les premières
pluies, rues et ruelles d'Alger se transforment instantanément en
bourbiers qu'il est illusoire de vouloir traverser. Egouts et
canalisations bouchés transforment le paysage quotidien en un
véritable chaos. A qui incombe la responsabilité de cet état de
choses ? A chaque fois cette situation se renouvelle, une question
se pose : sommes-nous capables de prévenir et de gérer de plus
grands risques ?
En effet, les
premières pluies sont une vraie hantise, chez nous. La hantise
d'affronter les bourbiers et les flaques d'eau qui ne manquent
jamais d'émailler le décor de nos rues. Aussi bien piétons
qu'automobilistes, tous se plaignent de cette situation qui se
renouvelle chaque année et qui incombe tout le monde. Pourtant, la
cause en est toute simple. Egouts et canalisations, obstrués par la
poussière de l'été, les feuilles des arbres et autres ordures, ne
laissent pas les eaux de pluie couler normalement. Et c'est
inévitablement les flaques qui voient le jour, au grand dam des
passants qui se voient obligés de construire des passerelles de
fortune pour pouvoir passer.
Cette situation
qui se répète est le résultat de la négligence des services
d'hygiène de chaque APC qui, normalement, devraient entamer le
nettoyage des égouts dès la fin de l'été et veiller régulièrement à
ce que rien ne les obstrue. Mais rien ne se fait à temps et c'est
après coup que les agents de la voierie entreprennent les opérations
de nettoyage.
Une question
s'impose : si nous sommes incapables de prévenir ce risque — les
inondations de Bab El-Oued ont prouvé que le côté négligence est
pour beaucoup dans l'ampleur de la catastrophe — pourrions-nous
affronter tous les risques, tremblements de terre, sécheresse,
inondations, nuées de criquets pèlerins… dont notre pays est
désormais coutumier, avec toute la sérénité nécessaire ?
Il faut croire
qu’après le séisme du 21 mai 2003, la nécessité d’élaborer des
textes qui touchent à la prévention des risques majeurs a enfin pris
corps. Le séisme qui a ébranlé Chlef en 1980 a, pour sa part, incité
les pouvoirs publics à revoir les normes de construction et
l'organisation des secours. Mais tout ceci a été vite oublié une
fois le danger passé et il aura fallu un autre séisme, presqu’aussi
important, pour que les pouvoirs publics prennent enfin conscience
qu'il est impératif de s'organiser pour affronter, avec le moins de
dégâts possible, tous ces risques.
Pour toutes ces
raisons, le ministre de l'Aménagement du territoire, Cherif Rahmani,
a proposé en 2004 une loi relative à la prévention des risques
majeurs et la gestion des catastrophes dans le cadre d'un
développement durable. Ce texte de loi, étudié puis adopté par le
Conseil de la nation, propose d'améliorer les textes législatifs et
organisationnels en fonction des nouveautés qui interviennent. Il
propose aussi que la nouvelle stratégie comporte désormais deux
volets, à savoir la prévention des risques majeurs et la gestion des
catastrophes.
Pour arriver à
cela, il est nécessaire de promouvoir l'information et généraliser
la formation dans les institutions scolaires. Il faudrait que nos
enfants soient, dès leur plus jeune âge, informés de tous les
risques que notre pays peut encourir et qu'ils étudient ces sujets
avec l'appui d'outils modernes et scientifiques. C'est la meilleure
façon de les préparer à vivre ces dangers, loin des croyances
populaires qui leur donnent d'autres dimensions.
Il est aussi très
important d'étudier tous les risques et de préparer déjà des plans
d'intervention et de prévention et de créer des plans de secours.
Ce texte de loi
vise aussi à instaurer chez les citoyens une autre culture, celle de
les obliger à assurer leurs biens, maisons, usines… contre les
catastrophes naturelles. Une culture jusque-là inexistante.
Les risques
industriels ne sont pas en reste puisque ce texte oblige les
institutions industrielles à étudier les risques possibles, à penser
à tous les moyens de prévention et d'intervention possible et à
essayer de limiter les risques de pollution. Ces institutions sont
toutes obligées d'élaborer des plans de secours et d'intervention
d'urgence.
Le texte prévoit
aussi le phénomène de la désertification, qui n'est plus une menace
uniquement pour la région des hauts plateaux, mais constitue
désormais un danger pour les régions du Nord, surtout côtières, qui
voient leurs superficies se dégrader. Le risque pour l'agriculture
est des plus grands et la nécessité d'instaurer un plan national
pour la préservation des sols doit constituer l'une des plus
importantes préoccupations des pouvoirs publics.
Le département de
Chérif Rahmani prévoit aussi une autre politique en matière
d'aménagement du territoire, et ce, pour essayer de diminuer la
concentration des habitations dans les régions côtières, au nord du
pays, qui présentent désormais de grands risques, et orienter les
populations vers les hauts plateaux et le sud du pays, où les périls
sont moins importants.
Mais qui dit
déconcentrer le Nord doit mettre en compte que l'aménagement des
hauts plateaux et du Sud, doit faire de sorte à ce que les gens du
Nord, habitués tout de même à certaines commodités, soient
réellement intéressés par un départ vers ces régions qu'ils ne
connaissent pas. Car il ne sert absolument à rien de dire haut et
fort que le Nord de l'Algérie est une région à risque sismique
qu'il faut essayer de déconcentrer si, en parallèle, rien n'est fait
dans les régions qu'on dit plus sécurisées et moins menacées par ce
risque.
Pour toutes ces
raisons et tous ces risques, le ministère de l'Environnement et de
l'Aménagement du territoire, à travers son texte de loi, propose la
création d'une délégation nationale des risques majeurs qui serait
sous l'égide du chef du gouvernement. C’est aussi pour cela que
l'article 15 de cette loi stipule que si le danger est inévitable et
qu'il peut survenir à n'importe quel moment, cela n'empêche pas
qu'il est impératif d'élaborer un plan de gestion des interventions
d'urgence avec tout ce qu'il exige comme provisions et outils
d'intervention, et améliorer ces plans tous les cinq ans en y
introduisant à chaque fois les nouvelles technologies. Ceci
permettrait de faire face aux risques naturels qui ne doivent pas
forcément se transformer en catastrophes naturelles.
Plusieurs secteurs
doivent prendre part à cette stratégie, à savoir les collectivités
locales, le ministère de la Santé, la Protection civile, les ONG, le
ministère de la Solidarité nationale… pour une meilleure prise en
charge des victimes.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Economie
politique
Entretien avec
Mustapha Mekkidèche (1ere et 2eme partie)
M. Mekkidèche est
vice-président du Conseil national économique et social. Il
s’exprime ici à titre personnel.
Les Débats :
Pendant longtemps il a été dit et répété que la principale entrave
au décollage économique du pays -c’est là, bien entendu, une
observation qui vaut pour tous les pays en développement-, c’est
l’insuffisance des capitaux. D’où, au moins pour partie, le recours
à l’endettement. Aujourd’hui les capitaux existent, et pourtant il
n’y a toujours pas de croissance forte et durable. Si d’aventure il
y en a une, elle ne s’affranchit pas des déterminants ordinaires que
sont le prix des hydrocarbures et la pluviométrie. N’est-ce pas la
preuve que les capitaux ne sont pas suffisants pour assurer la
croissance, qu’on ne peut se passer d’une perspective et des
projets ?
Mustapha
Mekkidèche : Je suis tout à fait d’accord quand vous dites que les
capitaux ne sont pas suffisants et qu’il faut une perspective, une
vision, en fait un projet économique. Je serai en revanche plus
nuancé par rapport aux éléments d’analyse qui sous-tendent votre
question. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans une situation de
transition complexe. En effet, nous sortons d’un ajustement dû à une
crise financière qui avait démarré, comme vous le savez, en 1986,
qui a montré que le pays ne pouvait pas continuer à fonctionner avec
un secteur public, industriel en particulier, déficitaire,
continuellement porté par la rente pétrolière. Les réformes qui
avaient été opérées pour remédier à cette situation ont donné des
résultats positifs. On ne peut ne pas le noter. Première
constatation -en contradiction avec ce que vous dites- il y a bien
eu retour à la croissance. Depuis plusieurs années, la croissance ne
se dément pas. Elle a été supérieure à 5% en 2004, et probablement
en 2005 également, après avoir atteint 6% en 2003. Ce n’est
peut-être pas la pérennité de la croissance, mais une dynamique
positive qui se maintient. De toute façon, avec une croissance de
cet ordre, le plus difficile, c’est de la reconduire sur le long
terme. A quoi est-elle due ? D’après vous, elle serait imputable à
une bonne pluviométrie et à une bonne conjoncture pétrolière. Je
vous répondrai que la croissance en 2004 et même en 2005 n’a pas été
tirée par l’agriculture, ni non plus par le secteur des
hydrocarbures, même s’il est vrai que ce sont de façon indirecte la
bonne tenue des produits pétroliers et les capacités financières qui
en ont résulté qui ont effectivement permis à d’autres secteurs de
jouer le rôle de locomotive. Il s’agit essentiellement du BTPH et
des services. Le problème, c’est de savoir si la croissance de ces
deux secteurs est en soi une bonne chose. Toujours est-il que
l’économie a renoué avec la croissance, avec pour nouveauté le fait
qu’elle n’est plus une conséquence directe de celle des deux
secteurs que sont les hydrocarbures et l’agriculture, étant donné
que deux secteurs nouveaux, dont la particularité est de générer
beaucoup d’emplois, ont pris le relais. Certes, leur financement est
en partie dû à l’intervention de l’Etat, que ce soit dans le cadre
du plan de soutien à la relance ou dans le cadre de l’application
du prochain plan de consolidation de la croissance. Néanmoins, et
sur ce point je suis prêt à vous faire une concession, il y a un
sujet de préoccupation, c’est la désindustrialisation du pays. Le
secteur public industriel connaît une stagnation depuis maintenant
une dizaine d’années, faisant suite de surcroît à une longue
récession. .Les ajustements mis en œuvre n’ont pas permis, disons
une recomposition du tissu industriel. Des partenaires sociaux, des
observateurs de l’économie algérienne ont expliqué cette donnée par
l’absence de politique industrielle, tandis que d’autres l’ont
attribuée à une ouverture brutale qui aurait eu pour premier effet
de détruire une partie des capacités existantes. J’aurai tendance à
penser que l’explication est double. Le mal réside d’une part dans
le manque de cohérence de l’action menée par des cadres de l’Etat,
et de l’autre dans le mauvais fonctionnement du marché. Quoi qu’il
en soit, la nécessité se fait sentir d’élaborer une stratégie
lisible permettant à l’industrie d’apporter sa part de croissance.
C’est là un enjeu important.
Les débats :
S’agissant de la réflexion sur ce thème, peut- on estimer
aujourd’hui qu’elle est déjà assez avancée, ou au contraire ne
serait-elle qu’à ses débuts ?
M. Mekkidèche : Je
crois pour ma part qu’il y a là une réflexion à mener en profondeur,
pas seulement d’ailleurs sur les causes de la désindustrialisation,
étant donné qu’on ne peut pas faire l’économie de cette analyse…
Les débats :
Mais cette désindustrialisation ne se ramène-t-elle donc pas au
désengagement de l’Etat ?
M. Mekkidèche :
Non. Car le désengagement ne peut être tenu pour la seule cause.
Parce que la désindustrialisation a concerné aussi bien le secteur
public que le secteur privé.
Les Débats : Il
n’empêche, la désindustrialisation est un phénomène qui concerne en
premier lieu le secteur public. Sauf que le recul enregistré par ce
dernier n’a pas été compensé par une avancée du secteur privé.
M. Mekkidèche :
Effectivement, les parts de marché perdus par le secteur public ont
été rattrapé en partie, mais en partie seulement, par le secteur
privé. Force est de reconnaître qu’on n’a pas assisté dans le même
temps à l’émergence d’un secteur privé industriel performant
susceptible notamment d’exporter, car cette aptitude à exporter est
du moins un critère d’évaluation simple de la performance. En dehors
de certains segments, qui sont finalement largement soutenus, je
pense notamment aux minoteries qui jouissent de protections
tarifaires importantes, le secteur privé ne s’est guère affirmé. Ce
qui est en effet préoccupant, c’est que le recul du secteur public
industriel n’apparaît pas comme un espace concédé devant la montée
d’un secteur privé énergique. Et ce recul n’a pas non plus donné
lieu à des investissements étrangers dans ce domaine. D’où la
nécessité de découvrir les raisons de cette désindustrialisation
globale, de s’expliquer aussi bien pourquoi le secteur public en est
affecté que pourquoi le secteur privé a été incapable de prendre la
relève. Ces trois aspects devraient avoir en économie de marché une
réponse tout aussi globale.
La question se
pose de savoir si à l’origine du phénomène, il n’y a pas un manque
de conception, une absence de modèle. Il faut en effet se rappeler
que le secteur industriel algérien a obéi au moment de sa mise en
place à un modèle autarcique, c’est-à-dire qu’il était
essentiellement orienté vers la satisfaction des besoins nationaux
et qu’il jouissaitt de la protection de l’Etat. Or, cette situation
n’est plus de mise. Avec la loi sur la monnaie et le crédit de 1990
déjà, on avait ouvert l’économie nationale, on se trouvait déjà en
décalage par rapport au modèle originaire. Maintenant, faut-il faire
appel à un autre modèle, qui s’appuierait quant à lui sur le marché
intérieur, ou bien qui privilégierait les exportations, c’est là à
mon avis un faux problème : nous sommes en économie ouverte, de
sorte que la production des entreprises nationales a désormais pour
obligation d’être au point de vue de la qualité au moins équivalente
à celle qui vient de l’étranger, et qu’elles sont censées pouvoir
placer leurs marchandises sur les marchés extérieurs.
Les Débats : On
pourra vous objecter que quel que soit le cadre dans lequel on
s’inscrit, qu’on soit en économie ouverte ou en économe fermée, il
est impossible dans un cas comme dans l’autre de se passer d’une
stratégie, ou d’un plan, peu importe le terme employé. Le fait est
qu’il n’est pas possible de se reposer sur la fameuse main invisible
du marché. D’une façon ou d’une autre, il faut répondre à « l’ardent
besoin du plan ».
M. Mekkidèche : A
mon avis, les premiers architectes des réformes avaient une
conception disons très libérale, pour ne pas dire ultra-libérale,
dont le premier précepte visait à mettre l’Etat hors du circuit
économique, dans l’idée que le marché était en mesure à lui seul de
créer une dynamique de développement. Or, on s’aperçoit que dans un
pays en voie de développement comme l’Algérie où les déficits
économiques et sociaux sont considérables, le rôle de l’Etat ne peut
être qu’important, non pas seulement pour réguler l’économie, ce que
d’ailleurs il a négligé de faire pendant les premières réformes
entreprises au début des années 1990, mais à titre de propriétaire,
comme gestionnaire de ses propres capitaux marchands.
Les Débats : A
ce propos justement, n’est-ce pas un aspect incompréhensible dans la
politique économique actuellement mise en œuvre, ou qu’on tente de
mettre en œuvre, de prôner le désengagement de l’Etat s’agissant
d’un pays dont la principale ressource, la rente pétrolière, est
détenue par la collectivité nationale. Il semble évident que les
pouvoirs publics sont appelés à être dès lors, et pour longtemps
encore, le principal acteur économique. Pour travailler au
désengagement, encore faut-il que l’Etat commence par se réformer
lui-même, et se prépare à vivre sur ses seules ressources fiscales.
M. Mekkidèche :
Mais toute la richesse du pays n’est pas aux mains de l’Etat. Les
deux tiers du produit intérieur proviennent d’autres secteurs que
les hydrocarbures. Son rôle consiste à mettre en place les
régulations nécessaires pour permettre aux activités économiques
publiques, privées, ou mixtes, de se déployer dans les meilleures
conditions possibles. Je crois pour ma part que sa mission de
pourvoyeur de services publics reste un impératif, son désengagement
dans ce domaine multiple me semblant inconcevable, alors que cela
était prévu. Les concepteurs des réformes avaient été trop loin dans
le sens de la libéralisation. Je vous donne deux exemples de
désengagement annoncé mais avorté. Le premier, c’est la mise en
concession de l’aéroport d’Alger. Il y avait des entreprises
nationales sur ce chantier déjà bien avancé, et qui disposaient du
financement nécessaire pour terminer le travail. Du jour au
lendemain, on a mis fin à leur contrat, en annonçant qu’on va faire
appel au marché, ouvrir la concession. On a lancé à cet effet un
appel d’offres, mais personne n’y a répondu. Il n’y a pas eu
preneur. Les seuls qui se soient présentés ont été des aventuriers
bien connus. Et donc retour à la case départ. On a fait de nouveau
appel aux entreprises en consortium qu’on avait écartées. Comment
s’expliquer ce manque d’intérêt de la part du marché ? Par quelque
chose de simple : les entreprises ne se bousculent pas pour investir
dans des créneaux où les taux de rentabilité sont faibles. En deçà
d’un certain taux, elles ne viendront pas. Elles ne viendront pas
pour les barrages, pour les routes, et d’une façon générale pour les
grandes infrastructures. Le deuxième exemple, c’est celui de
l’autoroute est-ouest, qu’on s’est décidé, après avoir entendu
vainement que des partenaires se manifestent, à construire soi-même,
sur ses propres fonds, en recourant à des prestataires de service.
On le voit, le rôle de l’Etat dans ces grands travaux est
incontournable. Mais dans les domaines où par contre les taux de
rentabilité sont importants et à court terme, comme dans les
télécommunications, il n’y a pas de souci à se faire, on ne risque
pas d’être confrontés à la même indifférence en se tournant vers le
marché. Et encore faut-il préciser : dans la téléphonie mobile, pas
nécessairement dans l’autre
Cette mission de
régulation des marchés renvoie à une tâche combien importante et
pressante : la lutte contre le marché informel, qui gangrène des
secteurs entiers de l’économie nationale.
Les Débats :
Remarquons tout de même que l’Etat ne s’avise de procéder
différemment qu’après avoir subi une déconvenue. Sa première
intention a été de tabler sur le marché. La solution à laquelle il a
finalement recouru est une espèce de pis-aller. Il avait arrêté une
démarche conforme à une conception d’ensemble, disons sa préférence
pour le marché, et s’il a changé d’approche par la suite, c’est
parce que la réalité lui a apporté la contradiction. Cela veut dire
que demain, il pourra faire les mêmes choix et perdre une fois de
plus du temps, et peut-être pas seulement que du temps.
M. Mekkidèche :
L’essentiel reste quand même qu’il rectifie le tir et qu’il
continue ses investissements. Sur un autre plan, il est interpellé
lui-même en tant qu’actionnaire. Il a entre les mains un
portefeuille de capitaux marchands. Il ne lui a pas suffi d’offrir
la privatisation pour s’affranchir de toute responsabilité dans la
gestion de ces derniers et se concentrer sur ses prérogatives
régaliennes. Le marché n’en continue pas moins de se mettre en
place. Mais ce marché ne s’organisera sûrement pas tout seul. Il
revient à l’Etat d’accélérer ce processus, avec pour premier but la
lutte contre le marché informel. D’autre part, il y a un autre
marché qui n’existe pas encore mais qu’il faut organiser, c’est le
marché financier. Tout cela relève de sa responsabilité.
Les Débats : En
réalité, ce qui peut sembler un manque de politique économique,
constitue en soi une économie politique.
M. Mekkidèche :
Non assumée.
Les Débats : On
parle d’absence de politique économique, de manque de visibilité. Ou
alors, quand on soutient l’action des gouvernants et qu’on veut la
défendre contre les critiques qui lui sont faites, de rigidités, de
résistances de toutes sortes, pas toujours identifiables, il s’en
faut qu’elles le soient. Or, on peut tout aussi bien s’expliquer les
choix qui sont faits par une conception d’ensemble tout à fait
consciente d’elle-même, une conception d’inspiration libérale, qui
veut que l’Etat n’ait rien de plus pressé à faire que se désengager.
M. Mekkidèche :
Ses résistances ne sont pas toutes le fait de l’Etat. Les exercent
aussi des lobbies, des centres d’intérêt, qui ne sont pas, il est
vrai, toujours identifiables. Dans une situation où il est plus
rentable de faire du commerce par containers que de produire, il
faut s’attendre à ce que des forces se mobilisent pour empêcher que
des réformes visant à instaurer la transparence et des règles
valables pour tous soient adoptées et surtout réussissent. Sans même
parler de l’informel.
Chez nous, à mon
avis, ce qu’il faut c’est plus un mieux d’Etat que moins d’Etat.
Parce que l’Etat, en partie pour toutes les raisons déjà invoquées,
a encore un rôle très important à assumer. C’est d’ailleurs ce qui
s’est passé dans d’autres pays. C’est l’Etat qui en Corée du sud a
fait émerger les grands groupes privés. On voit à l’œuvre de nos
jours l’intervention de l’Etat dans la forte croissance chinoise.
Encore faut-il que cet Etat soit lui-même un Etat réformé, qu’il
soit en adéquation avec l’évolution en cours, ou qui s’impose.
Les Débats :
Chez nous, l’alternative est la suivante : ou bien on est
fondamentalement un socialiste, un conservateur si l’on préfère, et
alors, évidemment, on est partisan d’une stratégie élaborée à un
niveau central, ou bien on est un libéral convaincu et l’on répugne
dès lors à toute forme de planification. Or, qu’on soit l’un ou
l’autre ne dispense pas de l’élaboration d’une stratégie globale et
de la recherche du consensus national, car sans consensus, il n’est
pas de stratégie qui tienne.
M. Mekkidèche :
Cette façon de voir tranchée, dogmatique, a fait croire que
l’économie de marché c’est la disparition du secteur public. Cela
est faux. Il y a de plus chez nous, mais pas seulement en Algérie,
dans les pays arabes également, une situation historique assez
particulière : l’émergence d’un secteur privé à même de peser d’un
poids significatif ne s’est pas produite. Ce secteur est resté
faible, et inexistant sur le marché financier. Dans les pays du
Maghreb, en Egypte, il reste, à des degrés divers certes, d’essence
familiale, d’où sa répugnance foncière à aller vers la propriété
sociale. Ce qui fait que nous n’avons pas de grandes entreprises
privées. Ne parlons pas des branches de haute technologie, il n’en
existe même pas dans le bâtiment. Ce constat est encore plus valable
en Algérie. Ce débat donc entre secteur privé et secteur public
gagnerait à être repensé. Les trois acteurs que sont le secteur
privé international, le secteur national, et le secteur public se
retrouveront comme tels pour de longues années encore. Il faut donc
songer plutôt à construire des alliances, même si l’on sait par
avance que la part de l’Etat ira en diminuant.
LA
SUITE P II
Les Débats : Dans
l’esprit des gouvernants, le recul de l’Etat s’accompagnera d’un
afflux de capitaux étrangers comme, pour ainsi dire de son
corollaire. Dans cette perspective, leur travail à eux consiste à
créer les meilleures conditions, c’est-à-dire meilleures que celles
que sont susceptibles d’offrir les pays voisins, pour attirer le
plus grand nombre possible d’investissements étrangers directs. Or
ces capitaux, force est de le constater, ne viennent pas, en tout
cas pas à la mesure des attentes.
M. Mekkidèche : Je
constate que l’Algérie a bénéficié en 2004 de la plus grande part
des investissements étrangers dans la région, avec 5,7 milliards
d’euros contre 2,5 milliards en 2003. Mais cela est relativement
faible au regard des potentialités.
Les Débats : Tout
cela est en effet très relatif. Ces potentialités sont peut-être
importantes, mais que représentent-elles réellement, accordent-elles
vraiment un plus au marché national ? Parlons en termes d’avantages
comparatifs. Le pays n’en manque sans doute pas : bas niveau des
salaires, faible coût de l’énergie, encore qu’une mise à niveau soit
à l’ordre du jour, proximité géographique par rapport aux marchés
européens, et peut-être en cherchantbien, d’autres encore. Aucun de
ces atouts ne se présente cependant comme étant particulier à notre
pays. Notons d’ailleurs que les délocalisations se font
préférentiellement en Asie et en direction des pays de l’est
européen.
M. Mekkidèche :
Oui, mais comme les délocalisations concernent les activités à forte
intensité de travail, il n’y a pas de raison de penser, compte tenu
entre autres des avantages d’ordre naturel, qu’une partie d’entre
elles ne finisse par bénéficier à l’Algérie. Les salaires pratiqués
ne sont effectivement pas très élevés, en tout cas ils sont du
même niveau qu’en Malaisie ou en Tunisie. Ajoutez à cela des
ressources humaines alphabétisées…
Les Débats : Il y a
à cet égard un élément qui n’est pas à notre avantage, c’est la
sous- classification doublée de la sous-productivité.
M. Mekkidèche :
C’est relatif. Il y a sûrement des efforts à faire dans ce domaine.
Il est vrai que les productivités sont faibles.
Les Débats : Cela
fait des années que l’on parle de réformer le système bancaire sans
que cela advienne. Et si cette réforme n’était finalement qu’un
serpent de mer ? De fait, on semble attendre que la réforme bancaire
résolve des problèmes rebelles jusque-là à tout traitement : relance
des investissements, relance de la croissance, création d’emplois,
effacement des disparités régionales…En somme on en attend une
politique économique, tâche qui bien entendu n’est pas du ressort
des banques, mais de celui du gouvernement.
M. Mekkidèche : Je
pense que le rôle des banques dans le processus d’investissement
est celui d’intermédiation, donc un rôle de soutien à l’activité
économique. Sauf que chez nous le système bancaire est inclus dans
une économie qui fait qu’on aura importé à la fin de 2005 pour la
valeur de 20 milliards de dollars, peut-être plus, et exporté pour
moins d’un milliard.
Les Débats : Ce
déséquilibre est-il le fait des banques ?
M. Mekkidèche :
Non. Je veux dire que les banques reflètent dans leur pratique et
leurs comptes l’état d’une économie. Les flux financiers disent ce
qu’est réellement une économie. Pour autant, les banques doivent
être modernisées et leurs liquidités transformées en
investissements. Or les banquiers ont tendance à dire que les
projets qui leur sont présentés ne sont ni sont crédibles ni
rentables, tandis que leurs vis-à-vis, les entrepreneurs,
rétorquent en disant que les banquiers s’évertuent à bloquer pour
bloquer. Il faut sans doute dépasser cette situation. En l’absence
d’un marché financier qui, lui, a vocation à assurer le financement
aux investissements à longue maturité, les banques gagneraient à se
moderniser, à soutenir l’activité. Dans le système actuel, un
banquier peut dégager des profits rien qu’en finançant des cycles
annuels d’exploitation, ce qui ne comporte aucun risque. Il y a
lieu de rompre avec ce mode de gestion. Il reste que c’est la
transformation du système économique qui doit commander la réforme
bancaire, qui se trouvera alors en bonne position pour soutenir la
production des biens et des services.
Les Débats :
Le système bancaire agit, ou n’agit pas
d’ailleurs, dans le cadre d’un programme économique.
M. Mekkidèche : Il est encadré par la
loi sur la monnaie et le crédit et les règles prudentielles.
Les Débats :
Cette problématique rappelle
la polémique, toujours d’actualité en Europe, sur le rôle imparti à
la Banque centrale européenne. Il arrive que cette institution, à
qui beaucoup reprochent de mener une politique monétaire pénalisante
pour les économies de l’Union, notamment pour ce qui est du
commerce extérieur, réponde par l’un ou l’autre de ses
représentants, qu’en l’état actuel de la construction européenne,
ses décisions sont prises en l’absence d’une politique économique
élaborée et mise en œuvre par une direction politique.
M. Mekkidèche :
Cette banque centrale a pour fonction principale d’éviter
l’inflation et assurer une bonne tenue du taux de change de l’euro.
Elle ne se considère pas effectivement comme comptable de la
croissance. Ce n’est pas le cas de la banque centrale américaine, la
FED, dont l’une des missions est bien de soutenir la croissance.
Les Débats :
La différence semble normale.
D’un côté, nous avons affaire à un ensemble politique inachevé, et
de l’autre à un Etat constitué qui, en matière économique, marche
sur ses deux pieds, comme cela est recommandé. Nos banquiers
pourraient reprendre à leur compte le même argument avancé par les
responsables de la banque centrale européenne pour leur défense. De
fait, ce n’est pas à eux de définir une politique économique.
M. Mekkidèche : La banque est tout de
même un intermédiaire, elle a pour obligation d’accompagner les
entrepreneurs. Il est vrai que son intervention doit se faire dans
le cadre des orientations arrêtées par le gouvernement.
L’intervention de la banque centrale, qui a pour principale mission
d’assurer la bonne tenue du dinar, et l’action gouvernementale qui
vise pour sa part à développer la croissance et l’emploi, ne sont
pas antinomiques. Elles doivent au contraire se compléter.
Les Débats :
Le désarmement douanier à
quoi se ramène l’accord d’association avec l’Union européenne
donnera lieu, du moins dans un premier temps, à d’importantes
pertes d’emploi, dans l’industrie d’abord, déjà mal en point, puis
sûrement dans l’agriculture. D’où la préoccupation qui s’exprime ici
et là : n’a-t-on pas surtout cédé à des considérations politiques en
contractant un accord dont l’utilité pour nos partenaires européens
réside peut-être dans une finalité très peu économique, qui est de
faire de nous, avec les autres Etats du Maghreb, les portiers de
l’Europe ?
M. Mekkidèche : Il
ne faut pas mélanger les genres. Les problèmes relevant de la
sécurité, et ceux posés par la poussée migratoire vers l’Europe en
provenance des pays subsahariens, se traitent dans un cadre
approprié, en dehors de l’accord d’association. Les accords entre
Etats souverains sont effectivement susceptibles de toucher à
différentes questions d’un intérêt commun, mais l’accord
d’association concerne les échanges économiques entre l’Algérie et
l’Union européenne, et a priori rien d’autre. Ces échanges sont
anciens, ce n’est pas l’accord en question qui va les créer,
maintenant qu’il est entré en vigueur. Dés maintenant deux tiers de
nos échanges commerciaux se font avec le continent européen.
L’accord d’association crée les conditions de leur développement. Il
serait porteur de menaces pour nos entreprises pas encore prêtes
pour entrer en compétition avec les produits qui vont inonder le
marché intérieur, et il détruirait inévitablement des emplois ?
C’est une vue simpliste, excessive par son scepticisme sur les
capacités d’adaptation de l’économie et des entreprises nationales.
Pourquoi suppose-t-on à l’avance qu’elles seraient dans l’incapacité
de relever le défi de l’ouverture, qui est un choix stratégique,
comme l’atteste la volonté du pays d’intégrer l’OMC ?
Les Débats :
Le principal reproche qu’on
fait à la nouvelle loi sur les hydrocarbures est qu’elle fait des
concessions aux investisseurs étrangers sans contrepartie réelle au
début d’une époque où la demande tend à prendre le dessus sur
l’offre. On s’accorde en effet pour dire que l’époque du pétrole bon
marché est révolue. La nouvelle loi ne vient-elle pas à contretemps,
l’accroissement des IDE dans le secteur, en somme l’objectif qu’elle
vise, peut être obtenu sans toucher au cadre institutionnel
existant ?
M. Mekkidèche : Il
y a à ce propos deux éléments à distinguer : le cadre institutionnel
et l’évolution du marché des hydrocarbures dans le contexte mondial.
La nouvelle loi peut être appréhendée comme l’adaptation du cadre
institutionnel permettant à la production nationale de faire face
aux données évolutives du marché. Le supplément
d’investissements qu’elle est susceptible d’attirer, ce sera autant
de ressources que le pays aura le loisir d’utiliser pour son propre
développement, pour l’éducation, pour la santé et le bien-être des
Algériens. L’exploration et les risques afférents seront à la charge
de nos partenaires. Je suis pour ma part persuadé que les avantages
concédés par cette loi finiront tôt ou tard par être imités par les
autres pays de l’OPEP. Et dans ce cas, on sera bien content de voir
que le pays s’est assuré d’une longueur d’avance.
Propos
recueillis
par M. Habili
Haut
E-mail :contact@lesdebats.com |