|
Accueil.
La présidence
de l'alliance passe au RND
Ouyahia se
distingue
Elle n'avait fait
plus parler d'elle depuis un moment. Elle, c'est tout simplement
l'alliance présidentielle, cette entité politique née dans le
sillage de l'élection présidentielle d'avril 2004. Depuis, elle
s'est distinguée par des divergences étalées publiquement. A telle
enseigne que de nombreux commentateurs y ont vu les signes
avant-coureurs d'une dissolution anticipée. Mais c'était sans
compter sur la détermination de ses dirigeants. Et à l'occasion de
la fin de la présidence du MSP, le tour est venu pour le RND d'en
assurer la présidence.
L'alliance
présidentielle fait de nouveau parler d'elle. Une rencontre a été
organisée dans la soirée du mercredi 12 octobre. Avant de savoir ce
qu'il en retourne de cette réunion à trois, les titres de la presse
écrite ont tenté d'anticiper sur les résultats risquant de la
sanctionner ,rappelant au passage les impressions laissées ces
derniers temps.
Dans son édition
du jour, le quotidien arabophone Al Khabar a indiqué : "L'alliance
présidentielle sur un volcan."
L'alliance
attendue au tournant
Le rédacteur de
l'article a passé en revue les sujets sur lesquels le RND et le FLN
sont en désaccord. Il rappellera ainsi que "la présence de Ahmed
Ouyahia à la tête de l'Exécutif ne sert pas, de l'avis des
observateurs, les ambitions du vieux parti, référence faite au FLN,
pour les élections de 2007, de même qu'il pourrait tracer la voie
pour le SG du RND à la présidentielle de 2009 faisant de lui un
rival à Bouteflika, surtout que la question de l'officialisation de
la langue amazighe a été la question qui a fait déborder le vase".
De son côté El
Youm souligne que "les partis de la coalition rivaux durant les
élections partielles divergent sur la question de la révision
constitutionnelle". C'est ce qui permet au quotidien d'affirmer que
"les dirigeants de la coalition se réunissent alors qu'ils sont
adversaires".
Le Jour d'Algérie
estime pour sa part que c'est "la révision de la Constitution
(qui) est en jeu". Reste, fait remarquer le rédacteur, que "c'est
donc encore une fois en rangs dispersés que les trois formations
vont faire face à l'épreuve qui incite, en définitive, à se demander
ce qu'est une alliance politique". D'où, semble-t-il, la question
que se pose La Nouvelle République du jeudi 13 octobre 2005 : "Que
cherche le FLN?" Dans un commentaire, ce quotidien rappelle que "la
lutte pour le leadership est somme toute légitime ; elle est même
intrinsèque à la vie d'un parti politique dont l'essence même est
d'aspirer au pouvoir ou de s'y maintenir le plus longtemps
possible". "Sauf, ajoutera-t-il, que pour le cas de l'alliance
présidentielle, les choses devraient se faire sans fracas et sans
fracture…". Et ceux qui pourraient se demander par quels moyens et
voies pareil scénario pourrait se concrétiser, le commentateur de La
Nouvelle République suggère la réponse : "Attendre les décantations
sur le terrain." Ainsi, selon lui, "les élections partielles en
Kabylie devraient servir de premier test avant les grandes
consultations nationales".
Le Maghreb, lui,
estime dans son édition du mercredi 12 octobre que "si en matière de
bilan, la tendance sera très certainement au satisfecit, là où les
choses risquent de grincer, ce sera les perspectives d'avenir de
l'alliance et ses projets à venir".
Le Soir d'Algérie
estime en connaître un bout ; il le livre dans son édition du même
jour. Ainsi, est-il rapporté, "il s'agit en premier lieu de
matérialiser, voire de concrétiser sur le terrain le contenu du
projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale,
d'organiser les élections partielles de novembre prochain, de
présenter et défendre le projet de loi de finances 2006 et enfin
d’organiser la tripartite qui doit déboucher sur la concrétisation
du pacte économique et social". Mais, ajoute-t-il, "ceci étant, il
est important de noter que l'échéance électorale de 2007 constituera
au sein de cette alliance la matrice autour de laquelle les trois
partis vont sceller leur action avant le rendez-vous de 2009".
Et pour cause,
rappelle à juste titre l'éditorialiste du Jour d'Algérie dans son
édition du jeudi 13 octobre, "(…) cette alliance a une histoire et
repose sur des facteurs objectifs que ne peuvent remettre en cause
ni les aléas de la politique politicienne ni les ambitions
démesurées. Elle est le fruit d'une sérieuse réflexion sur le moyen
le plus sûr de préserver notre pays des crises qui l'ont secoué du
fait d'antagonisme liées à la course effrénée et souvent violente
pour le pouvoir".
Ouyahia
rafle la vedette
Ce qui est
certain c'est qu'au lendemain de cette réunion à trois, c'est Ahmed
Ouyahia – le chef du gouvernement et non le SG du RND – qui a fait
la une de la majorité des titres paraissant ce samedi 15 octobre.
Hormis l'Authentique qui rapporte que "Ouyahia est le nouveau
président de l'alliance présidentielle" et reprend des propos tenus
par lui, annonce que"nous n'avons aucune divergence" et Le Jeune
Indépendant qui rapporte en une que s'agissant de la révision
constitutionnelle "le FLN installe officiellement une commission de
réflexion", tous les autres confrères ont consacré leur Une au
patron de l'Exécutif. "Je présenterai mon bilan devant l'APN en
février 2006" annonce La Tribune qui cite le chef du gouvernement.
Par cette déclaration, estime le rédacteur, il répond" aux rumeurs
sur son éventuel départ". A ce sujet toujours, Le Soir d'Algérie
apporte une autre précision livrée par Ouyahia. Ces rumeurs sont
"l'œuvre de groupes d'intérêt". Le rédacteur ajoute que "cette
déclaration du chef du gouvernement a été faite quelques minutes
après la fin des travaux du sommet de l'alliance présidentielle".
"Ouyahia accuse
des groupes d'intérêt de vouloir l'éloigner du gouvernement", titre
également El Khabar. El Youm, à quelques nuances près, revient sur
le même aspect de la conférence de presse animée par Ouyahia à la
fin des travaux du sommet de l'alliance : "Des groupes d'intérêt et
des partis politiques véhiculent des rumeurs contre moi", est-il
rapporté.
La Nouvelle
République, de son côté, ne fait pas dans la dentelle. "Ouyahia : je
ne suis pas partant", tel est le titre de Une de son édition de ce
samedi 15 octobre. Le quotidien rapporte que "le secrétaire général
du RND a confié que la question de la chefferie du gouvernement n'a
pas été évoquée dans la réunion du sommet de l'alliance
présidentielle".
La Dépêche de
Kabylie s'est également arrêtée sur ce point, annonçant que "Ouyahia
ne quittera pas le gouvernement". El Watan retiendra des propos
tenus qu'il n'y a "pas de levée de l'état d'urgence".
Nadia Kerraz
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |