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Dispositions de la charte de la réconciliation nationale
Une prorogation
en demi-teinte ?
Les déclarations
du ministre de l'intérieur Nourredine Yazid Zerhouni, à la cérémonie
de sortie de promotion de pompiers a laissé croire à une possible
prolongation du délai pour la reddition des derniers irréductibles
terroristes. Pourtant, à l'écouter jeudi dernier, en marge de la
séance plénière de l'APN consacrée aux questions orales, on comprend
que le délai de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale ne sera pas prorogé.
En fait, ce qui
est, selon ses propos, un impératif est purement opérationnel. Il
nécessite de revoir le délai de reddition accordé par la
réconciliation nationale pour donner une issue à ceux qui se
rendent. Ce qui préoccupe le ministre de l'intérieur c'est de
trouver une solution aux nouveaux repentis. Le ministre de
l'intérieur avait indiqué qu'on n'allait pas les renvoyer dans les
maquis.
Quant à la
solution, elle doit se trouver «en puisant dans le cadre du code
pénal en vigueur ou en recherchant une autre possibilité». Des
solutions, précise t il et «pas nécessairement les mêmes inscrites
dans le cadre de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale».
L'explication est
tout de même intéressante, car on a entendu des « hourras » qui à
première vue sont quelque peu hâtifs. Du point de vue du ministre,
les choses sont on ne peut plus claire. Il y a lieu de trouver des
solutions aux éléments armés dans les maquis. La solution sera
juridique fondée sur les codes et lois existants sans que ces
nouveaux repentis ne puissent bénéficier des largesses accordées par
la charte sur la réconciliation nationale.
En fait, le schéma
est identique à celui qui a prévalu après l'expiration du délai de
la concorde civile.
Cela étant, si
seule la question opérationnelle nécessite ce genre de déclarations,
il y a donc lieu d'oublier totalement le volet politique de la
prolongation de la réconciliation nationale, car il y'en a un
assurément. Le plus pernicieux et le plus inquiétant dans ce volet
étant ses non dits, plus nombreux que ce qui est effectivement
déclaré. De toute évidence, l'insistance du secrétaire général du
FLN pour une prolongation des mesures exceptionnelles contenues dans
la charte pour la réconciliation nationale n'étant en aucune
manière motivée par les seules considérations opérationnelles, un
parti politique, fut-il le FLN n'a pas ce genre de soucis
immédiats. On peut mesurer l'importance de cette prorogation à
l'ampleur de la déception de Abdelaziz Belkhadem alors que cette
prorogation attendue, n'a pas été décidée.
Il y a
effectivement un aspect de la réconciliation nationale plus large et
plus généreux, qui n'a qu'une utilité politique, qu'on en peut
résumer à la simple application de dispositions de clémence déjà
contenues dans les lois et les codes. Mais il est bien évident que
cette dimension n'a pas servie à l'échelle attendue principalement
par le FLN qui a soutenu réellement la réconciliation et milité pour
sa prorogation pour les avantages politiques qu'il allait en tirer.
C'est probablement
parce qu'il n'a pas pu tirer profit entièrement de ces
dispositions qu'il a souhaité une prorogation.
Les déclarations
du ministre à l'école de la protection civile du Hamiz avait
effectivement suscité des interrogations légitimes quant à cette
éventuelle prorogation quand Abdelaziz Belkhadem lui-même indiquait
à la presse que la prorogation dépendait du seul chef de l'Etat.
Clémence pour El
Qaïda ?
Il reste que si
les préoccupations du ministre de l'intérieur sont tout à fait
compréhensible il y a lieu de se demander comment déterminer des
solutions pour des gens qui viennent de prêtre allégeance au réseau
terroriste qui donne des nuits blanches aux services de sécurité du
monde entier.
Jusqu'à maintenant
l'éventualité d'un rapprochement GSPC-El Qaïda était une hypothèse,
tout au plus une éventualité. Celle-ci vient de devenir une réalité
aux yeux du monde, selon ce qui en a été dit à travers les
communiqués des responsables du GSPC eux-mêmes.
En, s'alliant à la
nébuleuse internationale le GSPC ne travail plus pour son seul
compte, il vient de se mettre à dos le monde « civilisé » dans son
ensemble et dans ce cas les autorités algérienne, dont on apprécie
particulièrement la coopération en matière de lutte anti-terroriste
un peu partout dans le monde, seraient bien mal inspirées pour
accorder des grâces et des dispositions de clémences à l'égard de
ceux qui finalement ne cherchent plus seulement à égorger leurs
compatriotes et coreligionnaires, mais s'attaquent carrément aux
intérêts étrangers, européens, plus précisément français. Leur
offrir l'absolution équivaudrait à en devenir les complices voire
leur offrir une base arrière à quelques brasses de l'Europe.
Il est vrai que la
déclaration du ministre de l'intérieur est intervenue avant que ne
soit révélée au monde ce rapprochement GSPC-El Qaïda, mais il est
difficile de croire que les autorités ne suivaient pas de près ces
rapprochements éventuellement ou du moins ne surveillaient pas cette
éventualité.
Il reste que ce
qui a été décidé de prime abord ce ne sont pas les dispositions de
clémence à l'égard des terroristes dont on a beaucoup parler en fin
de semaine dernière, mais les dispositions de sécurité renforcée
pour protéger justement les intérêts étrangers et les étrangers eux
mêmes en Algérie.
Amine Esseghir
Travel warning
et conseils aux voyageurs
Le rapprochement
GSPC-El Qaïda n'a pas été encore pris en compte par les conseils aux
voyageurs américains ou français qui voudraient se rendre en Algérie
au moment où est rédigé cet article. Le travel warning du
département d'Etat américain a été mis à jour le 31 août 2006 et la
dite allégeance du GSPC à El Qaïda n'est pas mentionnée dans les
news. Pour les conseils aux voyageurs français, l'information ne
fait partie des dernières nouvelles concernant la sécurité des
français à l'étranger répertoriées et les conseils restent
globalement les mêmes c'est à dire préconiser un maximum de mesures
de sécurité dans les régions éloignées des grands centres urbains
notamment d'Alger et des grandes villes.
Haut
Terrorisme contre résistance
Ben Laden, le
salafisme et nous
Il y a comme une
volonté de maintenir le monde musulman dans sa léthargie actuelle en
renforçant en son sein les plus violents des groupes islamistes et
en évitant des alternatives de type Hezbollah.
Tel un « sourd
dans une fête » (proverbe égyptien), les médias se contentent le
plus souvent d’amplifier des communiqués et des déclarations de
chefs terroristes sans avoir le temps ni les moyens d’investigation
pour vérifier ou recouper les informations entre leurs mains. Les
médias n’ont, semble-t-il, pas pour mission d’aller profondément
dans les dédales de l’information sécuritaire. Ils sont seulement
invités à transmettre, comme s’il s’agissait d’annoncer des coupures
d’eau ou d’électricité, à une opinion publique déjà gavée
d’informations de tous genres, des communiqués de Ben Laden, de Abou
Mossaâb, de Zawahiri and Co qui annoncent des attentats.
L’histoire d’Al-Qaeda,
des attentats du 11 septembre, et l’internationalisation du GSPC
algérien et de la Jamaâ Islamiya d’Egypte qui auraient prêté
allégeance à Ben Laden, sont un bel exemple. Les sorties médiatiques
des chefs terroristes, d’Al-Qaeda et d’autres, coïncident
bizarrement avec des événements internationaux, qu’il s’agisse de
l’agression israélienne contre le Liban, de l’approche des élections
présidentielles en France, ou du bilan de la « guerre contre le
terrorisme » que devait faire le président George W. Bush cinq ans
après les attentats du 11 septembre à New York et Washington.
Commençons par le
GSPC. Rappelons d’abord que depuis au moins deux années, le groupe
de Abou Mossaâb (qui a remplacé Hassan Hattab à la tête de ce
groupe) était censé appartenir aux réseau Al-Qaeda. Alors que le
« chef » du GSPC a annoncé le 13 septembre dernier, soit quelques
jours après Ayman Zawahiri, son ralliement à Ben Laden. Etonnant,
puisque dans la presse algérienne il était déjà de coutume de lire
que Al-Qaeda est présente en Algérie à travers le GSPC ce qui
justifie, pour certains, la présence et la coopération militaire
algéro-américaine au point de créer une base US dans le Sahara
algérien.
Suite aux « bons »
résultats obtenus sur le registre américain, voilà que la
multinationale Al-Qaeda investit le groupe terroriste algérien sur
la scène française. Ainsi, Al-Qaeda a décidé de « menacer » de
commettre des attentats en France. Argument : l’interdiction faite
aux musulmanes de France de porter le foulard.
« Nous annonçons
officiellement le ralliement du GSPC à Al-Qaeda. Qu’il soit une
épine dans la gorge des croisés, des américains, des français et de
leurs alliés », affirmait le bras droit de Ben Laden. Al-Qaeda a
donc décidé, plus de deux ans après la très controversée loi sur le
hidjab (ou foulard islamique) de commettre des attentats au cœur de
l’Hexagone à travers son nouveau bras le GSPC. Au grand bonheur de
Nicolas Sarkozy et de ceux qui, en France, vont user et abuser du
discours de la peur pour ameuter un électorat et le dévier des
véritables questions socio-économiques qui minent la société
française. Avec l’expérience des élections présidentielles de 2002
en France, l’on sait maintenant quels seront les résultats d’une
telle démarche basée sur la peur de l’autre.
Quant à George W.
Bush, il peut remercier le ciel d’avoir un parfait agent de
communication en la personne du numéro un d’Al-Qaeda qui arrive
toujours à sortir le président des Etats-Unis du pétrin en lui
permettant de booster sa prétendue « guerre contre le terrorisme »
qui coûte au contribuable américain des centaines voire des milliers
de milliards de dollars. Ben Laden cour toujours. Il faut qu’il
continue de courir pour les « néo-conservateurs » puissent maintenir
leur main basse sur les Etats-Unis malgré plusieurs années de
mensonge. La sortie médiatique de Ayman Zawahiri à la date
anniversaire des attaques du 11 septembre, ont permis à
l’administration Bush d’éluder le débat sur les résultats de cinq
années de « lutte contre le terrorisme », l’enquête même sur ces
attentats, la guerre contre l’Irak, et les rapports mensongers sur
les prétendus armes de destruction massive de Saddam Hussein. Au
point ou agiter Ben Laden c’est devenu, en soi, une arme de
destruction massive.
Et comme une
cerise sur le gâteau, sa sainteté, le tout nouveau chef du Vatican
Benoît XVI, vient de mettre son grain de sel en faisant des
déclarations pour le moins incendiaires portant atteinte à l’Islam
et à son prophète. Des propos qui viennent renforcer ceux de Oussama
Ben Laden et de son bras droit Ayman Zawahiri lorsqu’ils menacent de
faire embraser la France.
Il y a comme une
volonté de maintenir le monde musulman dans sa léthargie actuelle en
renforçant en son sein les plus violents des groupes islamistes et
en évitant des alternatives de type Hezbollah. Et à ce jeu, Al-Qaeda
s’y prête volontiers. Rappelons qu’au plus fort de l’agression
israélienne contre le Liban, et au moment où les troupes d’élites de
Tsahal cumulaient les défaites devant une résistance héroïque,
professionnelle et combative, le bras droit de Ben Laden intervient
pour brouiller les cartes en annonçant le ralliement de la Jamaâ
Islamiya d’Egypte à Al-Qaeda. Une tentative, infructueuse
heureusement, de faire oublier les bombardements criminels de
l’armée israélienne qui ont fait plus d’un milliers de morts dont
plus de 400 enfants. Quel intérêt stratégique avait Al-Qaeda à faire
une telle annonce (démentie quelques jours plus tard par le chef de
la Jamaâ Islamiya qui a renoncé depuis plusieurs années aux actions
armées), si ce n’est de brouiller les cartes et détourner les yeux
des opinions publiques, arabe et occidentale, de la guerre contre le
Liban, des massacres israéliens et de l’efficacité de la résistance
libanaise.
D’ailleurs, depuis
l’épisode de la guerre des 33 jours contre le Liban, les opinions
arabes, musulmanes et occidentales savent faire la différence entre
un mouvement de résistance sérieux et un groupe terroriste dont le
seul but est de tuer des innocents car incapable de s’attaquer aux
armées de ses « ennemis ».
Grâce à Hezbollah,
on sait maintenant que prétendre s’opposer à l’ennemi ne se fait pas
par paquets de 100 kilogrammes de TNT contre des ambassades ou des
salles de cinéma, ou alors en égorgeant des appelés du service
national.
Al-Qaeda ne s’en
est d’ailleurs jamais pris à Israël, faut-il le rappeler. Ben Laden
sait que s’attaquer à l’Etat Hébreu lui coûtera cher, car le Mossad
le fera déterrer de son trou. Il sait aussi que s’attaquer à Israël
ça demande des capacités intellectuelles immenses (militaires,
renseignement…) dont il n’est pas capable ni lui ni ses lieutenants.
Il sait, surtout, que cela demande une base populaire qui soit non
seulement convaincue de la justesse du combat mais nécessite
également une totale confiance dans les hommes qui mènent le combat
au nom de la communauté. Et Al-Qaeda ne peut jamais espérer avoir ni
la sympathie, ni la confiance des populations arabes et musulmanes,
à l’inverse du capital de soutien dont bénéficie le Hezbollah
libanais et les mouvements de résistance palestiniens (Hamas,
Djihad, …).
Résister, comme le
fait la résistance libanaise, c’est une affaire sérieuse qui dépasse
de loin le jeu malsain d’Al-Qaeda. Un jeu idéologiquement renforcé
par une « pensée » salafiste totalement débridée et incapable de
construire un modèle sérieux, car occupée dans les futilités liées à
la barbe et à la longueur du kamis.
Un salafisme (né
et élevé au grade de doctrine d’Etat dans un pays allié des
Etats-Unis) dont les imams (ici en Algérie et dans d’autres pays
arabes) qui considèrent le Hezbollah comme un « ennemi » sous
prétexte qu’il est chiite. Comme si Israël était sunnite !
Abdelkader
Djalil
Haut
Mouvement des non-alignés
Mythe ou
réalité ?
Le mouvement des
non alignés (MNA) arrivera-t-il enfin à renaître de ses cendres pour
s’imposer de nouveau sur la scène internationale ? Où en est "la
troisième voie" prônée lors de la conférence afro-asiatique de
Bandung, en 1955, par le président yougoslave de l’époque, le
maréchal Josip-Broz Tito, pour signifier que ces pays se démarquent
par rapport aux deux blocs de la guerre froide ? Mais il faut savoir
que depuis 1990, avec la chute du communisme et la disparition de
l’URSS, les choses ont terriblement changé et le monde est devenu
unipolaire. Ces nouvelles données doivent certainement influer sur
le cours des travaux du 14e sommet des pays non alignés, surtout
quand on sait que de nombreux pays qui y participent et qu’on dit en
voie de développement, sont économiquement dépendants des
Etats-Unis, autrement dit, il se sont alignés au bloc de l’Ouest.
Cela fait tout de
même un bail que l’on n’a plus entendu parler du mouvement des non
alignés, la justification la plus courante pour expliquer l’absence
de ces pays sur la scène internationale reste la disparition de
l’URSS, et par conséquent, la chute du communisme, c’est-à-dire la
fin de la guerre froide qui a longtemps opposé le bloc de l’Est qui
représente le socialisme et le communisme, et le bloc de l’Ouest qui
prône le capitalisme et l’économie de marché.
Deux idéologies
différentes qui divisaient le monde à cette époque, l’émergence du
tiers monde sur la scène internationale et en plein apogée de cette
guerre froide, laissait croire qu’un multilatéralisme était du
domaine du possible.
En fait, les pays
sous-développés d’Asie et d’Afrique ont ressenti, face à la
consolidation du camp socialiste, à la fin de la Deuxième Guerre
mondiale, qui a mis fin au fascisme et a vu les empires coloniaux
s’effondrer, et à l’essor d’un monde bipolaire, les Etats-Unis d’un
côté et l’URSS de l’autre, et l’émergence de deux blocs militaires
(l’OTAN et le Pacte de Varsovie), de coordonner leurs efforts pour à
la fois défendre leurs intérêts et consolider leur indépendance.
Pour mettre toutes
ces idées en pratique, vingt neuf chef d’Etat et de gouvernement se
réunissent à Bandung, en Indonésie, en avril 1955. A l’issue de
cette rencontre, les politiques, pour faire face à la nouvelle
situation mondiale, sont élaborées. Mais depuis 1990, les choses ont
changé. Le monde est devenu unipolaire. Des frontières géographiques
ont été révisées, de nouveaux Etats sont apparus. On constate aussi
qu’il y a beaucoup moins d’idéologies.
Si toutes ces
données ont fait que le mouvement des non alignés ne fait pas
beaucoup parler de lui, il faut ajouter que ce mouvement peine à se
faire entendre et à jouer un rôle important sur la scène
internationale, et ce, en raison des dissensions interner qui y
règnent, tel le conflit qui oppose l’Inde et le Pakistan. Et c’est
sans doute pour mettre fin à de pareilles situations que le 14e
sommet des pays non alignés aura lieu à La Havane, capitale de Cuba.
Deux réunions
préparatoires ont eu lieu avant la tenue du sommet. La
revitalisation du mouvement des pays non alignés était, parmi
d’autres sujets, largement débattue par les participants, car elle
constitue l’une des préoccupations partagée par l’ensemble des pays.
En effet, lors du
11e sommet du mouvement à Cartagena (Colombie) et du 13e sommet à
Kuala Lampur (Malaisie), en 1995, il était question de tout faire
pour remettre le mouvement sur pied. Donc, il est question avant
tout de revitaliser les positions des pays membres du mouvement, car
« les principes et les buts du non-alignement qui ont prévalu en
1961, à la création de ce mouvement, conservent toute leur validité
et leur pertinence », est-il écrit dans le projet de déclaration
finale.
Pauvreté,
développement et injustice, sont les thèmes traditionnels sur
lesquels planchent les participants au sommez, surtout les pays en
voie de développement, qui sont, depuis plus de trente ans, engagés
dans une épreuve de force qui ne dit pas son nom. Depuis que le
sommet d’Alger, en 1973, l’on avait formalisé la revendication
légitime qui veut qu’un ordre mondial plus juste règne enfin. Mais
c’était certainement prêcher dans le désert, car si nouvel ordre
mondial il y a, il n’est certainement pas à la faveur des pays
pauvres.
Le nouvel ordre
mondial veut que l’opposition est-ouest n’est qu’un ancien souvenir.
Le monde est désormais unipolaire, avec pour principal meneur les
Etats-Unis qui sont seuls maîtres à bord, font et défont les régimes
à leur guise, classent les Etats qui les dérangent dans "l’axe du
mal" et bénissent les injustices des Israéliens au Moyen-Orient. En
un mot, les Américains régentent le monde, mais seulement au gré de
leurs intérêts géo-stratégiques et économique.
Une question tout
de même. Ce 14e sommet qui a vu une très grande participation : une
cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements, 300 délégués et
140 pays représentés, si l’on compte les pays observateurs qui sont
au nombre de 24.Cette participation élevée est sans doute due au
contexte actuel marqué par la présence américaine en Irak, le
dossier nucléaire iranien, l’interventionnisme sans limite des
Etats-Unis au Moyen-Orient, l’anniversaire des attaques du
11-septembre 2001… Aura-t-il réellement le résultat que les pays
membres du mouvement attendent de lui, c’est-à-dire redonner du
souffle aux non alignés, afin qu’ils redeviennent une force comme
ils l’étaient avant ?
Les importantes
préoccupations du sommet qui sont : paix et sécurité internationale,
les PNA et les conflits régionaux (la situation au Moyen-Orient, la
situation dans le Golfe, les conflits de l’Afrique, la question
chypriote, la situation en Bosnie Herzégovine et en ex-Yougoslavie,
les rivalités indo-pakistanaises sur le Cachemire, la démocratie et
droits de l’homme, le développement économique et social, la réforme
de l’ONU et d’autres questions encore, trouveront-ils des solutions
satisfaisantes.
Ainsi, les pays du
Sud doivent-ils se regrouper pour donner plus de cohérence à leurs
revendications, mais aussi et surtout pour s’imposer, comme pays
incontournable pour la coopération internationale. C’est de cette
manière qu’ils peuvent contrecarrer le discours développé par
certains pays riches, et qui désigne les pays du Sud comme une
menace semblable à celle de l’Est, ce qui est en soi une entrave de
taille pour une coopération bénéfique à tous.
Le faut savoir que
beaucoup de pays, surtout ceux du Nord, se montrent sensible à la
doctrine, ou plutôt la philosophie du non-alignement. Leur
participation, chaque fois plus grande, aux différents sommets en
est la preuve,même s’ils viennent du Nord, plus riche et plus
développé, ils revendiquent le droit à la justice et à l’existence
en qui des droits simples, mais pas du tout évidents dans un
contexte fait à la mondialisation et d’une gestion unilatérale des
rapports internationaux, mais cette sympathie marquée des pays du
Nord, l’adhésion de Haïti et de l’île Caraïbe de Saint-Kitts qui
porte à 118 les pays membres, donneront-ils plus de force au
mouvement ?
Certainement pas,
diront des observateurs qui se demanderont si le mouvement des non
alignés est toujours une réalité ou un mythe dans le cadre duquel
des dirigeants vont s’égosiller à dénoncer les méfaits de la
colonisation et le commerce inéquitable qui n’a pas manqué de
détruire l’économie des pays pauvres, sans que rien en soit fait
pour remédier à cette situation, car c’est le nouvel ordre mondial
qui le veut
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
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