hjk

 

Semaine du 20 au 26 septembre 2006

Nucléaire

L'AIEA dénonce un rapport erroné du Congrès américain sur l'Iran

Palestine

Le Hamas accepte de partager le pouvoir pour sortir de l’impasse

 

 
 
 Monde

Accueil

Nucléaire

L'AIEA dénonce un rapport erroné du Congrès américain sur l'Iran

Les Etats-Unis ne sont pas à court de manipulations pour tenter de « justifier » leurs cabales contre les pays qu’ils considèrent comme faisant partie de « l’axe du mal ». Après l’Irak, envahi en raison  de la présence inventée « de destruction massive » c’est au tour de l’Iran de se voir aujourd’hui diabolisé et affublé de tous les maux par Washington. Washington n’hésite pas, dans ce cas également à tronquer les rapports d’organismes internationaux. Ainsi, Les inspecteurs de l'AIEA ont qualifié de "scandaleux et malhonnêtes" certains passages d'un rapport du Congrès des Etats-Unis sur les activités nucléaires de l'Iran, dans une lettre de protestation au gouvernement et aux parlementaires américains obtenue. L'incident, symptomatique des tensions internationales entourant le dossier du nucléaire iranien, rappelle les divergences entre l'Agence internationale de l'Energie atomique et l'administration de George Bush avant le déclenchement, en 2003, de la guerre en Irak. Washington avait justifié cette intervention militaire par les tentatives d'acquisition par l'Irak d'armes de destruction massive, sur la base d'informations qui s'étaient révélées fausses. Adressée au président de la Commission spéciale du renseignement de la Chambre des représentants et rédigée par un proche conseiller du directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, cette lettre relève la présence dans un rapport présenté le 23 août par cette commission de graves déformations des conclusions de l'AIEA sur les activités nucléaires de l'Iran. Le programme iranien de fabrication de combustible nucléaire apparaît, dans ce rapport, bien plus avancé que ne le suggèrent l'AIEA et les analyses des services de renseignement américains, souligne la lettre. Le rapport de la commission parlementaire, ajoute-t-elle, soutient à tort que l'Iran a enrichi de l'uranium à un niveau suffisant pour fabriquer des armes atomiques, en avril dans son usine pilote de centrifugation. Les inspecteurs de l'AIEA ont dit que Téhéran avait certes enrichi de l'uranium mais à un niveau qui ne permettrait de l'utiliser que pour alimenter des réacteurs nucléaires. "En outre, le secrétariat de l'AIEA s'offusque de l'assertion fausse et trompeuse" selon laquelle elle aurait décidé de démettre de ses fonctions un inspecteur de haut rang qui aurait conclu que le programme nucléaire iranien avait des objectifs militaires, indique la lettre. Selon ce document, le rapport parlementaire laisse entendre "de manière scandaleuse et malhonnête" que cet inspecteur aurait été limogé pour n'avoir pas observé une directive officieuse de l'AIEA interdisant à ses "responsables de dire toute la vérité" sur l'Iran. De sources diplomatiques, cet inspecteur est toujours à son poste de chef de section pour l'Iran. L'AIEA surveille le programme nucléaire iranien depuis 2003. Même si elle n'a trouvé aucune preuve concrète de l'élaboration par l'Iran d'armes atomiques, elle a détecté par le passé des activités secrètes liées à l'enrichissement de l'uranium. Ce processus permet de purifier le minerai pour en faire du combustible à destination de centrales nucléaires, mais aussi éventuellement, à un degré d'enrichissement plus élevé, de fabriquer des armes atomiques. "Nous avons éprouvé le besoin de rectifier certaines choses en ce qui concerne nos évaluations sur l'Iran", a déclaré une porte-parole de l'AIEA, Melissa Fleming. "Cela relève de l'intégrité de l'AIEA." Selon des diplomates, Washington, partisan de sanctions contre l'Iran à cause de ses activités nucléaires, considère depuis longtemps ElBaradei comme étant trop "souple" vis-à-vis de Téhéran. "(Ce rapport parlementaire) rappelle fortement la période qui a précédé la guerre en Irak, où la réalité a été malmenée et où on a tenté de nuire à l'intégrité des inspecteurs de l'AIEA", a déclaré un expert au fait des relations entre l'agence de l'Onu et les Etats-Unis.

 

Palestine

Le Hamas accepte de partager le pouvoir pour sortir de l’impasse

Boycotté par l'Occident qui soutient bec et ongles Israël, le mouvement palestinien du Hamas s'est résolu à se fondre prochainement dans un gouvernement d'unité nationale aux côtés du Fatah du président Mahmoud Abbas. Le parti a de ce fait évolué puisqu’il accepte de partager le pouvoir au sein de l’exécutif gouvernemental. Une décision dictée avant tout par le souci de faire lever les sanctions extérieures,  les Etats-Unis et l’Union Européennes ayant suspendues toutes les aides financières. Israël a par ailleurs coupé toutes les routes du commerce et des approvisionnements vitaux en plus de refuser de reverser des taxes pourtant dues à l’Autorité palestinienne. En acceptant de former avec le Fatah un gouvernement d'unité nationale, le Hamas amorce-t-il une évolution véritable, plus empreinte de pragmatisme? "Oui, je pense, ils ont changé, mais ils ne veulent pas le dire", répond l'analyste palestinien Ali Djarbaoui. Le Hamas veut faire savoir à Mahmoud Abbas et dans une moindre mesure à l'Union Européenne, qu'il s'assouplit en jouant le jeu des accords passés entre les Palestiniens et Israël, par là-même reconnaissant implicitement l’Etat hébreu. "Si Israël accepte de se retirer de la bande de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem, libère les prisonniers et permet le retour des réfugiés, nous pourrons envisager de reconnaître cet Etat", a précisé récemment Ahmed Youssef, conseiller politique du Premier ministre Ismaïl Haniyeh. Les dirigeants du mouvement balisent ainsi cette reconnaissance et affirment qu'ils ne céderont pas aux pressions occidentales visant à les pousser à admettre formellement l'existence d'Israël sans contrepartie aucune. Le porte-parole du gouvernement de Haniyeh, Sami Abou Zouhri, assure de son côté que "le Hamas ne reconnaît et ne reconnaîtra pas l'occupant" et que l'accord avec Abbas pour un gouvernement d'union n'induit aucune reconnaissance explicite, ni même implicite d'Israël, et des accords passés conclus avec l'Etat juif. Le Hamas a imposé dans l'accord une clause clé qui l'exonère de tout engagement "contraire aux intérêts du peuple palestinien" qui pourraient être pris envers Israël par Mahmoud Abbas ou avoir été pris dans le passé par son défunt prédécesseur Yasser Arafat. Le Président de l’Autorité palestinienne, lui, estime que le Hamas a implicitement accepté les accords passés avec Israël et qu'il a réellement évolué, une appréciation que n'est pas loin de partager l'Union européenne, bien que cette dernière attende la composition du futur gouvernement nationales  et ses orientations précises avant de lever les sanctions. Cette prudence reflète une certaine division des Européens entre les pays qui comme la Finlande, la France, l’Irlande, la Belgique et l’Espagne espèrent renouer les contacts avec l’Autorité palestinienne le plus vite possible tandis que des pays comme l’Allemagne et le Royaume Uni sont attentifs, voire conditionnés par l’avis de Washington. Pour leur part, Israël et les Etats-Unis multiplient les déclarations hostiles au mouvement palestinien du Hamas pour ne point faillir à leurs habitudes. George Bush a d’ores et déjà rejeté le projet de gouvernement entre le Fatah et le Hamas démontrant une nouvelle fois, s’il en faut, son alignement total à l’agresseur israélien. Quoi qu’il en soit, et au-delà des positions des uns et des autres, Il ne fait aucun doute que le Hamas, en abandonnant sa position commode de force d'opposition permanente, a fait du chemin, et d'abord en se présentant en janvier aux élections législatives palestiniennes dans le cadre d'accords d'autonomie qu'elle avait toujours récusé. Le mouvement a fait un pas supplémentaire, après sa victoire électorale contre le Fatah, en maintenant de facto sa trêve des attentats suicide contre Israël. L’offensive meurtrière israélienne menée depuis juin à Gaza sous le prétexte de l'enlèvement en juin du soldat israélien et l’enlèvement de ministres et députés palestiniens avait justement pour objectif d’isoler encore davantage le gouvernement Hamas. Le mouvement qui s'est investi dans le système politique palestinien, misant sa réputation veut désormais composer avec son plus ancien rival politique, c’est un pas important dans l’unification des rangs palestiniens.

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche