Semaine du 19 au 25 Avril 2006

L'éditorial : Par Abderrahmane Mahmoudi

Comptes et mécomptes

 

 
 
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Comptes et mécomptes

Le mauvais tour qu’est en train de prendre l’affaire palestinienne, conjugué aux dangereuses provocations du Président Iranien sur la question de son programme nucléaire et le climat détestable qui s’installe un peu partout à travers le monde sur le plan des relations avec le continuum islamique, correspondent étrangement à l’une des plus graves crises structurelles qu’aient jamais eu à vivre les grandes puissances occidentales. Une crise qui se caractérise essentiellement par des déficits budgétaires astronomiques et des dettes extérieures hallucinantes. De prés de 4000 milliards de dollars pour les Etats-Unis d’Amérique et  de plus de 1000 milliards d’euros pour la France. La Grande Bretagne ne devant pour sa part sa relative aisance financière qu’au fait de s’être transformée au cours de la seconde moitié du 20° siècle en une place bancaire inexpugnable, faisant affluer les capitaux sains autant que douteux de la planète tout entière.  Sans vouloir déceler des complots, là où il n’ y en a peut-être pas, il se trouve tout de même que la conjonction de ces deux faits tendances majeures que sont l’exacerbation des relations Orient Occident, d’un côté et  les impasses structurelles auxquelles sont en train de se heurter les grandes démocraties mondiales, peuvent conduire à une  issue qui ne diffère en rien de celles qui ont été déjà empruntées lors de la première et de la seconde guerre mondiale. Des issues qui privilégient la fuite en avant  des solutions les plus extrêmes consistant à tout détruire et à tout reconstruire dans le cadre de conflagrations militaires de très grande intensité. Une troisième guerre mondiale donc, qui présenterait  l’avantage de purger le capitalisme de tous ses graves dysfonctionnements, de faire tourner à plein régime les différents complexes militaro-industriels et surtout de freiner les larges mouvements de contestation sociale qui montent au cœur des démocraties occidentales, avec pour principale revendication, une halte salutaire autour des dérives de la société de consommation et des dangereuses dégradation du sujet humain qu’elles entraînent.  Car en plus de la crise économique et financière  gravissime qui s’installe en Occident, il y a surtout une crise démocratique et sociétale qui a produit les spectaculaires explosions des banlieues en France suivies quelques mois plus tard à peine des manifestations de rue de masse contre un CPE qui en définitive n’était rien d’autre que ce que peut encore offrir de mieux  un pouvoir libéral face à des dysfonctionnements économiques qui le dépassent complètement.  Sachant que  ce qui se passe en France n’est bien entendu, que le prélude à ce qui se passera inévitablement en Allemagne, en Grande Bretagne, en Italie, en Hollande et partout où les gouvernements,  qu’ils soient de droite ou de gauche, ne réussissent pas à mettre l’homme au centre de leurs préoccupations, comme cela est heureusement encore le cas dans la majorité des pays scandinaves. 

C’est donc contraints et forcés,  comme les deux premières fois d’ailleurs, que les états-majors du grand capital international s’acheminent benoîtement vers des solutions radicales  dont le 11 septembre 2001 a été une étape décisive, en ce qu’il a permis de positionner préventivement les troupes « alliées » dans les régions du monde qui seront à n’en pas douter les principaux théâtres d’opération  des  prochains grands conflits à venir. Une issue qui pour être fort probable, se heurte pourtant à quelques inconvénients de taille. Parmi ceux-ci, il y a lieu de prendre en compte la position de deux grandes puissance militaires et technologiques que sont la Russie d’abord et la Chine ensuite, dont personne ne peut décrypter aujourd’hui  les stratégies politiques  liées à un conflit qu’ils devinent comme inéluctable. Si pour la Chine il y a tout leu de penser que seuls comptent ses  intérêts économiques grandissants et que c’est à leur seule aune qu’ils réagiront, il n’en est pas du tout de même pour la Russie qui vient d’avancer un pion décisif  au Moyen Orient en prenant ouvertement la défense de l’autorité palestinienne face aux dangereuses provocations occidentales. Tout comme cette même Russie vient de signer un important contrat d’armement avec l’Algérie en sachant parfaitement que notre pays est un élément clé susceptible de fausser tous les calculs bellicistes qui se trament dans la région euro méditerranéenne. Les Russes sachant parfaitement qu’en empêchant le déclenchement d’un conflit de grande intensité dans le région euro-moyen-orientale ils contribuent à l’étouffement d’un système qu’ils n’ont jamais cessé de combattre.           

A. M.

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