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Nucléaire
L'AIEA dénonce un rapport erroné du Congrès américain sur l'Iran
Les Etats-Unis ne
sont pas à court de manipulations pour tenter de « justifier » leurs
cabales contre les pays qu’ils considèrent comme faisant partie de
« l’axe du mal ». Après l’Irak, envahi en raison de la présence
inventée « de destruction massive » c’est au tour de l’Iran de se
voir aujourd’hui diabolisé et affublé de tous les maux par
Washington. Washington n’hésite pas, dans ce cas également à
tronquer les rapports d’organismes internationaux. Ainsi, Les
inspecteurs de l'AIEA ont qualifié de "scandaleux et malhonnêtes"
certains passages d'un rapport du Congrès des Etats-Unis sur les
activités nucléaires de l'Iran, dans une lettre de protestation au
gouvernement et aux parlementaires américains obtenue. L'incident,
symptomatique des tensions internationales entourant le dossier du
nucléaire iranien, rappelle les divergences entre l'Agence
internationale de l'Energie atomique et l'administration de George
Bush avant le déclenchement, en 2003, de la guerre en Irak.
Washington avait justifié cette intervention militaire par les
tentatives d'acquisition par l'Irak d'armes de destruction massive,
sur la base d'informations qui s'étaient révélées fausses. Adressée
au président de la Commission spéciale du renseignement de la
Chambre des représentants et rédigée par un proche conseiller du
directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, cette lettre relève la
présence dans un rapport présenté le 23 août par cette commission de
graves déformations des conclusions de l'AIEA sur les activités
nucléaires de l'Iran. Le programme iranien de fabrication de
combustible nucléaire apparaît, dans ce rapport, bien plus avancé
que ne le suggèrent l'AIEA et les analyses des services de
renseignement américains, souligne la lettre. Le rapport de la
commission parlementaire, ajoute-t-elle, soutient à tort que l'Iran
a enrichi de l'uranium à un niveau suffisant pour fabriquer des
armes atomiques, en avril dans son usine pilote de centrifugation.
Les inspecteurs de l'AIEA ont dit que Téhéran avait certes enrichi
de l'uranium mais à un niveau qui ne permettrait de l'utiliser que
pour alimenter des réacteurs nucléaires. "En outre, le secrétariat
de l'AIEA s'offusque de l'assertion fausse et trompeuse" selon
laquelle elle aurait décidé de démettre de ses fonctions un
inspecteur de haut rang qui aurait conclu que le programme nucléaire
iranien avait des objectifs militaires, indique la lettre. Selon ce
document, le rapport parlementaire laisse entendre "de manière
scandaleuse et malhonnête" que cet inspecteur aurait été limogé pour
n'avoir pas observé une directive officieuse de l'AIEA interdisant à
ses "responsables de dire toute la vérité" sur l'Iran. De sources
diplomatiques, cet inspecteur est toujours à son poste de chef de
section pour l'Iran. L'AIEA surveille le programme nucléaire iranien
depuis 2003. Même si elle n'a trouvé aucune preuve concrète de
l'élaboration par l'Iran d'armes atomiques, elle a détecté par le
passé des activités secrètes liées à l'enrichissement de l'uranium.
Ce processus permet de purifier le minerai pour en faire du
combustible à destination de centrales nucléaires, mais aussi
éventuellement, à un degré d'enrichissement plus élevé, de fabriquer
des armes atomiques. "Nous avons éprouvé le besoin de rectifier
certaines choses en ce qui concerne nos évaluations sur l'Iran", a
déclaré une porte-parole de l'AIEA, Melissa Fleming. "Cela relève de
l'intégrité de l'AIEA." Selon des diplomates, Washington, partisan
de sanctions contre l'Iran à cause de ses activités nucléaires,
considère depuis longtemps ElBaradei comme étant trop "souple"
vis-à-vis de Téhéran. "(Ce rapport parlementaire) rappelle fortement
la période qui a précédé la guerre en Irak, où la réalité a été
malmenée et où on a tenté de nuire à l'intégrité des inspecteurs de
l'AIEA", a déclaré un expert au fait des relations entre l'agence de
l'Onu et les Etats-Unis.
Palestine
Le Hamas accepte de partager le pouvoir pour sortir de l’impasse
Boycotté par
l'Occident qui soutient bec et ongles Israël, le mouvement
palestinien du Hamas s'est résolu à se fondre prochainement dans un
gouvernement d'unité nationale aux côtés du Fatah du président
Mahmoud Abbas. Le parti a de ce fait évolué puisqu’il accepte de
partager le pouvoir au sein de l’exécutif gouvernemental. Une
décision dictée avant tout par le souci de faire lever les sanctions
extérieures, les Etats-Unis et l’Union Européennes ayant suspendues
toutes les aides financières. Israël a par ailleurs coupé toutes les
routes du commerce et des approvisionnements vitaux en plus de
refuser de reverser des taxes pourtant dues à l’Autorité
palestinienne. En acceptant de former avec le Fatah un gouvernement
d'unité nationale, le Hamas amorce-t-il une évolution véritable,
plus empreinte de pragmatisme? "Oui, je pense, ils ont changé, mais
ils ne veulent pas le dire", répond l'analyste palestinien Ali
Djarbaoui. Le Hamas veut faire savoir à Mahmoud Abbas et dans une
moindre mesure à l'Union Européenne, qu'il s'assouplit en jouant le
jeu des accords passés entre les Palestiniens et Israël, par là-même
reconnaissant implicitement l’Etat hébreu. "Si Israël accepte de se
retirer de la bande de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem, libère
les prisonniers et permet le retour des réfugiés, nous pourrons
envisager de reconnaître cet Etat", a précisé récemment Ahmed
Youssef, conseiller politique du Premier ministre Ismaïl Haniyeh.
Les dirigeants du mouvement balisent ainsi cette reconnaissance et
affirment qu'ils ne céderont pas aux pressions occidentales visant à
les pousser à admettre formellement l'existence d'Israël sans
contrepartie aucune. Le porte-parole du gouvernement de Haniyeh,
Sami Abou Zouhri, assure de son côté que "le Hamas ne reconnaît et
ne reconnaîtra pas l'occupant" et que l'accord avec Abbas pour un
gouvernement d'union n'induit aucune reconnaissance explicite, ni
même implicite d'Israël, et des accords passés conclus avec l'Etat
juif. Le Hamas a imposé dans l'accord une clause clé qui l'exonère
de tout engagement "contraire aux intérêts du peuple palestinien"
qui pourraient être pris envers Israël par Mahmoud Abbas ou avoir
été pris dans le passé par son défunt prédécesseur Yasser Arafat. Le
Président de l’Autorité palestinienne, lui, estime que le Hamas a
implicitement accepté les accords passés avec Israël et qu'il a
réellement évolué, une appréciation que n'est pas loin de partager
l'Union européenne, bien que cette dernière attende la composition
du futur gouvernement nationales et ses orientations précises avant
de lever les sanctions. Cette prudence reflète une certaine division
des Européens entre les pays qui comme la Finlande, la France,
l’Irlande, la Belgique et l’Espagne espèrent renouer les contacts
avec l’Autorité palestinienne le plus vite possible tandis que des
pays comme l’Allemagne et le Royaume Uni sont attentifs, voire
conditionnés par l’avis de Washington. Pour leur part, Israël et les
Etats-Unis multiplient les déclarations hostiles au mouvement
palestinien du Hamas pour ne point faillir à leurs habitudes. George
Bush a d’ores et déjà rejeté le projet de gouvernement entre le
Fatah et le Hamas démontrant une nouvelle fois, s’il en faut, son
alignement total à l’agresseur israélien. Quoi qu’il en soit, et
au-delà des positions des uns et des autres, Il ne fait aucun doute
que le Hamas, en abandonnant sa position commode de force
d'opposition permanente, a fait du chemin, et d'abord en se
présentant en janvier aux élections législatives palestiniennes dans
le cadre d'accords d'autonomie qu'elle avait toujours récusé. Le
mouvement a fait un pas supplémentaire, après sa victoire électorale
contre le Fatah, en maintenant de facto sa trêve des attentats
suicide contre Israël. L’offensive meurtrière israélienne menée
depuis juin à Gaza sous le prétexte de l'enlèvement en juin du
soldat israélien et l’enlèvement de ministres et députés
palestiniens avait justement pour objectif d’isoler encore davantage
le gouvernement Hamas. Le mouvement qui s'est investi dans le
système politique palestinien, misant sa réputation veut désormais
composer avec son plus ancien rival politique, c’est un pas
important dans l’unification des rangs palestiniens.
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