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Comptes et mécomptes
Le mauvais tour
qu’est en train de prendre l’affaire palestinienne, conjugué aux
dangereuses provocations du Président Iranien sur la question de son
programme nucléaire et le climat détestable qui s’installe un peu
partout à travers le monde sur le plan des relations avec le
continuum islamique, correspondent étrangement à l’une des plus
graves crises structurelles qu’aient jamais eu à vivre les grandes
puissances occidentales. Une crise qui se caractérise
essentiellement par des déficits budgétaires astronomiques et des
dettes extérieures hallucinantes. De prés de 4000 milliards de
dollars pour les Etats-Unis d’Amérique et de plus de 1000 milliards
d’euros pour la France. La Grande Bretagne ne devant pour sa part sa
relative aisance financière qu’au fait de s’être transformée au
cours de la seconde moitié du 20° siècle en une place bancaire
inexpugnable, faisant affluer les capitaux sains autant que douteux
de la planète tout entière. Sans vouloir déceler des complots, là
où il n’ y en a peut-être pas, il se trouve tout de même que la
conjonction de ces deux faits tendances majeures que sont
l’exacerbation des relations Orient Occident, d’un côté et les
impasses structurelles auxquelles sont en train de se heurter les
grandes démocraties mondiales, peuvent conduire à une issue qui ne
diffère en rien de celles qui ont été déjà empruntées lors de la
première et de la seconde guerre mondiale. Des issues qui
privilégient la fuite en avant des solutions les plus extrêmes
consistant à tout détruire et à tout reconstruire dans le cadre de
conflagrations militaires de très grande intensité. Une troisième
guerre mondiale donc, qui présenterait l’avantage de purger le
capitalisme de tous ses graves dysfonctionnements, de faire tourner
à plein régime les différents complexes militaro-industriels et
surtout de freiner les larges mouvements de contestation sociale qui
montent au cœur des démocraties occidentales, avec pour principale
revendication, une halte salutaire autour des dérives de la société
de consommation et des dangereuses dégradation du sujet humain
qu’elles entraînent. Car en plus de la crise économique et
financière gravissime qui s’installe en Occident, il y a surtout
une crise démocratique et sociétale qui a produit les spectaculaires
explosions des banlieues en France suivies quelques mois plus tard à
peine des manifestations de rue de masse contre un CPE qui en
définitive n’était rien d’autre que ce que peut encore offrir de
mieux un pouvoir libéral face à des dysfonctionnements économiques
qui le dépassent complètement. Sachant que ce qui se passe en
France n’est bien entendu, que le prélude à ce qui se passera
inévitablement en Allemagne, en Grande Bretagne, en Italie, en
Hollande et partout où les gouvernements, qu’ils soient de droite
ou de gauche, ne réussissent pas à mettre l’homme au centre de leurs
préoccupations, comme cela est heureusement encore le cas dans la
majorité des pays scandinaves.
C’est donc
contraints et forcés, comme les deux premières fois d’ailleurs, que
les états-majors du grand capital international s’acheminent
benoîtement vers des solutions radicales dont le 11 septembre 2001
a été une étape décisive, en ce qu’il a permis de positionner
préventivement les troupes « alliées » dans les régions du monde qui
seront à n’en pas douter les principaux théâtres d’opération des
prochains grands conflits à venir. Une issue qui pour être fort
probable, se heurte pourtant à quelques inconvénients de taille.
Parmi ceux-ci, il y a lieu de prendre en compte la position de deux
grandes puissance militaires et technologiques que sont la Russie
d’abord et la Chine ensuite, dont personne ne peut décrypter
aujourd’hui les stratégies politiques liées à un conflit qu’ils
devinent comme inéluctable. Si pour la Chine il y a tout leu de
penser que seuls comptent ses intérêts économiques grandissants et
que c’est à leur seule aune qu’ils réagiront, il n’en est pas du
tout de même pour la Russie qui vient d’avancer un pion décisif au
Moyen Orient en prenant ouvertement la défense de l’autorité
palestinienne face aux dangereuses provocations occidentales. Tout
comme cette même Russie vient de signer un important contrat
d’armement avec l’Algérie en sachant parfaitement que notre pays est
un élément clé susceptible de fausser tous les calculs bellicistes
qui se trament dans la région euro méditerranéenne. Les Russes
sachant parfaitement qu’en empêchant le déclenchement d’un conflit
de grande intensité dans le région euro-moyen-orientale ils
contribuent à l’étouffement d’un système qu’ils n’ont jamais cessé
de combattre.
A. M.
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