Semaine du 20 au 26  septembre 2006

Dispositions de la charte de la réconciliation nationale

Une prorogation en demi-teinte ?

Terrorisme contre résistance

Ben Laden, le salafisme et nous

Mouvement des non-alignés

Mythe ou réalité ?

 

 
 
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Dispositions de la charte de la réconciliation nationale

Une prorogation en demi-teinte ?

Les déclarations du ministre de l'intérieur Nourredine Yazid Zerhouni, à la cérémonie de sortie de promotion de pompiers a laissé croire à une possible prolongation du délai pour la reddition des derniers   irréductibles terroristes. Pourtant, à l'écouter jeudi dernier, en marge de la séance plénière de l'APN consacrée aux questions orales, on comprend que le délai de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ne sera pas prorogé.

En fait, ce qui est, selon ses propos, un impératif est purement opérationnel. Il   nécessite de revoir le délai de reddition accordé par la réconciliation nationale pour donner une issue à ceux qui se rendent. Ce qui préoccupe le ministre de l'intérieur c'est de trouver une solution aux nouveaux repentis. Le ministre de l'intérieur avait indiqué qu'on n'allait pas les renvoyer dans les maquis.

Quant à la solution, elle doit se trouver «en puisant dans le cadre du code pénal en vigueur ou en recherchant une autre possibilité».  Des solutions, précise t il et «pas nécessairement les mêmes inscrites dans le cadre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale».

L'explication est tout de même intéressante, car on a entendu des « hourras » qui à première vue sont quelque peu hâtifs. Du point de vue du ministre, les choses sont on ne peut plus claire. Il y a lieu de trouver des solutions  aux éléments armés dans les maquis. La solution sera juridique fondée sur les codes et lois existants sans que ces nouveaux repentis ne puissent bénéficier des largesses accordées par la charte sur la réconciliation nationale.

En fait, le schéma est identique à celui qui a prévalu après l'expiration du délai de la concorde civile.

Cela étant, si seule la question opérationnelle nécessite ce genre de déclarations, il y a donc lieu d'oublier totalement le volet politique de la prolongation de la réconciliation nationale, car il y'en a un assurément. Le plus pernicieux et le plus inquiétant dans ce volet étant ses non dits, plus nombreux que ce qui est effectivement déclaré. De toute évidence, l'insistance du secrétaire général du FLN pour une prolongation des mesures exceptionnelles contenues dans la charte pour la réconciliation   nationale n'étant en aucune manière motivée par les seules considérations opérationnelles, un parti politique, fut-il le FLN n'a pas ce genre de soucis   immédiats. On peut mesurer l'importance de cette prorogation à l'ampleur de la déception de Abdelaziz Belkhadem alors que cette prorogation attendue, n'a pas été décidée.

Il y a effectivement un aspect de la réconciliation nationale plus large et plus généreux, qui n'a qu'une utilité politique, qu'on en peut résumer à la simple application de dispositions de clémence déjà contenues dans les lois et les codes. Mais il est bien évident que cette dimension n'a pas servie à l'échelle attendue principalement  par le FLN qui a soutenu réellement la réconciliation et milité pour sa prorogation  pour les avantages politiques qu'il allait en tirer.

C'est probablement parce qu'il n'a pas pu tirer profit entièrement   de ces dispositions qu'il a souhaité une prorogation.

Les déclarations du ministre à l'école de la protection civile du Hamiz avait effectivement suscité des interrogations   légitimes quant à cette éventuelle prorogation quand Abdelaziz Belkhadem lui-même indiquait à la presse que la prorogation dépendait du seul chef de l'Etat.   

Clémence pour El Qaïda ?

Il reste que si les préoccupations du ministre  de l'intérieur sont tout à fait compréhensible il   y a lieu de se demander comment déterminer des solutions pour des gens qui viennent de prêtre allégeance au réseau terroriste qui donne des nuits blanches aux services de sécurité du monde entier.

Jusqu'à maintenant l'éventualité d'un rapprochement GSPC-El Qaïda était une hypothèse, tout au plus une éventualité. Celle-ci vient de devenir une réalité aux yeux du monde, selon ce qui en a été dit à travers les communiqués des responsables du GSPC eux-mêmes.

En, s'alliant à la nébuleuse internationale le GSPC ne travail plus pour son seul compte, il vient de se mettre à dos le monde « civilisé » dans son ensemble et dans ce cas les autorités algérienne, dont on apprécie   particulièrement la coopération en matière de lutte anti-terroriste un peu partout dans le monde, seraient bien  mal inspirées pour accorder des grâces et des dispositions de clémences à l'égard de ceux qui finalement ne cherchent plus seulement à égorger leurs compatriotes et coreligionnaires, mais s'attaquent  carrément aux intérêts étrangers, européens, plus précisément français. Leur offrir l'absolution équivaudrait à en devenir les complices voire leur   offrir une base arrière à quelques brasses de l'Europe.

Il est vrai que la déclaration du ministre de l'intérieur est intervenue avant que ne soit révélée au monde ce rapprochement GSPC-El Qaïda, mais il est difficile de croire que les autorités   ne suivaient pas de près ces rapprochements éventuellement ou du moins ne surveillaient pas cette éventualité.

Il reste que ce qui a été décidé de prime abord ce ne sont pas les dispositions de clémence à l'égard des terroristes dont on a beaucoup parler en fin de semaine dernière, mais les dispositions de sécurité renforcée pour protéger justement les intérêts étrangers et les étrangers eux mêmes en Algérie.

Amine Esseghir

 

Travel warning et conseils aux voyageurs

Le rapprochement GSPC-El Qaïda n'a pas été encore pris en compte par les conseils aux voyageurs américains ou français qui voudraient se rendre en Algérie au moment où est rédigé cet article. Le travel warning du département d'Etat américain a été mis à jour le 31 août 2006 et la dite allégeance du   GSPC à El Qaïda n'est pas mentionnée dans les news. Pour les conseils aux voyageurs français, l'information ne fait partie des dernières nouvelles concernant la sécurité des français à l'étranger répertoriées et les conseils restent globalement les mêmes c'est à dire préconiser un maximum de mesures de sécurité dans les régions   éloignées des grands centres urbains notamment d'Alger et des grandes villes.

 

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Terrorisme contre résistance

Ben Laden, le salafisme et nous

Il y a comme une volonté de maintenir le monde musulman dans sa léthargie actuelle en renforçant en son sein les plus violents des groupes islamistes et en évitant des alternatives de type Hezbollah.

Tel un « sourd dans une fête » (proverbe égyptien), les médias se contentent le plus souvent d’amplifier des communiqués et des déclarations de chefs terroristes sans avoir le temps ni les moyens d’investigation pour vérifier ou recouper les informations entre leurs mains. Les médias n’ont, semble-t-il, pas pour mission d’aller profondément dans les dédales de l’information sécuritaire. Ils sont seulement invités à transmettre, comme s’il s’agissait d’annoncer des coupures d’eau ou d’électricité, à une opinion publique déjà gavée d’informations de tous genres, des communiqués de Ben Laden, de Abou Mossaâb, de Zawahiri and Co qui annoncent des attentats.

L’histoire d’Al-Qaeda, des attentats du 11 septembre, et l’internationalisation du GSPC algérien et de la Jamaâ Islamiya d’Egypte qui auraient prêté allégeance à Ben Laden, sont un bel exemple. Les sorties médiatiques des chefs terroristes, d’Al-Qaeda et d’autres, coïncident bizarrement avec des événements internationaux, qu’il s’agisse de l’agression israélienne contre le Liban, de l’approche des élections présidentielles en France, ou du bilan de la « guerre contre le terrorisme » que devait faire le président George W. Bush cinq ans après les attentats du 11 septembre à New York et Washington.

Commençons par le GSPC. Rappelons d’abord que depuis au moins deux années, le groupe de Abou Mossaâb (qui a remplacé Hassan Hattab à la tête de ce groupe) était censé appartenir aux réseau Al-Qaeda. Alors que le « chef » du GSPC a annoncé le 13 septembre dernier, soit quelques jours après Ayman Zawahiri, son ralliement à Ben Laden. Etonnant, puisque dans la presse algérienne il était déjà de coutume de lire que Al-Qaeda est présente en Algérie à travers le GSPC ce qui justifie, pour certains, la présence et la coopération militaire algéro-américaine au point de créer une base US dans le Sahara algérien.

Suite aux « bons » résultats obtenus sur le registre américain, voilà que la multinationale Al-Qaeda investit le groupe terroriste algérien sur la scène française. Ainsi, Al-Qaeda a décidé de « menacer » de commettre des attentats en France. Argument : l’interdiction faite aux musulmanes de France de porter le foulard.

« Nous annonçons officiellement le ralliement du GSPC à Al-Qaeda. Qu’il soit une épine dans la gorge des croisés, des américains, des français et de leurs alliés », affirmait le bras droit de Ben Laden. Al-Qaeda a donc décidé, plus de deux ans après la très controversée loi sur le hidjab (ou foulard islamique) de commettre des attentats au cœur de l’Hexagone à travers son nouveau bras le GSPC. Au grand bonheur de Nicolas Sarkozy et de ceux qui, en France, vont user et abuser du discours de la peur pour ameuter un électorat et le dévier des véritables questions socio-économiques qui minent la société française. Avec l’expérience des élections présidentielles de 2002 en France, l’on sait maintenant quels seront les résultats d’une telle démarche basée sur la peur de l’autre.

Quant à George W. Bush, il peut remercier le ciel d’avoir un parfait agent de communication en la personne du numéro un d’Al-Qaeda qui arrive toujours à sortir le président des Etats-Unis du pétrin en lui permettant de booster sa prétendue « guerre contre le terrorisme » qui coûte au contribuable américain des centaines voire des milliers de milliards de dollars. Ben Laden cour toujours. Il faut qu’il continue de courir pour les « néo-conservateurs » puissent maintenir leur main basse sur les Etats-Unis malgré plusieurs années de mensonge. La sortie médiatique de Ayman Zawahiri à la date anniversaire des attaques du 11 septembre, ont permis à l’administration Bush d’éluder le débat sur les résultats de cinq années de « lutte contre le terrorisme », l’enquête même sur ces attentats, la guerre contre l’Irak, et les rapports mensongers sur les prétendus armes de destruction massive de Saddam Hussein. Au point ou agiter Ben Laden c’est devenu, en soi, une arme de destruction massive.

Et comme une cerise sur le gâteau, sa sainteté, le tout nouveau chef du Vatican Benoît XVI, vient de mettre son grain de sel en faisant des déclarations pour le moins incendiaires portant atteinte à l’Islam et à son prophète. Des propos qui viennent renforcer ceux de Oussama Ben Laden et de son bras droit Ayman Zawahiri lorsqu’ils menacent de faire embraser la France.

Il y a comme une volonté de maintenir le monde musulman dans sa léthargie actuelle en renforçant en son sein les plus violents des groupes islamistes et en évitant des alternatives de type Hezbollah. Et à ce jeu, Al-Qaeda s’y prête volontiers. Rappelons qu’au plus fort de l’agression israélienne contre le Liban, et au moment où les troupes d’élites de Tsahal cumulaient les défaites devant une résistance héroïque, professionnelle et combative, le bras droit de Ben Laden intervient pour brouiller les cartes en annonçant le ralliement de la Jamaâ Islamiya d’Egypte à Al-Qaeda. Une tentative, infructueuse heureusement, de faire oublier les bombardements criminels de l’armée israélienne qui ont fait plus d’un milliers de morts dont plus de 400 enfants. Quel intérêt stratégique avait Al-Qaeda à faire une telle annonce (démentie quelques jours plus tard par le chef de la Jamaâ Islamiya qui a renoncé depuis plusieurs années aux actions armées), si ce n’est de brouiller les cartes et détourner les yeux des opinions publiques, arabe et occidentale, de la guerre contre le Liban, des massacres israéliens et de l’efficacité de la résistance libanaise.

D’ailleurs, depuis l’épisode de la guerre des 33 jours contre le Liban, les opinions arabes, musulmanes et occidentales savent faire la différence entre un mouvement de résistance sérieux et un groupe terroriste dont le seul but est de tuer des innocents car incapable de s’attaquer aux armées de ses « ennemis ».

Grâce à Hezbollah, on sait maintenant que prétendre s’opposer à l’ennemi ne se fait pas par paquets de 100 kilogrammes de TNT contre des ambassades ou des salles de cinéma, ou alors en égorgeant des appelés du service national.

Al-Qaeda ne s’en est d’ailleurs jamais pris à Israël, faut-il le rappeler. Ben Laden sait que s’attaquer à l’Etat Hébreu lui coûtera cher, car le Mossad le fera déterrer de son trou. Il sait aussi que s’attaquer à Israël ça demande des capacités intellectuelles immenses (militaires, renseignement…) dont il n’est pas capable ni lui ni ses lieutenants. Il sait, surtout, que cela demande une base populaire qui soit non seulement convaincue de la justesse du combat mais nécessite également une totale confiance dans les hommes qui mènent le combat au nom de la communauté. Et Al-Qaeda ne peut jamais espérer avoir ni la sympathie, ni la confiance des populations arabes et musulmanes, à l’inverse du capital de soutien dont bénéficie le Hezbollah libanais et les mouvements de résistance palestiniens (Hamas, Djihad, …).

Résister, comme le fait la résistance libanaise, c’est une affaire sérieuse qui dépasse de loin le jeu malsain d’Al-Qaeda. Un jeu idéologiquement renforcé par une « pensée » salafiste totalement débridée et incapable de construire un modèle sérieux, car occupée dans les futilités liées à la barbe et à la longueur du kamis.

Un salafisme (né et élevé au grade de doctrine d’Etat dans un pays allié des Etats-Unis) dont les imams (ici en Algérie et dans d’autres pays arabes) qui considèrent le Hezbollah comme un « ennemi » sous prétexte qu’il est chiite. Comme si Israël était sunnite !

Abdelkader Djalil

 

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Mouvement des non-alignés

Mythe ou réalité ?

Le mouvement des non alignés (MNA) arrivera-t-il enfin à renaître de ses cendres pour s’imposer de nouveau sur la scène internationale ? Où en est "la troisième voie" prônée lors de la conférence afro-asiatique de Bandung, en 1955, par le président yougoslave de l’époque, le maréchal Josip-Broz Tito, pour signifier que ces pays se démarquent par rapport aux deux blocs de la guerre froide ? Mais il faut savoir que depuis 1990, avec la chute du communisme et la disparition de l’URSS, les choses ont terriblement changé et le monde est devenu unipolaire. Ces nouvelles données doivent certainement influer sur le cours des travaux du 14e sommet des pays non alignés, surtout quand on sait que de nombreux pays qui y participent et qu’on dit en voie de développement, sont économiquement dépendants des Etats-Unis, autrement dit, il se sont alignés au bloc de l’Ouest.

Cela fait tout de même un bail que l’on n’a plus entendu parler du mouvement des non alignés, la justification la plus courante pour expliquer l’absence de ces pays sur la scène internationale reste la disparition de l’URSS, et par conséquent, la chute du communisme, c’est-à-dire la fin de la guerre froide qui a longtemps opposé le bloc de l’Est qui représente le socialisme et le communisme, et le bloc de l’Ouest qui prône le capitalisme et l’économie de marché.

Deux idéologies différentes qui divisaient le monde à cette époque, l’émergence du tiers monde sur la scène internationale et en plein apogée de cette guerre froide, laissait croire qu’un multilatéralisme était du domaine du possible.

En fait, les pays sous-développés d’Asie et d’Afrique ont ressenti, face à la consolidation du camp socialiste, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qui a mis fin au fascisme et a vu les empires coloniaux s’effondrer, et à l’essor d’un monde bipolaire, les Etats-Unis d’un côté et l’URSS de l’autre, et l’émergence de deux blocs militaires (l’OTAN et le Pacte de Varsovie), de coordonner leurs efforts pour à la fois défendre leurs intérêts et consolider leur indépendance.

Pour mettre toutes ces idées en pratique, vingt neuf chef d’Etat et de gouvernement se réunissent à Bandung, en Indonésie, en avril 1955. A l’issue de cette rencontre, les politiques, pour faire face à la nouvelle situation mondiale, sont élaborées. Mais depuis 1990, les choses ont changé. Le monde est devenu unipolaire. Des frontières géographiques ont été révisées, de nouveaux Etats sont apparus. On constate aussi qu’il y a beaucoup moins d’idéologies.

Si toutes ces données ont fait que le mouvement des non alignés ne fait pas beaucoup parler de lui, il faut ajouter que ce mouvement peine à se faire entendre et à jouer un rôle important sur la scène internationale, et ce, en raison des dissensions interner qui y règnent, tel le conflit qui oppose l’Inde et le Pakistan. Et c’est sans doute pour mettre fin à de pareilles situations que le 14e sommet des pays non alignés aura lieu à La Havane, capitale de Cuba.

Deux réunions préparatoires ont eu lieu avant la tenue du sommet. La revitalisation du mouvement des pays non alignés était, parmi d’autres sujets, largement débattue par les participants, car elle constitue l’une des préoccupations partagée par l’ensemble des pays.

En effet, lors du 11e sommet du mouvement à Cartagena (Colombie) et du 13e sommet à Kuala Lampur (Malaisie), en 1995, il était question de tout faire pour remettre le mouvement sur pied. Donc, il est question avant tout de revitaliser les positions des pays membres du mouvement, car « les principes et les buts du non-alignement qui ont prévalu en 1961, à la création de ce mouvement, conservent toute leur validité et leur pertinence », est-il écrit dans le projet de déclaration finale.

Pauvreté, développement et injustice, sont les thèmes traditionnels sur lesquels planchent les participants au sommez, surtout les pays en voie de développement, qui sont, depuis plus de trente ans, engagés dans une épreuve de force qui ne dit pas son nom. Depuis que le sommet d’Alger, en 1973, l’on avait formalisé la revendication légitime qui veut qu’un ordre mondial plus juste règne enfin. Mais c’était certainement prêcher dans le désert, car si nouvel ordre mondial il y a, il n’est certainement pas à la faveur des pays pauvres.

Le nouvel ordre mondial veut que l’opposition est-ouest n’est qu’un ancien souvenir. Le monde est désormais unipolaire, avec pour principal meneur les Etats-Unis qui sont seuls maîtres à bord, font et défont les régimes à leur guise, classent les Etats qui les dérangent dans "l’axe du mal" et bénissent les injustices des Israéliens au Moyen-Orient. En un mot, les Américains régentent le monde, mais seulement au gré de leurs intérêts géo-stratégiques et économique.

Une question tout de même. Ce 14e sommet qui a vu une très grande participation : une cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements, 300 délégués et 140 pays représentés, si l’on compte les pays observateurs qui sont au nombre de 24.Cette participation élevée est sans doute due au contexte actuel marqué par la présence américaine en Irak, le dossier nucléaire iranien, l’interventionnisme sans limite des Etats-Unis au Moyen-Orient, l’anniversaire des attaques du 11-septembre 2001… Aura-t-il réellement le résultat que les pays membres du mouvement attendent de lui, c’est-à-dire redonner du souffle aux non alignés, afin qu’ils redeviennent une force comme ils l’étaient avant ?

Les importantes préoccupations du sommet qui sont : paix et sécurité internationale, les PNA et les conflits régionaux (la situation au Moyen-Orient, la situation dans le Golfe, les conflits de l’Afrique, la question chypriote, la situation en Bosnie Herzégovine et en ex-Yougoslavie, les rivalités indo-pakistanaises sur le Cachemire, la démocratie et droits de l’homme, le développement économique et social, la réforme de l’ONU et d’autres questions encore, trouveront-ils des solutions satisfaisantes.

Ainsi, les pays du Sud doivent-ils se regrouper pour donner plus de cohérence à leurs revendications, mais aussi et surtout pour s’imposer, comme pays incontournable pour la coopération internationale. C’est de cette manière qu’ils peuvent contrecarrer le discours développé par certains pays riches, et qui désigne les pays du Sud comme une menace semblable à celle de l’Est, ce qui est en soi une entrave de taille pour une coopération bénéfique à tous.

Le faut savoir que beaucoup de pays, surtout ceux du Nord, se montrent sensible à la doctrine, ou plutôt la philosophie du non-alignement. Leur participation, chaque fois plus grande, aux différents sommets en est la preuve,même s’ils viennent du Nord, plus riche et plus développé, ils revendiquent le droit à la justice et à l’existence en qui des droits simples, mais pas du tout évidents dans un contexte fait à la mondialisation et d’une gestion unilatérale des rapports internationaux, mais cette sympathie marquée des pays du Nord, l’adhésion de Haïti et de l’île Caraïbe de Saint-Kitts qui porte à 118 les pays membres, donneront-ils plus de force au mouvement ?

Certainement pas, diront des observateurs qui se demanderont si le mouvement des non alignés est toujours une réalité ou un mythe dans le cadre duquel des dirigeants vont s’égosiller à dénoncer les méfaits de la colonisation et le commerce inéquitable qui n’a pas manqué de détruire l’économie des pays pauvres, sans que rien en soit fait pour remédier à cette situation, car c’est le nouvel ordre mondial qui le veut

Khadidja Mohamed Bouziane

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