Semaine du 19 au 25 octobre 2005

 

La présidence de l'alliance  passe au RND

Ouyahia se distingue 

 

 
 
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La présidence de l'alliance  passe au RND

Ouyahia se distingue 

Elle n'avait fait plus parler d'elle depuis un moment. Elle, c'est tout simplement l'alliance présidentielle, cette entité politique née dans le sillage de l'élection présidentielle d'avril 2004. Depuis, elle s'est distinguée par des divergences étalées publiquement. A telle enseigne que de nombreux commentateurs y ont vu les signes avant-coureurs d'une dissolution anticipée. Mais c'était sans compter sur la détermination de ses dirigeants. Et à l'occasion de la fin de la présidence du MSP, le tour est venu pour le RND d'en assurer la présidence.

L'alliance présidentielle fait de nouveau parler d'elle. Une rencontre a été organisée dans la soirée du mercredi 12 octobre. Avant de savoir ce qu'il en retourne de cette réunion à trois, les titres  de la presse écrite ont tenté d'anticiper sur les résultats risquant de la  sanctionner ,rappelant au passage les impressions laissées ces derniers temps.

Dans son édition du jour, le quotidien arabophone Al Khabar a indiqué : "L'alliance présidentielle sur un volcan."

L'alliance attendue au tournant

 Le rédacteur  de l'article a passé en revue les sujets sur lesquels le RND et le FLN sont en désaccord. Il rappellera ainsi que "la présence de Ahmed Ouyahia à la tête de l'Exécutif ne sert pas, de l'avis des observateurs, les ambitions du vieux parti, référence faite au FLN, pour les élections de 2007, de même qu'il pourrait tracer la voie pour le SG du RND à la présidentielle de 2009 faisant de lui un rival à Bouteflika, surtout que la question de l'officialisation de la langue amazighe a été la question qui a fait déborder le vase".

 De son côté El Youm souligne que "les partis de la coalition  rivaux  durant les élections partielles divergent sur la question de la révision  constitutionnelle". C'est ce qui permet au quotidien d'affirmer que "les dirigeants de la coalition se réunissent alors qu'ils sont adversaires".

Le Jour d'Algérie estime  pour sa part  que c'est  "la révision de la Constitution  (qui) est en jeu". Reste, fait  remarquer le rédacteur, que "c'est donc encore une fois en rangs dispersés que les trois formations vont faire face à l'épreuve qui incite, en définitive, à se demander ce qu'est une alliance politique". D'où, semble-t-il, la question que se pose La Nouvelle République du jeudi 13 octobre 2005 : "Que cherche le FLN?" Dans un commentaire, ce quotidien rappelle que "la lutte pour le leadership est somme toute légitime ; elle est même intrinsèque à la vie d'un parti politique dont l'essence même est d'aspirer au pouvoir ou de s'y maintenir le plus longtemps possible". "Sauf, ajoutera-t-il, que pour le cas de l'alliance présidentielle, les choses devraient se faire sans fracas et sans fracture…". Et ceux qui pourraient se demander par quels  moyens et voies pareil scénario pourrait se concrétiser, le commentateur de La Nouvelle République suggère la réponse : "Attendre les décantations sur le terrain." Ainsi, selon lui, "les élections partielles en Kabylie devraient servir de premier test avant les grandes consultations nationales".

Le Maghreb, lui, estime dans son édition du mercredi 12 octobre que "si en matière de bilan, la tendance sera très certainement au satisfecit, là où les choses risquent de grincer, ce sera les perspectives d'avenir de l'alliance et ses projets à venir".

Le Soir d'Algérie estime en connaître un bout ; il le livre dans son édition du même jour. Ainsi, est-il rapporté, "il s'agit en premier lieu de matérialiser, voire de concrétiser sur le terrain le contenu du projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale, d'organiser les élections partielles de novembre prochain, de présenter et défendre le projet de loi de finances 2006 et enfin d’organiser la tripartite qui doit déboucher sur la concrétisation du pacte économique et social".  Mais, ajoute-t-il, "ceci étant, il est important de noter que l'échéance électorale de 2007 constituera au sein de cette alliance la matrice autour de laquelle les trois partis vont sceller leur action avant le rendez-vous de 2009".

Et pour cause, rappelle à juste titre l'éditorialiste du Jour d'Algérie dans son édition du jeudi 13 octobre, "(…) cette alliance a une histoire et repose sur des facteurs objectifs que ne peuvent remettre en cause ni les aléas de la politique politicienne ni les ambitions démesurées. Elle est le fruit d'une sérieuse réflexion sur le moyen le plus sûr  de préserver notre pays des crises qui l'ont secoué du fait d'antagonisme liées à la course effrénée et souvent violente pour le pouvoir".

 Ouyahia rafle la vedette

Ce qui  est certain c'est qu'au lendemain de cette réunion à trois, c'est Ahmed Ouyahia –  le chef du gouvernement et non le SG du RND – qui a fait la une de la majorité des titres paraissant  ce samedi 15 octobre. Hormis l'Authentique qui rapporte que "Ouyahia  est le nouveau président de l'alliance présidentielle" et reprend des propos tenus par lui, annonce  que"nous n'avons aucune divergence" et Le Jeune Indépendant qui rapporte en une  que s'agissant de la révision constitutionnelle "le FLN installe officiellement une commission de réflexion", tous les autres confrères ont consacré leur Une  au patron de l'Exécutif. "Je présenterai mon bilan devant l'APN en février 2006" annonce La Tribune qui cite le chef du gouvernement.  Par cette déclaration, estime le rédacteur, il répond" aux rumeurs sur son éventuel départ". A ce sujet toujours, Le Soir d'Algérie apporte une autre précision livrée par Ouyahia. Ces rumeurs sont "l'œuvre de groupes d'intérêt". Le rédacteur ajoute que "cette  déclaration du chef du gouvernement a été faite quelques minutes après la fin des travaux du sommet de l'alliance présidentielle".

"Ouyahia accuse des groupes d'intérêt de vouloir l'éloigner du gouvernement", titre également El Khabar. El Youm, à quelques nuances près, revient sur le même aspect de la conférence de presse animée par Ouyahia à la fin des travaux du sommet de l'alliance : "Des groupes d'intérêt et des partis politiques véhiculent des rumeurs contre moi", est-il rapporté.

La Nouvelle République, de son côté, ne fait pas dans la dentelle. "Ouyahia : je ne suis pas partant", tel est le titre de Une de son édition de ce samedi 15 octobre. Le quotidien rapporte que "le secrétaire général du RND a confié que la question de la chefferie du gouvernement n'a pas été évoquée dans la réunion du sommet de l'alliance présidentielle".

La Dépêche de Kabylie s'est également arrêtée sur ce point, annonçant que "Ouyahia ne quittera pas le gouvernement". El Watan  retiendra des propos tenus qu'il n'y a "pas de levée de l'état d'urgence".

Nadia Kerraz

 

 

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